À l’ombre du Japon #22 { Kingdom of knowledge #1 ; Shikabana #1 ; Nosferatu #1 }

Bonjour à tous et à toutes !

On se retrouve pour un nouveau rendez-vous manga avec trois premiers tomes de séries qui sont sortis récemment et qui ont titillé mon intérêt. Malheureusement, comme vous allez le constater, ça n’a pas vraiment été une réussite…

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Fei est un gnome, il vit dans la bibliothèque de l’Empire avec son peuple car ils sont les seuls à pouvoir lire d’anciens manuscrits qui renferment d’immenses savoirs. Ils ont des milliers de volumes à traduire et ne pourront voir le monde extérieur qu’une fois ce travail achevé. C’est chose faite huit ans après le début du manga, sauf que ça sonne la fin des leurs, les humains refusant que leurs secrets soient répandus partout. Fei est le seul à en réchapper et il jure de se venger…

Ce manga est une nouveauté récente parue chez Kana dans sa collection Dark Kana. L’éditeur présente ce titre comme de la dark et de la tactical fantasy, autant dire que j’étais impatiente de le découvrir sauf que… Selon moi, le terme dark fantasy est très mal employé ici et ce serait super qu’on arrête de mettre dans ce sous-genre toute œuvre où on voit du sang et des morts. La dark fantasy, c’est plus que ça. C’est une idéologie d’ensemble qu’on ne ressent absolument pas sur ce premier volume trop classique à mon goût que ce soit sur son idée ou sur sa mise en place. Quant à l’aspect tactique, on ne peut nier sa présence puisque le héros utilise ses connaissances théoriques acquises dans des livres pour vaincre des ennemis toutefois j’ai trouvé que le (la ?) mangaka l’amenait d’une manière plutôt grossière. Tout va trop vite et paradoxalement, c’est long… Du coup, flop pour moi mais si vous êtes moins à cheval que moi sur les terminologies et les attentes générées par un tel titre, alors n’hésitez pas.

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Kyoto, de nos jours. Tsuyu vit avec Mizore, sa copine depuis le lycée et ne sait pas trop où il va dans la vie. Un soir, Mizore subit un accident de la route. Tuée sur le coup, ce nouveau malheur affecte Tsuyu qui se raccroche à une mystérieuse lettre laissée par Mizore qui le supplie de ne pas brûler son cadavre car un miracle pourrait se produire.

En guise de miracle, c’est plutôt un cauchemar. Ce premier tome se révèle très introductif mais c’est logique puisqu’il y a beaucoup à dire. En général, ça m’agace toutefois ici, ce n’est pas trop mal fait et ça s’incorpore plus ou moins bien dans le manga bien qu’il y ait un petit côté « explication à la Rukia » (les fans de Bleach comprendront) qui m’a fait tiquer. Pourtant, Kei Monri prend son temps pour poser la relation entre Tsuyu et Mizore, afin que le lecteur ne reste pas indifférent aux malheurs du garçon. Il y a un côté très tragique et sombre à ce titre qui m’a vraiment plu et qu’on ressent dés la couverture. Les soucis que j’ai rencontré avec Shikabana arrivent après, quand on découvre le concept de kuroe et qu’on apprend que ces créatures utilisent les cadavres comme vaisseau pour se développer avant de naître. Il existe (évidemment) une section plus ou moins secrète de la police qui les traque, groupe que va rejoindre Tsuyu dans l’espoir de sauver Mizore. Évidemment, Tsuyu n’est pas sorti indemne de sa rencontre avec le kuroe qui habite le corps de sa copine et développe des pouvoirs qui font tomber ce titre tête la première dans le horror-body.

Vous le sentez, cet aspect hyper classique et ce schéma convenu ? D’autant que la section élimine les kuroes, les tue quoi. Tsuyu se rend alors bien compte qu’il a commis une erreur en les rejoignant mais il reste quand même avec eux pour… Quoi ? Je n’ai pas bien saisi. Si les différents éléments de fond sont intéressants, la manière dont l’histoire est présentée sur ce premier tome est trop vue et revue à mon goût. Toutefois, je suis certaine qu’il ravira les adeptes d’horror body vu la qualité du chara-design et surtout, les lecteurs moins lassés que moi ! D’autant que la série est achevée en trois tomes et que c’est la première de ce duo d’auteurs donc… Pourquoi pas ?

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Je vais être sincère : j’ai acheté ce manga uniquement pour sa couverture magnifique en lisant à peine le résumé qui, pourtant, parle bien d’une femme amnésique (soit un des ressors narratifs que je déteste le plus au monde) ainsi que de créatures sanguinaires dans une époque qui ressemble un peu au Moyen-Âge… Vu, vu et revu, classique quand tu nous tiens. Toutefois, j’ai cédé à l’appel du chara-design et si ce titre est effectivement beau graphiquement, il ne contient rien de renversant en terme de concept ou d’intrigue, allant même jusqu’à récupérer grossièrement le mythe qui entoure la famille Bathory. Tous les poncifs du genre sont représentés : la belle femme amnésique qui se rappelle pourtant comment se battre avec son épée et ce, à la perfection, le jeune garçon innocent qui va partir avec elle à l’aventure, une gentille héritière qui se fait abuser par ses serviteurs et qui est mise de côté dans le remariage de son père, une église qui monte une troupe d’élite pour affronter les Nosferatu qui avaient disparu mais en fait non… et je suis trop lassée de ceux-ci pour aller voir au-delà de ce premier volume que j’ai pourtant apprécié lire, sans hélas ressentir l’étincelle qui me donne envie de continuer.

Et voilà, c’est déjà terminé ! J’ai conscience de passer pour une emmerdeuse aigrie via ces brefs retours mais si j’ai choisi de vous parler de ces mangas malgré mon sentiment tout personnel c’est parce que je pense sincèrement qu’ils peuvent plaire à un autre public que moi car ils ne sont pas dénués de qualité, autant sur un plan graphique que conceptuel. Ils ne me conviennent juste pas. Heureusement, sur les quatre nouveautés il y en a une qui a su me plaire et à laquelle je vais consacrer un article plus long très bientôt.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)