La Magie de Paris #2 le calme et la tempête – Olivier Gay

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La Magie de Paris
est une saga à destination d’un public adolescent écrite par l’auteur français Olivier Gay. Rappelez-vous, je vous ai déjà parlé du premier tome ! Elle est éditée chez Castlemore au prix de 15 euros par tome.

Olivier Gay est un auteur que je n’ai plus besoin de présenter. J’en parle souvent sur mon blog puisque j’ai lu plusieurs de ses romans et que j’en ai encore deux qui attendent dans ma liseuse. J’apprécie beaucoup sa plume, son humour, ses univers et ses personnages. Je trouve qu’il a énormément de talent et qu’il fait partie des auteurs marquants de cette génération. Non, il ne m’a pas payé pour que je dise ça :3 (même si j’attends mon chèque aux Imaginales) Mais bref, venons en au sujet qui nous préoccupe à savoir, ce fameux tome 2! Et ce même si c’est difficile de parler d’une suite sans trop spoiler le contenu. Je vais tâcher de m’y atteler.

J’avais déjà adoré le premier, pour plusieurs raisons. Déjà, l’héroïne, Chloé, dont je me sens très proche parce que nous partageons beaucoup de points communs. Ensuite, les personnages secondaires qui vivent autant que le personnage principal. Thomas est génial avec son amour, David m’intrigue, Nour est l’amie que j’aurai aimé avoir, Clélia m’agace, Cassandre provoque en moi des pulsions de meurtre et je ne vais pas parler de Mickael… Tous nous font ressentir quelque chose, ce qui s’apparente à un tour de force. Ce sont majoritairement des adolescents et à mes yeux, ils sont plutôt réussis. Je me retrouve à l’école, quand je le lis. Le même genre de feintes un peu pourries, de dynamiques sociales, c’est dingue ! On a l’impression que l’auteur a quitté le Lycée hier et c’est rare un traitement aussi juste et aussi peu condescendant de l’adolescent par quelqu’un d’adulte, de nos jours. Chapeau.

Ah et au passage, après la scène dans la pièce secrète, je suis définitivement Team Thomas. Enfin un personnage dans ce genre de littérature qui a de la fierté et du respect de lui-même ! J’en dis pas plus, mais vous comprendrez.

L’univers est toujours aussi bien construit et exploité. La façon dont on use de magie me plait vraiment (et me donne envie de chanter des comptines débiles). C’est original, bien pensé. L’intrigue ne ralentit pas et ne souffre d’aucune longueur. Un nouvel antagoniste apparaît, lié à celui du premier tome, ce qui permet de relancer l’intrigue sur les chapeaux de roue en plus du fameux « problème » de Chloé (pas de spoil j’ai dit). Tous les compliments adressés au premier tome sont valables également pour cette suite, qui est à la hauteur du ton donné par Olivier Gay à sa saga. J’essaie, je cherche, mais je ne trouve pas un seul bémol à mes yeux. Je me suis totalement éclatée en lisant ce tome et je l’ai fait presque d’une traite. On peut parler de coup de cœur ! La Magie de Paris reprend tout ce que j’aime généralement dans une saga de ce genre, passe à côté des clichés, propose des personnages travaillés avec une écriture soignée, que demander de plus?

Si la Magie de Paris est destiné à un public adolescent, aucun doute que les adultes y trouveront aussi leur compte. Les références pop cultures glissées habilement au long du texte l’enrichissent et provoquent parfois (ok, souvent) de francs éclats de rire. La personnalité que l’auteur laisse transparaître en salon se retrouve fortement à chaque page et c’est une réussite.

En bref, je vous recommande très fortement non seulement cette saga mais aussi Olivier Gay de manière plus générale, qui a d’autres œuvres plus adultes à son catalogue. Je vous renvoie à ma chronique sur les Épées de Glace (tome 1tome 2) et sur la série Fitz pour vous donner une idée. Bien vite les Imaginales pour la sortie du tome 3 de cette super aventure ♥

Aussi libres qu’un rêve – Manon Fargetton

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Aussi libres qu’un rêve est un roman écrit par l’auteure française Manon Fargetton et publié pour la première fois en 2006 (soit il y a douze ans !). Réédité en poche chez Castlemore au tout petit prix de 5.90 euros, il s’agit d’une dystopie destinée à un public adolescent.

Si vous me suivez un peu, vous savez probablement que Manon Fargetton est une auteure que j’admire beaucoup (et ça n’a rien avoir avec le fait qu’on ait le même prénom, même si c’est assez cool quand même :3). Lors de la foire du livre de Bruxelles, nous avons eu une discussion absolument fantastique et j’ai été plus qu’heureuse de lui faire dédicacer ce roman, ayant laissé les illusions de Sav-Loar à la maison. Au départ, j’avais juste prévu de discuter avec elle mais la quatrième de couverture m’a intriguée et le prix extrêmement démocratique m’a convaincu de tenter l’aventure. Me voici donc avec un petit roman pour ados et une dystopie, deux éléments qui font que je ne suis pas du tout le public cible pour cette œuvre littéraire.

Jusqu’à la fin du roman, j’appréciais ma lecture mais sans plus. J’ai trouvé l’univers très original mais le texte un peu trop rapide. C’est peut-être une caractéristique du roman à destination d’un public plus jeune mais j’ai regretté qu’elle n’ait pas davantage développé certains aspects de son univers et de ses protagonistes. C’est, finalement, un texte très visuel, un enchaînement de scènes fortes et courtes, comme si on découpait un film. Les personnages sont intéressants mais hormis pour Minöa et Kléano, j’ai trouvé qu’ils manquaient parfois d’une certaine profondeur. Après, je replace le texte dans son contexte: c’est le premier roman de l’auteure et j’ai lu ceux qu’elle a écrit par la suite, pour un public plus âgé. Elle s’est beaucoup améliorée là-dessus.

Je passais donc un bon moment, jusqu’à ce qu’arrive la fin… Quelle claque ! Je n’ai rien vu venir. Et je ne vais pas vous mentir, j’ai eu les larmes aux yeux. J’étais tellement dans l’optique du « c’est un roman jeunesse » que je ne m’attendais pas à ça et finalement, cette audace a magnifié tout le texte. J’ai compris les prix littéraires accordés à ce roman, je me suis aussi rendue compte qu’il offrait de nombreux messages importants tout en respectant les codes de la dystopie. Je n’en ai pas lu beaucoup, mais assez pour me rendre compte qu’un schéma revient et si Manon Fargetton reste classique dans son traitement global, on retrouve des pointes d’originalité. Par exemple, ces adolescents s’opposent au régime en place mais à plusieurs reprises, ils se demandent si ça débouchera sur quelque chose de mieux, si les récits du grand-père sur la « liberté du passé » font qu’avant, c’était vraiment « mieux » ou juste différent. Ce n’est pas aussi manichéen que ça en a l’air. Finalement, l’utopie de ces jeunes, aidés par des adultes qui préparent une révolution depuis longtemps, prend un tour beaucoup plus réaliste (j’essaie de ne rien spoiler mais ça devient compliqué) et c’est appréciable. Autant pour les lecteurs comme moi que pour les plus jeunes, ça leur apprend les nuances de gris.

En bref, j’ai passé un bon moment avec Aussi libres qu’un rêve qui est un roman tout public à lire dès 12 ou 13 ans pour sa richesse littéraire et l’intelligence de son propos. Si les personnages paraissent parfois caricaturaux et l’histoire un peu trop rapide, c’est un texte qui a le mérite de pousser la réflexion et d’être dynamique. Mention spéciale pour ce final inattendu et très fort ! Pour un premier roman, je salue bien bas la performance de cette auteure française à suivre absolument.