À l’ombre du Japon #48 : { mon premier contact avec Frieren }

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Frieren
semble être la grosse nouveauté de l’année 2022 au catalogue Ki-oon et, selon leur annonce, le plus beau démarrage de toute leur histoire. Le titre étant sorti récemment, je ne suis pas sûre des chiffres sur lesquels se base la maison d’édition pour affirmer une telle chose mais cela n’enlève rien au fait qu’on parle pas mal de Frieren et c’est tant mieux car ce manga possède beaucoup de qualités.

Je dois toutefois préciser que mon billet se base uniquement sur ma lecture du premier tome. Mon avis sera donc susceptible d’évoluer à mesure que continuera la série. D’autres billets arriveront sans doute par la suite car celle-ci compte déjà sept tomes au Japon et la série est toujours en cours.

De quoi ça parle ?
Frieren est une elfe mage qui appartenait à une bande d’aventuriers rendue célèbre pour avoir défait le roi des démons. L’histoire commence après cet exploit et nous raconte l’après, du point de vue de Frieren.

Deux grandes thématiques se dégagent : celle de la perception du temps et celle du destin des héros une fois le livre refermé.

And that’s all ?
Je vais commencer par évoquer la seconde car ce n’est pas spécialement neuf en fantasy quoi qu’à ma connaissance, cela reste rare. Parler de héros confirmés et de leur vie après leur grand exploit, c’est un peu le postulat de la saga Wyld de Nicholas Eames. Pourtant, là où Wyld remet des seniors à l’aventure qui nécessite d’oublier ses rhumatismes pour sauver le monde, Frieren s’attache plutôt à décrire un après de paix en consacrant chaque chapitre à une petite aventure très humaine.

Cela me fait dire que le manga va s’éloigner de la direction qu’on aurait pu imaginer pour lui dans le cadre d’une saga de fantasy et se concentrer sur la première thématique dont j’ai parlé : celle du temps.

Percevoir le temps.
La notion de temps est fondamentale et on le sent dés le début lorsque Frieren revient après cinquante ans pour retrouver ses compagnons extrêmement vieux. À la mort de l’un d’eux, une personne reprochera à l’elfe son manque d’émotion lors de l’enterrement et celle-ci répondra qu’elle l’a à peine connu car ils n’ont passé que dix ans ensemble. Un constat qui va la perturber et la pousser à s’interroger sur la vie si courte des humains, sur le moyen d’apprendre à mieux les connaître. Parce que souvenons-nous : Frieren est une elfe, elle possède donc une espérance de vie bien plus longue (on ignore combien précisément) et une apparence qui suggère qu’elle est encore très jeune pour sa race. Un sentiment renforcé par un échange entre elle et son apprentie où Frieren se fait la réflexion que ça y est, elle la dépasse, elle a grandi, elle vieillit.

Chaque chapitre parle donc du temps, d’une manière ou d’une autre, que ce soit pour montrer l’effacement des souvenirs, la manière dont l’Histoire devient une légende, l’évolution des recherches magiques ou s’interroger sur son terme, celui de la vie, de l’existence.

La conclusion de l’ombre :
On pourrait craindre un aspect trop contemplatif et philosophique mais, personnellement, je ne me suis ennuyée à aucun moment. C’est plutôt une histoire douce, intelligente et magnifiquement dessinée qui nous embarque dans un voyage calme et intéressant. L’Apprenti Otaku utilisait le terme de fantasy mélancolique et je l’aime beaucoup car il retranscrit très bien le contenu de ce manga. L’entrée en matière m’a conquise et mon seul regret, c’est finalement de ne pas avoir acheté directement le tome 2. Bien vite mon prochain passage chez Kazabulles !

D’autres avis : L’apprenti OtakuLes voyages de LyLes blablas de Tachan – vous ?

Informations éditoriales :
Frieren (série en cours), scénario par Kanehito Yamada, dessin par Tsukasa Abe. Éditeur : Ki-oon, coll. shônen. Traduction : Géraldine Oudin. Prix par tome : 7.90 euros.