Le Club des punks contre l’apocalypse zombie – Karim Berrouka

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Le club des punks contre l’apocalypse zombie est un roman d’anticipation fantastique (je classe comme je peux mais c’est compliqué, avouons-le..) écrit par Karim Berrouka et publié chez ActuSF au prix de 18 euros. Il s’agit d’un one-shot et ça fait du bien, de temps en temps, de lire une histoire close sur elle-même.

Je vais être honnête: de moi-même, je n’aurais pas acheté ce livre. Je ne suis pas une grande fan des histoires de zombies, c’est même un type d’univers que je fuis comme la peste parce que le délire survival / tragédie hollywoodienne à deux balles ne me plait pas du tout. Et que je n’aime pas le zombie en tant que créature, je la trouve particulièrement sans intérêt. Du coup, quand Marianne me l’a chaudement recommandé, j’ai hésité. C’est qu’elle a bon goût, je le sais, mais quand même… J’ai souris en lisant le titre, j’ai trouvé la couverture sobre et assez canon. Ensuite, j’ai lu la quatrième de couverture, en ressentant un bon feeling. Et enfin, j’ai discuté avec l’auteur qui a bien su vendre son bouquin. Je me suis dis, qui ne tente rien n’a rien et seuls les imbéciles ne changent pas d’avis !

Je possède ce roman depuis Livre Paris, j’ai mis le temps pour me lancer dans sa lecture mais je ne regrette absolument pas la découverte de cet univers. Je soupçonne l’auteur d’avoir consommé de la drogue en le rédigeant, et pas qu’un seul type d’ailleurs… Cette œuvre est juste totalement barrée. Nous suivons un groupe de punks au lendemain d’une apocalypse zombie, comme nous renseigne déjà le titre. Ils suivent tous l’idéologie du mouvement (no future, anarchie, etc.), ils se droguent, ils boivent, ils se laissent vivre dans un entrepôt et forment un groupe, le Collectif du 25. Assez rapidement, ils découvrent que la musique punk a un effet sur les zombies et ils en profitent pour tenter une sortie, au terme de laquelle ils vont être séparés et vivre chacun une aventure… Totalement improbable et hallucinante. Je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler l’histoire, mais c’est tellement impensable que ça en devient carrément comique. D’autant que ça tiendrait presque la route, son délire… Mettez de côté tout ce que vous croyez savoir, votre esprit cartésien et le reste. Buvez un verre ou fumez quelque chose avant de vous lancer, ça vous aidera !

En lisant le club des punks contre l’apocalypse zombie, vous allez rencontrer des personnages uniques, des anti-héros tout ce qu’il y a de plus anti. Le style de l’auteur s’adapte à merveille à la mentalité de chacun. Il use de termes argotiques à foison et de références marquées à la culture punk qui apportent de la cohérence au récit, un fond de réalité. Personnellement, je ne connaissais pas les trois quart des groupes / auteurs cités et j’ai quand même dû aller vérifier sur Internet la signification précise du mot keupon (ouais je sais je suis un peu longue à la détente quand même) mais ça rend le récit encore plus immersif quand on parvient à passer outre (à rentrer dedans quoi) et à se positionner par rapport à l’histoire. Notez que la construction du récit est particulière et peut perturber. On revient souvent en arrière à l’aide de flashbacks et d’histoires racontées par les différents protagonistes. C’est toujours bien indiqué, mais ça peut brouiller les repères temporels du récit. Personnellement, je l’ai ressenti un peu comme un effet de défonce. On sait qu’il se passe un truc, à un moment, on sait plus ou moins quand, et au moment où on le lit, on se demande si les pages du club des punks contre l’apocalypse zombie ne sont pas recouvertes d’une substance illicite par transmission cutanée ! Un effet de style plutôt réussi, donc, du moins à mes yeux.

En clair, ce roman est juste brillant. On ne peut pas réduire ce récit à un bouquin délirant pendant lequel on rigole bien, avec des personnages qui sortent de l’ordinaire. J’ai décelé une forme d’engagement à travers ce texte, une critique de la société d’hyper-consommation qui devrait être remplacée par une idéologie du vivre ensemble et du respect mutuel. Ainsi qu’une ode à la musique, évidemment. A mes yeux, le club des punks contre l’apocalypse zombie a plusieurs niveaux de lecture. On peut choisir d’y trouver un simple divertissement mais on peut aussi réfléchir sur le message qu’il tente de transmettre malgré l’ambiance extrême et hallucinante du récit. C’est un roman vraiment bien pensé, travaillé, proposé par un auteur bourré de talent.

Pour conclure, je vous recommande chaudement ce roman, que vous aimiez ou non les ambiances post-apocalyptiques. Sa lecture a beaucoup à apporter et est d’une très grande qualité littéraire. J’ai été ravie de découvrir cet incroyable auteur et cet univers improbable. Une chose est sûre, vais me pencher sur les autres œuvres de Karim Berrouka !