Le Sorceleur #1 le dernier vœu – Andrzej Sapkowski

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Le dernier vœu
est le premier tome de la célèbre saga du Sorceleur écrite par l’auteur polonais Andrzej Sapkowski. Traduit par Laurence Dyèvre et publié chez Bragelonne dans une nouvelle édition, vous trouverez ce roman au prix de 15.90 euros.
Ceci est ma dix-neuvième lecture dans le cadre du challenge S4F3s5 organisé par l’ami Lutin !

Geralt de Riv est un sorceleur avec son propre code d’honneur qui affronte les créatures surnaturelles néfastes en échange d’un paiement. Ce premier tome se construit sous forme de recueil de nouvelles, toutes liées entre elles par « la voix de la raison » qui se divise en sept parties entre lesquelles s’intercalent certaines aventures importantes pour Geralt et où on rencontre des personnages qui comptent pour lui. Je suppose que ces personnages deviennent récurrents par la suite.

Il s’agit assez clairement d’un tome d’introduction qui permet de poser le personnage de Geralt, son entourage ainsi que ses motivations principales. Je n’ai pas eu l’occasion de jouer à The Witcher donc je ne vais pas effectuer de parallèle avec un autre médium. Je voulais lire ce livre en prévision de la série qui va arriver en novembre sur Netflix et si j’ai apprécié ma lecture, je n’ai pas pour autant ressenti un engouement particulier ni l’envie de continuer sur le tome suivant puisque celui-ci peut parfaitement se suffire à lui-même.

Pourtant, on ne peut pas dire que le Sorceleur soit un mauvais livre ou qu’on s’ennuie en le lisant, loin de là. L’univers, très inspiré de la mythologie slave avec des créatures dont je n’avais même jamais entendu parler, se révèle enthousiasmant et d’une grande richesse. J’ai apprécié ce dépaysement et le fait que l’action se déroule principalement dans des lieux de vie communs plutôt que des cours pleines de complots, ça change. Geralt ne travaille pas vraiment pour l’élite, pas plus qu’il n’est apprécié pour son métier. Il le dit lui-même, les temps changent et le monde devient trop civilisé pour les sorceleurs. On arrive sur une sorte d’entente entre les humains et les monstres (parfois toute relative) qui marque un tournant dans son époque. J’ai apprécie ce ton désenchanté, ce blues du personnage principal. Ainsi, l’auteur parvient à aborder une multitude de thèmes qui sont encore très actuels puisque nous vivons également un tournant dans notre époque qui parait difficile et terrifiant pour beaucoup de gens et un certain nombre de professions.

Andrzej Sapkowski s’inspire également de contes de fées comme Blanche Neige ou la Belle et la Bête, qu’il réadapte à sa sauce. Je ne suis pas suffisamment spécialiste pour savoir si c’est très proche des contes originaux mais j’ai à chaque fois pris un certain plaisir à lire les aventures liées. Par contre, l’auteur a vraiment raté son coup avec la nouvelle sur Yennefer et la façon dont il traite sa relation avec Geralt. Ça tombe comme un cheveu sur la soupe, comme s’il fallait absolument une romance quelque part, c’est dommage.

De plus, j’ai trouvé la construction narrative un peu brouillonne. Le fait que des espèces de flashback s’intercalent dans l’action principale constituée par « le dernier vœu » m’a dérangé car ça me coupait systématiquement dans mon élan et m’embrouillait, ça manquait de naturel. En effectuant quelques recherches, j’ai appris que ce premier tome constituait une sorte d’intégrale de plusieurs nouvelles donc je suppose que le choix de la chronologie revient à l’éditeur plus qu’à l’auteur. Dommage !

D’ailleurs, sur un plan purement formel, je vais qualifier les dialogues d’empathique voir carrément théâtraux. C’est original mais ça m’empêche de vraiment prendre au sérieux le contenu du roman au ton trop vieille école. Je m’amusais à le visualiser sur une scène, avec de vrais acteurs et un aspect un peu grand guignol. Cela vient peut-être du fait que la saga a commencé en 1990 soit avant ma naissance, à une époque où les codes ainsi que les goûts étaient différents. Si on prend la peine de la replacer dans son contexte, elle est innovante et très enthousiasmante. Mais ce n’est pas ce que je recherche à l’heure actuelle.

Pour résumer, ce premier tome du Sorceleur m’a laissé un arrière-goût de trop peu. Si j’ai passé un agréable moment et que j’ai apprécié découvrir cet univers dont tout le monde parle ainsi que le fameux Geralt de Riv, ce n’est pas une saga que je vais continuer au format papier d’autant que ce premier tome peut très bien se suffire à lui-même. Du coup, si vous aussi vous êtes curieux, vous pourrez très bien vous contenter d’un tome ! Je recommande ce titre aux adeptes de fantasy plus classique qui ont envie de se dépayser au sein de la mythologie slave.