Sur la piste des dragons oubliés – Élian Black’mor & Carine – M

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Sur les pistes des dragons oubliés est un ouvrage graphique publié aux éditions Glénat au prix de 39,5 euros. Il a été réalisé par Élian Black’mor et Carine-M, un duo qui a produit plusieurs ouvrages extraordinaires que je vous invite à découvrir sur leurs sites respectifs, en cliquant sur leurs noms. Magnifiquement illustré, il met en scène le journal de l’aventurier Élian Black’mor dans sa quête des légendaires dragons.

Il m’est assez difficile d’évoquer un ouvrage de ce genre, parce que je ne suis pas familière de ses codes et des attentes qu’on peut en avoir. Je vais donc me contenter de vous livrer mon ressenti après lecture, ce sera un peu plus court que d’habitude mais ça vient du cœur.

Déjà, les illustrations sont magnifiques. De ce que j’ai compris, les deux auteures travaillent ensemble et le résultat est absolument sublime. Les croquis des dragons, l’impression de vraiment feuilleter un journal de recherche, ils ont pensé à tous les petits détails: du billet de train aux marques de papier collant, aux ratures, à l’écriture manuscrite, c’est un objet sublime que je suis très heureuse de posséder. On perd facilement plusieurs minutes à scruter chaque page à la recherche d’un détail qui aurait pu nous échapper, à déplier certaines illustrations, à tourner et retourner le livre dans tous les sens pour lire les légendes de certaines photographies ou les annotations. C’est vraiment ludique !

L’histoire en elle-même est, par moment, un peu difficile à suivre, mais c’est le format du journal qui veut ça. D’ailleurs, j’ai trouvé le concept plutôt intéressant: tout n’est pas très clair tout le temps, mais si on lisait nous-même le journal d’un aventurier, est-ce qu’on comprendrait les moindres détails? Il y a forcément des éléments qui resteront obscurs, parce qu’ils étaient clairs dans l’esprit de l’auteur et qu’il n’a pas ressenti le besoin de les noter. Finalement, ça participe au réalisme du livre, même si ça a un petit côté frustrant et pas toujours très clair.

Si vous aimez les ouvrages graphiques et les illustrateurs de talent, je vous recommande très chaudement ce carnet de voyage fantastique. La version que j’ai lue rassemble plusieurs tomes qui constituent le premier cycle. Le prix peut paraître très élevé au premier abord mais, honnêtement, le travail effectué sur le livre en fait surtout un livre-objet, tout est en couleur, les nuances sont bien gérées, la personne qui a fait la maquette a dû partir en dépression nerveuse dans la foulée tellement c’est millimétré. Vraiment un beau travail !

C’est sans conteste un ouvrage indispensable pour tous les accros aux dragons et aux voyages extraordinaires.

La trilogie du Voile #1 Souvenirs volés – Selina Fenech

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Souvenirs Volés est le premier tome de la trilogie du Voile, un roman publié aux Éditions du Chat Noir et écrit par Selina Fenech. Il a été traduit de l’anglais par Cécile Guilot et est édité dans la collection Cheshire, qui rassemble les romans fantastiques young adult. Il coûte 19.90 euros en papier et j’ai profité de la promotion numérique pour me le procurer à 2.99 euros.

Est-ce que je le regrette? Pas vraiment. Concrètement, j’ai conscience de ne pas être du tout le public cible pour cette trilogie. C’est très clairement une littérature pour ados, avec un scénario assez classique dans son développement, quelques rapidités scénaristiques, des scènes un peu brouillonnes dans l’alternance des points de vue et des relations entre les personnages qui me feraient habituellement rouler des yeux. Sauf que je savais à quoi m’attendre, parce que j’étais prévenue. Alors j’ai mis mes exigences sur pause, j’ai rangé le Morgane Caussarieu que je venais de terminer (comment passer d’une extrême à l’autre…) dans un coin de ma tête, muselé cette part de moi qui adore lire « du dark » et j’ai ramené mes pulsions « teenage » à la surface, les mêmes qui me permettent de regarder la série Shadowhunters en l’appréciant.

Non, ce roman n’est pas un chef-d’œuvre. Par contre, c’est un très bon divertissement tout public dans un univers de fantasy assez riche. J’ai d’ailleurs été surprise de trouver un roman au Chat Noir qui se déroule quasi uniquement dans un autre monde. C’est un élément que j’ai apprécié et j’espère que ça ne sera pas la seule œuvre dans ce style que publiera la maison d’édition. Notez que si l’univers de Selina Fenech est plutôt classique, il est tout de même porteur de certaines originalités appréciables, comme par exemple le concept du Voile que j’ai trouvé très intéressant ou la manière dont les chasseurs parvenaient à contrôler le dragon. C’est un roman plein de féérie et de couleurs, qui exploite les légendes celtiques (les mythes des seelies/unseelies ou les légendes arthuriennes, par exemple) pour offrir un bestiaire connu qu’on retrouve avec plaisir. Et ça a aidé à ce que je passe un bon moment.

Dans cette aventure, nous suivons Memory, une jeune fille amnésique qui rencontre Eloryn après être passée à travers le Voile sans trop savoir comment. Eloryn est une magicienne qui fuit le roi Thayn pour une raison que l’on découvre assez rapidement mais que je vous tais ici pour ne pas vous gâcher la surprise. Elles sont soutenues dans leur fuite puis dans leur quête par Roen et Will. Forcément, vous voyez venir d’ici les couples et vous avez raison… Heureusement, pas de triangle amoureux! Enfin, pas encore du moins, du coup les couples ne me gênent pas trop. L’histoire ne recèle pas de véritable surprise, parce que l’auteure utilise les codes scénaristiques classiques de la fantasy et quand on en consomme beaucoup, on sait immédiatement à quoi s’attendre. La force de Souvenirs Volés se situe plutôt dans son ambiance et dans son héroïne. Personnellement, je n’aime pas vraiment Eloryn et Roen, par contre Memory a su me plaire. C’est, à mes yeux, un personnage qui apporte un gros plus au roman. Elle est intéressante, franche, vraie, forte aussi, elle fait tache dans cet univers avec sa manière d’agir et de s’exprimer, et ça ne la rend que plus sympathique.

Souvenirs Volés est le genre de bouquin qu’on lit sans voir les pages défiler. On prend toutefois la peine de s’arrêter sur les magnifiques illustrations qui sont disséminées au fil des pages ! J’ai été soufflée par le rendu des dessins et je lisais sur ma kobo. Je n’ose même pas imaginer ce que ça donne dans la version papier du roman. Chaque illustration démontre, si besoin en était en contemplant la couverture, tout le talent que l’auteure a pour le dessin. J’ai été soufflée, elle a un coup de crayon qui me séduit. Souvenirs Volés est sans conteste un très beau livre-objet qui vaut la peine rien que pour ses illustrations. Au passage, notez que l’auteure est avant tout illustratrice, elle a commencé à écrire pour donner une nouvelle dimension à ses dessins (si j’ai tout compris) et c’est peut-être la raison pour laquelle je ressens à la fois de l’indulgence pour les facilités scénaristiques et de la tendresse pour cette histoire. Je visualise bien dans quel ordre s’est déroulé la création de l’univers et je pense qu’un type de format comme Cosmographia (du graphic novel pur) aurait peut-être mieux convenu pour une histoire comme celle-là. Mais bon, c’est un détail et ce n’est qu’une réflexion sans importance.

Pour résumer, Souvenirs Volés est un divertissement plaisant à destination d’un public adolescent ou pour les lecteurs appréciant le Young Adult. Vous retomberez dans l’ambiance des dessins animés comme les W.I.T.C.H (je ne sais pas pourquoi cette m’a évoqué ça tout du long) ce que j’apprécie, personnellement parce que j’aime m’offrir des pauses nostalgies. J’ai passé un bon moment dans la lecture de ce premier tome et je vous le recommande si vous avez envie d’un ouvrage de fantasy frais, coloré et dynamique, illustré avec brio. Par contre, vu la fin, je me demande ce que nous réserve la suite de l’histoire ! Pourquoi ne pas avoir opté pour un one-shot? Réponse dans le tome 2…