Premières Lignes #1

Salutations et bon dimanche à tous !

J’ai décidé de me mettre aux tags et aux rendez-vous livresques, parce que je trouve ça sympa comme concept et que ça me permet de vous faire découvrir des livres que vous ne connaissez pas spécialement. Et pour le dimanche, c’est « Premières Lignes » un rendez-vous hebdomadaire créé à l’initiative de Ma Lecturothèque mais que j’ai connu pour ma part grâce à les livres de rose.

Aujourd’hui, j’ai choisi « Traquée » le premier tome de Rebecca Kean par l’auteure française Cassandra O’Donnell. C’est un must-read de l’urban fantasy francophone, une saga d’une très grande qualité qui ne faiblit pas au fil des tomes et qui ne sacrifie pas l’action / l’intrigue à la vie amoureuse de l’héroïne, ce qui est assez rare ! Tout est bien équilibré. Pour ma part, ce fut un coup de cœur absolu et la suite sort cette année.

Voici la 4e de couverture:
« Nouvelle-Angleterre, Burlington… Pas de délinquance, élue la ville la plus paisible des États unis, bref un petit havre de paix pour une sorcière condamnée à mort et bien décidée à vivre discrètement et clandestinement, parmi les humains. Malheureusement, en arrivant ici, je me suis vite aperçue que la réalité était tout autre et qu’il y avait plus de démons, de vampires, de loups garous et autres prédateurs ici que partout ailleurs dans ce foutu pays. Mais ça, évidemment, ce n’est pas le genre de renseignements fournis par l’office de tourisme. Maudit soit-il… »

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Les premières lignes:
« Je me demandais si je devais rouler ou non sur le cadavre. De toute façon, je ne pouvais pas le contourner. La route bordée par les arbres était trop étroite et il était allongé en plein milieu de la chaussée. Mais ce n’est pas parce qu’on n’a pas le choix que ça rend les choses plus faciles. On a beau tenter de se convaincre qu’une voiture ne peut pas causer de dommages à un mort et qu’il est plus simple de l’écraser que de le déplacer, on a quand même du mal à appuyer sur l’accélération. Putain d’éducation.
Je descendis de ma voiture en râlant et jetai un coup d’œil autour de moi. La peur et la douleur avaient imprégné les arbres et j’entendais le pouvoir de la terre me murmurer sa souffrance. La victime était humaine. Je me penchai au-dessus du corps et écartai les mèches de cheveux bruns qui lui collaient au visage. C’était une jeune femme plutôt jolie. Elle n’était ni blessée, ni dépecée, ni mutilée (c’était toujours ça de gagné). Je passai mes mains au-dessus de son corps et laissai mon pouvoir explorer sa chair en décomposition. Il ne me fallut que quelques secondes pour trouver ce que je cherchais et un signal d’alerte s’enclencha directement dans mon cerveau. Je devais déguerpir et virer ce bout de barbaque de ma route au plus vite ! J’attrapais fermement les jambes de la fille et commençais à la tirer doucement sur le côté.
(Non, déplacer un corps inerte n’est pas aussi facile qu’on peut l’imaginer.) »

Humour noir et action sont au rendez-vous dans cette saga à lire absolument pour tous les adeptes d’urban fantasy ! Vous connaissiez déjà? Vous en avez pensé quoi? Dites moi tout 😉

Aeternia (2) l’envers du monde – Gabriel Katz

 

L’Envers du monde est le second tome du diptyque fantasy d’Aeternia, écrit par Gabriel Katz. Ce tome est sorti en 2015 chez Scrineo avant de sortir en poche l’année suivante chez J’ai Lu au prix de 9 euros. Je vous ai déjà chroniqué la Marche du Prophète, livre avec lequel j’ai clôturé l’année 2017 et qui avait presque été un coup de cœur. Le tome 2 l’est, indubitablement !

Nous retrouvons nos personnages où nous les avons laissé. Je ne peux pas en dire trop au risque de spoiler l’intrigue et les rebondissements du tome 1, ce qui serait vous gâcher le plaisir, mais je vais quand même tenter de vous mettre l’eau à la bouche.

Dans le lot des personnages qu’on est content de revoir il y a Varian est fidèle à lui-même et j’ai été vraiment surprise par son évolution. C’est un personnage que je n’appréciais pas trop à la base (non non son prénom n’a rien avoir là-dedans… #pourlahorde) mais qui a su me séduire par, finalement, son humanité dans le sens le plus triste du terme. C’est un personnage compliqué, avec du relief, travaillé juste comme il faut. On se surprend à le comprendre, à croiser les doigts pour qu’il s’en sorte. J’en profite pour mentionner le lieutenant Hoargan, avec qui j’ai eu tout de suite une affinité. Pourtant, c’est un personnage secondaire assez simple qui rentre dans un archétype, mais c’est aussi toute la magie de Gabriel Katz: donner vie à des personnages « comme les autres » au point qu’ils en deviennent remarquables. Et enfin, je ne peux pas terminer cette petite liste sans évoquer Desmeon, qui est officiellement mon personnage préféré de cette saga (avec le chien ♥). Je l’appréciais déjà dans le tome 1 mais ici, c’est lui qui remplace Leth Marek dans le rôle du narrateur « principal » si on peut dire et quel régal ! J’ai adoré chaque étape de son parcours, chaque scène où il était présent, puis ce final… J’en ai encore le cœur qui palpite.

Pour les personnages que j’ai été contente de découvrir, mention spéciale à Mae Nam, la conseillère et riche marchande. Elle m’a plusieurs fois faite sourire (la scène dans la chambre était épique), je la trouve très intéressante et son rapport avec Desmeon est surprenant. Finalement, la dynamique installée entre eux change de ce qu’on a l’habitude de croiser dans ce type de roman et j’ai bien accroché avec elle.

D’ailleurs, parlons un peu du déroulement de l’intrigue en elle-même. Certes, je ne peux pas développer dans le détail mais je trouve que l’auteur a un talent incontestable. Tout s’emboîte à la perfection et pourtant, on ne voit rien venir. Il n’hésite pas à tuer des personnages qu’on ne s’attend pas à voir mourir, à laisser survivre ceux qui devraient y passer, sans parler de, finalement, la conclusion de toute cette sombre affaire (je pense à la scène du port, pour ceux qui ont déjà lu ce roman) qui est… Tellement grotesque, tellement triste à pleurer, et en même temps, c’est une vraie leçon de réalité, faute d’un meilleur terme. J’ai trouvé ça absolument génial, chapeau bas. Il enchaîne les complots politiques, les scènes d’action et de narrations avec un rythme et un équilibre maîtrisé, marque des écrivains talentueux et doués. Niveau thématique, on est dans la continuité du tome 1: les guerres de religion, l’absurdité des croyances qui débouchent sur la violence la plus extrême, la manipulation de masse, les intrigues des courtisans, ce que c’est, finalement, l’humanité… Bref, tout ce que j’aime.

Pour ne rien gâcher, l’écriture de l’auteur est toujours aussi addictive. Les pages s’enchaînent à une vitesse folle, on a du mal à lâcher le roman tellement on est plongé dedans. On tourne, on tourne, on tourne, et on est surpris d’arriver à la fin (ET QUELLE FIN !!), de quitter ces personnages qu’on a appris à aimer et à haïr. Sincèrement, ça me fait quelque chose de me dire que je ne vais pas avoir un troisième tome et d’un autre côté… Aeternia est parfait comme il est.

Je ne m’y attendais pas, mais Aeternia est une série coup de cœur. Je suis vraiment heureuse d’avoir découvert Gabriel Katz, qui est un auteur très talentueux, et j’espère pouvoir lire rapidement d’autres romans de sa plume. Je vous recommande chaudement ce diptyque de fantasy française de grande qualité.