À l’ombre du sapin : quels mangas / comics offrir en 2020 ?

Ohayô minasan !
J’espère que vous allez bien. Comme promis, on se retrouve pour un nouveau rendez-vous de décembre concentré cette fois sur les mangas et les comics. J’en ai lu pas mal en 2020 et quelques titres se sont largement détachés du lot… Pour rappel, la semaine dernière, je vous ai proposé ma liste concernant les romans à offrir en 2020.

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Sans surprise, le premier manga dont je vais (encore) vous parler est Beastars. Ce titre ne m’inspirait rien de prime abord parce que je n’aime vraiment pas les animaux anthropomorphes. Mais ça, c’était avant de me plonger dans cet incroyable titre où TOUT fonctionne parfaitement. Les personnages sont pluriels et solides, l’intrigue est intéressante, sans le moindre temps mort. Le dessin de Paru Itagaki parait étrange quand on le découvre toutefois il sert admirablement bien l’histoire et a le mérite de posséder une patte unique. C’est mon gigantesque coup de cœur de l’année et je ne remercierais jamais assez l’Apprenti Otaku pour cette découverte. Sincèrement, si vous ne devez offrir qu’un seul titre de cette liste, c’est bien celui-là qui convient à tous les publics dés l’adolescence.
Plus de détails dans ma chronique.

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Je n’aime pas la romance, vous le savez. Pourtant, j’ai dévoré les huit premiers tomes de ce manga pendant le confinement de mars et ça m’a fait grand bien. Cette série contient beaucoup de bienveillance à l’égard des otakus et des geeks de manière plus générale, bref des personnes… comme moi. Les personnages sont attachants et crédibles, le format scènes courtes qui forment sur le long terme une intrigue plus globale est bien trouvé et maîtrisé. Il plaira aux personnes qui ont envie d’une romance différente et moderne. Par contre, j’ai testé la version animée et je n’ai pas du tout accroché… Cherchez l’erreur.
Plus de détails dans ma chronique.

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Je m’étais désintéressée du genre shônen, agacée par ses codes vus et revus. Pourtant, si on classe Noragami dans cette catégorie, je trouve qu’il s’en dégage largement par sa maturité et la complexité de son intrigue. Les inspirations du folklore japonais sont multiples et participent à proposer un titre vraiment riche sur tous les plans. C’est une série assez longue, toujours en cours et les tomes mettent un peu de temps à arriver par contre donc si, comme vous, vous les dévorez, la frustration n’en sera que plus intense…
Plus de détails dans ma chronique.

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Tranche de vie lycéenne qui parait banale MAIS se démarque par son sujet ou plutôt, par la manière dont est traité son sujet. On y évoque trois adolescents qui se découvrent, eux et leurs attirances, avec les conséquences que cela aura sur leur moral et leur quotidien. Bien entendu, on y parle aussi d’homosexualité et des difficultés que cela représente au Japon de nos jours. J’ai été très touchée par la douceur et la poésie un peu dramatique qui se dégagent de ce titre, terminé en 8 volumes donc c’est pour bientôt.
Plus de détails dans ma chronique.

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Un peu de fun, de peps et de mignonitude avec Jeune dragon recherche appartement ou donjon. Voilà un titre qui plaira aux adeptes de fantasy et de JDR puisqu’on en retrouve tous les ingrédients, avec un peu de parodie mais surtout beaucoup de subtilité et de douceur. J’adore suivre les aventures immobilières de Letty et plus les tomes avancent, plus le manga gagne en intérêt. Moi qui craignait que ça s’essouffle ! C’est un titre parfaitement recommandable pour tous les âges qui plus est.
Plus de détails dans ma chronique.

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Cette année, Pika s’est lancé dans la réédition des œuvres du collectif Clamp et j’ai été immédiatement attirée par Chobits dont j’avais vu l’animé il y a une petite éternité. La version papier me laisse une impression bien plus forte et bien plus positive. Quand on pense que le manga date du début des années 2000, il est très moderne dans ses thématiques abordées comme l’humanisation des I.A. J’attends la sortie des 8 tomes pour écrire un article plus complet dessus. Toutefois, ne vous privez pas d’offrir les 4 premiers volumes qui contiennent tous une carte collector absolument sublime à collectionner.

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Je ne parle pas souvent de comics sur le blog mais j’en lis de temps en temps, quand je trouve le bon filon. J’ai craqué récemment sur Batman White Knight qui est un one-shot (même s’il existe une « suite » que je n’ai pas encore lue mais on peut s’en passer vu que l’histoire peut se conclure dans le seul premier volume) vachement bien foutu. C’est un Batman alternatif, donc il reprend des éléments actés de l’univers et les tords complètement pour proposer une intrigue originale qu’on peut suivre en étant ou non un érudit du sujet. L’idée de base c’est que le Joker va prendre un sérum pour maîtriser ses psychoses et devenir le Chevalier Blanc face à un Batman qu’on critique de plus en plus pour ses excès de violence et de destruction. Si j’ai moins accroché au dessin (mais ça, c’est une question de goût) l’histoire m’a vraiment retournée et ça a été un coup de cœur.

Et vous, quel manga / comics offririez-vous pour les fêtes ? 🙂

À l’ombre du Japon #13 { Pourquoi j’ai craqué sur Otaku Otaku… }

Salutations ami(e)s mangaphiles !

J’en parle depuis longtemps et aujourd’hui je saute le pas avec un épisode spécial autour du manga Otaku Otaku (ou Wotaku ni Koi wa Muzukashii dans sa version originale -on admettra que c’est moins facile à prononcer). Hier soir, j’ai terminé de me mettre à jour en lisant les tomes 6 et 7 du manga, j’ai donc toutes les cartes en main pour en parler. Voici quelques bonnes raisons de craquer sur ce titre si ce n’est pas déjà fait. Sachez qu’il existe également en animé (que je n’ai pas encore regardé mais c’est sur amazon prime du coup ça ne va pas tarder) et qu’un film live devait sortir le 7 février 2020 lors du festival d’Angoulême sauf que j’ai un peu de mal à savoir si ça a bien été le cas avec la crise COVID…

Otaku Otaku un manga pour TOUS !
J’ai un moment cherché à classifier ce manga en me demandant si on était plutôt dans le shōjo, le seinen, le shonen, pour quel public… Tout en m’apercevant que ces restrictions éditoriales ne permettaient pas de qualifier correctement Otaku Otaku. À première vue, on y évoque des romances donc j’aurais eu tendance à le classer en shōjo (oui je fais des généralités, je crains, désolée) sauf qu’on est loin de la mièvrerie qu’on trouve souvent dans ce genre (selon moi). Heureusement, Kana a la solution puisque le titre est édité dans la collection Big Kana qui rassemble les œuvres traitant des sujets de société à destination d’un public adulte. Et c’est… Totalement ça en fait. Fujita traite ici la manière dont les otakus sont vus au Japon et dont ils vivent au quotidien. Bien entendu, on y retrouve de l’humour et un aspect comique sauf que celui-ci ne tombe jamais dans l’absurde. Je vais donc utiliser les termes de : tranche de vie otaku résolument positive !

Un découpage narratif surprenant.
Dans les mangas que je lis habituellement, les mangakas suivent une trame chronologique en insérant de temps en temps des flashbacks qui servent à expliquer des morceaux de l’intrigue. Fujita propose plutôt un enchaînement de saynètes courtes intercalées entre des histoires plus longues et en alternant les différents duos sans en privilégier un par rapport à l’autre. L’équilibre est bien trouvé, il permet à l’intérêt de ne pas retomber et donne au lecteur une sensation de rythme, de fraicheur, qui ne peut que séduire. J’adhère totalement ! Ça permet aussi à ceux qui n’ont pas envie de se poser longtemps dans une lecture de savourer une page ou deux puis de faire autre chose. Après, on ne va pas se mentir, ce manga rend accro. Je doute donc que vous parveniez à le reposer après l’avoir ouvert mais enfin… Sait-on jamais !

Le respect de la figure otaku via des personnages crédibles.
Petit tour d’horizon des protagonistes qui incarnent la grande force de ce manga !

On retrouve d’abord Narumi Momose qui est passionnée par les mangas, surtout les shojos et les BL. Elle écrit / dessine d’ailleurs des dojinshis c’est à dire des fanfictions qui rendent hommage à ses mangas favoris et qui sont parfois (souvent) érotiques. Elle fréquente donc pas mal de conventions pour les vendre sur place, une pratique répandue et acceptée au Japon. Elle est en couple avec son ami d’enfance, Hirotaka Nifuji. C’est un garçon qui parait froid au premier abord et uniquement intéressé par les jeu-vidéos sous toutes ses formes. Au fil du manga, sa personnalité se révèle plus subtile et travaillée ce qui est très appréciable. Plus on avance dans les tomes et plus on se rend compte de la richesse de ses sentiments et de ses questionnements.

Tous les deux travaillent dans la même boîte que Hanako Koyanagi et Tarô Kabakura, l’autre couple phare du manga au caractère plus que bien trempé. Ils se connaissent depuis l’école et c’est tout feu tout flamme entre eux… Koyanagi est une cosplayeuse célèbre dans le milieu qui adore elle aussi le BL. Kabakura, quant à lui, est un otaku considéré comme plus soft car il aime surtout les animes et s’achète parfois quelques mangas papiers. Ce quatuor se retrouve souvent pour pratiquer des activités d’otakus puisqu’ils restent assez discrets sur ces sujets au boulot. Ils vont à des conventions, jouent en ligne ensemble, ont des débats sur les meilleurs personnages ou les meilleurs couples, etc.

Rapidement, un nouveau personnage apparaît : Naoya Nifuji, le petit frère de Hirotaka qui n’est pas du tout un otaku ! Le qui pro quo va durer un moment, d’ailleurs. Naoya est jovial, rayonnant, un peu simplet par moment et pas très attentif à son environnement. Il est gentil quoi… Il va longtemps penser que Kô Sakuragi est un garçon… Alors que c’est une fille, une hardcore gameuse comme Hirotaka ! Plutôt androgyne, un peu garçon manqué. Ils vont se rapprocher et en sont toujours au stade de l’amitié pour le moment. Kô a une patience d’ange avec Nao et lui apprend à devenir meilleur dans les jeux. Nao, de son côté, lui permet de s’ouvrir puisque Kô est très timide dans la vie de tous les jours et plutôt solitaire.

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Difficile de choisir mon personnage favori… Je pense être assez proche de Konayagi sur un plan psychologique toutefois Fujita est si douée qu’elle m’a fait aimer TOUS les protagonistes à part égale !

Chaque personnage affiche ses préférences en respectant celles des autres et en s’y intéressant parfois. Hirotaka va par exemple accepter de lire un BL pour faire plaisir à Narumi. Narumi tentera le cosplay avec Konayagi pour faire un duo, etc. On pourrait craindre que Fujita tombe dans la facilité avec un humour au détriment des otakus. Que nenni ! La mangaka respecte les otakus et en donne une image plus positive qui, je l’espère, permettra de faire évoluer la façon dont on les considère au Japon. Chaque personnage a d’ailleurs sa propre façon de vivre le fait d’être un otaku. Momose le dissimule et quand elle sortait avec des garçons « normaux » (avant Hirotaka) elle n’osait jamais en parler. Elle « changeait de mode » pour se conformer à la norme sociale. Kabakura est très discret là-dessus lui aussi par crainte d’être jugé, au contraire de Hirotaka qui se fiche du regard des autres ou de Konayagi qui n’a pas honte mais garde le silence pour respecter les préférences de ses amis.

Une charte graphique au top.
Je suis tombée amoureuse du chara-design mais aussi de tous les petits éléments bonus entre les chapitres. Fujita propose plein de petites illustrations thématiques, n’hésites pas à costumer ses personnages, à les dessiner en chibis, c’est le genre de petit plus auquel je suis sensible. D’ailleurs, chaque tome contient plusieurs pages couleurs au début du volume qui sont toujours très sympas et ne coûtent pas plus cher puisque le manga affiche un prix très démocratique de 7.45 euros.

Je vais conclure en disant que ce manga est ma plus belle découverte de l’année avec Noragami (dont je vous ai déjà parlé dans un précédent article). J’ai adoré chaque tome, j’ai ri plus d’une fois, j’ai aussi eu les larmes aux yeux à de nombreuses reprises. Ce manga tranche de vie est fait pour les otakus, un qualificatif que je considère comme adapté pour moi. Je n’aime pas la romance, je suis peu intéressée par les tranches de vie en règle générale, pourtant je suis accro à ce titre que je recommande plus que chaudement !

source

Vous connaissez déjà ? Vous aimez ? Ça vous intrigue? Dites moi tout !

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

From End, le prix de la liberté #1 – Shimokitazawa Mitsuo

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From End est le premier tome d’une trilogie manga scénarisée et dessinée par la mangaka Shimokitazawa Mitsuo. Publié chez Kana dans la collection Big Kana, vous trouverez ce shojo au prix de 6.85 euros.

From End raconte l’histoire de Shinomiya Rui, une jeune enseignante dynamique et motivée qui prend soin de ses élèves et est très populaire auprès d’eux. Elle s’inquiète particulièrement pour Hayase, solitaire qui lit beaucoup. Un soir, on l’appelle pour la prévenir que cet élève a commis un vol à l’étalage. Rui rencontre alors le père de son élève… qui l’a sexuellement abusée du temps où elle était au lycée, en plus d’avoir été son prof. Le cauchemar recommence et comme elle ne veut pas abandonner Hayase à son sort (lui aussi est devenu la victime de cet homme), elle va lui proposer un plan osé supposé leur apporter la liberté.

Ce manga est classé comme un shojo mais c’est un shojo différent de l’idée qu’on se fait habituellement du genre. Il ne parle pas d’une histoire d’amour sur fond d’école et n’est pas du tout naïf ni niais. Je pense que j’ai une image tronquée de ce genre puisque finalement, shojo signifie que le public de destination est féminin et jeune. Ce manga est toutefois conseillé à un lectorat de plus de 14 ans sur manga news, du coup… Perplexe je suis ? Je pense qu’il se classe à la frontière des genres et des publics. Attention donc car le contenu est assez malsain, du moins sur un plan psychologique. Parce que From End parle d’abus sexuels, subis par des jeunes au sein de leur famille puis du chantage exercé par une personne de confiance ou supposée l’être. Je pense, compte tenu de la censure sur certaines scènes, que le but n’est pas l’exposition dérangeante limite morbide (coucou DeadTube) mais bien l’évocation d’un fait social et la façon appropriée d’y réagir. Donc pas du tout celle choisie par les protagonistes. Vraiment pas.

Du shojo classique, toutefois, From End hérite du chara-design avec des graphismes fins et axés sur les émotions, ce qui est assez perturbant en soi mais contribue à la force évocatrice du manga.

Pour résumer, j’ai beaucoup apprécié la lecture de ce premier tome très prometteur. Série courte finie en trois volumes, From End évoque des thématiques difficiles (abus sexuels par des proches, comment s’en protéger, réagir) mais importantes à travers un thriller psychologique qui gère bien son suspens autour du motif « vengeance ». L’ambiance malsaine est renforcée par un chara-design très fin qui rappelle les codes graphiques du shojo. Le tout fonctionne vraiment bien et je n’ai qu’une seule hâte: découvrir la suite !