Honor Harrington #3 Une guerre victorieuse et brève – David Weber

guerre_victorieuse_pocheMAKETvalide.indd
Une guerre victorieuse et brève
est le troisième tome de la saga hard sf Honor Harrington, écrite par l’auteur américain David Weber. Rééditée par l’Atalante dans sa collection poche, ce tome coûte 9 euros.

Rappelez-vous, je vous ai déjà parlé des deux premiers tomes: Mission Basilic et Pour l’honneur de la Reine.

Après les évènements survenus sur Grayson, Honor a du rester une année en convalescence. À ce terme, un courrier de l’amirauté l’informe d’une nouvelle promotion et de son affectation sur le célèbre bâtiment HMS Victoire. On l’envoie en renfort à la frontière sous les ordres de l’amiral Parks, qui ne l’apprécie pas beaucoup. Il n’y a pas de vraie raison à ça, c’est juste que sa tête ne lui revient pas et que monsieur tape dans l’excès de zèle parce qu’il n’apprécie pas les actes passés d’Honor, même s’il en reconnait l’importance (ne cherchez pas la logique). Parallèlement à cela, la République populaire de Havre commence à bouger et cherche à déclencher la guerre contre Manticore, celle qui menace d’exploser depuis si longtemps. Leur but: contrôler la révolte qui gronde sur leur territoire. Rien de tel qu’une petite conquête pour ça, non? Non? Ouais, non, on est d’accord.

Assez rapidement, on sent un schéma proche de celui de Mission Basilic. Honor est reléguée à la frontière et doit affronter le Havre, qui a plus d’un tour dans son sac. Contrairement au premier tome, elle n’est pas vraiment seule face à eux mais je ne vous en dis pas trop non plus afin de ne pas spoiler le contenu.

La narration de David Weber permet l’alternance des points de vue. Ce tome est davantage politique que les précédents. Le lecteur est emmené dans la République, en apprend beaucoup sur son système et sur les manigances du gouvernement. C’est intéressant mais aussi un peu perturbant parce que les protagonistes se multiplient facilement et j’ai retrouvé le même sentiment de perte que dans le premier tome. J’ai presque du prendre des notes pour me rappeler qui est qui, qui fait quoi et pourquoi. Une chose est sure, ce n’est pas une lecture « détente ».

Ce tome offre aussi une évolution par rapport à la vie personnelle d’Honor. Le retour de Pavel Young dans les environs (au passage, j’ai été plus que satisfaite de la fin !) permet d’apprendre ce qui est vraiment arrivé sur l’île de Saganami mais aide également Honor à passer outre. J’ai apprécié le traitement qu’avait l’auteur par rapport à ces thématiques. Que ma phrase suivante ne soit pas mal interprétée mais, pour un homme, cela m’a agréablement surprise. Évidemment, la reconstruction d’Honor passe par le regard d’un autre homme et sa relation avec lui mais ça ne m’a pas dérangée plus que ça grâce à la manière dont David Weber l’a amené.

Même si les enjeux deviennent plus important, ce troisième tome est quand même globalement plus lent sur son action. Les batailles spatiales sont assez peu présentes hormis les frappes éclairs et, évidemment, l’affrontement « final ». Je pense que ce troisième volume fait office de transition et j’espère que le quatrième nous offrira davantage d’action.

À noter que la fin de ce volume contient une vingtaine de pages explicatives sur la marine dans l’univers d’Honor Harrington. J’ai trouvé cette initiative intéressante et vraiment utile pour le lecteur qui a du, jusqu’ici, tout comprendre par lui-même.

Pour résumer, ce troisième tome de la saga Honor Harrington confirme David Weber au panthéon des grands auteurs de hard sf. Il maîtrise toujours aussi bien son sujet et est hyper immersif. Si Une guerre victorieuse et brève contient moins d’action que les tomes précédents, il permet une évolution majeure sur le plan politique ainsi qu’un développement psychologique intéressant pour notre héroïne. Je recommande toujours autant cette saga aux fans de science-fiction mais attention. Ce n’est pas à la portée de n’importe quel lecteur et ce n’est certainement pas une lecture détente. On ne classe pas Honor Harrington dans la hard sf pour rien, vous êtes prévenus.

Honor Harrington #2 Pour l’honneur de la reine – David Weber

9
Pour l’honneur de la reine est le second tome de la saga de hard science-fiction / space-opera Honor Harrington par l’auteur américain David Weber. La série principale compte actuellement 13 tomes dont 7 sont réédités en poche dans la collection Petite Dentelle chez l’Atalante au prix de 10 euros le tome.

Souvenez-vous, je vous avais déjà parlé du premier tome dans une précédente chronique. La sauce n’avait pas totalement pris même si j’avais été époustouflée par l’univers créé et la maîtrise du langage de la science-fiction. J’ai lu le second tome uniquement parce que Laure-Anne m’a jurée que j’allais forcément l’apprécier davantage. Je lui ai fait confiance et j’ai bien fait parce que j’ai adoré !

Depuis la mission Basilic, Honor Harrington est montée en grade et est envoyée pour une nouvelle mission, diplomatique cette fois, sur le croiseur stellaire HSM Intrépide. Elle doit accompagner l’Amiral Courvosier sur Grayson, une planète à la religiosité exacerbée qui pratique une forme poussée de patriarcat. Grayson est en conflit avec Masada, qui est encore plus extrémiste qu’eux et surtout, qui sont alliés avec le Havre, les ennemis de Manticore, avec qui la guerre est proche.

Comme pour le premier tome, l’univers militaire et spatial est incroyablement développée et maîtrisé par l’auteur. Le vocabulaire utilisé est très immersif et destiné à un public de niche. C’est vraiment jouissif pour tout lecteur qui apprécie ce type d’univers mais le novice se sentira probablement perdu.

Les thèmes principaux de ce roman s’articulent autour du féminisme et du fanatisme religieux. Honor Harrington doit se confronter à des hommes qui ne la considèrent pas en tant que femme et qui refusent d’accepter qu’elle ait un métier, surtout militaire. Une partie du roman s’emploie à développer cette thématique à travers les rencontres que fait Honor et les décisions qu’elle prend. Les autres officiers et subalternes féminines subissent cette pression et ce sexisme ce qui donne lieu à des réflexions vraiment intéressantes dans les dialogues entre les personnages et les confrontations culturelles.

D’ailleurs, les personnages me paraissent plus vivants que dans le premier tome. On en retrouve certains, de nouveaux apparaissent, les points de vue se multiplient mais contrairement au tome 1, je me suis sentie plus investie dans leur vie et leurs objectifs. Je pense que l’auteur s’est amélioré sur le développement des sentiments de ses protagonistes, sans pour autant tomber dans les effusions inutiles ou mettre de côté l’aspect militaire.

À l’instar du premier tome, les batailles spatiales sont hyper immersives. Elles parsèment ce roman bien rythmé qui alterne les réflexions politiques, idéologiques et les scènes de combat. Il est, à mon sens, beaucoup plus abouti que le premier tome et m’a totalement accrochée. Il est certain que je vais lire la suite sous peu et m’accrocher pour découvrir la totalité de ce monument de science-fiction.

Pour résumer, ce tome 2 rassemble tous les points positifs du tome 1 en gommant ses défauts. Le rythme est excellent et la traduction de bonne qualité. Les thèmes abordés sont tristement actuels malgré l’ancienneté de la saga (qui date quand même de presque 25 ans !) et traités avec brio. Malgré cela, cette saga ne conviendra pas à n’importe quel lecteur. Mieux vaut être adepte de science-fiction au risque de passer à côté de la richesse du livre.

Honor Harrington #1 mission basilic – David Weber

7902eb175b38bc9c19aa5d5e966d1d0a14afc16e5a93ec5e8ab470013517

La saga Honor Harrington créée par David Weber compte parmi les plus célèbres du space-opera. Elle contient actuellement treize volumes publiés en français chez l’Atalante. Seuls les six premiers tomes sont (pour l’instant) disponibles en poche (le 6e est prévu pour fin mai 2018) au prix de 10 euros.

J’ai entendu parler pour la première fois de cette saga grâce à mon amie L-A Braun qui a eu un véritable coup de cœur dessus. Comme j’avais envie de lire un peu de space-opera et que le roman est disponible en poche, je n’ai pas hésité longtemps avant de le commander en librairie. Je tenais à le terminer avant le début du Printemps de l’Imaginaire Francophone puisqu’il s’agissait du dernier livre d’un auteur anglophone présent dans ma PAL.

J’ai mis un moment à arriver au bout, parce que je lui ai trouvé quelques longueurs (et qu’il y a eu la foire du livre de Bruxelles au milieu). Comprenons-nous bien: l’univers posé par David Weber est incroyable. Il est inspiré des guerres napoléoniennes pour tout ce qui tient à l’aspect bataille / militaire. On ressent la passion qu’a l’auteur pour l’armée et l’Histoire de manière plus globale. David Weber a créé un univers extrêmement cohérent et réaliste, en pensant à tous les aspects technologiques et sociaux, abattant un travail titanesque pour proposer une œuvre grandiose. J’ai été, à titre personnel, très impressionnée par le lore complexe et pourtant accessible du roman.

Pourtant, comme je le disais, certains passages sont longs. L’action est lente à se mettre en place, certains détails de l’univers ne paraissent pas toujours utiles (mais comme il s’agit d’une saga, je ne doute pas qu’ils serviront dans les tomes suivants). Par contre, une fois que tout se lance… C’est vraiment prenant. Moi qui adore les récits guerriers, j’ai pris mon pied entre les opérations militaires sur la planète et l’affrontement entre l’Intrépide et le Sirius… C’était incroyable ! Un film se tournait littéralement dans ma tête et s’enrichissait à chaque ligne.

En cela, l’écriture de l’auteur (et la bonne traduction qui va avec, malgré une coquille ou deux dans le texte) est très visuelle et maîtrisée à la perfection, malgré des sujets complexes et un univers « de niche ». J’ai beau adorer les récits guerriers, je suis loin d’être une spécialiste, surtout quand ça se déroule dans l’espace. Pourtant, je n’ai eu aucun mal à visualiser les scènes, à en ressentir l’intensité dramatique. J’ai vibré avec Honor et les membres de son équipage, autant de joie que de détresse. Puis du space-opera sans manichéisme, ça se savoure.

David Weber nous propose, en plus d’un univers très complet, une palette de personnages qui ne nous laisse pas indifférents. Sur 530 pages, le tour de force est assez incroyable: un monde entier nous est présenté, avec sa politique dans le détail, sa hiérarchie militaire, sa technologie spatiale, ses planètes, son intrigue, le passé de son héroïne, quelques éléments de sa culture… Sans m’avoir donné une seule seconde l’impression de me noyer sous la masse d’informations. Chapeau !

Pourtant, la sauce n’a pas totalement pris. Peut-être parce que j’ai souvent été coupée dans ma lecture, peut-être parce que le début est assez lent pour justement planter ce décor (selon Laure-Anne, le tome 2 est très différent là-dessus) mais j’ai eu du mal à trouver mes repères. Je pense que je vais donner sa chance au tome 2, parce que le travail de l’auteur m’a vraiment impressionnée et a de quoi inspirer. Puis pour une fois que je trouve une bonne série de space-opera…

En bref, je recommande Honor Harrington si vous êtes un habitué du genre, si vous n’avez pas peur des univers compliqués, touffus, et que vous aimez les récits guerriers où on ne prend pas de gants (il s’y déroule des évènements assez atroces parfois). Autrement, passez votre chemin. Sans condescendance aucune, cette saga n’est pas à la portée de n’importe quel lecteur et ne sera pas appréciée par tout le monde, malgré ses très nombreuses qualités. Une saga et un auteur à suivre, donc. L’avenir me dira si j’ai bien fait de laisser sa chance au tome 2 !