La première loi #3 dernier combat – Joe Abercrombie

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Dernier combat
est le troisième tome de la trilogie La première loi écrite par l’auteur anglais Joe Abercrombie. Publié chez Bragelonne au format poche, vous trouverez ce roman partout en librairie au prix de 9.20 euros.

De quoi ça parle ?
Souvenez-vous, je vous ai déjà chroniqué le premier et le second tome.
En quelques mots, j’avais trouvé le premier tome très intéressant au niveau des personnages mais beaucoup trop long à se mettre en place et à développer son intrigue. Je déplorais, de plus, l’absence de personnages féminins intéressants / remarquables. Le second volume avait dans l’ensemble gommé ces défauts et me laissait très enthousiaste quant à la lecture du troisième…
Dans celui-ci, Logen retourne au Nord pour régler ses comptes avec Bethod et a la bonne surprise d’y retrouver ses vieux amis qu’il pensait morts. Glokta, de son côté, se démène pour ramener le plus de voix possibles dans le giron de l’Insigne Lecteur puisque le roi est mourant et qu’un vote va être organisé pour élire son successeur. Quant à Jezal, il retrouve Ardee mais tout ne se passe pas comme il l’imaginait dans ses fantasmes au Bout du Monde, encore moins quand de grands secrets vont être révélés et bouleverser complètement son destin…

Mon sentiment global sur ce troisième tome.
Je ne vais pas vous reparler de l’univers ou des personnages car j’ai déjà longuement écrit à ce sujet dans mes deux autres billets. En règle générale, lorsqu’on lit la chronique d’une fin de saga, c’est soit qu’on l’a lu soi-même et qu’on est curieux de savoir ce que d’autres en pensent, soit qu’on souhaite s’assurer que la découverte vaut bien le coup. Si j’ai dans l’ensemble beaucoup aimé pour plein de raisons sur lesquelles je vais revenir, je suis quand même un peu déçue du final.

Un final qui semble d’ailleurs paradoxalement ne jamais arriver puisque quand les Gurkhiens finissent par être repoussés et que la capitale termine (presque) en ruines pour plusieurs raisons, l’auteur enchaine les chapitres qui ont un goût de chapitre final pour tout qui les découvre, sauf qu’il y en a d’autres qui arrivent derrière si bien que j’avais du mal à savoir à quoi m’en tenir. Ce n’est pas fondamentalement grave en soi puisque Joe Abercrombie laisse la part belle à Glokta (qui est mon personnage préféré) mais le dernier chapitre consacré à Jezal, par exemple, ne ressemblait justement pas à un dernier chapitre.

Et que dire à ce sujet de l’épilogue qui propose une fin ouverte… Et même trop ouverte ? Je n’ai rien contre en soi mais là, il y a quand même une limite. L’arc concernant le Nord me laisse d’ailleurs globalement un goût d’inachevé en bouche mais peut-être que d’autres romans vont s’y passer ? Comme je lis la bibliographie de l’auteur dans l’ordre chronologique, difficile de l’affirmer.

À la lecture de ces lignes, on pourrait penser que j’ai apprécié ma lecture, sans plus (et encore), mais ce n’est pas le cas. J’ai vraiment passé un excellent moment dans l’univers grimdark (selon la classification Apophis) proposé par Joe Abercrombie. Ma première impression sur l’auteur est qu’il soigne ses personnages, leur psychologie, leur développement, parfois au détriment du rythme de l’intrigue. Toutefois, les personnages sont, à mes yeux, un élément très important de tout bon récit donc cela ne me dérange pas, sans compter qu’il est assez rare de croiser des auteurs capables de proposer des anti-héros aussi aboutis. De plus, Joe Abercrombie se révèle plutôt doué pour immerger son lecteur dans la guerre et les combats, ce que j’apprécie tout particulièrement. Dommage qu’il ne déploie pas le même talent pour les arts magiques puisque, comme le dira si justement Bayaz, personne ne prend la réelle mesure de l’exploit qu’il a accompli et que je n’ai, personnellement, à aucun moment ressenti comme tel puisque les personnages qui y assistent n’ont pas les connaissances requises pour nous faire prendre conscience de l’étendue de ce que ça peut représenter. Dans l’ensemble, le Premier Mage et toute cette histoire de Première Loi tombent à plat et c’est un peu dommage. J’en viens à me demander pourquoi la trilogie porte ce titre puisque ça reste une partie assez mineure de ce que nous raconte l’auteur.

Je me dis que Joe Abercrombie a peut-être voulu se montrer trop ambitieux, trop en mettre en une fois dans une seule saga, ce qui est un défaut récurrent chez les auteurs qui débutent (pour rappel, c’est sa première trilogie). J’ai tout de même apprécié le voyage rien que pour l’extraordinaire personnage de Sand Dan Glokta qui m’a profondément marquée en tant que lectrice. J’ai trouvé son concept et son évolution vraiment soignés, complexes, le rendant touchant et terrifiant à la fois. Un anti-héros dans toute sa splendeur comme j’aimerais en voir plus souvent !

Concernant ce troisième tome en lui-même, il approche les 900 pages au format poche et on ne les sent pas passer, même une fois les grands évènements achevés. Les rebondissements sont très nombreux et je n’en ai pas vu venir la plupart. Il se passe toujours quelque chose, plus aucun temps mort (contrairement au tome 1), difficile de reposer le roman pour souffler tant je me suis passionnée par ce que je lisais. Cela peut paraître contradictoire avec ce que j’ai écrit plus haut mais trouver des défauts à une lecture n’empêche pas de se laisser emporter dedans. Enfin, pas systématiquement.

À quel type de lecteur conseiller cette saga ?
Au fond, c’est également ce qu’on attend (je pense) d’une chronique sur une fin de saga ! Quel type de lecture ravira cette trilogie ? Tout d’abord je dirais qu’il ne faut pas craindre les longueurs ni les pavés. Il ne faudra pas non plus attendre un world building original ni un magic building renversant car le premier est assez classique (ce qui ne signifie pas mauvais, juste déjà vu) et le second vraiment trop flou pour que cette partie de l’intrigue ait un réel impact, malgré le titre. Il sera également important si pas nécessaire d’apprécier l’aspect militaire d’une intrigue puisque Joe Abercrombie décrit bon nombre de batailles, de sièges, de duels, tout au long de sa trilogie. À cet aspect militaire s’ajoute une ambiance plutôt sombre, violente et crue, qu’on retrouve dans le genre grimdark, et des anti-héros aux commandes de la narration. C’est quelque chose qui m’enthousiasme et me séduit mais je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde. De plus, même si quelques personnages féminins sont présents et développés, La première loi reste une saga très masculine, ce qui peut déranger certain/e.

La conclusion de l’ombre
Pour conclure, je dois dire que je n’ai pas le moindre regret de m’être laissée convaincre par Apophis et Julie (ma libraire que vous pouvez retrouver sur la Brigade Éclectique) de découvrir cet auteur. En commençant par sa première trilogie et en le voyant évoluer de tome en tome, je ne peux qu’attendre avec impatience de découvrir le prochain texte sur ma liste (Servir froid, pour rester dans la chronologie) afin de voir ce que ce talentueux auteur nous réserve avec cette expérience gagnée.

D’autres avis : Le culte d’Apophisl’ours inculteLe Bibliocosme (Boudicca) – vous ?

La Première Loi #2 Haut et court – Joe Abercrombie

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Haut et court
est le second tome de la trilogie de La Première Loi écrite par l’auteur britannique Joe Abercrombie. Publié chez Bragelonne au format poche, vous trouverez ce texte partout en librairie au prix de 9.20 euros.

De quoi ça parle ?
Souvenez-vous, je vous ai récemment parlé du premier tome.
Dans celui-ci, l’intrigue se divise entre trois groupes à trois endroits du monde. On va suivre Glokta, envoyé dans la ville de Dagoska pour trouver ce qui est advenu du Supérieur de l’Inquisition local et repousser les Glurkiens qui se massent aux portes, bien décidés à conquérir la cité. On retrouvera également le Nord avec le Colonel West et l’ancienne bande de Logen, à présent dirigée par Séquoia, qui doivent affronter les troupes de Bethold avec, à leur tête, un prince héritier pas franchement qualifié (coucou, ceci est l’euphémisme de l’année). Et enfin, nous marcherons sur les pas de Bayaz et du groupe hétéroclite qu’il a rassemblé : Logen, Luthar, Ferro, Long-Pied et Quai, en route pour le bout du monde où ils espèrent dénicher une arme magique ancienne capable de ramener un semblant d’ordre dans tout ce chaos.

Des personnages qui évoluent.
À l’instar du premier tome, la grande force de celui-ci reste ses personnages et leur évolution. L’Inquisiteur Glokta par exemple, devenu Supérieur de la ville de Dagoska, continue d’obéir à l’Insigne Lecteur mais de moins en moins aveuglément. Les évènements lui permettent de se rendre compte de la vacuité de certaines décisions et de développer des soupçons, à peine esquissés pour le moment mais qui, je n’en doute pas, trouveront tout leur intérêt dans le troisième tome. Il conserve son cynisme qui faisait tout son charme et se complexifie. On découvre aussi une facette de cet homme pas totalement dépourvu de compassion finalement, même si ça ne joue pas tant que ça en sa faveur…

Glokta constitue un premier point de vue que l’on suit. Un second est celui du groupe de Nordiques, anciennement sous la direction de Logen (chacun pense que l’autre est mort alors que non) et à présent avec Séquoia comme chef. À la fin du premier tome, ils se décidaient à rejoindre les soldats de l’Union pour combattre Bethod et vont pas mal déchanter en voyant qui est à la tête de l’ensemble. Deux personnages se détachent : West, qui permet de voir ce qui se passe dans les rangs de l’Union et d’avoir régulièrement envie d’étouffer le prince Ladisla dans la neige, ainsi que Renifleur, pour s’attarder sur une vision Nordique du fonctionnement de l’Union et surtout, du groupe d’Hommes Nommés. J’ai beaucoup apprécié suivre davantage ces personnages qui étaient un peu occultés par l’ego de Lothar (pour West) dans le premier volume ou tout simplement par les évènements (pour les autres).

Dernier groupe et non des moindres, celui formé par Bayaz pour se rendre sur une île au Bout du Monde afin de s’emparer de la Graine, un morceau d’au-delà qui lui permettrait de réparer ses erreurs et de sauver le monde du chaos, grosso modo. Dés le départ, en tant que lecteur, on sent que quelque chose cloche avec cette quête mais elle a au moins le mérite de voir du paysage et de mettre un peu de plomb dans la tête de Lothar qui signe l’évolution la plus intéressante du roman. C’est aussi l’occasion de retrouver Logen, fidèle à lui-même et Ferro, dont la psychologie s’épaissit dans ce second volume. Je vais y revenir.

Davantage de personnages féminins.
Souvenez-vous, dans ma chronique du premier tome, je déplorais la quasi absence de personnages féminins. Ici, c’est beaucoup moins le cas ! On retrouve Ardee assez sporadiquement ainsi que la Tourmenteuse Vitari qui accompagne Glokta bien malgré lui. Ferro a droit à de nombreux chapitres de son point de vue (ce qui parvient à me la rendre très sympathique finalement alors qu’elle me gonflait dans le premier tome) et même du côté des Nordiques, on rencontre Cathil, ancienne prisonnière d’un pénitencier où West a du recruter du monde pour les forges de son armée, parce que personne n’a voulu lui laisser du personnel qualifié. Ces femmes sont aussi différentes les unes des autres qu’il est possible de l’être et possèdent une vraie personnalité, sans se définir en fonction d’un homme. Et pourtant, on a bien un ou deux intérêt… pas romantique (faut pas abuser, enfin… c’est compliqué et c’est ça qui est beau : la nuance) mais disons, charnel, sans que ça ne paraisse forcé, voyeuriste ou inutile. Que du contraire ! Une belle évolution donc.

Une intrigue sans temps morts.
Si je reprochais au premier tome de compter un certain nombre de longueurs et de (trop) prendre son temps pour poser les différents personnages et enjeux, ce volume ne souffre pas, selon moi, du même souci. Les pages se tournent sans en avoir l’air et j’ai même l’impression que le découpage des chapitres est mieux maîtrisé, plus dynamique, avec un format un brin plus court mais qui fonctionne admirablement, sur moi en tout cas. Je n’ai pas senti les pages se tourner et je suis arrivée à la fin un peu surprise d’y être déjà. Sans exagérer, j’ai dévoré ce tome et je me réjouis de découvrir la conclusion de cette première trilogie de Joe Abercrombie.

La conclusion de l’ombre :
Haut et court est le second tome de La Première Loi et propose une suite qui dépasse largement Premier Sang. Les quelques défauts relevés (des longueurs, des personnages féminins quasiment absents) ont tous été gommés par l’auteur et ce, avec brio. Je me suis régalée avec cette suite et je ne vais pas tarder à lire la conclusion. Voilà une saga de fantasy tout à fait recommandable !

D’autres avis : Le culte d’ApophisL’ours inculteLe Bibliocosme (Boudicca) – vous ?

La Première loi #1 Premier sang – Joe Abercrombie

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Premier sang
est le premier tome de la trilogie la Première loi écrite par l’auteur anglais Joe Abercrombie. Publié chez Bragelonne au format poche, vous trouverez ce roman partout en librairie au prix de 9.20 euros.

De quoi ça parle ?
L’Union a perdu sa grandeur d’antan et est menacée au nord comme au sud. C’est dans ce contexte incertain que le lecteur va suivre le destin de trois personnages : Logen Neuf-Doigts dit Neuf Sanglant, Nordique redouté et à raison. Le capitaine Jezal dan Luthar, noble de sang, escrimeur prometteur mais égoïste et fainéant ainsi que l’Inquisiteur Glokta, ancien héros de guerre revenu gravement estropié. Ces protagonistes vont se croiser grâce à Bayaz, le Premier des Mages, qui semble ourdir des plans pour l’avenir…

Un premier tome (très) introductif.
Introductif est l’adjectif qui convient le mieux pour qualifier Premier sang puisqu’en 717 pages (format poche) on ne peut pas dire qu’il se passe grand chose même si, paradoxalement, l’auteur met tout en place pour la suite, proposant des éléments a priori enthousiasmants.

Ici, donc, le lecteur se familiarise avec l’univers de la Première loi, un monde fantasy assez classique dans sa géographie et dans les peuples (tous humains) présentés. Concrètement, on y vit un tournoi d’escrime, on y voit quelques complots, on dénoue quelques mystères mais rien de bien grandiose ou de fondamentalement palpitant. On apprend également à connaître les personnages principaux et je dois avouer que ce sont eux qui incarnent, à mes yeux, le plus grand intérêt de ce roman en plus de tout le mystère qui plane autour de l’histoire du Créateur. Cette mythologie n’a rien de très original non plus à première vue toutefois elle est suffisamment bien amenée pour titiller ma curiosité.

Une fois la dernière page tournée, j’ai eu envie d’enchaîner sur le tome 2 pour savoir ce qui allait bien pouvoir leur arriver. Et heureusement qu’ils sont là puisque, comme je le disais, ce roman est assez introductif. Sans l’attrait ressenti pour les protagonistes, je n’aurais probablement pas été plus loin. Pas parce que le roman est mal écrit, mauvais ou que sais je mais simplement parce que je ne continue plus les sagas qui ne réussissent pas à suffisamment attiser ma curiosité.

Des personnages forts…
Le roman s’ouvre sur une course poursuite dans la forêt où Logen essaie de sauver sa peau face aux Shankas (un peuple étrange de prime abord) tentent de l’éliminer. Logen est un guerrier, un survivant. Il a tué beaucoup de gens dans sa vie, a un passif assez lourd mais on sent que l’âge l’a fait évoluer, l’âge et les épreuves probablement. Il a également la capacité de discuter avec les esprits même si ce don reste assez mystérieux (à quoi servira-t-il dans l’avenir ?) et rare dans cet univers.

Après Logen, place à Glokta qui est, sans hésitation, mon personnage préféré. Ancien héros de guerre, il a passé deux ans dans les geôles ennemies à être torturé avant qu’on ne le rende à l’Union. Il en a évidemment gardé des séquelles physiques importantes qui le laissent dans une souffrance perpétuelle. J’ai trouvé ce personnage fascinant puisqu’il incarne la chute d’un grand homme promis à un avenir brillant et qui ne baisse pas les bras pour autant. Son évolution au sein de ce tome est intéressante mais ce n’est pas la plus radicale…

Non, celle-ci revient au capitaine Jezal dan Luthar, stéréotype du noble arriviste qui a eu la chance d’être un peu doué pour l’escrime mais qui n’a pas forcément envie de fournir le moindre effort. Hautain, égoïste, un vrai con à qui on a envie de coller une paire de claques. Pourtant, à mesure que les chapitres avancent, le personnage s’épaissit, entame une évolution intéressante sur sa psychologie qui est assez prometteuse. À voir s’il continuera sur cette voie et ce que l’avenir lui réserve !

Et que dire de Bayaz, vu chaque fois par les yeux de quelqu’un d’autre ? Le Premier des Mages est l’un des seuls à user de magie dans les personnages rencontrés et on a du mal à lire en lui. Tantôt vieillard sympathique, tantôt homme irascible d’une puissance meurtrière (au point d’exploser – littéralement- ses ennemis), il est le moteur de tous les éléments esquissés dans Premier sang mais force est de constater qu’il entretient un peu trop bien le mystère autour de ses projets. En refermant ce roman, on n’en sait pas beaucoup plus qu’au départ.

… quasiment tous masculins.
C’est probablement un point qui va hérisser les lecteurs et lectrices potentiel(le)s puisqu’il n’y a quasiment aucune femme dans ce premier volume. La première avec une véritable importance apparait dans la seconde partie du roman en la personne d’une sauvage prénommée Ferro (qui m’a gonflée jusqu’aux derniers chapitres). La seule autre nommée qui a des dialogues est la sœur d’un ami de Jezal, Ardee, qui est plutôt atypique, mystérieuse, en souffrance et au sujet de laquelle on ne sait pas grand chose de concret en dehors des rumeurs qui peuvent courir. Le fait de ne la voir qu’à travers les yeux ou de Jezal ou de son frère joue assez pour entretenir ce sentiment d’indécision. Pourtant, ces deux femmes possèdent chacune un certain pouvoir, une puissance (brute pour Ferro, subtile pour Ardee), une influence non négligeable qui se renforcera probablement dans la suite. Du moins, je l’espère.

Sur un plan personnel, l’absence de représentation féminine ne m’a pas spécialement dérangée parce que je sais qu’en fantasy médiévale, c’est souvent comme ça et que c’est cohérent avec le type de société qui est représenté. Alors oui, on pourrait choisir de procéder autrement mais d’une, le roman est sorti pour la première fois il y a plus de quinze ans (l’air de rien les mentalités ont énormément évolué depuis donc je replace le roman dans son contexte) et de deux, les quelques portraits de femmes qui sont esquissés montrent que l’auteur ne les méprise pas, au contraire, du moins l’ai-je ressenti ainsi mais il faudra que cela se vérifie dans les tomes suivants. Si je le précise, c’est parce que je sais que ça compte beaucoup pour certain/es lecteur/ices donc il vaut mieux savoir dans quoi on s’engage.

Petit coup de gueule sur l’édition française.
Avant d’achever cette chronique je me dois de préciser un point qui m’a un peu agacée, à savoir le manque de relecture manifeste effectuée sur ce texte par la maison d’édition. Il reste un certain nombre de fautes, notamment sur les accords et même à certains moments, on a un mot à la place d’un autre. De plus, à plusieurs endroits, le saut de paragraphe est marqué en fin de page si bien qu’on ne comprend pas tout de suite qu’une ellipse a eu lieu au sein du récit. J’ai conscience que l’erreur est humaine mais pour une structure de la taille et de l’envergure de Bragelonne, je trouve ça très dommage qu’on ne fasse pas relire la maquette finale avant de l’envoyer à l’impression. Et malheureusement, ce n’est pas la première fois que cette mésaventure m’arrive avec un ouvrage de chez eux. Cela n’entame pas la qualité de l’écrit ni le travail de la traductrice mais je tenais tout de même à en parler.

La conclusion de l’ombre :
Premier sang est un tome très introductif pour le reste de la trilogie. Il s’agit ici de prendre ses marques avec l’univers et les personnages qu’on va suivre ainsi que de poser les premiers jalons d’une intrigue qui semble prometteuse. Ce sera à voir sur le long terme si tous les éléments mis en place par Joe Abercrombie tiennent la route et sont correctement exploités ! Heureusement, l’auteur pose des protagonistes suffisamment convaincants et intrigants pour me donner envie de découvrir la suite. Ce que je ne vais pas manquer de faire !

D’autres avis : Le culte d’ApophisBoudicca – l’ours inculte – Aelinel – vous ? (n’hésitez pas à vous manifester si j’ai loupé votre chronique !)