Premières lignes #5 ( & #payetonauteur ! )

Bonjour à tous et bon dimanche !
Qui dit dimanche dit « premières lignes » le rendez-vous hebdomadaire créé par Ma Lecturothèque !

Ce dimanche, je profite de ce rendez-vous pour lier deux sujets. J’avais déjà choisi quel roman j’allais vous présenter aujourd’hui quand a éclaté le scandale autour de Livre Paris, que je suis depuis hier après-midi. Du coup, avant d’en venir au cœur de cet article hebdomadaire qui consiste à vous présenter un auteur à travers les premières lignes d’un roman déjà chroniqué, j’ai envie de vous parler un peu du #payetonauteur et de la polémique qui secoue la twittosphère depuis hier au sujet du salon du livre de Paris. Je vous renvoie à l’article d’Actualitté pour comprendre ce qui se passe exactement (ils expliquent ça très bien, je ne vais pas les paraphraser bêtement) et les problèmes que cela pose. En quelques mots, sans auteur, la chaine du livre dans son ensemble n’existe pas, puisque c’est lui qui produit la matière première. Pourtant, l’auteur est systématiquement (ou presque) considéré comme un bénévole et la pensée dominante est qu’on ne doit pas le payer pour ses déplacements ou ses interventions car « ça lui fait de la pub ».
Oui… Mais non.

En tant que jeune auteure mais aussi en tant que lectrice et donc consommatrice de littérature, je suis choquée par la position de Livre Paris qui prétend ne pas payer les auteurs de la même manière, voir ne pas les payer du tout pour certains, et qui communique très mal sur le sujet, à base de « oui mais non mais… » sans aucune transparence. Et je suis aussi ravie de voir la mobilisation des auteurs confirmés, des institués, ceux dont le nom compte, qui n’hésitent pas à annuler leur présence et à boycotter le salon. Je pense à des gens comme Samantha Bailly, Olivier Gay, Nine Gorman, Bulledop, etc. Une belle solidarité se met en place !
Je vous invite évidemment à vous exprimer sur le sujet, à en parler sur vos blogs et à réfléchir quelques instants à toute cette affaire. Parce que c’est important, vraiment. Et à découvrir la Charte !

Ayant été à la foire du livre de Bruxelles la semaine dernière, il n’y a pas eu de premières lignes et ce dimanche, je veux le consacrer à un auteur que j’aime beaucoup et qui s’est engagé fermement dans cette polémique: Olivier Gay. Le hasard fait bien les choses puisque j’avais déjà décidé d’en parler pour vous diriger vers ses romans dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire Francophone car certains titres permettent de valider plusieurs défis.

Pour revenir à notre auteur du jour, je vous ai parlé de lui à plusieurs reprises dans diverses chroniques: les tome 1 et 2 des Épées de glace, le tome 1 de la magie de Paris, le tome 3 de la série Fitz… Et pour le PIF 2018, j’ai le diptyque de la Main de l’Empereur qui est dans ma liseuse ainsi que le tome 2 de la Magie de Paris. Auteur prolifique et touche à tout, je trouve qu’il a énormément de talent et je vais vous présenter aujourd’hui les premières lignes du diptyque Épées de Glace intitulé Le Sang sur la Lame.

Voici la 4e de couverture:
« — Je ne suis pas sûr qu’un homme seul fasse la différence.
— On m’a déjà donné de nombreux noms. Le Faiseur de veuves. L’Épée de glace. Le Danseur Rouge. Je suis Rekk. Le Boucher. Je fais toujours la différence.
Lorsque Deria, fille d’un obscur baron du Nord, est retrouvée assassinée dans la capitale, les plus puissants de l’Empire font tout pour cacher sa mort à son père.
Les deux amis les plus proches de la jeune fille, Shani, sa servante, et Mahlin, un garde du palais, se retrouvent alors mêlés malgré eux à cette conspiration. N’écoutant que leur cœur, ils décident de se rendre dans le Nord annoncer eux-mêmes la nouvelle au mystérieux baron.
Ils n’auraient sans doute jamais entrepris un tel voyage, s’ils avaient su qui était réellement le père de Deria.
Car, désormais, l’Empire va trembler. »

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Et voici les premières lignes:
« Mahlin n’aurait jamais dû rencontrer Deria.
Ce n’était pas à lui de monter la garde devant la porte ouest du palais en ce crépuscule du septième jour de l’hiver. Les mains tendues vers le brasero, à peine protégé de la pluie, il maudissait son goût du jeu qui l’avait poussé à parier ses tours de garde avec Luklan.
Tout le monde savait que le soudard au sourire trop large avait une chance insolente aux dés, mais Mahlin s’était senti en veine. Il avait besoin d’argent, la mise était tentante. Lorsque l’autre avait lancé un « quatre » sur ses deux dés, le jeune homme avait senti la victoire à portée de main. Il avait prié, fermé les yeux, obtenu un « trois ».
Luklan dormait à présent tranquillement, emmitouflé sous ses couvertures, et Mahlin subissait l’orage.
Il pleuvait sans discontinuer depuis trois heures. L’humidité oppressante pénétrait ses vêtements, trempait ses os et lui glaçait la peau malgré toutes ses précautions. Son épaisse cuirasse n’arrangeait pas les choses. La grande porte du palais ne le protégeait pas contre le vent de face. Le feu timide du brasero lui procurait un peu de chaleur, mais Mahlin ne pouvait trop s’en approcher. Selon le sergent, les flammes risquaient d’affecter sa vision nocturne et sa vigilance.
Comme s’il y avait quelque chose à surveiller à son poste. »

Connaissez-vous Olivier Gay? Avez-vous déjà lu un de ses romans? Celui-ci vous intrigue-t-il? Que pensez-vous de #payetonauteur ? N’hésitez pas à discuter de tout ça dans les commentaires 🙂