IM, Great Priest Imhotep #1 & 2 – Morishita Makoto

IM – Great Priest Imhotep est un shonen inspiré de la mythologie égyptienne antique écrit et dessiné par Morishita Makoto. Saga terminée depuis peu en 11 tomes chez Ki-oon, vous trouverez chaque volume au prix de 6.60 euros.

Il y a trois millénaires, le grand prend Imhotep a soudainement disparu de l’Histoire. Il réapparaît de nos jours, au Japon, ramené par l’ordre d’Amon pour combattre les magais, des esprits qui imitent les dieux et prennent possession des humains.
Depuis l’enfance, Hinome n’a aucun ami et les habitudes occultes de son père lui valent la réputation d’être maudite. Sans compter cet accident, il y a huit ans, qui lui a brûlé la gorge et la contraint à ne plus parler, au risque de blesser les autres.
Leurs chemins vont se croiser et ensemble, ils vont affronter ces créatures en espérant trouver la rédemption au bout du chemin.

J’entends parler de ce manga depuis un moment et j’avais même été attirée par la couverture franchement canon. Pourtant, j’ai mis longtemps à me lancer et il a fallu l’insistance d’un ami doublée d’une promo Ki-oon (gloire à toi 1+1 gratuit) pour que je saute le pas. Faut dire que l’étiquette shonen me rebute souvent, je sais que ce n’est plus trop ce que je recherche mais bon, parfois, il faut chercher au-delà des apparences.

IM a été une bonne surprise. L’intrigue commence directement sans longueurs et se poursuit sans temps morts à l’exception de quelques scènes d’exposition nécessaires. Imhotep débarque au Japon et s’incruste chez Hinome, possédée depuis huit ans. En plus de s’installer chez elle avec son père passionné de sciences occultes (le gars est totalement ravi, au passage, et l’appelle déjà seigneur), il va l’aider et l’entrainer dans sa chasse parce qu’il a besoin d’aide pour comprendre le Japon moderne. Si Hinome refuse d’abord tout net, elle va petit à petit se laisser convaincre, surtout quand des gens qu’elle apprécie sont mis en danger.

Le duo entre les deux personnages principaux fonctionne bien. Imhotep a des airs d’adolescent frondeur, impertinent et égocentrique. Pourtant, c’est une façade pour cacher le poids de ses crimes et son désir de rédemption, ainsi que ses immenses pouvoirs. Dans le premier tome, on place surtout le décor ainsi que le concept mais déjà dans le second, on apprend ce qui a valu son statut de criminel à cet ancien grand prêtre et la raison de son bannissement. Ce qui est surprenant c’est qu’un bon tiers du second volume contient le premier début du manga, celui d’abord envisagé par Makoto Morishita. Et ça avait de la gueule aussi ! Je n’arrive pas à dire si je préfère la version actuelle ou non. L’ancienne me paraissait encore plus sombre et mélancolique. Quant à Hinome, c’est une adolescente de quinze ans qui souffre de sa solitude et de la mise à l’écart qu’elle subit à l’école. Pourtant, elle ne se laisse pas abattre et ose saisir les mains tendues. À travers elle, la mangaka traite de thèmes importants comme l’exclusion et la marginalisation. Entre elle et Imhotep, une amitié se développe et d’ailleurs, l’amitié est un thème central du manga (tout part d’elle, vous comprendrez en lisant), ce que j’apprécie grandement.

Comme dans tout shonen, il y a une dose d’humour, un côté un peu da fuck et une mascotte (bébé Anubis ♥) trop choupinette (pour une fois c’est un CHIEN ! Voilà, rien que pour ça tu gères, manga.) mais la mangaka dose bien les différents éléments, empêchant cette sensation de lourdeur ou de gaminerie que je ressens trop souvent à la lecture des shonen modernes. Au fond, IM a un côté assez sombre et mature pour son genre éditorial, je suis très curieuse de découvrir la suite pour voir si ça se vérifie.

Enfin, un mot sur le chara-design carrément canon et soigné ! Je suis conquise.

Pour conclure, IM – Great Priest Imhotep est une excellente découverte en matière de shonen que je vais m’empresser de poursuivre. En espérant que le manga va tenir ses promesses sur les 11 tomes que comporte la saga. Je vous le recommande si vous appréciez les mythes de l’Égypte antique et que vous n’avez pas peur de les voir se mêler à un Japon moderne. Et si, pour vous, l’amitié, c’est important !

Black Torch #1 – Tsuyoshi Takaki

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Black Torch est le premier tome d’une série shônen publiée chez Ki-Oon. Écrite et dessinée par Tsuoyoshi Takaki dont c’est, apparemment, le premier manga, le tome 2 est prévu pour début du mois d’avril. Chaque tome coûte environs 6.90 euros.

Alors, Black Torch étant un shônen, il partait déjà avec un désavantage. Mais un shônen unanimement apprécié à la librairie où j’achète mes mangas (coucou Kazabulles) et dont le chara-design qui me rappelle un peu Bleach (plus qu’un peu en fait quand on découvre l’intérieur) a achevé de me convaincre de lui laisser sa chance. Bien m’en a pris !

Black Torch raconte l’histoire de Jiro, le descendant d’une lignée de shinobi capable de parler avec les animaux… Et véritable aimant à problèmes. Forcément hein, sinon c’est pas drôle. Alerté par un corbeau, il se porte au secours d’un chat noir mal en point et bascule dans un univers dont il ne soupçonnait pas l’existence, basé sur la mythologie des mononokes. En aidant Rago, un mononoke très ancien et surpuissant, Jiro va s’embarquer dans une aventure explosive qui mettra sa vie en danger.

L’éditeur présente bien cette saga sur la quatrième de couverture. Pour une fois, je ne peux qu’approuver: nous sommes dans un shônen explosif, dynamique, sans aucun temps mort. Ce tome introductif pose les bases d’un univers surprenant et intrigant sans nous assommer d’explications inutiles. L’auteur distille les informations avec équilibre et propose un héros qui, s’il a toutes les caractéristiques du personnage principal de shônen (toutes.), en arrive malgré ça à nous être sympathique.

Comme je l’ai mentionné, le chara-design me paraît très fortement influencé par celui de Tite Kubo (Bleach) au point que certains personnages ressemblent comme deux gouttes d’eau à ceux qu’on trouve dans le manga. Celui qui m’a le plus marqué, c’est Ichika, qui est plutôt inspirée d’Inoue (sauf pour la taille de ses seins, ouf). L’influence ne s’arrête pas là, je pense que ce premier tome plaira vraiment aux fans de Bleach puisqu’on retrouve des thèmes et des développements narratifs similaires.

Sans révolutionner le genre, Black Torch est un manga plutôt prometteur qui mérite qu’on s’y intéresse de plus près. Je le recommande sans hésiter aux fans du genre !

Lyla & la bête qui voulait mourir – Asato Konami et Eijiwa Saita

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Lyla & la bête qui voulait mourir est un seinen scénarisé par Asato Konami et dessiné par Eijiwa Saita. Publié chez Ki-oon depuis février 2018, vous pouvez vous le procurer au prix de 7.90 euros. Attention, la série est en cours et je n’ai trouvé aucune indication sur le nombre de tomes ! J’en profite pour remercier Ki-oon qui m’a permis de gagner ce manga lors d’un concours et donc, de le découvrir.

Lyla & la bête qui voulait mourir est une belle histoire, triste, poignante et cruelle. Nous suivons Aron, une chimère qui est esclave d’un parrain de la mafia et Lyla, une jeune fille dont Aron a assassiné la mère sous ses yeux sans se résoudre à la tuer elle. Pourquoi? Parce qu’elle est la petite fille aux yeux bleus, celle qui le tuera pour l’emmener au paradis, comme son livre le lui a appris.

Les deux personnages principaux sont plutôt complexes. Aron est une chimère (mi homme, mi animal) adulte mais qui a une psychologie d’enfant. Il a été maltraité pendant des années et conditionné à une seule chose: tuer sur ordre de son chef. Il agit de manière implacable mais très automatique et se promène partout avec cet étrange livre qui raconte l’histoire d’un enfant qui meurt et est emmené au paradis par un ange. Lyla, elle, est une adolescente comme il en existe beaucoup. Elle a des soucis familiaux (un père violent et mauvais) mais est très proche de sa mère, qu’elle essaie de protéger même si elle se trouve très lâche parce qu’elle finit chaque fois par fuir et baisser la tête. En assistant au meurtre de ses parents, elle se jure de se venger mais tout ne se passe pas comme prévu. Au fil de ce premier tome Lyla va petit à petit comprendre que Aron n’est pas le monstre qu’elle croyait et cela va la déstabiliser, forcément. Attention toutefois, je le précise, aucune amourette ne se profile à l’horizon (et c’est tant mieux !).

Très poétique et intelligent, Lyla & la bête qui voulait mourir propose une histoire poignante qui jouera avec vos émotions. Hélas, il y a un gros point noir: le chara-design. Entendons-nous, la couverture est très jolie, mais le contenant… Beaucoup trop brouillon et inachevé à mon goût. Si les personnages principaux sont plutôt bien caractérisés, les décors sont esquissés et beaucoup de personnages secondaires ont, par moment, à peine un visage. Je trouve ça très dommage parce que l’intrigue et le concept sont de qualité, mais le dessin ne suit pas. Pas à mon goût, du moins. J’hésite vraiment à acheter la suite pour cette raison (mais l’histoire m’a tellement accrochée que je pense me laisser tenter quand même) et je vous conseille de le feuilleter pour voir si ça ne vous gêne pas.

En bref, Lyla & la bête qui voulait mourir pose les bases d’une belle histoire complexe qui sort de l’ordinaire. Point noir: son chara-design n’est pas assez soigné (selon moi) et pourra gêner certains d’entre vous. Je pense toutefois que ce manga vaut la peine qu’on fasse un effort, pour son intrigue intelligente et ses personnages remarquables.

 

FOCUS – Mon bilan lecture de 2017

Bon, en vrai, je triche un peu !
J’ai fait les comptes: du 15 décembre 2016 au 15 décembre 2017, j’ai lu en tout 66 romans (si si, je vous jure…) et 43 mangas. Ce qui fait plus d’un roman par semaine. Je sais que beaucoup sont à davantage mais je lis pour le plaisir et je vous en parle pour la même raison. Je précise toutefois que je n’ai pas compté les livres / les articles lus dans le cadre de mes études.

Dans tout ça, il y avait du bon et du moins bon. Je vous propose donc de découvrir mon petit bilan personnel, qui mettra l’accent uniquement sur le positif ! Comme toujours sur le blog.

Ma plus belle découverte française de l’année:
Sans conteste, il s’agit de Morgane Caussarieu. Une auteure qu’on a passé des années à me recommander (enfin, depuis 2015 quoi), que j’ai longtemps boudé, pour finalement la découvrir grâce aux promotions de l’été chez Mnémos. Et quel bonheur ! Une Poppy Z Brite à la française qui a su s’affranchir de cette étiquette, définir sa propre personnalité littéraire. Si « Dans les veines » rappelle l’iconique auteure américaine, « Chéloïdes » ne manquera pas de vous retourner complètement le cerveau. Sans parler de sa nouvelle parue dans « Black Mambo » ! J’adore découvrir les connexions entre chaque texte et j’ai hâte de vider ma PAL papier pour enfin dévorer « Je suis ton ombre » qui est le dernier roman qu’il me reste à lire d’elle. Notez qu’en février, elle va en sortir un nouveau dans la collection Naos de chez Mnémos et j’ai vraiment hâte. En bref, si vous aimez les univers malsains, trashs, etc. c’est un must-read.

Ma plus belle découverte belge de l’année:
Mon cœur a balancé entre deux noms mais je me dois d’être honnête, il s’agit de Vincent Vallée. Rien ne le prédestinait à figurer dans ce classement, puisqu’il écrit de la littérature générale, mais « Verlaine avoue Rimbaud » m’a complètement bouleversée. J’ai adoré chaque ligne de ce merveilleux ouvrage que je vous recommande plus que chaudement. Quant à l’autre nom, il s’agit d’Emilie Ansciaux.  J’ai trop longtemps laissé de mauvaises langues me détourner de ses écrits et j’ai découvert « la Mélodie » (un roman court et effrayant) avec grand plaisir. Elle dispose de vraies qualités littéraires et son dernier roman attend sagement dans ma PAL que ma bookjar daigne l’en sortir. Je vous invite à vous pencher sur la bibliographie de ces deux auteurs belges qui méritent d’être découverts !

Ma plus belle découverte littéraire de l’année:
Il ne s’agit pas tant d’un auteur que d’une série, trilogie devenue quadrilogie (j’attends la version poche pour que ça ne cloche pas dans ma bibliothèque mais vous n’imaginez pas comme c’est difficile…). Si vous me suivez un peu, vous savez que je parle de «Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé » de Raphaël Albert. J’ai eu un énorme coup de cœur pour le personnage de Sylvo, un anti-héro elfique vraiment hors du commun. J’en ai longuement parlé dans mon article sur la trilogie (donc je vais éviter de continuer à radoter ->) mais je ne peux que vous encourager à découvrir cette histoire peu banale, elle vaut vraiment le détour et a su me faire vibrer sur le long terme.

Ma plus belle découverte manga de l’année:
J’ai hésité entre plusieurs séries mais rendons à César ce qui est à César… Ou plutôt, donnons-le à Atchepsout, la Reine d’Égypte de chez Ki-oon ! Ce manga ne m’attirait pas du tout au premier abord, je n’aimais pas la couverture du tome 1 (à cause des yeux du personnage) et je ne l’aurai jamais lu si je n’avais pas fait la file pendant deux heures à Livre Paris pour rencontrer l’auteure, afin de lui faire signer un exemplaire pour Kazabulles, ma librairie favorite. Cette série est extraordinaire, prenante, dure, bien documentée, on s’attache immédiatement à l’héroïne et on attend chaque tome en trépignant d’impatience. Sérieusement, si vous ne devez lire qu’un seul manga, lisez celui-la !

Et voilà, c’est tout pour 2017 ! Concernant 2018, j’attends tellement de romans que je vais vous épargner la longue liste. Je sais que ça va être une année riche en excellentes lectures et je me réjouis déjà d’y être. Et vous, quels sont vos coups de cœur pour 2017 ? Dites-moi tout dans les commentaires !

Reine d’Égypte #3 – Chie Inudoh

Reine-d-Egypte

Reine d’Égypte est un manga historique publié dans la collection Kizuna chez l’éditeur français Ki-Oon. Comme son titre l’indique, il se passe en Égypte, sous le règne de Toutmosis II. Chaque tome coûte 7.90 euros et il est conseillé à un public âgé d’au moins 14 ans.

Je vous ai déjà parlé de ce manga et, en général, je ne chronique pas spécialement tous les tomes d’une saga parce qu’il n’y a pas toujours matière à en parler. Toutefois, ici… C’est différent. Je viens de refermer le tome, donc je suis encore sous le coup de l’émotion. Cet avis sera plus court que d’habitude, parce que je ne souhaite pas spoiler l’histoire, mais j’avais besoin d’en parler.

Je ne m’attendais clairement pas aux évènements qui se sont déroulés dans ce troisième volume. Je ne veux pas spoiler, mais ils m’ont totalement retournée, je l’ai ressenti dans mes tripes et c’était assez impressionnant. L’évolution d’Hatchpsout est extraordinaire. Elle a gagné en maturité assez rapidement, même si cela se justifie par le fait que ce tome 3 se déroule 3 ans après le tome 2. Chaque scène est utile et bien amenée. On ne peut tout simplement pas refermer ce manga avant d’arriver à sa dernière page et on a les doigts qui nous démangent, on aurait envie d’enchaîner sur le 4 tellement c’est haletant. Quant à ce qui arrive à Pharaon… Ce chapitre était juste terrifiant. Le dessin de l’auteur vraiment réaliste, maîtrisé, donne à cette scène un côté cru très adapté. J’ai l’impression que son dessin gagne en assurance à chaque tome, d’ailleurs.

En bref, je l’ai déjà dit mais… Lisez Reine d’Égypte. C’est l’une de mes meilleures découvertes 2017 et ce tome 3 renforce encore plus ma conviction que nous sommes face à un grand manga et une grande mangaka également. Je me réjouis d’avoir le tome 4 entre les mains ! Merci Ki-Oon pour avoir publié ce bijou ♥