How to save a life – Lauren K. McKellar

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How to save a life
est un roman one-shot tranche de vie publié par l’autrice australienne Lauren K. McKellar. Traduit aux Éditions du Chat Noir dans la collection Chat Blanc, ce titre est disponible au prix de 19.90 euros.

Vous avez le droit de vous indigner. C’est vrai que je lis assez peu de romans de ce style là et qu’en général, je les évite largement. Toutefois, en découvrant la quatrième de couverture, j’avoue… Il me tentait bien. Je ne sais toujours pas pourquoi à l’heure actuelle mais j’ai profité qu’une amie me le prête pour m’y essayer parce que quand même, il me titillait depuis l’annonce de sa sortie qui date d’octobre 2018. Y’a des mystères, comme ça.

Lia est une lycéenne de dix-sept ans qui cache un assez lourd secret et n’a pas la vie facile. Entre son passif, sa mère alcoolique et les difficultés dans son job, elle compte les jours pour enfin se tirer de chez elle et vivre à Melbourne même si ça implique de laisser sa mère. Pour cette raison, Lia essaie absolument de la soigner avant de s’en aller, par peur qu’elle se tue. Son objectif? Décrocher une bourse dans un célèbre conservatoire afin de jouer du piano, instrument qu’elle maîtrise à la perfection. Mais tout n’est pas si simple dans cette petite ville australienne.

Je suis toujours un peu entre deux sentiments concernant ce livre. Je l’ai lu très rapidement et je l’aurai même dévoré d’une traite si je n’avais pas été fatiguée par la foire du livre de Bruxelles. Sans aucun doute, How to save a life est un page turner plutôt bien écrit (et bien traduit) puisqu’il déborde d’émotions maîtrisées par son autrice. On a envie de connaître la suite et on la lit avec une sorte de fascination morbide en se demandant ce qui va bien pouvoir encore arriver à cette pauvre fille. D’un autre côté, j’ai eu plus d’une fois envie de secouer Lia pour qu’elle ouvre les yeux sur les horreurs qui se déroulent autour d’elle. Entre son copain, le nouveau mec de sa mère, sa mère elle-même et les traumatismes qu’elle a subi avec son père… Quand on découvre son histoire d’un œil extérieur, on a plus d’une fois envie de hurler et de la pousser à faire ce qu’il faut pour se sortir de là. D’ailleurs, sans vous spoiler, je ne comprends toujours pas comment elle peut supporter de se retrouver en compagnie de Kat. Il y a des choses que je ne cautionne pas et ça franchement…

Et c’est là, je trouve, qu’on peut parler de roman réussi. Parce que j’ai ressenti des émotions. Que j’étais prise dans le texte. Lauren McKellar évoque des thématiques graves qu’on a tendance à minimiser ou pire, à banaliser. L’alcoolisme d’un parent, l’inversion des rôles parent-enfant, le désir qu’on a de voir ses proches heureux quitte à se sacrifier pour ça, le choix de garder le silence face à l’horreur pour protéger sa mère, la peur de se dévoiler et le regard des autres, tout ça sont des sujets importants et je pense que ce roman peut amener une réelle prise de conscience par ses lecteurs. Je trouve d’ailleurs que la psychologie de Lia sonne assez juste et que les éléments aberrants de sa vie n’en sont que renforcés.

Venant de donner un cours sur l’alcoolisme, je peux aussi affirmer que la façon dont l’autrice parle des alcooliques est aussi (et hélas) très réelle. On sent un investissement émotionnel conséquent à travers ces lignes. Alors, évidemment, on est dans de la littérature young adult même s’il y a quand même des scènes sexuelles (non explicites). Et il y a quand une romance. Sans vous spoiler la fin, vous la devinez plus que probablement. Ces éléments me laissent un petit arrière-goût d’agacement mais il est quand même minime dans l’ensemble parce que je m’étais attachée à Lia et que contrairement à l’idée reçue générale, je ne suis pas un monstre. Sans compter que j’ai apprécié le fait que ce garçon ne prenne pas toute la place. Lia se sent bien avec lui mais elle ne se jette pas à ses pieds pour qu’il la sauve. Alors évidemment, le gars est super beau, super sexy, super gentil, super tout ce qu’on veut mais elle se débrouille d’abord et avant tout par elle-même, bien que ça la fasse souffrir. Ça, ça me plait !

Pour résumer, j’ai aimé How to save a life et je suis contente de l’avoir lu. Je ne suis absolument pas le public cible sans compter que certains codes de la romance sont présents (ce qui m’agace), pourtant j’ai trouvé ce texte intéressant grâce à ses thématiques et son héroïne. Il prend aux tripes et ce page-turner ne manquera pas de plaire aux amateurs du genre. Je le recommande à ceux qui cherchent un texte contemporain avec des thématiques fortes et un personnage principal crédible.

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Le Château Noir – Anne Mérard de Saint-Just

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Le Château Noir, sous-titré les souffrances de la jeune Ophelle, est un roman de l’autrice française Anne Mérard de Saint-Just publié pour la première fois en 1799. Réédité aux Éditions du Chat Noir dans le cadre de leur collection Gothicat. Vous trouverez ce titre au prix de 14.90 euros.

Comme certains assidus du blog le savent déjà, j’aime beaucoup les œuvres anciennes et classiques. Passionnée par l’histoire littéraire, je trouve cette initiative de sortir de l’oubli des ouvrages gothiques, surtout francophones, vraiment admirable car ça permet d’attirer l’attention du grand public sur celles-ci. Toutefois, la difficulté est évidemment, en tant que lecteur, de parvenir à replacer l’œuvre dans son contexte et de la lire avec l’œil critique adapté. C’est particulièrement vrai concernant le Château Noir.

Ce roman est construit comme un très long courrier envoyé par la meilleure amie d’Ophelle. Ce qui explique, d’ailleurs, l’absence de chapitre et donc d’endroit où cesser sa lecture pour souffler un moment. Il commence en annonçant la mort d’Ophelle et raconte toute son existence pour expliquer comment le drame arriva. Le procédé manque assez de crédibilité puisque, même à l’époque, je doute que quiconque aurait écrit ce genre de lettre avec autant de détails et de dialogues. Toutefois, c’était un procédé narratif assez prisé et posé dès le commencement du livre. Puis il peut justifier les libertés prises avec la concordance des temps.

Ophelle a tout d’une héroïne tragique. Jeune fille pure et fragile, elle tombe amoureuse du comte d’Eloncour et en est éloignée par sa belle-mère qui partage son affection pour cet homme. Je ne vous en dit pas davantage car l’histoire peut être entièrement résumée en quelques lignes. L’intérêt de ce texte réside plutôt sur deux grands axes. Le premier, c’est l’image donnée par l’autrice de la femme à l’époque, qui nous en apprend beaucoup sur la condition féminine et, pour citer la préface de Vincent Tassy, sur la pression patriarcale et l’importance du rôle social. Le second, c’est la façon dont on parlait à l’époque des émotions et des transports amoureux. Forcément, c’est très grandiloquent et exacerbé mais j’ai apprécié la traitement proposé par Anne Mérard de Saint-Just, surtout pour l’aspect folie d’Ophelle. Les lecteurs contemporains risquent de souvent lever les yeux au ciel sans s’y retrouver mais sur un plan personnel, c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup.

Petit conseil d’ailleurs aux futurs lecteurs de ce texte: lisez la préface après le roman. Cela peut paraître curieux mais j’ai préféré découvrir le texte puis réfléchir sur lui grâce aux informations données par Vincent Tassy plutôt que de tout savoir à l’avance car l’air de rien, sur un roman aussi court, la préface donne un peu trop d’informations. Mais c’est personnel.

En bref, le Château Noir est un roman que je recommande aux amateurs de littérature gothique classique (ou classique tout court) pour son intérêt dans l’histoire littéraire et sociale de son époque. J’ai passé un bon moment en le lisant mais ce n’est pas un texte qui me marquera l’esprit durablement. Toutefois, il n’est pas dénué d’intérêt alors si vous êtes un peu curieux, ça vaut la peine !

#PLIB2019 La fille qui tressait les nuages – Céline Chevet

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La fille qui tressait les nuages est un thriller psychologique / tranche de vie surréaliste écrit par l’autrice française Céline Chevet. Publié aux Éditions du Chat Noir dans la collection Neko, vous trouverez ce roman au prix de 19.90 euros.
Ce roman fait partie des 21 sélectionnés pour le #PLIB2019.

Ce roman se déroule dans un Japon à la fois contemporain et surréaliste (j’y reviens plus bas). Nous y rencontrons Julian, un métis (anglais / japonais) et lycéen ordinaire qui souffre toujours du deuil de la fille dont il était amoureux: la petite sœur de son meilleur ami Souichiro. Il ne parvient pas à tourner la page, d’autant que sa mémoire occulte une grande partie de ce qui est arrivé ce jour-là. Au fil de l’histoire, Julian ne va plus pouvoir se voiler la face et aidé par Akiko, il s’emploiera à dénouer les fils du mystère.

Le résumé que je viens de fournir ne rend pas justice au roman et peut paraître aussi pauvre que niais, si pas ennuyeux. Détrompez-vous ! Il est simplement assez difficile de parler d’un roman surréaliste sans vous gâcher le plaisir de la découverte. Quand je dis surréaliste, ce n’est pas tant dans le mode d’écriture (après, je ne sais pas comment l’autrice s’y est prise :p) que dans son expression littéraire au sein de cette diégèse. Pour les novices, le surréalisme selon André Breton est un « automatisme psychique pur, par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. » Dans ce Japon contemporain, la pensée se manifeste de manière physique. Céline Chevet propose ainsi un univers fort avec un absurde poétique tout nippon. Le plus beau, c’est que pour les personnages, tout cela est normal et personne n’essaie de l’expliquer. Ça existe, c’est tout. C’est comme ça. J’ai trouvé ce parti pris rafraichissant.

On peut considérer la fille qui tressait les nuages comme un thriller psychologique et onirique à la fois, sur fond de tourments adolescents. L’enjeu du roman, c’est de découvrir la vérité quant au décès de la petite sœur de Souichiro. Ainsi, l’autrice joue avec une alternance de point de vue et de temps. Julian, par exemple, le protagoniste principal, a des chapitres rédigés à la première personne du singulier. On a parfois l’impression qu’il raconte certains des autres chapitres comme un narrateur omniscient mais cette certitude se brouille à d’autres moments en proposant presque un jeu de piste narratif quand ce sont d’autres personnages, comme Souichiro ou Akiko, qui reprennent la main dans une narration, cette fois à la troisième personne. À un moment du récit, l’apparition d’un journal intime romancé (je n’en révèle pas plus pour ne pas spoiler) permet d’en apprendre davantage sur le passé de la famille et sur le mal dont souffrait la petite sœur (je tais volontairement son prénom depuis le début sinon je vous gâche tout 🙂 ). Ce journal contient une sacrée dose de macabre et les amoureux des chats en auront l’estomac retourné. Vous êtes prévenus !

On se rend rapidement compte que des histoires assez sombres et malsaines hantent le passé de la famille Sakai. Si j’ai deviné certains éléments de l’intrigue, d’autres ont réussi à me prendre totalement au dépourvu ! Une chose est sûre, ce titre est très addictif même s’il ne déborde pas d’une action haletante comme ce qu’on imagine souvent en parlant de thriller. Il prend aux tripes, donne envie de le scruter sous tous les angles et d’avancer jusqu’au grand final. D’ailleurs, je l’ai lu sur une journée, emportée par la plume sûre et poétique de Céline Chevet dont c’est, je pense, le premier roman bien qu’elle ait publié deux ou trois nouvelles dans des anthologies (dont celle du Bal Masqué au Chat Noir).

Pour résumer, la fille qui tressait les nuages est une vraie réussite et un premier roman excellent pour la nouvelle collection Neko des Éditions du Chat Noir. Céline Chevet nous emmène dans un Japon contemporain et surréaliste pour détisser la trame d’un drame familial. Avec des personnages à la personnalité marquée et des psychologies touchantes, elle embarque son lecteur qui aura du mal à poser son roman avant d’en avoir tourné la dernière page. Je recommande très chaudement ce titre qui fera sans hésitation partie de ma sélection pour les cinq finalistes du PLIB !

BML #5 – novembre 2018

Bonjour tout le monde !
On se retrouve pour un nouveau bilan mensuel de lecture. Ce mois-ci, j’ai terminé le Pumpkin Autumn Challenge avec succès et j’ai bien avancé dans mes derniers services presses. Je ne compte plus en prendre avant l’année prochaine, d’ailleurs, histoire de vider ma PàL (qui fera l’objet d’un article d’ici quelques jours 😉 ). Je vous réserve également plusieurs articles typiques de la fin d’année, comme le bilan annuel, les livres que j’ai découvert grâce aux autres blogueurs… Si ça vous tente !

Bref, sans plus attendre, voici les titres lus ce mois-ci :

 La voix de l’Empereur – Nabil Ouali (Mnémos – SP)
Kayla Marchal#3 la Source – Estelle Vagner (Chat Noir)
Comment le dire à la Nuit ? – Vincent Tassy (Chat Noir)
Les Ombres d’Esver – Katia Lanero Zamova (ActuSF – SP)
Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé – J.K. Rowling (Gallimard)
Kidnapping – Geoffrey Claustriaux (Livr’S -SP)
Les Hommes Dénaturés – Nancy Kress (ActuSF – SP)
Apocalypsis partie 1 (tome 1 – Alice, tome 2 – Edo et tome 3 – Maximillian) – Eli Esseriam (Lynks -SP. Chronique à venir début de semaine)

Alors en fonction de comment on compte, j’ai lu 8 ou 10 romans. Apocalypsis étant une intégrale de trois tomes… Je suis contente de ce bilan puisque durant le mois d’octobre, j’avais vraiment peu lu et ça me pesait.

J’ai également pris le temps de découvrir deux mangas ainsi qu’un comics.

Le second tome de Depth of Field qui a vraiment été un coup de cœur pour moi, ainsi que le premier tome de Noob Reroll qui était plutôt sympa mais sans plus. J’ai également terminé la lecture de Super Sons, que j’apprécie toujours autant surtout que les Teen Titans étaient de la partie :3

Ce qui porte le total à 10 romans, 2 mangas et 1 comics.

Et vous, quel est votre bilan lecture pour novembre? 🙂

#PLIB2019 Comment le dire à la Nuit – Vincent Tassy

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Comment le dire à la Nuit est un one-shot fantastique écrit par l’auteur français Vincent Tassy. Publié aux Éditions du Chat Noir, vous trouverez ce livre au prix de 19.90 euros.
Je lis ce roman dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge catégorie « vous prendrez bien un verre de True Blood ? »
Ce roman a été sélectionné par le #PLIB2019. #ISBN9782375680897

À mon sens, ce roman est très (trop ?) complexe à chroniquer. Comment le dire à la Nuit n’est pas un texte dont on parle, c’est un texte que l’on vit. Rien de ce que je ne vais dire à son sujet ne saurait lui rendre justice car il se situe au-delà des mots. Pour cette raison, cette chronique sera brève mais j’espère qu’elle vous donnera envie de tenter l’aventure.

C’est l’amour qui tient la place principale au sein de l’intrigue. Mais pas l’amour comme une romance comme on peut en lire des centaines de nos jours. Quoi qu’on en parle, de cet amour-là, de cet univers-là, d’une certaine manière. L’amour sous diverses formes, l’amour sans idéalisation. L’amour dans le plus pur style des romantiques du XIXe, époque où ce livre n’aurait d’ailleurs pas dénoté. Que ça soit en France ou en Angleterre, d’ailleurs, puisqu’il s’inscrit admirablement dans la mouvance gothique par son ambiance et le déroulé de son intrigue.

Chaque chapitre est dédié à un personnage. Vincent Tassy écrit à la troisième personne mais cela n’empêche pas chaque protagoniste de disposer d’un caractère et d’un style littéraire bien à lui. Il y a Athalie, la fameuse dame en noir. Adriel, son enfant et prisonnier. Egmont, un noble amoureux de son ami Léopold qui doit pourtant épouser Carolina, par intérêt familial. Rachel, dont la mort de sa sœur jumelle a amputé une partie de son être et enfin Parascève, une éditrice de romance qui aura une très grande influence sur l’intrigue du récit. Ces différents personnages vont se croiser au fil du temps (le roman couvre plusieurs siècles) et on va découvrir les moments clés de leur vie. J’ai été particulièrement touchée par Egmont mais aussi par l’histoire d’Athalie, finalement, qui est une pure héroïne de tragédie. Vincent Tassy nous propose une galerie de personnages complexes et travaillés qui constituent l’une des grandes forces de son roman. Il ne faut pas chercher à s’identifier à eux mais plutôt se laisser porter par leurs réflexions et les émotions qu’ils dégagent. Elles ne manqueront pas, à un moment ou à un autre, de faire écho chez le lecteur.

Une fois de plus, la mélancolie règne sur ce récit transcendé par un mal du siècle palpable. Je l’ai dit en commençant cette chronique: Comment le dire à la Nuit n’est pas un roman dont on parle, c’est un livre qu’on vit, qui caresse notre âme. On le lit dans le noir à la lueur d’une bougie, cloîtré dans une pièce sans fenêtres. On s’y plonge d’une traite et on ne le repose pas avant de tourner la dernière page.

Toutefois, hélas, mille fois hélas, il ne conviendra pas à tous les lecteurs et n’est pas à mettre entre toutes les mains. Beaucoup resteront probablement perplexes devant cette plume si recherchée et les émotions brutes dégagées par le roman. Il faut, je pense, une certaine sensibilité classique pour l’apprécier dans toute sa splendeur. À l’instar d’Apostasie, premier roman de l’auteur, Comment le dire à la Nuit fait partie de ces livres qu’on doit relire à plusieurs reprises afin d’en prendre la pleine mesure. J’ai rarement lu un texte aussi inspiré. Vincent Tassy est un auteur talentueux et précieux dans le paysage littéraire francophone, à découvrir d’urgence.

Cœur Vintage – Cécile Guillot

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Cœur Vintage
est un one-shot de young adult francophone écrit par l’autrice française Cécile Guillot. Premier né de la collection Chat Blanc aux Éditions du Chat Noir, il est disponible en papier au prix de 14.90 euros. Notez que Cécile sera en dédicace ce samedi aux Halliénnales pour la sortie officielle de son roman !
Ce titre entre dans le Pumpkin Autumn Challenge, menu « Automne douceur de vivre » catégorie « Pomme au four, tasse de thé et bougie » ainsi que dans le menu « Automne ensorcelant » catégorie « Balai Pattes ! »

Cœur Vintage, c’est l’histoire de Mina. Une jeune lycéenne américaine passionnée par la mode vintage qui entre dans sa dernière année de lycée. Elle commence à sortir avec le quaterback de l’équipe de foot, un garçon charmant, attentionné, populaire. Le rêve quoi. Mais Logan est-il si parfait que ça? Quand le doute commence à s’installer, Mina est forcée d’ouvrir les yeux sur une réalité douloureuse et va devoir prendre ses propres décisions, qui impacteront toute sa vie. Mina sera d’ailleurs influencée par l’histoire de Delia, adolescente en 1956. Leur lien? Une robe…

Alors, j’ai beaucoup de choses à dire et je vais essayer de le faire sans spoiler le contenu du roman !

Déjà, vous vous en doutez, ce n’est pas le genre de livre vers lequel je me dirige en règle générale. Déjà, le young adult, brrrrrr (oui ceci est un frisson de terreur) mais alors ces romances pseudo-parfaites décrites sur la quatrième de couverture… J’avais un peu peur. Beaucoup. Pourquoi, vous demandez-vous donc, ai-je acheté ce titre aux Aventuriales? Simplement parce que j’ai lu, je pense, tous les romans de Cécile Guillot à ce jour et je n’ai jamais été déçue. Pourtant, systématiquement, ce sont des livres qui me sortent de ma zone de confort (mais si, ce coin sombre et bizarre là, vous le connaissez !). Je lui ai donc donné sa chance et je ne le regrette pas.

Cœur Vintage est écrit à la première personne. De sa plume douce et fluide, Cécile nous plonge dans les pensées et le quotidien de Mina. Hormis une situation familiale compliquée (une mère dépressive et un père absent sauf pour la critiquer) notre lycéenne a des amies, une tante aimante qui tient une boutique de seconde main (le pied!), un meilleur ami qui est là pour elle. Quand Logan l’aborde un jour au lycée et lui propose de sortir, elle pense que tout lui réussi. Parce qu’elle sait que ce garçon n’est pas juste un beau gosse sportif. Elle l’a déjà vu lire sous un arbre pendant les vacances, un roman qu’elle aime beaucoup. Mina est donc persuadée que Logan est bien plus profond qu’il n’y parait.

Je vous le jure, dès le départ, je ne le sentais pas ce mec. Trop parfait, trop poli, il cachait quelque chose à moins que ça ne soit ma tendance à voir toujours le mauvais chez les autres. À travers cette relation entre deux adolescents, l’autrice aborde plusieurs thématiques importantes comme le respect dans un couple, le danger de la violence conjugale, l’importance de se confier, de ne pas avoir honte, la pression qui existe autour de l’acte sexuel…

Et à ce stade, tu te dis: attends, elle a parlé de young adult, pourquoi est-ce qu’il y a du sexe? Je me suis posée la même question. Je ne m’y connais pas trop dans le genre alors une fois ma lecture terminée, j’ai été discuter avec l’autrice pour comprendre et j’ai saisi la nuance. Oui, il y a deux ou trois scènes de sexe dans Cœur Vintage. Mais elles n’ont absolument rien d’érotiques. Et évidemment, il y a une vraie différence entre ces deux termes. Ce sont davantage des mises en situation pour la problématique principale du livre, à savoir la pression qui existe pour les femmes autour de ce sujet (et d’autres, mais nous y reviendront) qu’elle vienne d’elles-même ou des hommes. Les questions que se posent Mina suite à ce premier rapport, toutes les filles y ont déjà pensé au moins une fois et se sont senties mal à l’aise face à ce décalage entre la réalité et les fictions que nous lisons / voyons / consommons d’une manière ou d’une autre. J’ai trouvé ça très positif que Cécile Guillot aborde ces sujets, avec la sensibilité qui la caractérise. Elle ne porte pas de jugement, que ce soit dans un extrême ou dans l’autre. Je pense qu’un public adolescent pourrait trouver un certain réconfort à la lecture de ce roman.

J’ai beaucoup parlé de Mina, quid de Delia, notre héroïne des années cinquante? Déjà, je vous attendez pas à un roman en alternance de point de vue avec un chapitre pour chaque fille, comme je le pensais à la base. Mina est bien la protagoniste principale. Delia est présente en toile de fond, à travers les visions données à Mina par la robe. Et là, je vous entends à nouveau vous dire mais, elle a dit que le roman était dans la collection chat blanc… Pourquoi y a-t-il du fantastique? C’est le second point sur lequel j’ai tiqué (le premier, c’était le sexe mais tout s’est arrangé hein, si vous suivez un peu). On pourrait dire qu’on ne sait pas vraiment si Mina rêve de Delia qui serait une projection d’elle-même dans une époque qu’elle apprécie mais Mina s’étonne des mœurs de Delia, de ses conversations avec ses amies sur le sexe, de ce tabou qui existe à cette époque sur le passage à l’acte avant le mariage, leur absence de connaissances sur la contraception et le reste. Du coup, il y a bien une pointe de fantastique mais elle reste légère et sert surtout à traiter les thématiques du récit qui elles, sont beaucoup plus actuelles. Sur un plan personnel, j’aurai aimé que les chapitres s’alternent de manière plus équitable entre Delia et Mina, et que la robe soit un fil conducteur entre les deux parce que j’étais vraiment intéressée par l’idée de découvrir la vie adolescente dans ces années-là. Néanmoins, vu comment tournent les évènements, cela aurait donné une histoire complètement différente. Je rappelle ici que c’est juste mon opinion, ça ne change rien à la qualité du livre.

Bref, je parle, je parle (enfin, j’écris)… Que dire de Cœur Vintage, en quelques mots? Ce roman court et one-shot est très clairement destiné à un public adolescent et même d’adolescentes. Il aborde avec sensibilité des thématiques propres à cette période entre l’enfance et l’âge adulte, où on se pose beaucoup de questions sur le présent autant que sur l’avenir. La jolie plume de Cécile Guillot permet de passer un moment de détente agréable en compagnie d’un texte intelligent et social sur la condition de la femme, une thématique traitée sous de nombreux aspects et de nombreuses situations. J’ai passé un bon moment avec la lecture de ce texte que je recommande aux adeptes du young adult et aux jeunes filles qui doivent être sensibilisées rapidement à tous ces problèmes.

Les amoureux de la lune – Lizzie Felton

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Les amoureux de la lune
est un one-shot écrit par l’autrice française Lizzie Felton. Publié aux Éditions du Chat Noir dans la collection Cheshire, le livre est disponible au prix de 19.90 euros.
Ce roman entre dans le chalenge S4F3 organisé par Albédo.
Ce roman entre dans le Pumpkin Autumn Challenge menu « Automne douceur de vivre » catégorie « pomme au four, tasse de thé et bougie » puisqu’il s’agit d’une romance. Il peut aussi convenir au menu « Automne ensorcelant » catégorie « cristaux, tarot et encens » pour son côté très mystérieux et étrange. Je n’en dit pas plus pour ne pas spoiler mais ceux qui l’ont lu comprendront.

Pour être très honnête avec vous, je n’ai pas acheté ce livre et je ne l’aurai pas acheté malgré les bonnes critiques que j’ai pu lire dessus et le fait que l’autrice soit absolument adorable. Assez simplement parce que ce n’est pas du tout mon style de littérature, que ça ne me correspond pas le moins du monde. Pourtant, justement parce que Lizzie Felton est une fille super gentille avec qui j’ai longtemps discuté aux Imaginales, j’ai accepté avec plaisir que FungiLumini, du blog Livraisons Littéraires, me le prête. J’en profite pour vous glisser le lien de sa chronique sur le roman. Voici donc comment j’en suis venue à lire les Amoureux de la Lune et à me prendre une grande claque.

Nous suivons le personnage de Lucie, une parisienne pure souche qui doit déménager en province le temps d’une année, pour le job de son père. Lucie n’est pas une gentille fille sans être non plus une terreur. Ses parents ne lui font pas vraiment confiance et l’école ne la veut pas en internat à cause de son comportement. Du coup, la voilà partie dans le Sud avec sa famille. Son intégration à la jeunesse dorée de la côte d’Azur se fait sans le moindre problème. Mais tout change quand Lucie rencontre Ulysse, un mystérieux garçon qui appartient à la famille Lovelace, des gens qui vivent à l’écart des autres. Ulysse va la toucher et la transformer à tout jamais, en lui montrant une autre vision du monde.

Je sais, expliqué comme ça, le roman a l’air vraiment banal. Et pourtant ! Il est assez compliqué de parler des Amoureux de la Lune, que ça soit de son genre littéraire ou son intrigue, sans vous dévoiler des pans entiers du mystère savamment entretenu par Lizzie. Elle maîtrise bien son intrigue et son suspens, en distillant des informations ici et là, en provoquant le doute chez les lecteurs qui n’est pas toujours certain de se trouver dans un roman fantastique. Dans le premier tiers du livre, j’ai eu l’impression de suivre une adolescente agaçante et sans saveur. Pourtant, je n’ai pas réussi à poser les Amoureux de la Lune. Je continuais à le lire, plongée dans la vie de Lucie, happée par l’écriture simple mais poétique de l’autrice. Si j’ai parfois eu du mal à la comprendre, je dois avouer que cette jeune fille m’a finalement touchée plus que je ne l’aurai cru. Finalement, les adolescentes et les jeunes adultes s’y identifieront facilement et ses élans amoureux parleront à toutes les filles un brin sensible. C’est une fille comme les autres, submergée par un sentiment d’une puissance inouïe. Certains trouveront peut-être qu’elle en fait trop. Je leur dirais qu’ils ont vite oublié ce que c’est, d’être ado.

On pourrait se demander pourquoi ce livre est au Chat Noir, quand on le referme. Avant de se rendre compte qu’il n’aurait pas pu être ailleurs. C’est la maison d’édition parfaite pour un ouvrage de ce type, si original et disposant d’une vraie personnalité. Si j’ai parfois trouvé dommage que certaines scènes soient un peu rushées, comme les dialogues entre Lucie et Marie ou la manière dont Lucie s’installe dans sa nouvelle vie, je referme pourtant ce livre avec un sentiment positif, sans aucune frustration et la tête pleine de magnifiques citations. C’est en arrivant à la fin de ces trois cent pages qu’on comprend les choix narratifs de l’autrice et qu’on saisit la mesure réelle de sa sensibilité.

Pour résumer, les Amoureux de la Lune est une magnifique histoire qui, je l’espère, vous touchera autant que moi. Ce texte a réussi à me faire verser une larme. Lizzie Felton signe un premier roman qui déborde de poésie et de sensibilité artistique. Une autrice à suivre et un titre à découvrir. Ce fut un coup de cœur pour moi ♥