Le jour où l’humanité a niqué la fantasy – Karim Berrouka

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Le jour où l’humanité a niqué la fantasy
est un one-shot d’urban fantasy écrit par l’auteur français Karim Berrouka. Publié chez ActuSF, vous trouverez ce roman partout en librairie au prix de 19.90 euros.
Je remercie Jérôme et les éditions ActuSF pour ce service presse numérique.

Souvenez-vous ! Je vous ai déjà évoqué cet auteur à plusieurs reprises sur le blog avec Fées, weed et guillotine, Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu et son meilleur roman (selon moi) : le club des punks contre l’apocalypse zombie. Il est plutôt connu pour proposer des histoires très excentriques au point que l’expression : what the fuck se retrouve souvent associée à son nom. Sur un plan plus personnel, disons que c’est un auteur avec qui soit ça passe à 200%, soit ça casse justement. Pour la première fois, j’ai trouvé un roman qui se met entre les deux.

De quoi ça parle ?
Un lutin prend des otages dans une bibliothèque en hurlant : vous avez niqué la fantasy !
Le coup d’un soir d’Olga fout littéralement le feu à son appartement avec sa bite, ce qui l’oblige à lui défoncer la tête avec une batte.
Un duo d’enquêteurs du paranormal essaie de mettre de l’ordre dans tout ce chaos.
Des auteurs sont enlevés lors d’une conférence aux Imaginales.
Et avec tout ça, 30 ans plus tôt, un groupe de punk se rend dans un coin paumé de la France pour le plus grand festival punk de tous les temps qui se déroule à côté d’une forêt franchement cheloue.

Une bonne dose d’absurde et de folie…
Voilà ce que le lecteur va retrouver principalement dans ce roman. Karim Berrouka reste fidèle à lui-même en proposant des personnages paumés, des situations improbables et différentes lignes narratives qui n’ont rien en commun de prime abord mais qui finissent par se rejoindre de la plus surprenante des façons. Pour se lancer dans ce texte, mieux vaut donc ne pas avoir un esprit trop cartésien ou s’attendre à ce que tout se déroule comme on l’attend.

Si, à première vue, on est sur un gros délire sous acide, en réalité… L’auteur propose un sous-texte vraiment riche. Chaque chapitre (et ils sont courts !) comprend des petites piques et réflexions diverses sur la société, l’imaginaire et même sur le statut des auteurs. C’est le genre d’ouvrage à relire plusieurs fois pour traquer les références et prendre conscience de l’ampleur du travail effectué par Karim Berrouka. Chapeau là-dessus.

… avec quelques bémols.
Ou plutôt, des bémols à mon goût. Peut-être n’étais-je pas dans le bon état d’esprit mais ce texte m’a, par moment, provoqué un effet de « trop ». Je me sentais perdue dans l’absurde, dans l’improbable, ce qui n’a pas été en s’arrangeant dans la dernière partie du roman. Ironiquement, la fin m’a laissé un goût de trop peu, de trop rapide, de trop simple en quelque sorte. Je me suis dit ah okey, tout ça pour ça ?

J’ai aussi eu le sentiment que la problématique autour de la fantasy finissait par s’oublier à mesure qu’on avançait dans l’intrigue. Pourtant, tous les éléments sont présents (les créatures, les tentatives de rééducation des auteurs humains, etc.) mais quand on en vient à se focaliser sur le groupe de punks et sur les deux enquêteurs, ça perd de sa saveur première et de ce que j’imaginais lire dans ce texte.

Enfin, je dois confesser que j’ai eu du mal à m’attacher aux protagonistes. Comme je suis une lectrice pour qui cet élément a son importance, ça a été un sacré problème. À l’exception finalement des deux punks et de Margo (au début) je n’ai pas su m’intéresser aux péripéties des autres. De plus, il faut savoir que certains personnages présents au sein du roman sont des auteurs qui existent sur la scène francophone ainsi que l’éditeur du roman, Jérôme Vincent en personne. Cela donne au livre un aspect private joke à côté duquel on passe un petit peu si, comme moi, on n’a pas encore lu ou apprécié les auteurices concerné/es. Je pense important de le souligner parce que je sais que ça a sorti au moins une lectrice de sa découverte, ce qui est dommage… Par contre je compatis sincèrement au sort de ce pauvre éditeur qui n’avait rien demandé !

La conclusion de l’ombre :
Le jour où l’humanité a niqué la fantasy est un roman d’urban fantasy déjanté et un brin absurde comme seul Karim Berrouka sait les écrire. Ce one-shot met en scène une révolution de la « fantasy véritable » et de tous ses représentants face aux humains qui n’ont décidément rien compris. Si le sous-texte possède une vraie richesse, l’intrigue tire hélas en longueur par moment, du moins à mon goût. De plus, j’ai eu un certain mal à m’intéresser au destin de certains personnages, ce qui a atténué mon enthousiasme initial. Néanmoins, cela reste un bon texte qui mériterait une relecture pour en tirer toutes les subtilités.

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