Kayla Marchal #3 La Source – Estelle Vagner

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La source
est le troisième et dernier tome des aventures de Kayla Marchal, une trilogie d’urban fantasy proposée par Estelle Vagner. Publiée aux Éditions du Chat Noir, chaque tome coûte 19.90 euros.

Je vous ai déjà parlé du premier et du deuxième volume de Kayla Marchal. En relisant mes chroniques pour me remettre dans le bain, je me rends compte que je n’ai pas grand chose de plus à dire sur cette saga. Dans le sens, rien d’inédit. Estelle Vagner reste constante dans la qualité de ce qu’elle propose et c’est déjà, je trouve, un bon point à souligner ! Trop souvent j’ai été déçue par un dernier tome qui me donnait le sentiment d’avoir été bouclé à la va-vite, sans le soin nécessaire à sa réalisation. Du coup, ce fut une bonne surprise dans l’ensemble.

Nous retrouvons Kayla et sa joyeuse bande en route vers les pays de l’Est afin de trouver la fameuse source du pouvoir, qui lui permettra de vaincre Aymeric et libérer les (poly)morphes de son joug tyrannique. Se sachant proche de sa fin, Kayla a préféré abandonner son âme sœur en pensant le préserver et ses derniers mots la hantent… Voici où nous en sommes et je ne vais pas vous en dire davantage afin de vous garder la surprise.

À ce stade, les lecteurs aguerris habitués du blog auront peut-être eu les poils qui se dressent. Alerte, une quête beaucoup trop classique ! Double alerte: UNE ROMANCE QUI TOURNE MAL ! Vite, fuyons ! Et bien non, restez ici, ça vaut la peine d’aller au bout bon sang.

Sur le fond, l’intrigue proposée par l’autrice reste classique, on ne va pas se mentir. C’est une quête millénaire au nom d’une divinité afin de réparer une faute commise. Une quête qui va nécessiter un terrible sacrifice de la part de Kayla. Si quelques points restent prévisibles, le dynamisme de l’action nous le fait facilement oublier. Estelle Vagner opte pour un rythme à 200 à l’heure (comme d’hab !) dans le déroulement de son histoire, ce qui est très agréable. Du coup, les 300 pages du roman se lisent presque d’une traite. Dans mon cas, c’est parce que je l’ai commencé en soirée après une journée de boulot, sinon je crois que j’aurai tout lu d’un coup sans vraiment m’en rendre compte.

Ce rythme, l’autrice l’installe aussi par son style d’écriture à la première personne. Petite nouveauté pour ce tome, nous ne suivrons pas uniquement Kayla ! J’ai été surprise de le découvrir et ça m’a fait plaisir d’avoir un peu le point de vue de Jeremiah, Jade et Max sur la situation. Cela permet de mieux connaître ces protagonistes, autrement qu’à travers le jugement ou les yeux parfois biaisés de Kayla. C’est l’inconvénient, évidemment, d’une narration à la première personne mais Estelle a trouvé la parade et c’est tant mieux. Encore une fois, je n’en dis pas davantage, vous le verrez par vous-même.

La mythologie inventée par Estelle continue de se compléter. Évidemment, on a déjà le plus gros avec les deux tomes précédents mais les pouvoirs que Kayla acquièrent sont sympas, surtout sa nouvelle forme ! J’ai été assez surprise que ça soit possible mais après tout, pourquoi pas. Je le rappelle, nous avons un roman d’urban fantasy qui se passe EN FRANCE, est écrit par une autrice FRANÇAISE avec une mythologie ORIGINALE qui met en avant des personnes capables de se transformer en animaux (mais oubliez le terme « garou », on les appelle des morphes !). J’en avais déjà parlé dans ma chronique du premier tome, mais ça me botte toujours autant, comme démarche.

Alors, je parle du dernier tome d’une trilogie… Est-ce que j’ai aimé la fin? Oui et non, mais c’est surtout une question de goût. Comme j’ai envie d’en parler et de potentiellement débriefer avec les lecteurs de ce tome 3, voici un petit passage de spoil, surlignez le texte pour en savoir plus : En règle générale, les happy end me gonflent parce qu’ils manquent de logique et qu’on sent derrière une démarche trop fan-service. Ici, l’autrice a été plutôt cruelle avec ses personnages pendant tout le roman et a gardé une logique dans le développement psychologique de son héroïne. J’ai particulièrement aimé les différentes phases par lesquelles Kayla passe en sachant son heure venue. Quand Kayla meurt, elle se réincarne une nouvelle fois, persuadée d’avoir été trahie par Max. On rencontre donc Lexie, qui va retrouver Jeremiah, Jade et Shahin, être obligée de tuer Max pour réparer ses propres fautes… En fait, si ç’avait été moi, je me serai arrêtée au fait que Kayla se sacrifie pour tuer Aymeric en pensant avoir été trahie et que tout le plan de Max tombe à l’eau, donc presque quatre-vingt pages avant la fin. Là, ouais, j’aurai été hyper satisfaite du culot de l’autrice et de cette « fin heureuse » en demi-teinte. En fait, on est en plein dans ce que j’appelle un « complexe harry potter ». D’autant que sincèrement, le plan de Max, je l’ai trouvé assez bancal, d’où les réserves que j’ai sur la globalité de cette fin. Toutefois, ce que propose Estelle Vagner respecte les codes du genre dans lequel elle écrit et surtout le public auquel elle s’adresse ! Public qui n’est pas du tout moi, à l’origine, rappelons le. Et ça ne m’a pas empêché d’aimer cette lecture.

Pour en revenir à la chronique en elle-même, je vais conclure en disant que Kayla Marchal est une saga d’urban fantasy de qualité typiquement « chat noir ». Elle ne révolutionne pas le genre et on ne lui demande pas, de toute façon. C’est un bon divertissement qui permet de passer un agréable moment dans un univers construit avec une héroïne de caractère et une part d’humour bien dosée. Dans le genre lecture détente, c’est pile ce dont j’avais besoin pour le moment ! Une autrice à découvrir que je recommande chaudement aux adeptes du genre. Ça vaut la peine de se lancer.

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Kayla Marchal #2 l’Ascension – Estelle Vagner

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Le tome 2 de Kayla Marchal intitulé l’Ascension est écrit par l’auteure française Estelle Vagner et publié aux Éditions du Chat Noir dans la collection Cheshire. Vous pouvez le retrouver au format papier à 19.90 euros et au format numérique sur toutes les plateformes à 5.99 euros. Notez que le troisième (et dernier tome) sera disponible en avant première aux Imaginales d’Épinal !

Comme pour le premier tome, j’ai profité d’une promotion sur l’ebook pour me procurer la suite de cette saga que j’avais pourtant adoré en Juillet dernier. Pour rappel, je vous renvoie à ma chronique. J’ai mis très longtemps à le lire parce que je craignais une déconvenue. En général, quand j’accroche à ce point à une série d’urban fantasy, je tombe sur une suite qui me plait moins et j’avais envie de garder un bon souvenir de Kayla. Pourtant, à l’approche des Imaginales et de la sortie du troisième tome, je devais me mettre à jour…

Et donc j’espère que l’auteure me pardonnera mon manque de foi en elle, j’ai tout autant adoré ce roman que le premier !

Nous retrouvons Kayla là où nous l’avons laissée à la fin du premier volume. Jade et elle sont prises en charge par les Protecteurs et on se rend assez vite compte que quelque chose ne tourne pas rond. Je ne vous en dis pas plus pour éviter de spoiler mais c’est un roman qui va à 200 à l’heure. On ne s’ennuie jamais grâce à l’action omniprésente et aux chapitres courts, dynamiques.

Le personnage de Kayla me plait toujours autant, je trouve qu’elle a le sens des priorités. On en apprend plus sur elle et sur ses précédentes incarnations grâce à une série de flashbacks bien maîtrisés distillés tout au long du roman, qui permettent d’entretenir le suspens jusqu’à la fin. J’ai également beaucoup aimé les personnages « secondaires » qui gravitent autour. Si, définitivement, Max me gonfle (mais genre, énormément), je trouve Jade et Jérémiah bien plus à mon goût. La relation entre Jade et Kayla est d’ailleurs vraiment bien posée et importante dans le roman, ce que j’ai apprécié. Tout ne tourne pas autour des hommes ! Alors oui, ils restent absolument « trop sexy » tout ça, tout ça, mais ils ont aussi une personnalité. Estelle Vagner réussit vraiment à leur donner vie, même à ceux qui ne font que passer. Elle va chercher un peu plus loin que la majorité des auteures dans ce genre littéraire et c’est appréciable.

Et pas l’ombre d’une scène de sexe à l’horizon ! Comme nous sommes dans du young adult, si ça arrive, l’auteure éclipse au lieu de se perdre dans des descriptions qui frisent parfois le ridicule chez certains autres auteurs (pas tous hein mais ces derniers temps j’ai un peu eu ma dose à ce niveau… Je me sens obligée de relever), ce que je trouve agréable parce que ça n’enlève absolument rien au roman. Au contraire, ça lui rajoute un cachet.

L’auteure continue également de développer sa mythologie et nous donne davantage d’informations sur la naissance des (poly)morphes. Elle a créé un univers riche plutôt bien pensé et qui, personnellement, me sort de mes habitudes. Elle ne se sent pas obligée d’utiliser toutes les créatures habituelles dans ce genre de roman (si vous cherchez un vampire, oubliez le !) et se réapproprie le concept du garou d’une manière originale. Sans compter que tout le livre se déroule en France ! Et ça peut paraître bête, mais j’apprécie qu’une auteure d’urban fantasy place son action dans son pays, surtout qu’elle nous permet de découvrir les paysages de cette partie du pays.

Son style d’écriture reste simple, dynamique et personnel. Grâce au choix de la première personne et du présent comme temps narratif, l’auteure nous permet de plonger tête la première dans l’esprit de Kayla en la rendant vraiment vivante. Embarquée dans son aventure, j’ai ressenti pas mal d’émotions variées (souvent à base de : mais quel pauvre naze ce mec (ceux qui ont lu comprendront)) ce qui est la marque d’un bon livre, finalement. Si on se prend au jeu, l’auteure a réussi son pari ! Et ici, c’est le cas.

En résumé, Kayla Marchal confirme (selon mon point de vue) sa place dans les meilleurs romans d’urban fantasy à la française. Avec une héroïne pleine de punch et un univers travaillé, Estelle Vagner nous embarque dans une histoire addictive dont on tourne les pages sans s’en rendre compte. Je recommande chaudement cette saga à tous les fans du genre !

Premières lignes #3

Bonjour tout le monde et bon dimanche à tous !
Qui dit dimanche dit « premières lignes » le rendez-vous hebdomadaire créé par Ma Lecturothèque !

Aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler à nouveau d’urban fantasy, en partie parce que j’ai lu un article très intéressant sur le sujet hier (que vous pourrez retrouver sur Monde-Fantasy !) mais aussi parce que la foire du livre de Bruxelles approche et que je compte y acheter la suite. Il s’agit du tome 1 de la saga Kayla Marchal, publiée aux éditions du Chat Noir et écrit par l’auteure française Estelle Vagner. Sans compter que c’est une des lectures de ma PAL pour le #PIF2018 alors allions l’utile à l’agréable 🙂

J’ai déjà chroniqué ce livre sur le blog, je vous remets le lien pour vous rafraîchir la mémoire. Je l’ai lu au mois de juillet, à une période assez difficile pour moi puisque j’étais engagée dans un job étudiant qui ne me convenait pas du tout, dans des conditions qui me déprimaient profondément. Même si j’ai tenu bon, cette lecture m’y a aidée. J’ai dévoré le premier tome en deux jours, je lisais même en marchant dans la rue et pendant ma pause, pour avancer. Ce livre n’a pas toujours eu de bonnes chroniques et je trouve que par moment, ça tient de la mauvaise foi. On reproche par exemple souvent à l’héroïne d’être bourrée d’hormones mais l’auteure le justifie par son âge et par sa nature, ce n’est donc pas « gratuit » ni illogique, comme on a tendance à l’affirmer. Pour moi, Kayla Marchal c’est un peu comme Rebecca Kean en version Young Adult. D’ailleurs, on sent l’influence de Cassandra O’Donnell sur cette saga. Même si elle suit les codes du genre, je la recommande vraiment parce que je me suis attachée à cette héroïne et que j’ai trouvé l’univers développé tout autour vraiment intéressant.

Voici la 4e de couverture:
« Ironique destin que d’être née morphe… sans forme animale. Source de honte pour sa famille, Kayla Marchal, petite fille de l’alpha, est également considérée comme le maillon faible de la meute de la Vallée Noire. Aussi en est-elle chassée, elle qui n’a jamais mis un pied hors du territoire.
Alors qu’elle commence à goûter à la liberté et à s’intégrer au sein d’un autre clan, les vrais problèmes commencent. Mais déjà trahie une fois par sa meute d’origine, à qui pourrait-elle se fier ? À Ian, le loup aussi beau qu’insupportable ? À Max, le renard au passé mystérieux ? Ou à Jeremiah, l’irrésistible humain ?
Et ce fichu karma qui la prive de forme animale continue à se moquer d’elle, car tout le monde autour d’elle semble, porter un masque… Inaptitude du passé et problèmes du présent vont venir, main dans la main, perturber la jeune morphe, avec des liens qu’elle était loin de pouvoir soupçonner. »

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Voici les premières lignes:
« Voilà plus de deux heures que je roule droit devant moi, sans savoir où aller. Mais je m’en moque. Tout ce que je désire, c’est m’éloigner le plus vite possible de la meute et de mes montagnes. Bref, de tout ce que j’ai toujours connu. La douleur qui me broyait la poitrine quand Grand-père m’a mise à la porte de chez lui a disparu. Ça peut être une bonne chose, au premier abord, cependant le vide qui l’a remplacée m’inquiète bien plus. En tant que morphe, tout est amplifié : colère, faim, protection, survie, reproduction… Rien de bien compliqué là-dedans, toutefois, c’est toujours intense. Alors que là, rien. Que dalle. En temps normal, je me donne beaucoup de mal pour contrôler mon instinct animal mais, pour le coup, j’aimerais bien qu’il revienne. Tout serait mieux que ce néant.
Le voyant de la réserve d’essence s’allume, accompagné d’un bip agressif. Je m’arrête à la première station que je croise. Isolée, déserte et avec un néon sur le point de s’écraser au sol pour seule lumière, elle me fait penser à mon cœur. À l’abandon.
Eh oui, il m’arrive de faire dans le mélo…
Je gare la Jeep et commence à la rassasier. Il faut dire qu’elle consomme beaucoup… Elle n’est pas vraiment faite pour avaler les kilomètres, plutôt les chemins forestiers. Mais je l’adore. Enfin, je l’adorais. Aujourd’hui, je m’en fiche. Dire qu’hier encore, le simple fait de m’installer au volant me faisait sourire à m’en faire mal aux joues.
Une voiture fait son apparition. La caisse tout entière vibre au rythme des basses d’une musique trop forte qui détourne mon attention. Elle se gare à la seule autre pompe disponible et recrache quatre mini-caïds. De gros durs, à coup sûr. D’à peu près ma taille, épais comme mon petit doigt et encore boutonneux, ils se déplacent comme si tout autour d’eux devait trembler – ce qui était le cas, jusqu’à ce qu’ils aient coupé la musique. Je jette tout de même un regard au néon, pour m’assurer qu’il survivra.
— Salut chérie, me lance le plus grand en me détaillant.
Super… »

Baston, action, humour et sentiments sont au rendez-vous dans cette série à l’intrigue prometteuse dont j’ai hâte de lire la suite. Notez qu’elle a reçu le Prix Imaginales des Lycéens en 2017 ! La connaissez-vous? Aimez-vous l’urban fantasy? Dites-moi tout 🙂