À l’ombre du Japon #15 { Black Butler : arc Weston College }

Bonjour à tous !

Durant le confinement, j’avais entamé une relecture d’un de mes mangas préférés de tous les temps : Black Butler en vous proposant des articles thématiques où je rassemblais les tomes parc arc (pour rappel : Sôma & Aghni + Noah’s Circus et meurtre au manoir + drame sur le Campania) Puis j’avais mis celle-ci en pause pour me ruer sur les nouveautés mais une envie subite de reprendre cette aventure m’est venue. Sur une soirée, je me suis donc refait l’intégralité de l’arc Weston College qui correspond aux tomes 15 à 18 (enfin une partie du 18). À ce jour, ces arcs n’ont pas été adaptés en animé.

Quand Black Butler vire « gakuen mono »
J’ai appris ce terme grâce au mot de l’autrice Yana Toboso sur le rabat du tome 17. Il s’agit d’un genre au sein des mangas où on parle de la vie scolaire d’élèves et étudiants. C’est clairement le cas ici puisque Ciel doit rejoindre le Weston College, une prestigieuse institution britannique, afin d’enquêter sur une série de disparitions dont celle d’un petit cousin de la reine Élisabeth. En théorie, aucun domestique n’a le droit d’accompagner ces fils de bonne famille dans l’établissement toutefois Sebastian réussit à se faire engager comme intendant, Ciel n’est donc pas totalement livré à lui-même pour ses recherches.

Le Weston College se divise en quatre maisons réparties selon des couleurs : Blue Owl, Green Lion, Scarlet Fox et Violet Wolf. Dans la Blue House, on retrouve plutôt les intellectuels. À la Green House, les sportifs. À la Red House, ceux qui ont un statut social particulièrement remarquable et une esthétique affirmée. Enfin, à la Purple House, ceux qui possèdent un don artistique. Chaque maison est dirigée par un préfet qui étudie en dernière année. À eux quatre, ils forment les « P4 » et ont droit à certains privilèges.

Dans cette école prestigieuse, on trouve un système de fag c’est-à-dire une relation de type fraternelle entre un élève plus jeune et un plus âgé qui le prend sous son aile. Le plus jeune « sert » le plus âgé mais le plus âgé lui apporte également son aide. Devenir le fag d’un préfet est un honneur très prestigieux que Ciel va tenter de décrocher puisque cela l’aidera grandement dans ses recherches en lui donnant accès à des évènements privés comme le fameux thé de minuit.

Hélas, les élèves des autres maisons ne peuvent pas pénétrer dans les dortoirs où ils ne sont pas affiliés, ce qui oblige Ciel à faire appel à un personnage qu’on a déjà croisé plus d’une fois : le prince Sôma ! Ce qui donne lieu à une scène d’anthologie avec un éléphant dans une écurie…

Quand Black Butler devient un manga… sportif.
Un qualificatif qui peut surprendre et pourtant cet arc est très tourné vers le sport, en particulier le fameux cricket. Le 4 juin de chaque année a lieu un tournoi entre les maisons où la compétition fait rage, ce qui donne à Yana Toboso l’opportunité d’expliquer les règles de ce sport qui a toujours été obscur pour moi et à Ciel l’occasion de briller par sa ruse pour se distinguer. Ce n’est pas vraiment le genre de thème ou d’intrigue que je préfère toutefois ça change, apportant un vent de fraicheur tout en reliant cet arc à celui du Campania d’une bien terrible manière. Je n’en dis pas davantage pour éviter de vous divulgâcher l’intrigue.

Ce tournoi de cricket occupe +- deux tomes entre la réception qui le précède et le match en lui-même que l’autrice développe dans le détail. On ne s’ennuie pourtant pas une seule minute et c’est quelqu’un qui n’a aucune affinité avec le sport qui vous l’affirme !

Un arc dans la continuité qualitative du manga.
Les aspects école et sport apportent une nouvelle dimension à Ciel qui va devoir s’adapter à une vie communautaire, lui qui avait opté pour une forme de solitude (à l’exception de ses domestiques) depuis son « accident ». Comme son dos est couvert de cicatrices et que son œil dissimule le signe du diable, il doit se montrer très prudent sans pour autant inspirer de l’antipathie aux autres élèves dont il espère se servir pour résoudre son enquête. Cet arc m’a laissé un sentiment en demi-teinte. D’un côté, observer ce jeune garçon de treize ans vivre une existence normale m’a inspiré une certaine peine pour lui à qui cette normalité reste inaccessible. De l’autre, il reste fidèle à lui-même et à ses valeurs tranchées, ne se laisse pas attendrir quand on l’attendrait et n’a pas une hésitation à aller jusqu’au bout de son rôle de chien de garde. Cet arc lui apporte une nuance supplémentaire et cela semble amuser Sebastian.

C’est ce que j’aime particulièrement dans Black Butler. On a tendance à oublier que Ciel n’est, en théorie, qu’un enfant et Yana Toboso offre de magnifiques pages d’une maitrise exquise doublée d’une ambiance assez malsaine pour nous le rappeler quand on s’y attend le moins. J’a-dore.

Pour information : les deux derniers chapitres du tome 18 sont consacrés à la mise en place d’un nouvel arc narratif qui se déroule en Allemagne ! Entre les deux, on trouve un chapitre de transition où un personnage entraperçu précédemment revient le temps d’évoquer le développement de la société Phantom qui s’intéresse désormais au marché féminin -un grand défi pour Ciel qui n’y connait rien.

Et voilà nous arrivons déjà à la fin de ce petit article concernant ce nouvel arc de Black Butler. Le prochain ne tardera pas autant, promis ♥

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #10 { Black Butler : meurtre(s) au manoir & terreur sur le Campania }

Bonjour à tous !
Voici déjà un nouvel épisode d’à l’ombre du Japon puisque je continue activement ma relecture du manga Black Butler. Une relecture peut-être mise en pause puisqu’à partir d’aujourd’hui, en Belgique, les librairies peuvent rouvrir ce qui va me permettre de passer chez Kazabulles pour faire le plein, en prenant évidemment les précautions qui s’imposent ! Je vais d’ailleurs attendre plutôt demain, en dehors des heures de pointe et en voiture histoire de minimiser l’impact de ma sortie.

Les volumes concernés par cet article vous du 9 au 14 et se divisent en deux arcs dont je vais vous parler en profondeur tout en évitant au maximum de divulgâcher des éléments importants.

Tomes 9 à 11 : meurtre(s) au manoir.
La Reine demande à Ciel d’organiser une réception au manoir pour la venue d’un parent à elle qui souhaite rencontrer du beau monde. Sebastian, comme d’habitude, s’occupe de tout. Parmi les invités prestigieux, on retrouve un jeune écrivain qui débute à peine : un certain Arthur, auteur d’une étude en rouge… Il est le seul à avoir été convié en personne par Ciel. Pour quelle raison ? Mystère sur lequel on n’a pas le temps de s’attarder puisqu’un meurtre est commis en chambre close, premier d’une série qui va semer la terreur parmi les convives.

On retrouve dans cet arc des éléments très classiques de la littérature policière anglaise : un manoir où des gens se retrouvent coincés pendant une tempête, des nobles, un crime où tout le monde est suspect, un spécialiste (soit détective, soit écrivain, soit policier) qui va prendre l’affaire en mains… Yana Toboso rend ici clairement hommage au genre. Certaines ficelles sont plutôt visibles quand on s’y connait un peu et quand on a lu les tomes précédents, surtout en ce qui concerne Sebastian. Cet arc n’est pas franchement mon préféré mais il a le mérite d’être divertissant et de remplir son rôle de transition.

Tomes 11 à 14 : Terreur sur le Campania / Book of Atlantis
Le dernier chapitre du tome 11 introduit le nouvel arc consacré au bateau Campania, arc qui se clôture dans le tome 14 à la fin duquel on trouve également l’introduction à l’arc suivant, Weston Manor. Mais nous n’y sommes pas encore ! Cet arc correspond également à un film disponible sur Netflix qui s’appelle : Black Butler – Book of Atlantis que j’ai regardé avant d’écrire cet article. Contrairement aux deux premières saisons de l’animé, cette production respecte à la lettre le scénario de Yana Toboso dans le manga papier toutefois l’animation des décors à l’ordinateur laisse par moment à désirer. C’est très sympa à voir en complément mais un fan qui se contente juste des animés aura un goût de trop peu.

Élisabeth invite Ciel à participer à une croisière où elle se rend avec sa famille, invitation que le Comte refuse sous prétexte de travail dont il ne peut s’éloigner. Lors d’un dîner, Lau (protagoniste qui appartient à la mafia chinoise et qu’on a déjà croisé auparavant) lui révèle qu’il a détecté des activités bizarres sur les docks. En effet, le personnel d’un hôpital achète des humains pour, selon toute vraisemblance, mener des expériences interdites. Grâce à une enquête diligemment menée par Sebastian, le chien de garde de la reine découvre que la société Aurora est mêlée à tout ça et qu’elle va justement se réunir sur le navire où se trouve Élisabeth pour on congrès immanquable et secret. Ciel va donc embarquer avec son majordome et Snake, son valet engagé au terme de l’arc Noah’s Ark Circus.

Cet arc narratif est extrêmement riche sur plusieurs plans. Déjà, il permet de développer des personnages secondaires de manière surprenante comme Undertaker ou Élisabeth. Cette dernière a le don de m’agacer prodigieusement depuis quatorze tomes donc il était temps qu’on la nuance un peu. L’éclairage apporté par Yana Toboso à son sujet rend compréhensible plusieurs de ses comportements pénibles et permet au lecteur de ressentir une forme de compassion à son égard.

On va également retrouver Grell (YEAH !) ainsi qu’un nouveau shinigami, Ronald Knox, son binôme. Pourquoi sont-ils présents sur le Campania ? L’arc répondra à cette question et permettra de développer un peu plus l’univers des shinigamis. On en apprendra davantage sur les faux de la mort, sur pourquoi ils portent tous des lunettes… Mais si, c’est important et non, ça n’a rien avoir avec le style.

Une fois de plus, cet arc est très référencé. Le Campania rappelle le Titanic par bien des points et se base entièrement sur la notion de « mort ». Je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher la découverte à ceux d’entre vous qui ont envie de se lancer.

Et voilà, nous sommes déjà au terme de cet épisode spécial ! Le prochain devrait contenir bien plus de diversité puisque je compte me rendre à ma librairie sous peu. Je vous donne donc rendez-vous bientôt pour un nouveau passage au Japon.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon # 9 { Black Butler : le prince Soma et Aghni + Noah’s Ark Circus }

Bonjour à tous !
Je vous propose aujourd’hui un épisode d’À l’ombre du Japon un peu spécial puisqu’il va parler uniquement du manga Black Butler que je suis en train de relire en ce moment. Vous le savez si vous trainez dans le coin, il s’agit d’une de mes œuvres favorites ce qui me donne envie de la partager avec vous dans le détail. Cette relecture est une occasion unique pour moi de le faire puisque je peux évoquer plus précisément ce qui me plait (ou non) dans chaque arc narratif !

Ces cinq tomes forment deux arcs narratifs importants dont l’un compte même parmi mes favoris du manga.

Tomes 4 et 5 : L’arrivée du prince Soma et d’Aghni.
Sur la dernière page du volume 3, Yana Toboso met en scène un mystérieux duo d’origine indienne qui vient d’arriver à Londres, ce qui introduit un nouvel arc narratif que je baptise toute seule « l’arrivée du prince Soma et d’Aghni » qui deviendront des personnages récurrents. Dans le tome 4, Ciel et Sebastian doivent enquêter au nom de la Reine sur une série d’agressions envers des nantis revenus récemment des Indes. Le hasard (ou pas ?) veut qu’ils croisent la route du prince Soma, vingt-sixième fils du souverain de l’état princier du Bengale et de son majordome Aghni qui réussit à tenir tête à Sebastian alors qu’il n’est qu’un simple humain. Le prince Soma a gagné l’Angleterre afin de retrouver Mina, la jeune fille qui s’occupait de lui durant son enfance et qui aurait été enlevée par un noble anglais. Et si les deux affaires étaient liées ?

J’aime particulièrement cet arc pour deux raisons. Déjà, il met en avant les liens qui existent entre l’Inde et l’Angleterre d’une manière plutôt intéressante. C’est l’occasion pour le lecteur d’en apprendre plus sur les relations entre ces deux pays mais aussi sur la cuisine (avec le concours de curry) ou encore la pratique du Royal Warrant que je ne connaissais pas du tout. Yana Toboso a l’habitude de glisser des notes en bas de page plutôt intéressantes avec des anecdotes historiques et ça a su me plaire. Je trouve que c’est aussi un intérêt non négligeable dans ce manga, ce côté « le saviez-vous ? » assumé. De plus, les deux nouveaux personnages ne manquent pas d’intriguer tout en apportant un vent de fraicheur sympathique par leurs innombrables bêtises. À travers cet arc, je trouve que Yana Toboso apprend à mieux doser l’équilibre entre l’humour et la noirceur, ce qui permet une transition parfaite pour la suite.

Tomes 6 à 8 : Noah’s Ark Circus
À la fin du concours de curry qui a lieu dans le tome 5, la reine Elisabeth Ier donne une nouvelle mission à Ciel. Plusieurs enfants disparaissent dans toute l’Angleterre, des disparitions qui coïncident avec le passage du Noah’s Ark Circus. Ciel et Sebastian vont donc s’infiltrer au sein de la troupe pour enquêter.

Vous remarquerez peut-être que le tome 6 est le premier à ne pas représenter Sebastian en couverture ! J’ignore si c’est un détail ou si ça a une véritable signification mais je trouve intéressant que ça arrive justement au début de cet arc narratif puisqu’il marque un vrai tournant pour le personnage de Ciel, à mon sens, ainsi que le premier grand élan de l’intrigue. Si vous avez une théorie, n’hésitez pas à la partager avec moi !

Comme je l’ai dit, cet arc se place dans mon top 3 des meilleurs de la série. Déjà, je trouve son esthétique magnifique. Le cirque dégage un aspect un peu glauque et macabre qui se marie très bien avec le dessin de Yana Toboso. Ensuite, l’histoire racontée ici est…. horrible. Elle donne des frissons en plus de jouer sur une dimension psychologique maîtrisée, malsaine. Je ne peux hélas pas en révéler davantage sans vous gâcher le plaisir toutefois quand vous comprenez ce qui est advenu des enfants disparus et pour quelle raison, ça ne peut pas vous laisser indifférent.

Toujours dans la même veine, le lecteur découvre quelques éléments intéressants au sujet de Ciel qui sort de sa zone de confort. Il doit se faire passer pour un enfant ordinaire désireux d’entrer dans la troupe du Noah’s Ark, ce qui l’empêche de se comporter en comte. Il est mis face à des situations difficiles qui engendreront des problèmes de santé, le rendant plus vulnérable. Un aspect contrebalancé par la conclusion aussi cynique que grandiose pour cet arc (vraiment, j’espère que vous ressentez la force de mon enthousiasme à travers cette phrase parce que c’était extra !). Enfin, c’est aussi l’occasion d’en apprendre plus sur les domestiques de la maison Phantomhive. Grâce à cet arc, on comprend beaucoup mieux pourquoi ces trois boulets sont employés au manoir et on entrevoit un morceau de leurs histoires personnelles, sans que ça n’alourdisse l’action. Selon moi, cet arc est le premier à être géré d’une manière magistrale par la mangaka qui, on le sent, prend du métier.

Je dois préciser que cet arc existe en animé intitulé Black Butler : Book of Circus et qui, selon ce que j’en sais, suis vraiment l’histoire du manga papier puisqu’il est considéré comme un reboot, au contraire des deux premières saisons qui sont une catastrophe narrative. Surtout la fin de la première en réalité… La deuxième, ça va encore même si rien de ce qui s’y raconte n’apparaît dans l’œuvre papier.

Et voilà, nous sommes déjà au bout de cet épisode spécial. Je pense que ça ne sera pas le dernier puisque nous n’allons pas sortir tout de suite du confinement et que j’ai déjà un autre arc dont j’ai envie de vous parler. J’espère que vous apprécierez de découvrir ce manga en ma compagnie !

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #8 { One Piece #3, Jagaaan #1, Black Butler #1, #2, #3, Beastars (anime) }

Bonjour à tous !
Nouveau rendez-vous manga avec des relectures de mes sagas fétiches et la découverte d’un titre proposé gratuitement par Kazé (que je remercie !). Sachez que plusieurs éditeurs mangas agissent pendant le confinement et offrent des tomes numériques ou la lecture accessible sur leur plateforme comme Glénat ou Kana. Kazé a poussé plus loin en offrant les trois premiers tomes de plusieurs séries que vous pouvez télécharger un peu partout à votre convenance. C’est un bon moyen de découvrir des titres vers lesquels on ne se serait pas tourné autrement.

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Ce tome marque la fin du combat contre Baggy et l’arrivée au village de Pipo (Usopp). Cela signifie que l’arc du Capitaine Crow s’ouvre. Mais si, cet homme qui se fait passer pour un gentil majordome dans le but d’hériter de la fortune d’une jeune fille malade et fragile qui est aussi l’amie de Pipo… À mon sens, dans ce tome, on abandonne le ton plus léger et superficiel entrevu auparavant pour aborder des thématiques plus sérieuses. Pipo est l’enfant d’un pirate qui appartient à l’équipage de Shanks (que Luffy a donc connu, comme c’est pratique). Pipo idéalise son père (qui l’a pourtant abandonné…) et comprend son besoin de liberté. Il rêve lui aussi de devenir pirate mais comme il est plutôt trouillard, disons que ça part mal. Pipo n’est pas un personnage que j’appréciais particulièrement auparavant mais mon opinion a changé en relisant ce tome, ce que je trouve intéressant comme expérience. Comme quoi, relire certains titres avec un regard plus adulte, ça change tout !

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Jagasaki est un flic de quartier qui mène une vie assez monotone. La plupart des gens lui marchent dessus et ne le respectent pas, du coup il rêve de les descendre… sans jamais passer à l’acte. Puis un beau jour, une pluie de grenouille s’abat sur la ville et va transformer les gens en détraqués, des espèces de monstres qui exacerbent les sentiments violents de leurs victimes. Un hibou bizarre du nom de Doku va expliquer les nouvelles règles du jeu à Jagasaki, qui semble être une sorte d’élu (achevez-moi). Lui aussi est d’ailleurs infecté par un têtard de détraqué (pitié…), ce qui explique qu’il puisse contenir et ralentir sa transformation (bah tiens c’est pratique). Comme ça ne suffira pas, il doit ingérer les crottes du hibou (ACHEVEZ-MOI) produites après qu’il ait mangé l’une des grenouilles qui infectait un corps. Corps que Jagasaki a tué, bien entendu.
Voilà voilà.
Alors je sais que souvent, quand on pense Japon, on imagine cet aspect what the fuck et je n’ai aucun problème avec ça mais… Sérieusement ? Selon moi, rien ne fonctionne dans cette intrigue qui exploite des poncifs vus et revus dans le genre en proposant un héros franchement pas très crédible. Il passe à l’acte d’un coup alors qu’il se retient depuis longtemps et n’inspire pas une once de compassion. Son seul atout de Jagaaan à mes yeux est son esthétique. Le dessinateur maîtrise très bien l’aspect horreur et émotion qu’on décrypte sans problèmes sur les visages. Si le style graphique n’est pas celui que je préfère, je ne peux pas nier le soin apporté à cette partie qui rend l’ambiance crédible à défaut du reste. Je ne suis pas mécontente d’avoir jugé par moi-même ce manga mais il est certain que je ne vais pas lire la suite, même si les trois premiers volumes sont gratuits en numérique.

Black Butler compte parmi mes sagas favorites que j’ai commencé il y a une éternité et la seule série longue dont je continue à acheter les tomes sans une hésitation. Mais en relisant le premier je dois avouer que je lui ai trouvé plusieurs défauts. C’est clairement un volume d’introduction qui laisse perplexe pendant les deux tiers de la lecture : qui est cet enfant ? Qui est ce majordome à qui rien ne semble résister et qui a plus que probablement des pouvoirs surnaturels pour gérer à ce point? Quel intérêt de nous raconter par le menu sa journée de travail et comment il a rattrapé les conneries des trois autres membres complètement inutiles du personnel ? Yana Toboso pose les bases de son univers avec une certaine maladresse et les chapitres s’enchaînent avec un rythme qui laisse parfois à désirer.
Pourtant…
Il y a ce dessin, qui clôture le chapitre deux ou trois. Celui où on voit le vrai sourire de Sebastian et où on comprend que ouais, clairement, ce mec est hyper louche et pas dans le bon sens du terme. Où on comprend aussi que ce ton humoristique british un peu what the fuck cache quelque chose. Je me rappelle, à l’époque, avoir eu envie de savoir quoi en partie parce que j’ai été conquise par le trait de Yana Toboso (je suis superficielle, tu peux me juger). J’ai donc acheté la suite pour ne plus jamais arrêter.
Dans le tome 2 commence l’arc classique de toute histoire londonienne du 19e siècle à savoir Jack l’Éventreur. Si j’avais entamé le manga maintenant, aucun doute, j’aurais abandonné en roulant des yeux très fort avant de balancer le manga dans un coin. Enfin… Peut-être pas. Parce qu’on commence à prendre conscience d’à quel point Sebastian est retord, d’à quel point sa relation avec Ciel est malsaine. Puis on découvre aussi de nouveaux personnages iconiques : L’Undertaker et Grell. Et enfin, la réécriture de la légende mainte fois usitée jusqu’à la corde est plutôt bien trouvée. Dans l’ensemble, j’adhère. Cet arc court sur les tomes 2 et 3. À la fin de ce dernier, on voit apparaître Agni et le Prince et ça m’a surprise car dans mes souvenirs, ça venait plus tard. Mais une bonne surprise, rassurez-vous…
Donc concrètement, Black Butler, c’est génial. Toutefois, si vous commencez la saga aujourd’hui, gardez à l’esprit que ça se bonifie clairement avec le temps. Autant l’histoire, l’intrigue, le rythme que la traduction française qui manquait quand même un peu de relecture sur les répétitions à l’époque…

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Quelques mots au sujet de cette saga dont j’ai souvent entendu parler chez l’ami Otaku mais qui ne m’attirait pas parce que son concept d’animaux humanoïdes… Meh. Pourtant, quand j’ai vu l’animé sur Netflix qui comptait douze épisodes et l’enthousiasme de certains je me suis dit que j’allais tenter l’aventure.
Oh.
Mon.
Dieu.
J’étais pas prête pour la claque que je me suis prise. L’animé couvre les six premiers tomes (il s’arrête +- à la moitié du 6) et la première chose que je fais quand ma librairie rouvre c’est d’aller acheter le tome 6 et tous les suivants. J’ai adoré ce manga d’une profondeur inattendue. L’intrigue prend place dans une école où les herbivores et les carnivores cohabitent. Un meurtre est commis sur un herbivore, c’est clairement l’œuvre d’un carnivore, mais lequel? C’est sur ce fond qu’on rencontre Legochi, un loup gris un peu gauche qui lutte contre ses instincts de prédateur et a de plus en plus de mal. Il appartient au club de théâtre comme régisseur technique et est le héros de cette histoire. Il est absolument fascinant, crédible, intense. Ses interactions avec le personnage de Louis provoquent des frissons et sa relation avec Haru est superbe. Pour ne rien gâcher, cette série traite de nombreux thèmes comme la discrimination, la difficulté de respecter les règles du vivre ensemble quand elles vont contre notre nature,… C’est une magnifique métaphore sur notre propre société qui nous met le nez dans nos travers. Je ne peux que vous recommander de jeter un œil à cet animé (ou à lire le premier tome si vous préférez) sur lequel je ne vais pas manquer de revenir à l’avenir. Personnellement, j’ai binge-watché les douze épisodes d’un coup en une soirée, ce qui ne m’était plus arrivé depuis une éternité. C’est dire à quel point ça vaut le coup.

Et voilà, c’est déjà terminé pour cette fois !
Et vous, vous (re)lisez quoi en ce moment ? 🙂

Black Butler #24 – Yana Toboso

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Le manga Black Butler fête ses dix ans de publication cette année au Japon ! Dessiné et scénarisé par Yana Toboso, la série est toujours en cours et compte actuellement 25 volumes au Japon. Oui, la publication française a rattrapé la japonaise et c’est une grande frustration, même si les tomes arrivent quand même assez rapidement. Il est édité en français dans la collection Dark Kana pour 6.85 euros le tome.

Ciel Phantomhive, douze ans, est le chien de garde de la reine d’Angleterre. Il est l’héritier d’une famille noble qui a fait fortune dans le commerce de sucrerie et de jouets. Dernier survivant, il vit seul dans son manoir avec son mystérieux serviteur, Sébastian Michaelis. En matière d’érudition, d’éducation, d’art culinaire, rien à redire, il est parfait. Mais ne vous fiez pas à sa distinction, si vous vous en prenez à son jeune maître, vous découvrirez sa vraie nature… Celle d’un diable de majordome.

Au programme de cette série: un univers assez sombre, gothique avec des notes d’humour bien placées et une intrigue intéressante développée sur plusieurs arcs narratifs variés. Le tout avec un chara-design somptueux ! C’est le premier élément qui m’a attirée, à l’époque. Black Butler est un de mes mangas favori, parce qu’il réunit en un seul univers beaucoup de choses qui me plaisent: l’Angleterre victorienne, une touche de fantastique, quelques notes de mythologie japonaise aussi (via les shinigamis), de l’action bien dosée, des personnages forts et accrocheurs. De plus, l’auteure documente chaque tome avec des notes en bas de case pour détailler la cuisine préparée par Sébastian, les types de thé qui sont servis, de pâtisserie, mais également des coutumes qu’elle met en scène, ce qui nous permet d’apprendre plein de choses sur la culture anglaise.

Dans le tome 24, on arrive presque au bout de l’arc « S4 ». Comme c’est le tome anniversaire de la série, on trouve à la fin un chapitre spécial pour Halloween qui permet de parler des différentes mythologies du monde au sujet de la fête des morts. Je l’ai trouvé très chouette à lire même si ça m’a frustrée de ne pas avoir le fin mot de cet arc mystérieux. J’ai hâte, surtout après l’idée qu’a eu Ciel !

Pour conclure, j’avais envie de vous parler de cette saga parce que même si elle est longue et toujours en cours, je trouve qu’elle vaut vraiment la peine d’être lue (ou regardée, parce qu’elle existe aussi en anime même s’il n’est pas toujours fidèle à l’histoire du manga papier). Je ne me souviens pas d’avoir été déçue par un seul tome de Black Butler et le prix d’un volume est vraiment très démocratique (on peut saluer Kana pour ça, ils éditent les mangas à petit prix). Si vous aimez les ambiances victoriennes avec une touche de fantastique, il est fait pour vous.