Danse avec les lutins – Catherine Dufour

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Danse avec les lutins
est un one-shot fantasy écrit par l’autrice française Catherine Dufour. Publié par l’Atalante, vous trouverez ce roman partout en librairie au prix de 16.90 euros.
Je remercie Emma et les éditions l’Atalante pour ce service presse.

De quoi ça parle ?
Danse avec les lutins est une fresque, de petits morceaux de vie qui racontent comment le peuple ograin a pris de l’ampleur au détriment de la féérie, comment un adolescent en a eu assez de subir la discrimination et a décidé d’agir après avoir été copieusement endoctriné par des personnes mal intentionnées, uniquement motivées par l’appât du gain. Parce qu’une nouvelle guerre, ça génère du profit quand on travaille dans les banques et l’armement…

Une métaphore à grande échelle.
Le roman couvre une large période de temps et commence plus ou moins au moment où Dieu décide d’abandonner la Terre en allant faire un tour plus loin. Sans blague. Une genèse, donc, qui explique de quelle manière différentes espèces de la féérie sont créées et comment elles s’arrangent entre elles. Pas trop mal en réalité, jusqu’à ce que les ograins (nés de l’union ogre / nain donc) se détachent du lot, se reproduisent de plus en plus, gagnent en population et empiètent donc sur le territoire de leurs voisins fééries en utilisant plus de ressource que nécessaire, par exemple.

Ça ne vous rappelle pas quelqu’un, ça ?

En réalité, il serait plus juste de dire que Danse avec les lutins est un ensemble de nouvelles reliées entre elles par un univers commun et une thématique commune, jusqu’à ce qu’on arrive à l’histoire de Figuin qui intervient plus ou moins à la moitié du roman. Sur ce point, la quatrième de couverture m’interpelle puisqu’elle révèle des éléments fondamentaux de l’intrigue ou pas loin… Attention, donc !

À travers un univers typé fantasy par son bestiaire, Catherine Dufour dessine une métaphore intelligente de notre propre Histoire, de notre propre société. Quand on regarde la couverture sans avoir lu le roman, on n’a pas l’impression de s’apprêter à lire un texte aussi sombre quoi que parsemé d’humour un peu absurde qui sert le propos. On y parle de jeunesse perdue, de terrorisme, de discrimination, d’écologie… L’autrice exploite avec intelligence de très nombreux thèmes actuels pour dessiner une fresque glaçante. Faites l’exercice, regardez l’illustration de couverture après votre lecture… Elle prend tout son sens, un sens totalement différent de celui qu’on interprète de prime abord. C’est un détail mais j’adore le soin que Didier Graffet a apporté à ce dessin en réussissant à lui donner une telle profondeur signifiante.

Un peu trop de thèmes ?
C’est bien là le seul vrai souci du roman. Si j’ai aimé le découvrir, si je l’ai trouvé très inspiré et important dans tout ce qu’il aborde, j’ai parfois eu du mal à m’y retrouver entre les ellipses, les sauts temporels, les personnages qui apparaissent et disparaissent sans crier gare pour seulement une page ou deux et qui ont parfois des noms qui se ressemblent. En arrivant à la fin on comprend pour quelle raison le texte se présente de cette manière mais ça le rend tout de même un peu difficile à suivre pour le lecteur qui manque de concentration. Ce n’est pas un ouvrage à lire pour se divertir ou entre deux correspondances de train / bus. Il faut s’y plonger, s’en imprégner, pour vraiment ressentir toute sa profondeur et la force de son propos. Il mérite qu’on l’analyse, qu’on le découpe, qu’on le relise aussi. C’est un texte important, vraiment. Mais je regrette tout de même ce sentiment parfois brouillon que j’ai ressenti, même si c’est justifié dans la diégèse du texte, même si l’idée est bonne, même si, même si.

La conclusion de l’ombre :
Danse avec les lutins est un one-shot de fantasy écrit par l’autrice française Catherine Dufour. Derrière une couverture qui parait de prime abord légère et un folklore féérique bien exploité se cache une puissante métaphore de l’Histoire humaine -de ses erreurs surtout. L’autrice aborde des thèmes modernes et importants : la jeunesse perdue et influençable, le terrorisme, l’endoctrinement, les ravages capitalistes, l’écologie, l’identité historique, proposant ainsi un roman fort et très recommandable. Une réussite de plus au catalogue de l’Atalante !

D’autres avis : Au pays des cave trolls (Célindanaé) – Fantasy à la carteLaird FumbleBoudicca ElhyandraLes notes d’AnouchkaLe dragon galactiqueL’imaginaerum de Symphonie – vous ?

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Apprendre, si par bonheur – Becky Chambers

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Apprendre, si par bonheur
est une novella de science-fiction positive écrite par l’autrice américaine Becky Chambers. Publié par l’Atalante pour la rentrée littéraire 2020, vous trouverez ce roman partout en librairie au prix de 12.90 euros.
Je remercie Emma et les éditions l’Atalante pour ce service presse numérique.

Je vous ai déjà parlé de cette autrice sur le blog en chroniquant sa saga les Voyageurs : L’espace d’un anLibrationArchives de l’Exode.
(NB : il semble que suite à une fausse manipulation, j’ai supprimé ma chronique sur Libration. Vous pouvez toutefois la retrouver sur le site de l’Atalante dans sa totalité !)

De quoi ça parle ?
Les quatre membres de l’expédition Lawki 6 quittent la Terre pour un voyage de plusieurs décennies dans le but d’explorer quatre exoplanètes à quatorze années lumières de là : Aecor, Mirabilis, Opéra et Votum. Ariadne, l’ingénieure du vaisseau Merian, raconte leur périple sous forme de carnet de bord romancé et ce avec un but bien précis…

De la SF positive et de la représentation.
Ce texte court de 144 pages invite le lecteur à suivre un groupe de quatre astronautes : Ariadne, qui s’occupe de l’aspect technique du voyage. Elena, spécialiste météorologique. Jack, géologue et Chikondi, biologiste. Ne vous laissez pas abuser, si chacun a sa spécialité, tous s’entraident car comme le précise justement Ariadne, c’est comme ça qu’on peut avancer en sciences. Becky Chambers nous a habitué à de la diversité et elle continue d’œuvrer pour la représentation et l’égalité des genres. Ainsi, pas de sexisme ni d’hétérocentrisme malvenu. L’autrice propose même un personnage asexuel, fait que je retrouve dans plusieurs lectures ces derniers temps et qui me plait beaucoup. Non seulement les protagonistes ne sortent pas tous du même moule mais ils ont également l’avantage d’être très humains, avec tout ce que cela implique. À nouveau, l’autrice démontre son habileté à construire des personnages solides et intéressants.

Leur mission n’a rien de politique et n’enclenchera pas une vague de conquêtes comme on le trouve souvent dans la littérature SF -en tout cas celle que j’ai pu lire. Elle a pour but de découvrir, de comprendre les mécanismes de la vie, d’apprendre, tout simplement. D’où le titre et la citation sur la quatrième de couverture que j’aime tout particulièrement au point de l’avoir noté car je trouve qu’elle résume très bien l’esprit du texte : « Nous n’avons rien trouvé que vous pourrez vendre. Nous n’avons rien trouvé d’utile. Nous n’avons trouvé aucune planète qu’on puisse coloniser facilement ou sans dilemme moral, si c’est un but important. Nous n’avons rien satisfait que la curiosité, rien gagné que du savoir. »

L’expédition Lawki 6 est d’ailleurs financée par les citoyens de la Terre et non pas par un pays en particulier comme c’était le cas au début des conquêtes spatiales. Ce financement est possible via une organisation connue sous l’acronyme GAO. Des initiatives de ce type existent également dans notre société bien qu’elles n’en soient pas encore à ce stade de développement.

Un rapport romancé…
Cette novella se présente donc comme un rapport divisé en quatre parties, une pour chaque planète visitée par le groupe : Aecor, Mirabilis, Opéra et Votum. La première possède un paysage glacé avec de mystérieuses lumières sous la surface. La seconde a une pesanteur bien supérieure à celle de la Terre et abrite une quantité phénoménale de formes vivantes. Opéra est un enfer aquatique à la météo tempétueuse et enfin Votum est un désert silencieux. On pourrait craindre que la forme de rapport empêche une intrigue intéressante ou un attachement de se créer vis à vis des personnages mais ce n’est pas le cas. Becky Chambers propose un bel équilibre entre l’aspect scientifique et humain, si bien que la lecture ne m’a jamais parue longue ou hors de ma portée. L’autrice donne dans la vulgarisation scientifique en expliquant de quelle manière les astronautes réussissent à tenir face aux différences entre la Terre et les planètes visitées ainsi que les longues distances parcourues sans pour autant mourir de vieillesse avant d’arriver. Pour moi qui suis novice sur un plan scientifique (et un peu en SF aussi, je poursuis mon apprentissage), je trouve qu’elle s’y prend très bien.

On ne comprend le but de ce rapport qu’une fois à la toute dernière page. Je ne vais pas révéler le twist final mais j’en ai eu des frissons. C’était intense, frappant, bref c’était parfait et ça justifie mon coup de coeur pour cette novella.

… avec une base scientifique solide.
On apprend grâce aux remerciements que Becky Chambers a été très influencée par les travaux d’une scientifique qui pourraient permettre, à terme, de rendre tout ça possible : Lisa Nip. Cette chercheuse du MIT propose de recourir à la biologie synthétique pour résoudre les difficultés du voyage spatial humain. Elle n’est pas la seule si on se fie à ces remerciements car l’autrice s’est appuyée sur des faits scientifiques avérés et solides pour écrire cette novella.

La conclusion de l’ombre :
Avec Apprendre, si par bonheur, Becky Chambers offre une novella de science-fiction positive tournée vers l’humain avec une base scientifique solide. L’autrice raconte comment quatre astronautes mènent une mission d’exploration sur quatre planètes différentes dans le but de comprendre l’origine de la vie. Elle prend le temps de mettre en scène les protocoles de recherche et de vulgariser ce qui doit l’être pour rendre son texte accessible au plus grand nombre sans jamais que cela ne devienne ennuyeux, même pour ceux qui n’ont pas d’atomes crochus avec ces matières. J’ai dévoré d’une traite ce court roman que je recommande avec enthousiasme.

D’autres avis : le Syndrome de QuicksonLes lectures du Maki – vous ?

BML #26 – août 2020

Bonjour à tous !
Qui dit 1er du mois dit jour de bilan et il y en a des choses à dire sur ce mois d’août, littérairement parlant en tout cas.

Côté romans :

L’Imparfé #1 – Johan Heliot (Gulf Stream – SP)
Sept Redditions – Ada Palmer (Le Bélial – ♥)
Les derniers des branleurs – Vincent Mondiot (Actes Sud Jr – ♥)
Nixi Turner #5 – Fabien Clavel (Chat Noir)
La dernière colonie – John Scalzi (L’Atalante – SP)
L’hypothèse du lézard – Alan Moore & Cindy Canévet (ActuSF)
Zoé – John Scalzi (L’Atalante – SP)
Vaisseau d’Arcane #1 – Adrien Tomas (Mnémos – SP)
Quitter les Monts d’Automne – Émilie Querbalec (Albin Michel Imaginaire – SP)
Bénies soient vos entrailles – Marianne Stern (Chat Noir – SP)
Apprendre, si par bonheur – Becky Chambers (L’Atalante – SP – chronique à venir)

C’est donc 11 romans que j’ai découvert au mois d’août et pour la plupart, ce furent plutôt de bonnes lectures avec des valeurs sûres : Scalzi, Palmer, Mondiot, Tomas, difficile d’être déçue par ces auteurices. Il y a quand même eu quelques titres moins enthousiasmants mais dans l’ensemble, je suis assez contente de ce que j’ai pu lire avec deux coups de coeur dont un inattendu. Ça fait du bien, vu les derniers bilans mensuels !

Côté mangas :

Gewalt (trilogie)
Sun Ken Rock #1
Sayonara Miniskirt #1
GTO Paradise Lost #12

Niveau manga, par contre, le bilan n’est pas terrible. Si je vous prépare un article très enthousiaste sur Sayonara Miniskirt, je garde un sentiment mitigé à propos de Gewalt (sympa mais sans plus). De plus, j’ai détesté ma prise de contact avec Sun Ken Rock. J’attendais totalement autre chose de ce manga encensé par tous. J’ai presque cru à une mauvaise blague collective ^^’ Enfin, ça arrive ! J’ai également continué ma lecture de GTO Paradise Lost et je dois avouer avoir ressenti une certaine lassitude couplée à un désintérêt pour l’histoire. Déjà, les tomes mettent énormément de temps à sortir donc j’ai oublié une bonne partie de l’intrigue. Ensuite, j’ai détesté (mais genre, vraiment détesté) le dernier chapitre qui présente le nouveau prof « Animal Joe ». Ce personnage me donne envie de vomir et je ne vois pas du tout l’intérêt de la scène course poursuite en voiture avec sa maîtresse en chaleur au téléphone (je vous passe les détails pour les plus jeunes et j’en profite pour m’excuser du terme crû « en chaleur » sauf qu’il n’y a vraiment aucune autre expression pour la décrire, on se croyait dans un hentaï presque). C’est beauf, vulgaire, bref ça m’a saoulée. Pourtant je sais que dans un GTO on a toujours une dose de vulgarité mais là, Onizuka craignait dans ses réactions et ce nouveau personnage aussi. Je pense m’arrêter là pour ce titre et j’en suis la première déçue.

Ce qui fait 6 mangas en tout.

Côté « autre »
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J’ai entamé la lecture du nouveau livre de Max Bird ! Il est vraiment très sympa, bourré d’humour et d’informations intéressantes. Je ne sais pas encore si je vais lui consacrer un article une fois à la fin (je lis par petits bouts) mais je le recommande vivement.

Petit bonheur du mois :
Les petits bonheurs du mois est un rendez-vous initié par le blog Aux Petits Bonheurs qui consiste à mettre en avant les moments positifs de la vie. Sauf que j’avoue, ce mois-ci… C’est plutôt compliqué hormis concernant le début des précommandes pour mon nouveau roman : Clément Coudpel contre les spectres de Samain (toujours en cours jusqu’au 10 septembre). C’est une nouvelle aventure littéraire qui commence pour moi et je regrette qu’elle se lance dans une période si compliquée pour le milieu culturel. Toutefois, j’ai été très agréablement surprise du soutien et du suivi de ma communauté de lecteurs que j’en profite pour remercier ici ♥

Et voilà, ce bilan arrive déjà à son terme ! J’espère que votre mois d’août a été agréable et je vous souhaite une belle rentrée 🙂

Zoé – John Scalzi

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Zoé
est le quatrième volume de la saga du Vieil Homme et la Guerre écrite par l’auteur américain John Scalzi. Édité chez l’Atalante, vous trouverez ce roman au prix de 19.90 euros.
Je remercie Emma et les éditions l’Atalante pour ce service presse.

Souvenez-vous, je vous ai déjà parlé de cette saga : Le Vieil Homme et la Guerre (1) – Les Brigades fantômes (2) – La dernière colonie (3).

De quoi ça parle ?
Zoé raconte les évènements qui se déroulent dans La dernière colonie dont je vous ai parlé il y a quelques jours… du point de vue de Zoé, adolescente adoptée par John et Jane Perry à la fin des Brigades fantômes, fille de Charles Boutin et enfant précieuse aux yeux du peuple Obins.

En règle générale, je dois avouer ne pas apprécier plus que ça les textes qui offrent un autre point de vue sur des évènements que je connais déjà. Je préfère que l’auteur opte pour une narration alternée au sein du même volume. Alors quand j’ai compris que Zoé n’avançait pas du tout l’intrigue, j’ai freiné des quatre fers et failli ne pas le lire bien qu’à certains moments, lors de ma lecture de La dernière colonie, je trouvais cela dommage que Scalzi s’en tienne à John Perry car Zoé vit pas mal d’aventures de son côté et on n’en a qu’un très bref aperçu lorsqu’elle en discute avec ses parents. J’avais donc un petit goût de trop peu, c’est vrai. Au point de relire la même histoire d’un autre point de vue moins de trois jours après avoir terminé le tome précédent ?

Et bien… Oui.
Et sans le moindre regret, finalement ! Comme quoi, tout arrive.

Quand Scalzi s’essaie au young adult.
Ça y est, je l’ai dit. Oui, Zoé est un roman young-adult selon moi puisqu’il colle aux codes (fluctuants, certes) du genre et je ne me fie pas (que) à l’âge de la protagoniste pour cela. Certes, c’est souvent un argument qui revient mais, personnellement, il ne me convient pas. Il suffit de prendre pour exemple des romans très sombres et durs avec des enfants en guise de héros (je pense à Je suis ton ombre, ce n’est pas le seul) pour s’en convaincre. Toutefois, Zoé affronte bien les tourments de l’adolescence qui sont en partie au coeur de ce texte : les premiers émois amoureux (erk.), un déménagement qui l’oblige à tourner le dos à tout ce qu’elle connait, la nécessité de nouer de nouvelles amitiés, sa quête identitaire, diviser qui elle est de ce qu’elle est, etc. Ce sont des tropes communs au genre même si le roman de Scalzi ne s’y cantonne pas. Alors sachez-le, si ce sont des sujets qui ne vous intéressent pas, ne lisez pas Zoé. Ça va vous saouler. Et si vous aimez seulement le young-adult, ne lisez pas Zoé non plus car ce texte ne peut pas se découvrir en dehors de la saga principale. C’est un complément, pas un roman à part.

Zoé, une adolescente pas comme les autres.
Zoé n’est pas une ado ordinaire : elle est la fille de Charles Boutin, celui qui a permis au peuple Obins d’accéder à la conscience. Du coup, elle vit avec deux Obins depuis l’enfance, Pirouette et Cacahuète (quand t’es enfant, tu nommes les gens comme tu peux, surtout les extra-terrestres, jugez pas) qui la protègent comme un trésor national. Ils enregistrent leurs moments en sa compagnie pour diffuser ces images au reste de leur nation, qui apprend alors à vivre, à utiliser cette conscience qu’ils désiraient avec ardeur sans trop savoir quoi en faire maintenant qu’ils l’ont.

L’intérêt du roman Zoé est surtout, à mon sens, d’en apprendre davantage sur les Obins dont on nous parle depuis deux tomes. On connait bien mieux leur genèse, leurs habitudes, on cerne les enjeux autour de Zoé et les comportements étranges de Pirouette et Cacahouète. On en a un aperçu dans La dernière colonie toutefois, à ce niveau, il est clair que ce roman apporte un complément important pour tout qui s’intéresse à l’univers du Vieil Homme et la Guerre. Il permet aussi -enfin- de poser la question qui me trotte en tête depuis deux tomes à savoir : mais pourquoi ça ne choque personne qu’une ado ait le pouvoir de manipuler un peuple entier au point qu’ils acceptent limite de se suicider pour ses beaux yeux ? Une chance, toute la fin du roman permet une évolution et une grosse prise de conscience, qui s’accompagne chez Zoé d’un gain de maturité. Pas du luxe.

Un must-read, vraiment ?
Mais voilà… On ne va pas se mentir, hormis pour satisfaire une curiosité bien légitime sur la façon précise dont Zoé a rencontré le Général Gau (j’avoue, je me suis décidée à lire le roman juste pour ça au départ) et comment elle a réussi à ramener une arme Consue sur Roanoke en sauvant les fesses de la colonie… Ce texte reste dispensable. Dispensable dans le sens qu’il n’apporte aucune nouvelle information fondamentale à l’intrigue. C’est davantage un complément, un tome 3 bis qu’un véritable tome 4. Ce qui ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture. Zoé est un chouette divertissement si l’aspect adolescent ne vous rechigne pas et si les Obins vous intéressent. Dans le cas contraire, je pense que vous pouvez sans trop de soucis passer directement au tome 5. Toutefois, j’attends sa lecture pour l’affirmer à 100% (encore quelques jours de suspens.)

La conclusion de l’ombre :
Zoé est le quatrième tome de la saga du Vieil Homme et la Guerre. Le roman raconte à l’identique les évènements de La dernière colonie, du point de vue de Zoé (comme son titre l’indique) ce qui permet de combler certains trous du volume précédent. Des trous somme toute facultatifs, on ne va pas se mentir. Toutefois, le texte ne manque pas d’intérêt pour tout fan de l’univers du Vieil Homme et la Guerre et tout qui a envie de mieux comprendre le peuple Obins. Ça a été, pour moi, une chouette lecture que je ne regrette pas. En avant pour la suite !

D’autres avis : Le chien critique – vous ? (manifestez-vous en commentaire si je vous ai oublié !)

La dernière colonie – John Scalzi

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La dernière colonie
est le troisième tome de la saga du Vieil Homme et la Guerre écrite par l’auteur américain John Scalzi. Publié par l’Atalante, vous trouverez ce roman au prix de 19.90 euros.
Je remercie Emma et les éditions l’Atalante pour ce service presse numérique.

Souvenez-vous, je vous ai déjà parlé de cette saga : Le Vieil Homme et la Guerre (1) – Les Brigades fantômes (2).

De quoi ça parle ?
John vit une existence tranquille sur Huckleberry aux côtés de Jane (revenue à la vie civile dans le tome précédent) et de Zoé, leur fille adoptive. Tout se passe pour le mieux, rien de plus grave à régler que des problèmes de chèvre. Enfin… jusqu’à ce qu’un officiel des Forces de Défense Coloniale débarque pour leur proposer de superviser l’installation d’une nouvelle colonie. Il y a bien entendu anguille sous roche puisque cette colonie est un pied de nez au Conclave, avec tout ce que ça implique sur un plan politique. John et Jane vont devoir se montrer à la hauteur s’ils veulent sauver ces 2500 âmes qui n’ont rien demandé à personne et sont pourtant utilisées par les FDC comme des pions dans une bataille bien plus grande. Dommage qu’ils s’en rendent compte si tard.

De la guerre ouverte à la colonisation.
Dans le Vieil Homme et la Guerre, Scalzi posait les bases d’un univers développé ensuite de façon plus subtile dans les Brigades fantômes -je vous invite à lire mes deux chroniques pour obtenir les détails. On se trouvait clairement dans une SF au parfum militaire, avec tout ce que cela implique sur l’ambiance, les combats, la violence, les horreurs de la guerre. La situation évolue avec ce troisième opus. John et sa femme, Jane, vivent tranquillement sur une planète où lui règle les conflits de voisinage pendant qu’elle est shérif. Ils acceptent de laisser cela derrière eux pour aider à l’implantation de la colonie Roanoke, avant de se rendre compte qu’on se sert d’eux.

Pendant une bonne moitié du roman, le lecteur découvre le quotidien tranquille du couple puis la manière dont s’implante une colonie sur une planète. On est dans le calme, la discussion, les explications facilement accessibles au lecteur novice. C’est une ambiance totalement différente de ce à quoi nous a habitué Scalzi dans cette saga (ou de manière générale) mais ce n’est pas dénué d’intérêt pour autant car tout est présenté d’une manière intéressante. Je n’ai, a aucun moment, eu le sentiment de me noyer sous les informations ni n’ai vu mon intérêt décliner. Que du contraire, je suis arrivée à la fin du roman sans l’avoir vu passer.

Un univers qui se développe.
Avec toute la maîtrise qu’on lui connait, Scalzi continue de développer cet univers en le complexifiant. Dans la dernière colonie, il oppose le Conclave à l’Union Coloniale. Le Conclave est une organisation entre plusieurs espèces qui prône une forme d’entente et d’entraide pour ne laisser personne sur le carreau lors de la découverte de l’univers infini. Sur le papier, l’idée ne manque pas d’intérêt et est portée par le Général Gau, un personnage honorable à la personnalité vraiment intéressante.

Même si un peu de plus quatre cents espèces ont accepté de les rejoindre, d’autres refusent en craignant pour leur souveraineté. C’est le cas de l’humanité (ouais tu l’avais pas vu venir hein), représentée par l’UC, qui veut même aller plus loin que ça en annihilant le Conclave. C’est ce but qui est poursuivi dans ce tome, à travers l’implantation de Roanoke puisque le Conclave a interdit à toute espèce qui n’y appartient pas de coloniser une nouvelle planète. Ce privilège leur appartient et ils espèrent créer des colonies mixtes afin de favoriser la collaboration entre les espèces. Si une espèce désobéit, le Général Gau se rend sur place, offre à la colonie de se rendre et si ceux-ci refusent de « trahir » leur nation, il les détruit tous jusqu’au dernier -et seulement dans ce cas. L’homme se montre très diplomate, serein. Je lui ai trouvé un côté général sage asiatique qui n’hésite pas au moment d’agir mais qui respecte ses adversaires et accepte ses propres défaites. J’espère vraiment qu’il réapparaitra dans les prochains romans.

Sur base de cette succincte explication, vous imaginez sans peine les enjeux, les retournements de situation, les informations dissimulées par les autorités et nos pauvres protagonistes qui doivent se débrouiller tant bien que mal… avec l’aide bienvenue de Pirouette et Cacahouète, deux Obins qui ne quittent pas Zoé d’une semelle. Je ne vais pas approfondir afin d’éviter de vous divulgâcher des pans importants de l’intrigue. Toutefois, sachez que ça bouge, que ça trahit, que ça réfléchit, que ça se tape dessus -juste un peu moins que dans les tomes d’avant concernant ce dernier point.

John Perry, un narrateur attachant.
Le personnage de John Perry me plait beaucoup et j’avais été déçue d’en changer dans les Brigades fantômes bien que je comprenne l’intérêt sur un plan scénaristique. Ça permettait de mieux comprendre la problématique des forces spéciales, de leur presque humanité, un thème qui revient ici. John, quant à lui, incarne l’humanité dans ce qu’elle a de plus compliqué. Il tient a sa famille, ne manque pas d’honneur, sait se servir de son cerveau et affronte les difficultés avec aplomb. J’aime ses traits d’humour et j’éprouve énormément de sympathie à son égard si bien que j’ai dévoré ce roman sans m’en rendre compte, prise que j’étais dans sa psyché, dans son quotidien, dans ses difficultés.

La conclusion de l’ombre :
Pour résumer, la dernière colonie est une réussite de plus au palmarès de Scalzi et cela n’a rien d’étonnant quand on connait un peu la bibliographie de l’auteur. Ce roman quitte l’aspect purement militaire des deux autres opus pour se concentrer sur la politique et la colonisation, sans manquer d’action pour autant. Les nouveaux personnages proposés se révèlent très intéressants, j’ai personnellement hâte de les retrouver. Quant au narrateur, John Perry, c’est un vrai plaisir de le suivre aux commandes de cette aventure. Je ne vais pas attendre trop longtemps avant de me plonger dans le quatrième volume… Et je vous recommande évidemment la saga tout comme l’auteur de manière générale.

D’autres avis : je pense que le titre est trop « ancien » pour la blogo car je n’en ai pas trouvé.

#TAG – mes 9 incontournables (récents) en SFFF

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Tout a commencé un jour d’été…
Enfin, plus ou moins. Tout a commencé par une prise de conscience de Nevertwhere. Souvent, au début des périodes type « vacances » on voit fleurir bon nombre de listes, des conseils sur les romans incontournables… Mais si, tu la connais, cette liste où on te dit que tu dois lire Tolkien et Asimov et Martin et machin et ainsi de suite des fois que tu vives dans une grotte et que tu n’aies jamais entendu parler des classiques SFFF. Sauf que, spoiler alert, il existe d’excellents romans récents qu’on peut également classer parmi les incontournables de la SFFF. Par récent, on entend tout ce qui a été publié au 21e siècle donc après 2000. La date de publication en VO fait foi mais j’ai noté celle en VF parce que bah… Je lis en français donc voilà. J’ai vérifié quand même, les neuf titres respectent la règle !

Comme plusieurs blogpotes, je réponds donc présente à cet appel et je génère ma propre liste qui compte neuf romans. Croyez moi, ça n’a pas été simple de les choisir… J’ai fixé ma bibliothèque en me demandant pourquoi ce roman-là plutôt que celui d’à côté, raison pour laquelle je publie trois plombes après tout le monde. J’ai finalement opté pour des textes qui -selon moi- sont innovants, différents, qui apportent vraiment quelque chose au genre qu’ils représentent pour une raison ou une autre que je vais évidemment détailler au lieu de « juste » prendre les romans que j’ai aimé lire. Si vous cliquez sur le titre, vous retrouverez chaque fois le lien de ma chronique complète qui vous apportera un complément non négligeable d’informations.

Je songe d’ailleurs à adapter ce tag pour les mangas dans un futur plus ou moins proche mais on aura l’occasion d’en reparler. N’hésitez pas à me donner votre avis sur cette idée !

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Terra Ignota #1 Trop semblable à l’éclair – Ada Palmer (Le Bélial en 2016)
Immense surprise que de trouver ce roman dans cette liste, n’est-ce pas (non.) ? À ce jour il compte parmi les plus grosses claques littéraires que j’ai pu prendre dans ma vie et je vous détaille pour quelle raison dans ma chronique. Ce roman n’est pas accessible à tous, je pense qu’il est nécessaire de préparer en amont sa lecture pour en profiter correctement toutefois c’est très clairement un énorme chef-d’œuvre incontournable.

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Les poisons de Katharz – Audrey Alwett (ActuSF en 2016)
Un one-shot brillant bourré d’humour noir qui prend place dans un univers medieval fantasy. L’autrice prend le contrepied des codes du genre et s’éclate avec, ça se sent. Tout est parfait dans ce texte, ça a été un coup de coeur magistral que je recommande à ceux qui d’une part aiment ce genre mais aussi qui ont une petite affinité avec la parodie à la Pratchett / Lang.

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Je suis ton ombre – Morgane Caussarieu (Mnémos – 2014)
Grosse surprise aussi pour celui-là, pas vrai (non, encore.) ? Si vous trainez un peu sur le blog, vous savez à quel point je vénère Morgane Caussarieu en tant qu’autrice. Pour moi, elle est la reine du genre vampirique et elle atteint sa quintessence dans ce roman aussi cruel que décadent. Un must read.

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Redshirts – John Scalzi (L’atalante – 2013)
Il s’agit du premier Scalzi que j’ai lu et je garde une affection toute particulière pour lui parce que ça a été une grosse claque ainsi que la découverte d’un de mes auteurs devenu préféré. Dans Redshirts, on se retrouve dans un univers qui rappelle les séries à la Star Trek où les personnages sans grade ont tendance à mourir alors que leurs supérieurs survivent toujours. Étrange… On va donc suivre l’un de ces sans grade qui va essayer de comprendre pourquoi les siens meurent et comment y échapper. C’est aussi drôle qu’intelligent, un équilibre parfait comme seul Scalzi peut en trouver. Franchement, si vous ne devez en lire qu’un seul dans votre vie, choisissez celui-ci.

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Royaume de vent et de colères – Jean-Laurent Del Socorro (ActuSF – 2018)
J’ai lu ce texte récemment et je l’ai trouvé parfait. Certes il s’agit davantage d’un roman historique avec une pointe de magie toutefois il appartient au genre SFFF et mérite d’être lu. Avec Fabien Cerutti, je trouve que cet auteur fait autorité dans le genre historico-magique (bien que les deux soient très différents dans leur approche) et moi qui adore l’Histoire, forcément… Pour ne rien gâcher, Jean-Laurent Del Socorro maîtrise très bien la psychologie de ses personnages et ce à un remarquable degré. N’hésitez pas ! J’ai opté pour ce roman parce que c’est celui que j’ai préféré dans la bibliographie de l’auteur mais sachez que chacun de ses textes est tout à fait recommandable.

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La fille qui tressait les nuages – Céline Chevet (Chat Noir – 2018)
Proposer un roman surréaliste en 2018, fallait déjà l’oser. Le placer au Japon ? Encore plus. Pourtant, ce texte n’arrête pas de surprendre, de vivre, de décrocher des prix aussi. Je le comprends aisément. Tout qui possède une petite sensibilité avec la culture et l’ambiance nippone ne peut qu’adhérer à ce thriller fantastique maîtrisé de bout en bout et porteur d’une délicieuse touche de cruauté. Franchement ça a été une énorme claque pour moi et la découverte d’une autrice talentueuse à suivre assurément.

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L’homme qui mit fin à l’histoire – Ken Liu (Le Bélial – 2016)
Cette novella reste à ce jour et selon moi le meilleur UHL publié par le Bélial. En une centaine de pages et avec une narration originale sous forme de documentaire, Ken Liu interroge, révèle, dérange avec une maîtrise stupéfiante. J’ai rarement lu un texte qui m’a autant fait me questionner. En plus, on est dans la SF, oui, mais avec un fort bagage historique sur des évènements de la seconde guerre mondiale qu’on connaît assez peu.

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Le Bâtard de Kosigan – Fabien Cerutti (Mnémos – 2014)
Outre le fait qu’il s’agit du premier Mnémos que j’ai lu dans ma vie -ce qui lui donne une saveur particulière- je trouve cette saga incontournable dans le paysage de la fantasy moderne, même s’il s’agit de fantasy historique. Fabien Cerutti est passionné par l’Histoire avec un grand H et s’amuse à exploiter ses failles en proposant un folklore et un concept vraiment novateur. Et si les légendes avaient existé ? Et si quelqu’un avait effacé leur présence des archives humaines? Et si…
Outre un solide background, l’auteur créé aussi des personnages intéressants et une intrigue où on ne s’ennuie jamais.

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Les Seigneurs de Bohen – Estelle Faye (Critic – 2017)
Je ne vais pas dire que je gardais le meilleur pour la fin… Mais pas loin. Pour moi Estelle Faye est à la tête d’une nouvelle vague en fantasy francophone qui met l’accent sur la représentation et la diversité dans ses textes, sans sacrifier à son intrigue et sans tomber dans le manichéisme. L’univers de Bohen est passionnant et on y est vite accro grâce à ses personnages riches. Il existe une suite, les Révoltés de Bohen, que je trouve encore meilleure (c’est dire !) donc je recommande bien entendu la lecture de l’ensemble.

Comme je l’ai signalé au début de ce billet, la liste a été difficile à établir pour moi et c’est en lisant celle des blogpotes que d’autres idées me sont venues. Je vous invite donc à vraiment découvrir chacune des listes ci-dessous afin de vous en inspirer au maximum pour vos prochaines lectures 🙂

D’autres listes : LorkhanLes notes d’AnouchkaChut… Maman lit !l’ours incultele chien critiqueL’épaule d’OrionAu pays des cave trollsLa bibliothèque d’AelinelLes chroniques d’AcherontiaXapur – Lianne de livres en livres (fantasySF) – vous ?

Vous aussi, fournissez votre propre liste et partagez la avec le #incontournablesSFFF !

BML #24 – juin 2020

Bonjour à tous !
J’espère que vous allez bien et que votre mois de juin a été riche en lectures agréables. Nous nous retrouvons (déjà !) pour le bilan mensuel et vous allez le voir, il y a eu quelques abandons, quelques déceptions, mais pas que car même dans l’ombre, on garde le moral 😀

Côté romans :

Les brigades fantômes – John Scalzi (SP – l’Atalante)
Thunder #1 – David S. Khara (SP – ActuSF)
Les secrets du premier coffre – Fabien Cerutti (SP – Mnémos)
La guerre des trois rois – Jean-Laurent Del Socorro (ActuSF Graphic)
Yardam – Aurélie Wellenstein (Scrineo)
Les anges oubliés – Graham Masterton (Livr’S – lecture en cours)

J’ai terminé seulement six romans et j’en ai abandonné deux. D’abord Rocaille dont j’attendais beaucoup hélas le texte m’a rapidement lassée avec sa romance inutile et son protagoniste principal qui n’est pas vraiment celui qu’on croit -et que je n’ai pas apprécié. Ensuite j’ai tenté le Tour Décrou au Chat Noir (comme quoi vous voyez y’a aussi des Chat Noir auxquels je n’accroche pas :P) mais là c’est le style d’écriture et le choix narratif qui n’a pas su me convaincre, j’ai préféré le mettre de côté pour le reprendre à un moment plus propice. Le truc c’est que ces deux textes, surtout Rocaille, m’ont pris pas mal de temps parce que je repoussais sans arrêt le moment de les abandonner. Pour ne rien arranger, les autres romans lus (à l’exception des valeurs sûres : Fabien Cerutti et Jean-Laurent Del Socorro) ne m’ont pas plus emballée que ça. C’était sympa, divertissant, pas transcendant du coup j’ai eu un goût de trop peu sur mon mois. Même le Scalzi, je l’ai trouvé en-dessous des qualités habituelles de l’auteur donc je suis restée sur ma faim. Espérons que la tendance s’améliorera avec le mois de juillet !

Côté mangas :

Chobits #2 (Pika)
Otaku Otaku #4 -> #7 (Kana)
Noragami #12 -> #18 (Pika)
Beastars #6 (Ki-oon)
Assistant Assassin #1 (Omaké)
Anonyme ! #1 (Soleil)

Heureusement les mangas ont bien rattrapé les déceptions littéraires. J’ai continué avec plaisir la saga Noragami à laquelle je suis accro. Je vous en ai d’ailleurs parlé dans un article spécial d’À l’ombre du Japon, tout comme Otaku Otaku qui a eu droit à son focus. Enfin, j’ai testé une nouvelle formule thématique en chroniquant deux mangas qui usent du même archétype en donnant pourtant un résultat totalement différent. Il reste également Chobits que j’ai pris plaisir à découvrir (je dois écrire dessus d’ailleurs) ainsi que Beastars dont je continue la découverte, en papier cette fois ! Un article à ce sujet viendra bientôt une fois que j’aurais pu récupérer les tomes suivants.

Petit bonheur du mois :
Les petits bonheurs du mois est un rendez-vous initié par le blog Aux Petits Bonheurs qui consiste à mettre en avant les moments positifs de la vie. Ce mois-ci a été un peu compliqué, pas très heureux dans l’ensemble (rien de dramatique rassurez-vous 😉 ) mais en creusant j’ai réussi à trouver quelques éléments positifs. Déjà, j’ai pu retourner à l’éducation canine avec Loki ce qui nous fait beaucoup de bien à tous les deux. Ensuite, le challenge S4F3 a commencé et c’est probablement mon défi littéraire préféré de tous les temps ♥

Et voilà, ce bilan se termine déjà. J’espère que vous passerez de bonnes vacances d’été et un beau mois de juillet ! 😀

Les Brigades fantômes – John Scalzi

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Les Brigades fantômes est un roman de space-opera écrit par l’auteur américain John Scalzi. Publié chez l’Atalante, vous trouverez ce texte au prix de 19.9 euros.
Je remercie Emma et les éditions l’Atalante pour ce service presse !

De quoi ça parle ?
Jared Dirac parlait à soixante secondes, marchait à deux minutes et prenait une navette pour le centre d’entraînement des Brigades fantômes à une heure dix. Jared a été créé sur base du code génétique d’un traitre afin d’y incorporer un enregistrement de son esprit, ce dans l’espoir d’empêcher la destruction de l’humanité. Une expérience ratée, voilà ce qu’est Jared. Mais l’est-il vraiment ?

Une suite ?
Les Brigades fantômes prend place dans le même univers que le Vieil Homme et la Guerre dont je vous ai déjà parlé il y a un long moment maintenant. Chronologiquement, il fait même suite aux évènements sur Corail et on y retrouve certains personnages comme Jane Sagan. Toutefois, il est possible de lire ce tome de manière totalement indépendante bien que je recommande la lecture dans l’ordre de parution pour mieux appréhender l’histoire. Scalzi réutilise son univers déjà présenté en le rendant accessible à un lecteur novice. D’autant qu’ici, il se concentre surtout sur les Brigades fantômes, une unité mystérieuse qui apparaît dans le premier tome sans que le lecteur n’en sache beaucoup à son sujet en dehors des rumeurs qui courent. Il propose aussi des personnages nouveaux (hormis Jane mais ce qu’on sait d’elle dans le premier volume n’est pas forcément utile ici). Il s’agit donc bien d’une suite mais d’une vraie suite indépendante.

Une mise en place trop longue.
Le problème c’est que, pour quelqu’un qui connait déjà l’univers, la mise en place paraît un peu longue et redondante avec un schéma narratif propre à l’auteur qu’on connait déjà. Certes, le lecteur est confronté à de nouvelles informations. Il apprend ce que sont les Brigades fantômes, comment se passe leur entraînement, comment ils se familiarisent avec l’humanité, leur mission de la défendre, etc. Tout cela prend un bon premier tiers du roman et donne lieu à moult questionnements philosophiques assez intéressants. Hélas, il me manquait cette petite étincelle en plus, ce peps qui m’avait séduite dans le premier volume à travers le personnage de John Perry et sa narration à la première personne. Dans les Brigades fantômes, Scalzi préfère partir sur une narration chorale en multipliant les points de vue, un peu comme dans l’Interdépendance. Le système n’est pas mauvais en soi et l’auteur, fidèle à lui-même, le maîtrise très bien. Hélas ce n’est pas ce que j’attendais de la part de cette série, j’ai donc éprouvé une déception toute personnelle. D’autant que Jared est moins intéressant que John, du moins jusqu’à la fin du roman où le texte prend toute sa puissance.

Un univers qui s’étend.
Dans le Vieil homme et la guerre, le lecteur a l’occasion de se familiariser avec l’existence de plusieurs races extra-terrestres et d’en affronter une sur Corail via les aventures de John Perry. Dans ce tome, Scalzi développe davantage deux autres races, les Éneshans et les Obins, qui prennent une grande place dans ce texte. Les premiers sont de type insectoïde et vivent dans une société matriarcale basée sur une élection dans différentes tribus. Depuis un moment, la même tribu garde le pouvoir et maintient la paix en épousant un représentant d’une autre tribu. Pour rester reine, la matriarche doit obligatoirement avoir une fille à sacrer dans les deux ans. Scalzi gère très bien la mise en place et le passage sur la planète des Éneshans a de quoi retourner les tripes en plus de poser la question qui fâche : jusqu’où peut-on aller pour le plus grand bien?

Autre peuple d’importance dans les Brigades fantômes : les Obins. Il s’agit d’une race créée par les Consus, une espèce largement supérieure à toutes les autres qui ont tranquillement mené leur petite expérience en dotant les Obins d’une conscience mais pas d’une âme. Ils existent, ils parlent, ils échangent sauf qu’il manque quelque chose de fondamental et c’est ce que notre traitre se propose de leur offrir en échange d’une aide  pour faire tomber l’Union Coloniale (UC). Une idée passionnante qui ouvre un champ réflexif assez large…

Des thèmes puissants.
Les Brigades fantômes parle d’abord de génétique en évoquant les questions morales que cela implique. Les membres de cette brigade ne sont pas des « vrais-nés ». On les fabrique sur base du code génétique des engagés morts avant d’avoir 75 ans et dont on ne peut donc pas réimplanter la conscience comme on l’a vu dans le Vieil Homme et la Guerre. Ils naissent avec un esprit vierge et évoluent en groupe le temps de se former, d’apprendre, de se développer. Un processus qui ne prend pas tellement de temps d’ailleurs à l’échelle d’une vie. Mais surtout, on expérimente beaucoup sur eux comme on l’apprend quand Jared rencontre une nouvelle race « humaine » adaptée à la vie dans l’espace, qui n’a d’humaine que le nom en réalité. En tant que lecteur, on ne peut pas s’empêcher de se poser des questions sur l’éthique et de ressentir une gêne à laquelle on ne se confronte jamais directement puisque, fidèle à lui-même, Scalzi ne tombe pas dans le pamphlet engagé. Il met en scène le débat via son intrigue, subtil, et nous laisse tirer nos propres conclusions.

Scalzi s’interroge donc sur l’éthique mais aussi sur l’âme, le libre arbitre ou encore la manière dont on se repose sur les nouvelles technologies. Je pense vous avoir évoqué les Amicerveaux dans ma chronique précédente, sorte de super ordinateur implanté chez les humains au sein de l’armée qui permettent des performances supérieures sauf que… Imaginons qu’Amicerveau cesse de fonctionner ? On peut sans problème effectuer un parallèle avec une problématique centrale au sein de nos sociétés modernes.

La conclusion de l’ombre :
Les Brigades fantômes est un roman qui s’inscrit dans le cycle du Vieil Homme et la Guerre mais peut se lire de manière indépendante. Avec celui-ci, John Scalzi explore diverses thématiques comme l’éthique autour des manipulations génétiques, l’importance du libre arbitre ou le poids des technologies dans nos vies. Si ce texte est parfaitement recommandable et à la hauteur de son auteur, il souffre quand même de quelques longueurs et d’un personnage principal moins intéressant que John Perry, du moins pendant une bonne partie du roman. Il reste toutefois indispensable au cycle que je vais m’empresser de continuer à découvrir !

D’autres avis : Lutin82le chien critiqueAu bazar des mots.

BML #23 – mai 2020

Bonjour à tous !
Ce premier jour de juin sonne l’heure du bilan sur le blog. Mai a été un mois un peu compliqué, assez long et pourtant je n’ai pas lu énormément. On aurait pu penser le contraire avec la réouverture des librairies et la reprise des sorties littéraires… Voyons un peu de quoi il en retourne précisément.

Côté romans :

Trop semblable à l’éclair – Ada Palmer (Le Bélial – ♥)
Nixi Turner contre les croquemitaines #4 – Fabien Clavel (Chat Noir)
Tu es belle Apolline – Marianne Stern (Chat Noir)
Le Prieuré de l’oranger – Samantha Shannon (De Saxus)
Rive Gauche – Pierre Bordage (L’Atalante – SP)
Rouge – Pascaline Nolot (Gulfstream – chronique à venir)

Six romans lus donc ce qui est beaucoup moins que d’habitude ! J’ai pris mon temps et je me suis consacrée à des pavés sans me mettre la pression en profitant justement de lire chez moi pour ne pas avoir à transporter ces romans dans mon sac. J’ai excellemment bien commencé le mois avec une découverte extraordinaire, un énorme coup de cœur : Ada Palmer ! On en reparlera à l’occasion puisque j’ai la suite dans ma PàL et qu’elle n’y restera pas longtemps :3

Côté mangas :

Black Butler #12 -> #14
La malédiction de Loki #4
Noragami #5 -> #11
Otaku Otaku #2 & #3
Reine d’Égypte #7
Twittering bird never fly #6
Chobits #1

J’avais envie de lire du manga d’autant que ma librairie a rouvert, ce qui m’a permis de continuer de très bonnes séries comme Noragami ou Otaku Otaku ! J’ai aussi pu lire Reine d’Égypte en nouveauté et tant mieux parce que ça me manquait o/ Au contraire de Twittering Bird qui m’a laissé un sentiment mitigé puisque je ne me rappelais de rien ou presque vu le laps de temps entre les sorties et l’absence de résumé au début du tome. Dommage… Je ne suis pas certaine de poursuivre du coup. Quant à Chobits, je connaissais l’animé et je suis ravie de me lancer dans le manga version papier qui apporte une toute autre ambiance. On reparlera de ce titre dans le prochain « à l’ombre du Japon ». Je pense aussi consacrer un article à Noragami de manière plus large pour expliquer ce qui me plait dans ce manga.
Cela me fait un total de 16 tomes lus.

Petit bonheur du mois :
Les petits bonheurs du mois est un rendez-vous initié par le blog Aux Petits Bonheurs qui consiste à mettre en avant les moments positifs de la vie. Outre le 3e anniversaire du blog j’ai surtout envie de retenir la réouverture de Kazabulles. Je me suis rendue compte durant le confinement à quel point me rendre jusqu’à ma librairie préférée me manquait. Mes libraires sont devenus des amis au fil du temps et ne plus pouvoir me poser au comptoir pendant une heure pour discuter de tout et de rien m’a pesé. Je suis contente que ce soit (pour le moment) derrière nous ! Je m’y suis déjà rendue à deux reprises et je me tempère en m’imposant maximum une fois par semaine, histoire de ne pas encombrer inutilement ni les rues ni la librairie.

Et voilà le bilan est déjà terminé 🙂
Et vous, ça raconte quoi?

Métro Paris 2033 #1 Rive Gauche – Pierre Bordage

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Rive Gauche
est le premier tome de la trilogie Métro Paris 2033 écrite par l’auteur français Pierre Bordage. Publié chez l’Atalante, vous trouverez ce roman dés le 28 mai partout en librairie au prix de 23.9 euros.
Je remercie Emma et les éditions l’Atalante pour ce service presse.

De quoi ça parle ?
La surface n’est plus habitable depuis 2033 (enfin, on suppose ?). Les survivants parisiens se sont réfugiés dans le métro et se sont divisés en plusieurs communautés aux profils divers et variés. Dans ce monde post-apocalyptique, des voix s’élèvent pour former une vraie fédération là où d’autres préfèrent se battre pour leurs privilèges… Un tableau dérangeant de ce que la nature humaine a de pire.

Le post-apo et moi.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, je me dois d’écrire quelques mots au sujet du genre littéraire « post apo » et de ma relation avec lui. Pour ceux qui l’ignorent (bah quoi, on ne peut pas tout savoir !), il s’agit d’un univers où une catastrophe donnée a détruit la civilisation telle que nous la connaissons et qui prend place dans un après. Je lis très peu de romans post-apo parce qu’ils me mettent mal à l’aise pour la grande majorité d’entre eux. Je ne trouve aucun plaisir à découvrir des univers de ce type même si je pense qu’il est nécessaire d’en inventer parce que ça participe à une réflexion plus globale au sujet de notre actualité. Donc sur un plan personnel, je ne suis pas du tout le public pour ce roman et j’ai ressenti un certain nombre de difficultés à le lire, à arriver au bout. Si ça n’avait pas été un SP de l’Atalante doublé d’un livre qui a souffert de la crise COVID vu que décalé dans le planning, je n’aurais probablement pas fait ces efforts. Un état qui n’est pas lié au texte en lui-même ou à sa qualité (à l’exception d’un élément sur lequel je vais revenir plus bas) mais bien à mes goûts personnels. Aussi pardonnez moi d’avance de rester relativement factuelle dans ce billet.

Vous allez me dire… Pourquoi t’en parles, du coup ? Et bien parce que je ne suis pas égoïste ! Je sais que le post-apo est très à la mode, beaucoup de lecteurs, dont ceux du blog, apprécient les lectures de ce genre donc pourquoi les empêcher de découvrir un bon roman ?

Un univers inspiré de Dmitry Glukhovsky…. mais pas que !
Vous le savez peut-être mais ce roman est tiré du même univers que Métro 2033 de l’auteur russe Dmitry Glukovsky. Un texte que je n’ai jamais lu donc je peux vous affirmer que sa lecture n’est pas du tout nécessaire pour comprendre le contenu de Rive Gauche. Tout ce qu’on doit savoir est d’ailleurs expliqué dans un chapitre d’introduction écrit à la première personne, du point de vue de ce que je vais qualifier « d’érudit ». Cet homme – Roy comme on l’apprendra plus tard- conserve des livres dans le plus grand secret afin de préserver la mémoire culturelle de l’humanité. Un but noble et important (remarque totalement impartiale hum-hum) qui lui permet d’être au courant de pas mal d’éléments du passé. Il dépeint au lecteur son présent : comment s’organisent les stations, quelles difficultés rencontrent les gens. Cela permet d’entrer dans le vif du sujet et d’établir clairement les codes du background.

Les parisiens se répartissent en fonction des stations du métro dont les noms sont restés identiques à ceux d’aujourd’hui aussi je ne doute pas que les lecteurs parisiens s’amuseront à suivre IRL le trajet des protagonistes. Je l’aurais fait si j’avais pu. Certaines disposent de plus de richesses que d’autres et quand je dis richesse, il ne s’agit pas tant de monnaie que de ressources : l’eau, la nourriture, les bougies pour s’éclairer, des objets vitaux du quotidien. Un peu comme dans notre société, une élite se partage la majorité du gâteau pendant que la plupart des gens meurent dans leurs excréments. La maladie fait rage, les couples se reproduisent trop pour la quantité de ressources dont ils disposent et certains enfants naissent avec des mutations, s’adaptant à leur nouvelle vie sous terre et causant des cas de conscience. On croisera aussi un culte religieux, l’Élévation, qui incarne tout ce qu’on peut retrouver de pire dans l’idée de foi.

Cet univers est anxiogène et dérangeant. Pierre Bordage retranscrit très bien l’ambiance du métro. On a l’odeur de merde dans le nez quand on le lit, la pénombre perpétuelle, on se sent limite observé, comme si un monstre allait nous sauter dessus sans prévenir. Tout ce qui m’a rendu la lecture pénible sur un plan personnel se révèle en fait plutôt une qualité pour ceux qui apprécient justement le post-apo.

Une intrigue classique mais efficace pour explorer des thématiques nombreuses.
Rive Gauche ne révolutionne pas la manière de raconter une histoire. Pierre Bordage opte pour une narration chorale qui permet de suivre plusieurs points de vue qui représentent chacun un clan, une façon de considérer le monde, de vivre donc, tout simplement. On a la révolutionnaire égalitaire, les religieux véreux, le gamin débrouillard ou encore la femme flouée qui cherche à se venger. Des archétypes évidents dans une intrigue classique dans le genre puisqu’il s’agit de changer profondément la politique actuelle et, par extension, de réfléchir sur notre propre système. L’auteur n’apporte pas grand chose de neuf au post-apo toutefois il propose un titre assez solide dans sa construction et son déroulé. C’est plutôt cohérent, parfois intriguant, souvent ultra violent. Il vaut mieux ne pas avoir un petit cœur pour lire Rive Gauche parce que Pierre Bordage vous met en scène l’humanité dans ce qu’elle a de pire.

Un sexisme ordinaire bien marqué
C’est le point qui m’a vraiment dérangée et qui n’est pas fondamentalement lié au genre (du moins pas à ma connaissance ?). J’ai conscience que l’auteur s’inscrit probablement dans une démarche de dénonciation du sexisme mais tous les personnages masculins pensent avec leur queue -pour rester aussi vulgaire que dans le texte. Ils considèrent TOUS les femmes comme des objets à posséder, même Juss, qui est un gosse. Il accepte de protéger une gamine nyct en se disant qu’elle sera sûrement belle plus tard donc que ça vaut le coup pour se marier avec elle plus tard. Autant je le pardonne à un enfant qui se contente de reproduire les réflexions des adultes (il va évoluer au fil du roman sur ce point et ce d’une bien belle façon d’ailleurs) autant c’est vite pénible chez les autres. Prenons l’exemple de la femme malmenée qui veut se venger aka Aube. Elle est décrite comme superbe, une déesse (ce mot est employé) tout le monde veut coucher avec elle ce qui lui permet plus d’une fois de sauver sa vie. Les hommes deviennent complètement idiots à son contact et non seulement c’est réducteur pour les femmes… Mais ça l’est aussi pour les hommes ! Comme si les personnages masculins se réduisaient à un pénis… Alors que non, désolée, ils valent mieux que ça autant que les femmes valent mieux que ça. Madone, par exemple, la révolutionnaire, couche avec son capitaine puis s’en désintéresse pour un autre type. À chaque fois qu’elle le voit, elle a envie de coucher avec lui ce qui donne lieu à des scènes de sexe vraiment pas utiles. Je sais que ça ne dérange pas la plupart des lecteurs toutefois moi, ça m’a saoulée.

J’ai bien conscience que Pierre Bordage veut mettre en scène une société post-catastrophe où les gens n’ont rien appris et ne se sont pas améliorés afin de permettre au lecteur de prendre conscience de nos problèmes actuels. C’est un choix et il fonctionne très bien puisque j’ai relevé toutes ces thématiques. Toutefois, je suis plutôt partisane d’une dénonciation du sexisme par la création d’une normalité, comme dans À la pointe de l’épée ou le Prieuré de l’oranger, plutôt que dans une mise en scène aussi brute. Je n’aime pas ça. Je n’aime plus ça, encore moins depuis ma lecture de l’édifiant article sur le sexisme en fantasy de Planète Diversité.

Mais voilà, c’est moi, ça ne concerne QUE moi et ma sensibilité. Et je conçois parfaitement que d’autres lecteurs s’y retrouvent totalement, d’où mon envie de quand même vous parler de ce roman parce qu’il est intelligent, actuel, plutôt bien écrit avec certains personnages réussis qui ont droit à une belle évolution (notamment Juss et Plaisance).

La conclusion de l’ombre :
Rive Gauche est le premier tome d’une trilogie post-apocalyptique qui se déroule à Paris, dans l’univers de la saga Métro 2033 de Dmitry Glukovsky chez le même éditeur. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu les romans d’origine pour comprendre le contenu de Rive Gauche car Pierre Bordage reprend surtout le principe d’habitants réfugiés sous terre pour échapper à une catastrophe ayant rendu la surface inhabitable. Rive Gauche contient tous les ingrédients qu’on attend d’un roman de ce type en proposant une intéressante réflexion sur la nature humaine. Je pense pouvoir affirmer qu’il plaira aux aficionados du genre -ce que je ne suis pas donc je prends des pincettes !