Les Chuchoteurs #1 le prince des oubliés – Estelle Vagner

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Le prince des oubliés
est le premier tome de la nouvelle saga d’urban fantasy de l’autrice française Estelle Vagner, saga intitulée les Chuchoteurs. Publié aux éditions du Chat Noir, vous trouverez ce roman sur leur site au prix de 19.90 euros dans sa version papier.

J’ai déjà eu l’occasion de parler de l’autrice et ce dés les débuts du blog puisque j’ai découvert sa première saga, Kayla Marchal, trois mois après mes débuts sur la blogo. Vous pouvez (re)lire mes chroniques du tome 1du tome 2du tome 3. En quelques mots, Estelle Vagner écrit de l’urban fantasy qui se déroule toujours en France, est divertissante et sans prise de tête, avec une dose d’humour mais aussi une certaine noirceur. Ces ingrédients donnaient un cocktail détonnant et réussi qui explique le très grand succès de sa série (prix Imaginales notamment et du propre aveu de l’éditeur, plus gros succès commercial du Chat Noir).
Un succès mérité.

Elle revient 3 années plus tard presque jour pour jour avec une nouvelle série intitulée les Chuchoteurs. J’avais compris qu’il s’agissait d’une duologie MAIS je vois que le nombre de tomes exact n’est pas renseigné sur le site donc peut-être qu’on aura droit à une trilogie ? Suspens. C’est toutefois sans la moindre crainte que je me suis lancée dans cette lecture car j’étais certaine d’y retrouver tout ce qui m’avait séduite dans sa première série. Et j’avais raison !

De quoi ça parle ?
Jonah et Lucas sont orphelins depuis l’âge de 4 ans et ils en ont 16 le jour où d’étranges pouvoirs liés aux éléments se déclenchent quand ils sont au lycée. Ils découvrent qu’ils sont tous les deux des Chuchoteurs, à l’instar de Martin, leur oncle et tuteur. Ils vont devoir apprendre à maîtriser leur pouvoir très rapidement car leur arrivée dessine une cible sur le front des jumeaux. Un Chasseur en veut aux Chuchoteurs et ils vont devoir se battre pour sauver leur peau.

Un pitch classique, vous vous dites.
Ne tombez pas dans le panneau.

De l’urban fantasy à la sauce… pokémon.
Les Chuchoteurs sont des humains qui parlent (chuchotent plus exactement) aux éléments pour s’en faire obéir. Ils peuvent se lier avec un cryptide, qui est un animal doté de certains pouvoirs et capables de posséder une forme évoluée. Un chien, un lapin, un loup, un serpent, une araignée, on trouve ces bestioles un peu partout et elles s’attaquent d’emblée, de manière un peu aléatoire, à tout Chuchoteur non lié… Nancy devient alors presque aussi dangereuse que les hautes herbes de Kanto, dans lesquelles je me suis perdue des heures sur ma vieille Game Boy Color.

Les Chuchoteurs gagnent de la puissance de différentes façons. Tuer les cryptides en est une, se lier à eux aussi mais ils ne peuvent se lier qu’à un seul animal et n’ont pas le choix de celui-ci. Il faut espérer avoir de la chance… Cela donne une galerie de personnages humains et non humains vraiment délirante puisque les cryptides sont doués de conscience et donc ont des noms, peuvent parler à leur Chuchoteur, faire de l’humour… Le rendu d’ensemble est assez fun et permet de se confronter à des personnalités animalières aussi diverses que déjantées. Mention spéciale à Orion grâce à qui j’ai eu des barres de rire mais je ne vous divulgâcherai pas sa nature pour autant.

J’ai souvent l’impression que l’urban fantasy a du mal à se renouveler mais Estelle Vagner prouve le contraire. Certes, l’intrigue est classique (découverte de pouvoirs chez des adolescents, quête de puissance, ennemi taré et cruel à éliminer) et certains archétypes bien présents chez les personnages. Pourtant, ça fonctionne du tonnerre, transformant ce premier tome en un efficace page-turner.

Des personnages crédibles et attachants.
L’histoire alterne plusieurs parties et points de vue. Le lecteur suit majoritairement Jonah dans une narration à la première personne. Jonah est le jumeau le plus raisonnable, un peu faible de caractère qui refuse de tuer des cryptides pour augmenter son propre pouvoir. C’est un adolescent vraiment sympa, qui possède ses forces et ses faiblesses. Je l’ai trouvé très humain et crédible, davantage plaisant que son frère -du moins à mon goût.

L’autrice rédige parfois un ou deux chapitres du point de vue de Lucas, toujours à la première personne, qui servent à nuancer certains propos tenus et à avoir un autre point de vue. Enfin, elle inclut des pages du journal intime de ce fameux Prince des oubliés (toujours à la première personne) qui permettront, à terme, de comprendre les motivations des antagonistes après s’être fait balader la moitié du bouquin avec une certaine efficacité.

Mais la palme du personnage humain le plus cool revient à Yann, le meilleur ami, qui est pourtant un archétype du meilleur pote geek pas du tout flippé par ce qui arrive alors que quand même, c’est énorme… Estelle Vagner lui a donné une véritable personnalité, une véritable utilité et me l’a rendu très attachant. Il m’a rappelé l’un de mes propres personnages, ça a beaucoup joué.

Par contre, je me dois de préciser que la majorité des personnages principaux de ce roman sont masculins. Cela ne me dérange pas sur un plan personnel car ça n’a rien d’une démarche sexiste (d’autant que dans sa précédente saga, l’héroïne était une femme et quelle femme !), c’est juste que l’histoire est celle de jumeaux, de leur meilleur ami et de leur tuteur mais je sais que c’est un élément qui peut fâcher certain/es lecteur/ices donc je préfère prévenir.

La conclusion de l’ombre :
Au cas où ce n’était pas clair, j’ai été très emballée par ce nouveau roman d’Estelle Vagner qui est un excellent divertissement et me donne envie de lire davantage d’urban fantasy de cette qualité. C’est fun, sombre juste comme il faut, très inventif et bien rythmé. De quoi passer un bon moment de lecture avec ce page-turner efficace !

D’autres avis : pas encore mais cela ne saurait tarder !

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Dix-neuvième lecture – pas de défi

Kayla Marchal #2 l’Ascension – Estelle Vagner

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Le tome 2 de Kayla Marchal intitulé l’Ascension est écrit par l’auteure française Estelle Vagner et publié aux Éditions du Chat Noir dans la collection Cheshire. Vous pouvez le retrouver au format papier à 19.90 euros et au format numérique sur toutes les plateformes à 5.99 euros. Notez que le troisième (et dernier tome) sera disponible en avant première aux Imaginales d’Épinal !

Comme pour le premier tome, j’ai profité d’une promotion sur l’ebook pour me procurer la suite de cette saga que j’avais pourtant adoré en Juillet dernier. Pour rappel, je vous renvoie à ma chronique. J’ai mis très longtemps à le lire parce que je craignais une déconvenue. En général, quand j’accroche à ce point à une série d’urban fantasy, je tombe sur une suite qui me plait moins et j’avais envie de garder un bon souvenir de Kayla. Pourtant, à l’approche des Imaginales et de la sortie du troisième tome, je devais me mettre à jour…

Et donc j’espère que l’auteure me pardonnera mon manque de foi en elle, j’ai tout autant adoré ce roman que le premier !

Nous retrouvons Kayla là où nous l’avons laissée à la fin du premier volume. Jade et elle sont prises en charge par les Protecteurs et on se rend assez vite compte que quelque chose ne tourne pas rond. Je ne vous en dis pas plus pour éviter de spoiler mais c’est un roman qui va à 200 à l’heure. On ne s’ennuie jamais grâce à l’action omniprésente et aux chapitres courts, dynamiques.

Le personnage de Kayla me plait toujours autant, je trouve qu’elle a le sens des priorités. On en apprend plus sur elle et sur ses précédentes incarnations grâce à une série de flashbacks bien maîtrisés distillés tout au long du roman, qui permettent d’entretenir le suspens jusqu’à la fin. J’ai également beaucoup aimé les personnages « secondaires » qui gravitent autour. Si, définitivement, Max me gonfle (mais genre, énormément), je trouve Jade et Jérémiah bien plus à mon goût. La relation entre Jade et Kayla est d’ailleurs vraiment bien posée et importante dans le roman, ce que j’ai apprécié. Tout ne tourne pas autour des hommes ! Alors oui, ils restent absolument « trop sexy » tout ça, tout ça, mais ils ont aussi une personnalité. Estelle Vagner réussit vraiment à leur donner vie, même à ceux qui ne font que passer. Elle va chercher un peu plus loin que la majorité des auteures dans ce genre littéraire et c’est appréciable.

Et pas l’ombre d’une scène de sexe à l’horizon ! Comme nous sommes dans du young adult, si ça arrive, l’auteure éclipse au lieu de se perdre dans des descriptions qui frisent parfois le ridicule chez certains autres auteurs (pas tous hein mais ces derniers temps j’ai un peu eu ma dose à ce niveau… Je me sens obligée de relever), ce que je trouve agréable parce que ça n’enlève absolument rien au roman. Au contraire, ça lui rajoute un cachet.

L’auteure continue également de développer sa mythologie et nous donne davantage d’informations sur la naissance des (poly)morphes. Elle a créé un univers riche plutôt bien pensé et qui, personnellement, me sort de mes habitudes. Elle ne se sent pas obligée d’utiliser toutes les créatures habituelles dans ce genre de roman (si vous cherchez un vampire, oubliez le !) et se réapproprie le concept du garou d’une manière originale. Sans compter que tout le livre se déroule en France ! Et ça peut paraître bête, mais j’apprécie qu’une auteure d’urban fantasy place son action dans son pays, surtout qu’elle nous permet de découvrir les paysages de cette partie du pays.

Son style d’écriture reste simple, dynamique et personnel. Grâce au choix de la première personne et du présent comme temps narratif, l’auteure nous permet de plonger tête la première dans l’esprit de Kayla en la rendant vraiment vivante. Embarquée dans son aventure, j’ai ressenti pas mal d’émotions variées (souvent à base de : mais quel pauvre naze ce mec (ceux qui ont lu comprendront)) ce qui est la marque d’un bon livre, finalement. Si on se prend au jeu, l’auteure a réussi son pari ! Et ici, c’est le cas.

En résumé, Kayla Marchal confirme (selon mon point de vue) sa place dans les meilleurs romans d’urban fantasy à la française. Avec une héroïne pleine de punch et un univers travaillé, Estelle Vagner nous embarque dans une histoire addictive dont on tourne les pages sans s’en rendre compte. Je recommande chaudement cette saga à tous les fans du genre !