Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé (la trilogie) – Raphaël Albert

Sylvo SylvainLa trilogie « les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé » écrite par Raphaël Albert comporte : Rue Farfadet, Avant le déluge et Confession d’un elfe fumeur de lotus. Chaque tome est disponible chez Mnémos en poche (Helios) au prix de 11.90 euros, il se lit indépendamment et je viens de découvrir à l’instant qu’il existait un tome 4 ! Joie et bonheur je suis, ma journée est faite. Même si au fond j’aimais bien la fin du 3… Mais je ne demande qu’à voir ce que l’auteur nous a réservé pour ce quatrième tome.

Mon amie Laure-Anne m’a prêté les deux premiers tomes, certaine que j’allais aimer. J’ai donc commencé à les lire dans le thalys pour me rendre sur un salon à Paris au mois de mai. Au départ, c’était un prêt mais j’ai eu un tel coup de cœur qu’elle a décidé de me les offrir, c’est dire. J’ai enchaîné les deux premiers tomes, attendu la sortie du tome 3 avec impatience en poche, râlé contre le distributeur qui a visiblement quelque chose contre les libraires indépendants belges puisqu’il aura mis 3 mois à l’envoyer… Et enfin, je l’ai eu en main, mon précieux ! La conclusion de cette fabuleuse aventure ! La possibilité de retrouver mon Sylvo encore une dernière fois !

Cette chronique un peu particulière sera divisée en trois parties, une pour chaque tome.

Rue Farfadet:
Dans une histoire narrée à la première personne, nous écoutons Sylvo Sylvain, un elfe exilé de sa Forêt, détective privé et habitant de Panam, nous décrire son quotidien et la sombre affaire dans laquelle il est plongé tête la première. Sylvo est un personnage incroyablement attachant, je l’ai aimé presque immédiatement. C’est un raté, un flemmard, un elfe que la vie n’a pas épargné, nostalgique et alcoolique, luxurieux à ses heures, globalement blasé mais doué dans son métier. Cette ambiance film noir à la française est absolument délicieuse. Le bestiaire est très riche, les personnages secondaires tous bien construits. J’ai particulièrement adoré les petites références à notre monde, à des œuvres classiques ou populaires, tracées tout au long du roman. Ce qui est délectable aussi, ce sont les extraits de journaux intercalés dans le récit, pour ne jamais perdre cette narration à la première personne. C’est brillant.
Rue Farfadet est un ouvrage pour lequel j’ai eu un véritable coup de cœur. Le steampunk se mêle au fantastique, avec des personnages qui endossent un rôle stéréotypé (le détective, l’assistant, le brigand, le journaliste, etc.) mais qui parviennent malgré cela à dégager une très exquise saveur. Je suis tombée sous le charme de Sylvo et cette fin… Cette fin ! Une des meilleures que j’ai lue de ma vie. L’auteur est doué, j’ai d’ailleurs immédiatement enchainé avec la suite.

Avant le déluge:
On y retrouve tous les ingrédients qui ont fait, à mes yeux, le succès du premier: un style d’écriture recherché, travaillé et original, un personnage principal attachant qui a ses faiblesses (un véritable anti-héros comme je les aime !) une intrigue tumultueuse, pleine de rebondissements, un folklore extrêmement riche… Bref, à mes yeux, cette saga est un chef-d’œuvre de littérature francophone. Oui, je n’ai pas peur des mots.
Rien n’est à jeter, rien n’est en trop… C’est incroyable ! De nouveaux personnages font leur apparition, on approfondit les anciens, on en apprend davantage sur le passé de Sylvo, et cette fin… CETTE FIN ! Je ne m’en remets pas. Raphaël Albert a un talent certain pour ménager ses effets. C’est profond, poétique, macabre… En un mot: c’est parfait.

Confession d’un elfe fumeur de lotus:
Contrairement aux deux autres tomes, Confession d’un elfe fumeur de lotus est un roman intime, la balade d’un drogué en train de se suicider à coup de pipes dans le fin fond d’un fumoir panaméen. Au bout du rouleau après les évènements du tome 2, Sylvo se souvient, mélancolique, de son passé à Toujours-Verte, des drames successifs qui l’ont amenés à fuir sa chère forêt pour se réfugier dans le monde humain qu’il haïssait tant. On retrouve la plume de l’auteur qui a, semble-t-il, encore mûri pour cet opus glaçant et enivrant. Un roman qui se passe avant Rue Farfadet mais dont on ne peut, à mon sens, comprendre la plénitude qu’après avoir lu les deux autres tomes. Il a apporté énormément de réponses aux questions que je me posais et il m’a totalement bouleversée. J’ai adoré suivre Sylvo jeune pousse jusqu’au début de sa déchéance, découvrir toute la culture des elfes (tellement riche !) leurs mœurs aussi. Cet univers inventé par Raphaël Albert est d’une incroyable richesse et d’une inspiration folle. Il appartient sans conteste aux grands auteurs de ce monde. J’avais les larmes aux yeux sur les dernières pages et j’ai refermé le livre la boule au ventre. Un grand moment de littérature.

Pour résumer, à mes yeux, la saga de Raphaël Albert est un must-read de littérature francophone. C’est brillant, une fantasy uchronique audacieuse, très référencée et travaillée, offrant tout un panel de réflexion sur des sujets encore d’actualité de nos jours. Merci aux éditions Mnémos d’avoir publié ce roman et merci à Raphaël Albert de l’avoir écrit. Lisez cette saga, lisez-la dès que possible, vous ne le regretterez pas.