Waterwitch – Alex Bell

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Waterwitch est un one-shot fantastique horrifique écrit par l’autrice anglaise Alex Bell. Traduit par les Éditions du Chat Noir dans sa collection Cheshire, vous trouverez ce texte au prix de 19.90 euros au format papier.

Emma revient en Cornouailles sept ans après un accident qui lui a coûté l’usage de ses jambes. Sa grand-mère est malade et elle veut passer du temps avec elle avant qu’il ne soit trop tard. Accompagnée par son chien guide Bailey, Emma retrouve également son meilleur ami d’enfance, Jem et sa petite sœur Shell. Pour échapper à un père violent, tous les deux vivent à Waterwitch, une auberge jadis rachetée par la grand-mère d’Emma qui est désormais mise en vente. Le bâtiment est réputé hanté car selon la légende, il aurait été construit avec le bois d’un bateau maudit, le fameux Waterwitch qui lui a donné son nom. Et l’esprit de la cave est particulièrement en colère contre nos héros.

Partant d’un postulat assez classique (un groupe de jeunes, un bâtiment hanté, les mises en garde trop nombreuses qui poussent encore plus Emma à s’approcher de l’auberge alors qu’on te l’avait dit hein, de pas y aller) et même cliché sur les premières pages, Waterwitch se révèle rapidement original et prenant.

Amoureux de la mer, de la sorcellerie et des superstitions, cet ouvrage comblera toutes vos attentes. Il sent l’iode et laisse les doigts poisseux de sel. On respire un grand bol d’air marin entre deux scènes oppressantes magistralement maîtrisées par l’autrice. Voilà une horreur crédible qui a su me jouer des tours et ce n’est pourtant pas si facile car je ne suis pas friande de ce genre. Souvent, je le trouve peu crédible mais Alex Bell sait y faire.

Contrairement à ce que laisse entendre le résumé de l’éditeur, Emma n’est pas l’héroïne de ce roman. Assez présente au début et très intéressante par son statut de personne à mobilité réduite, elle s’efface petit à petit au profit de Shell dont l’intérêt grandit en même temps que ses pouvoirs. Je tiens ici à préciser mon emploi du mot « intéressant » à côté de «personne à mobilité réduite » histoire que ça ne soit pas mal interprété. Souvent et surtout en littérature, on trouve des héros et des héroïnes en bonne santé qui marchent sur leurs deux jambes et souffrent de maux moraux ou psychologiques. Je ne me souviens pas avoir lu un jour un roman dans les genres de l’imaginaire avec une héroïne en fauteuil roulant. Je ne dis pas que ça n’existe pas, juste que je n’en ai jamais eu dans les mains alors que j’en lis quand même pas mal. Je n’imaginais pas forcément tout ce que pouvait impliquer une situation comme celle-là. L’autrice traite le handicap d’Emma d’une manière assez juste et intelligente en montrant les difficultés auxquelles ces personnes sont confrontées au quotidien sans pour autant la transformer en victime. À aucun moment elle n’inspire la pitié, au contraire. Franchement, les personnages sont un gros point fort dans Waterwitch.

Comme je le disais, Emma n’est pas vraiment l’héroïne du livre. Il y en a plutôt trois car Jem et Shell ne sont pas en reste. D’ailleurs, les chapitres courts proposent une alternance des points de vue à la première personne. Le nom du personnage qui s’exprime est chaque fois précisé dans l’en-tête.
Jem est un jeune homme qui cherche à  protéger sa sœur de leur père violent et qui se heurte aux réalités de la vie. Il fait ce qu’il peut pour gagner suffisamment d’argent afin de pouvoir manger chaque jour et ce n’est pas toujours possible. Quant à Shell, on se demande pendant tout le roman si elle est folle ou si elle a vraiment des pouvoirs. Ce doute qui plane se transmet aussi au lecteur et on tourne avidement les pages pour essayer de découvrir la vérité à son sujet.

Si l’autrice a parfois oublié de se servir des virgules, elle n’en a pas moins un style immersif et maîtrisé. Non seulement Alex Bell offre un roman fantastico-horrifique au top mais en plus elle parvient à traiter de sujets sociaux forts à travers ses trois héros: handicap, violence domestique, jeunes laissés seuls face à eux mêmes et à la difficulté de se nourrir, pour ne citer que les principaux. Ces deux aspects de ce roman se marient et s’équilibrent à merveille.

Pour conclure, je ne peux que vous recommander la lecture de Waterwitch qui se révèle une très belle découverte. Ce one-shot fantastico-horrifique séduira les adeptes du genre. Son ambiance marine sur fond de sorcellerie et de malédiction parait peut-être clichée sur le papier mais Alex Bell a plus d’un tour dans son sac ! Surtout avec ses personnages forts et attachants. Une très belle réussite (une de plus) pour les Éditions du Chat Noir.

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Ashwood #1 – C. J. Malarsky

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Ashwood est le premier tome d’une saga en deux volumes proposée par l’autrice américaine C. J. Malarsky. Vous trouverez ce roman dans sa version française aux Éditions du Chat Noir dans la collection Cheshire, au prix de 17.90 euros en papier.

Il s’agit du premier tome d’une série mais après discussion avec l’éditrice, il s’avère qu’Ashwood est vraiment construit comme un one-shot. Dans le « tome 2 » on voit à peine l’héroïne de celui-ci ce qui est bon à savoir car ça rend la fin vraiment osée. Du coup, j’en parle à dessein comme d’un tome unique.

Willow a 16 ans, aime les vêtements excentriques, la SFFF et les jeux vidéos. En compagnie de son cousin Devin et deux autres amis, elle part faire un shooting photo dans un asile abandonné. Le fameux Ashwood. Pas de bol, cet endroit est hanté et les peurs de Willow attirent sur elle l’attention malvenue d’esprits affamés qui mettent son âme en péril.

Je vous le concède volontiers: au premier abord, ça parait cliché. Dans les premiers chapitres aussi. Ça transpire le roman d’épouvante classique par toutes les lignes de la page au point que je lisais presque sans faire attention, comme quand on regarde un téléfilm sur AB3 (M6 en traduction pour la France) quoi. Un œil dessus et le reste du cerveau ailleurs.

Puis il s’est passé quelque chose de quasi miraculeux. Sans m’en rendre compte, Ashwood captait de plus en plus mon attention et je tournais les pages sans parvenir à le reposer. Pourtant, le style de l’autrice n’est pas particulièrement transcendant. Ni bon, ni mauvais, juste pas remarquable. Mais voilà, elle est parvenue à m’attraper dans ses filets (oserais-je dire à papillons?). Si bien que j’ai lu les 253 pages qui composent ce premier tome en une journée seulement. Un bon dimanche lecture comme je les aime !

C’est que, l’air de rien, le personnage de Willow est intéressant et inspire la sympathie. Pour une ado de seize ans, elle a une personnalité crédible et les mots de l’autrice nous transmettent très bien ses émotions. Willow est une lolita qui se passionne pour la pop culture, ce qui ne l’empêche pas d’avoir des amis, une vie sociale, même si elle se sent un peu à l’écart. Les nuances apportées par C. J. Mallarsky sont plaisantes à trouver dans ce type de roman destiné à un public young adult.

Déjà dans l’asile, Willow n’est pas très rassurée et les blagues stupides d’Archimède (le colloc de son cousin alias la-tête-à-claque/enfoiré-de-première pitié qu’un mora mange ce type) ne font rien pour l’aider. Parce que c’est rigolo d’enfermer quelqu’un dans le tiroir d’une morgue, é-vi-de-mment. C’est là que Willow a ses premiers cauchemars et ça ne va pas aller en s’arrangeant. Au point que le réel se confond avec les ombres, même pour le lecteur qui ne sait plus à quel saint se vouer. Plus d’une fois, j’étais dans le doute et ça provoquait en moi une réelle tension. J’adore quand les auteurs parviennent à jouer avec mes nerfs et mes perceptions comme ça: chapeau !

L’intrigue d’Ashwood est simple mais prenante. Je trouve intéressant que l’autrice se soit inspirée de Jung (on en parle quand même moins que Freud) mais aussi de la mythologie russe pour tout ce qui touche à la dimension surnaturelle du roman. C’est plutôt rare comme choix et ça me parle bien.

Le seul petit point noir que j’ai à relever, c’est la présence de la pseudo romance avec Ilya. Elle ne me gênait pas trop jusqu’au dernier chapitre où j’ai roulé des yeux quand le mot « amour » a fait son apparition mais disons que le dernier paragraphe a rattrapé ce petit écart typique à la littérature young adult. Et ça reste cohérent avec le genre littéraire, c’est juste que je suis vite saoulée par ces détails.

En bref, Ashwood est un page-turner d’épouvante classique mais bien mené avec quelques touches d’originalité qui font toute la différence. Ce premier tome présente une héroïne qui sonne juste et à laquelle on s’attache rapidement. Quant à la fin, elle est magistrale et comme il s’agit finalement d’un tome unique en ce qui concerne Willow du moins, je peux sans hésiter la qualifier d’osée, d’assumée et même de culottée. Je le recommande sans hésiter.

Les amoureux de la lune – Lizzie Felton

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Les amoureux de la lune
est un one-shot écrit par l’autrice française Lizzie Felton. Publié aux Éditions du Chat Noir dans la collection Cheshire, le livre est disponible au prix de 19.90 euros.
Ce roman entre dans le chalenge S4F3 organisé par Albédo.
Ce roman entre dans le Pumpkin Autumn Challenge menu « Automne douceur de vivre » catégorie « pomme au four, tasse de thé et bougie » puisqu’il s’agit d’une romance. Il peut aussi convenir au menu « Automne ensorcelant » catégorie « cristaux, tarot et encens » pour son côté très mystérieux et étrange. Je n’en dit pas plus pour ne pas spoiler mais ceux qui l’ont lu comprendront.

Pour être très honnête avec vous, je n’ai pas acheté ce livre et je ne l’aurai pas acheté malgré les bonnes critiques que j’ai pu lire dessus et le fait que l’autrice soit absolument adorable. Assez simplement parce que ce n’est pas du tout mon style de littérature, que ça ne me correspond pas le moins du monde. Pourtant, justement parce que Lizzie Felton est une fille super gentille avec qui j’ai longtemps discuté aux Imaginales, j’ai accepté avec plaisir que FungiLumini, du blog Livraisons Littéraires, me le prête. J’en profite pour vous glisser le lien de sa chronique sur le roman. Voici donc comment j’en suis venue à lire les Amoureux de la Lune et à me prendre une grande claque.

Nous suivons le personnage de Lucie, une parisienne pure souche qui doit déménager en province le temps d’une année, pour le job de son père. Lucie n’est pas une gentille fille sans être non plus une terreur. Ses parents ne lui font pas vraiment confiance et l’école ne la veut pas en internat à cause de son comportement. Du coup, la voilà partie dans le Sud avec sa famille. Son intégration à la jeunesse dorée de la côte d’Azur se fait sans le moindre problème. Mais tout change quand Lucie rencontre Ulysse, un mystérieux garçon qui appartient à la famille Lovelace, des gens qui vivent à l’écart des autres. Ulysse va la toucher et la transformer à tout jamais, en lui montrant une autre vision du monde.

Je sais, expliqué comme ça, le roman a l’air vraiment banal. Et pourtant ! Il est assez compliqué de parler des Amoureux de la Lune, que ça soit de son genre littéraire ou son intrigue, sans vous dévoiler des pans entiers du mystère savamment entretenu par Lizzie. Elle maîtrise bien son intrigue et son suspens, en distillant des informations ici et là, en provoquant le doute chez les lecteurs qui n’est pas toujours certain de se trouver dans un roman fantastique. Dans le premier tiers du livre, j’ai eu l’impression de suivre une adolescente agaçante et sans saveur. Pourtant, je n’ai pas réussi à poser les Amoureux de la Lune. Je continuais à le lire, plongée dans la vie de Lucie, happée par l’écriture simple mais poétique de l’autrice. Si j’ai parfois eu du mal à la comprendre, je dois avouer que cette jeune fille m’a finalement touchée plus que je ne l’aurai cru. Finalement, les adolescentes et les jeunes adultes s’y identifieront facilement et ses élans amoureux parleront à toutes les filles un brin sensible. C’est une fille comme les autres, submergée par un sentiment d’une puissance inouïe. Certains trouveront peut-être qu’elle en fait trop. Je leur dirais qu’ils ont vite oublié ce que c’est, d’être ado.

On pourrait se demander pourquoi ce livre est au Chat Noir, quand on le referme. Avant de se rendre compte qu’il n’aurait pas pu être ailleurs. C’est la maison d’édition parfaite pour un ouvrage de ce type, si original et disposant d’une vraie personnalité. Si j’ai parfois trouvé dommage que certaines scènes soient un peu rushées, comme les dialogues entre Lucie et Marie ou la manière dont Lucie s’installe dans sa nouvelle vie, je referme pourtant ce livre avec un sentiment positif, sans aucune frustration et la tête pleine de magnifiques citations. C’est en arrivant à la fin de ces trois cent pages qu’on comprend les choix narratifs de l’autrice et qu’on saisit la mesure réelle de sa sensibilité.

Pour résumer, les Amoureux de la Lune est une magnifique histoire qui, je l’espère, vous touchera autant que moi. Ce texte a réussi à me faire verser une larme. Lizzie Felton signe un premier roman qui déborde de poésie et de sensibilité artistique. Une autrice à suivre et un titre à découvrir. Ce fut un coup de cœur pour moi ♥

Lake Ephemeral – Anya Allyn

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(c) Miesis

Lake Ephemeral est un roman d’origine anglophone sortit en février 2017 aux éditions du Chat Noir. Il a été écrit par Anya Allyn et traduit par Vincent Tassy, l’auteur de l’excellent Apostasie. Cette œuvre est disponible en papier et en un seul volume pour le prix de 19.90 euros. Il appartient à la collection Cheshire, qui rassemble les romans young-adult.

La première fois que j’ai vu un post au sujet de Lake Ephemeral, c’était pour annoncer sa sortie et je suis tombée amoureuse de la couverture, illustrée par la talentueuse Miesis dont je vous recommande le travail. Par contre, j’ai déchanté en lisant le résumé, certaine que ce n’était pas du tout mon type de lecture. Un peu déçue, je me suis dis que ça ne valait pas vraiment la peine de faire l’investissement… Mais à force de voir de bonnes chroniques, de constater que des auteurs en qui j’ai confiance en terme de goûts littéraires le conseiller, et après que les éditeurs eux-mêmes m’aient bien vendus l’histoire (avec promesse de pouvoir assommer l’éditeur en question avec le roman susnommé (qui est bien épais forcément) si ça ne me plaisait pas :3) je me suis lancée !

Toutefois, à l’instar du Club des punks contre l’apocalypse zombie, j’ai mis du temps avant d’ouvrir ce roman. J’ignore pourquoi ça m’est subitement venu il y a deux jours… Par contre, une chose est sure: je regrette de ne pas l’avoir lu plus tôt !

Lake Ephemeral est une véritable surprise. Dès les premières pages, je me suis retrouvée happée dans un univers unique par la plume gracieuse et poétique de l’auteure, magnifiquement traduite par Vincent Tassy. N’ayant pas lu en anglais, j’ignore quelle part il y a du traducteur dans le texte mais sincèrement, cette manière d’écrire est addictive, elle nous attire, comme des papillons vers la lumière, et on se brûle rapidement les ailes. Comprenez qu’on a du mal à refermer le livre, tant nous sommes immergés dedans. C’est un roman très addictif et on ne le devinerait pas en lisant la quatrième de couverture.

Lake Ephemeral est loin du type de roman que je lis d’habitude. Je suis surprise d’avoir autant apprécié cette histoire hors du commun et je suis frustrée de ne pas pouvoir développer plus précisément son contenu, ou même le classer dans un genre précis. Malheureusement, si je le fais, je risque de vous spoiler l’histoire tant l’intrigue est complexe, bien ficelée, bien menée. Je n’ai pas envie de vous gâcher toutes les surprises contenues dans ce livre vraiment spécial, ce serait injuste pour vous ! Notez qu’il y a évidemment quelques raccourcis scénaristiques, mais rien de bien méchants. L’intrigue reste très originale, rythmée et douce à la fois, elle dénote une véritable maîtrise de la part de l’auteure.

Notez que pour ne rien gâcher, l’objet en lui-même est très beau. S’il n’est pas parsemé d’illustrations comme Souvenirs Volés, chaque page est décorée d’un bel effet qui rappelle les papillons, et chaque partie nous est joliment présenté avec une mise en page particulière créée spécialement pour le roman. En prime, les papillons en relief sur la couverture rendent vraiment très bien et font de ce livre un bel objet à posséder.

Pour résumer en quelques mots, Lake Ephemeral est un roman étonnant, mené par la plume exquise d’une auteure talentueuse. C’est un récit poétique qui force à réfléchir sur la condition humaine à travers des personnages attachants, sur fond de paradis idyllique empoisonné. Lake Ephemeral est un coup de cœur que je recommande chaudement. Attendez-vous à être surpris !

La trilogie du Voile #1 Souvenirs volés – Selina Fenech

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Souvenirs Volés est le premier tome de la trilogie du Voile, un roman publié aux Éditions du Chat Noir et écrit par Selina Fenech. Il a été traduit de l’anglais par Cécile Guilot et est édité dans la collection Cheshire, qui rassemble les romans fantastiques young adult. Il coûte 19.90 euros en papier et j’ai profité de la promotion numérique pour me le procurer à 2.99 euros.

Est-ce que je le regrette? Pas vraiment. Concrètement, j’ai conscience de ne pas être du tout le public cible pour cette trilogie. C’est très clairement une littérature pour ados, avec un scénario assez classique dans son développement, quelques rapidités scénaristiques, des scènes un peu brouillonnes dans l’alternance des points de vue et des relations entre les personnages qui me feraient habituellement rouler des yeux. Sauf que je savais à quoi m’attendre, parce que j’étais prévenue. Alors j’ai mis mes exigences sur pause, j’ai rangé le Morgane Caussarieu que je venais de terminer (comment passer d’une extrême à l’autre…) dans un coin de ma tête, muselé cette part de moi qui adore lire « du dark » et j’ai ramené mes pulsions « teenage » à la surface, les mêmes qui me permettent de regarder la série Shadowhunters en l’appréciant.

Non, ce roman n’est pas un chef-d’œuvre. Par contre, c’est un très bon divertissement tout public dans un univers de fantasy assez riche. J’ai d’ailleurs été surprise de trouver un roman au Chat Noir qui se déroule quasi uniquement dans un autre monde. C’est un élément que j’ai apprécié et j’espère que ça ne sera pas la seule œuvre dans ce style que publiera la maison d’édition. Notez que si l’univers de Selina Fenech est plutôt classique, il est tout de même porteur de certaines originalités appréciables, comme par exemple le concept du Voile que j’ai trouvé très intéressant ou la manière dont les chasseurs parvenaient à contrôler le dragon. C’est un roman plein de féérie et de couleurs, qui exploite les légendes celtiques (les mythes des seelies/unseelies ou les légendes arthuriennes, par exemple) pour offrir un bestiaire connu qu’on retrouve avec plaisir. Et ça a aidé à ce que je passe un bon moment.

Dans cette aventure, nous suivons Memory, une jeune fille amnésique qui rencontre Eloryn après être passée à travers le Voile sans trop savoir comment. Eloryn est une magicienne qui fuit le roi Thayn pour une raison que l’on découvre assez rapidement mais que je vous tais ici pour ne pas vous gâcher la surprise. Elles sont soutenues dans leur fuite puis dans leur quête par Roen et Will. Forcément, vous voyez venir d’ici les couples et vous avez raison… Heureusement, pas de triangle amoureux! Enfin, pas encore du moins, du coup les couples ne me gênent pas trop. L’histoire ne recèle pas de véritable surprise, parce que l’auteure utilise les codes scénaristiques classiques de la fantasy et quand on en consomme beaucoup, on sait immédiatement à quoi s’attendre. La force de Souvenirs Volés se situe plutôt dans son ambiance et dans son héroïne. Personnellement, je n’aime pas vraiment Eloryn et Roen, par contre Memory a su me plaire. C’est, à mes yeux, un personnage qui apporte un gros plus au roman. Elle est intéressante, franche, vraie, forte aussi, elle fait tache dans cet univers avec sa manière d’agir et de s’exprimer, et ça ne la rend que plus sympathique.

Souvenirs Volés est le genre de bouquin qu’on lit sans voir les pages défiler. On prend toutefois la peine de s’arrêter sur les magnifiques illustrations qui sont disséminées au fil des pages ! J’ai été soufflée par le rendu des dessins et je lisais sur ma kobo. Je n’ose même pas imaginer ce que ça donne dans la version papier du roman. Chaque illustration démontre, si besoin en était en contemplant la couverture, tout le talent que l’auteure a pour le dessin. J’ai été soufflée, elle a un coup de crayon qui me séduit. Souvenirs Volés est sans conteste un très beau livre-objet qui vaut la peine rien que pour ses illustrations. Au passage, notez que l’auteure est avant tout illustratrice, elle a commencé à écrire pour donner une nouvelle dimension à ses dessins (si j’ai tout compris) et c’est peut-être la raison pour laquelle je ressens à la fois de l’indulgence pour les facilités scénaristiques et de la tendresse pour cette histoire. Je visualise bien dans quel ordre s’est déroulé la création de l’univers et je pense qu’un type de format comme Cosmographia (du graphic novel pur) aurait peut-être mieux convenu pour une histoire comme celle-là. Mais bon, c’est un détail et ce n’est qu’une réflexion sans importance.

Pour résumer, Souvenirs Volés est un divertissement plaisant à destination d’un public adolescent ou pour les lecteurs appréciant le Young Adult. Vous retomberez dans l’ambiance des dessins animés comme les W.I.T.C.H (je ne sais pas pourquoi cette m’a évoqué ça tout du long) ce que j’apprécie, personnellement parce que j’aime m’offrir des pauses nostalgies. J’ai passé un bon moment dans la lecture de ce premier tome et je vous le recommande si vous avez envie d’un ouvrage de fantasy frais, coloré et dynamique, illustré avec brio. Par contre, vu la fin, je me demande ce que nous réserve la suite de l’histoire ! Pourquoi ne pas avoir opté pour un one-shot? Réponse dans le tome 2…