Neph et Shéa #1 La Fuite – Aline Wheeler

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La Fuite est le premier tome de la saga fantasy Neph et Shéa proposé par l’autrice belge Aline Wheeler. Disponible en auto-édition, vous trouverez cet ouvrage sur bon nombre de plateformes dédiées, autant en papier (au prix de 16 euros) qu’en numérique, avec également une version disponible pour les personnes dyslexiques !
Ce roman est ma huitième lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire francophone.

Le roman se déroule en Tell’Andra, un monde imaginaire de fantasy médiévale. Nous y rencontrons deux personnages. D’un côté, Neph qui veut échapper à une destinée guerrière alors qu’il est barde et de l’autre Shéa, héritière de la Tour des Ombres qui doit s’enfuir pour sauver sa vie face aux velléités meurtrières de sa famille. Leurs chemins vont se croiser et les mener jusque chez Berth, un étrange vieux monsieur qui a plus d’un tour dans son sac et se révèle proche ami de la Reine. Cette dernière va leur confier une mission d’escorte qui en cache une autre, un peu moins officielle.

J’ai un moment hésité à chroniquer ce texte, je voulais prendre le temps de bien réfléchir sur ce que j’allais dire à son sujet. Ce qui est certain, c’est que ce n’est pas mon genre de fantasy. Elle est trop accessible, trop tout public et comporte pas mal d’éléments trop attendus à mon goût. On reste dans un texte assez classique dans un univers médiéval qui répond aux codes du genre. Et ce n’est pas un mal ! Je ne doute pas que ce texte plaira à un grand nombre de lecteurs, simplement je ne suis pas le public cible.

Au fil de ma lecture, j’ai eu le sentiment de me retrouver dans un jeu vidéo. Le premier nom qui me vient à l’esprit étant World of Warcraft, mais c’est peut-être parce que j’y joue sans discontinuer depuis 2014. Rien que la couverture qui donne directement le ton, je trouve que le personnage féminin (pour représenter Shéa?) ressemble furieusement aux kaldoreis. Toutefois, ce n’est pas une gêne en soi puisque le contenu répond à l’attente du graphisme soigné (parce qu’elle claque quand même cette couverture !), surtout dans la forme narrative et dans la présentation des protagonistes.

En effet, les personnages entrent tous dans des cases attendues et propres au genre littéraire. J’aurai souhaité davantage de nuances sur leur psychologie et leur histoire personnelle. Il est certain qu’on ne peut pas révolutionner le genre à chaque livre toutefois la Fuite souffre des défauts inhérents à un premier roman. Il manque de prise de risque et les scènes d’exposition à travers laquelle l’autrice développe son univers, dans une série de dialogues entre plusieurs personnages, sonnent artificielles. Du coup, difficile de vraiment s’attacher à l’un des héros. Sans compter que le ton général est trop positif, trop de bons sentiments qui me paraissent faux mais j’admets volontiers que je suis miss cynisme et faux-semblants en mode esprit tordu, du coup forcément…. Peut-être que, dans le second tome, l’autrice étonnera ses lecteurs là-dessus mais pour le moment tout le monde fait confiance un peu trop facilement à des inconnus sous prétexte d’un lien familial inconnu jusqu’ici. Les personnages ne sont pas assez méfiants compte tenu de leur histoire personnelle (surtout Shéa) et c’est dommage. J’aurai aimé plus de tensions mais ces choix narratifs collent bien au message positif sur la ténacité et l’espérance qui traverse tout le roman.

Pourtant, ce texte est pas mal, d’autant qu’il s’agit d’un premier roman et en auto-édition ! Alors oui, il y a parfois des scènes d’exposition pas forcément utiles et quelques fautes se cachent encore au détour du texte mais je trouve que globalement, le travail de l’autrice est soigné, ce qui n’est pas une mince affaire quand on s’occupe de tout soi-même. Elle propose un univers bien à elle et hyper référencé qui plaira pourtant davantage aux novices qu’aux habitués mais il faut des romans pour tous les publics. Au fond, Neph et Shéa est parfait pour s’initier au genre de la fantasy et c’est davantage dans ce but que je le recommande. D’autant que la plume de l’autrice est simple et accessible. Aline Wheeler dépeint son univers avec brio et on n’a aucun mal à se représenter non seulement les paysages mais aussi les scènes d’action hautes en couleur qui rappellent le médium vidéoludique. J’ai beaucoup aimé ces sorts colorés, ces ombres insidieuses, ces combats bien menés, c’était rythmé et prenant.

Pour résumer, même si ce roman n’était pas accordé à mon goût personnel, je n’ai aucun mal à lui trouver des qualités qui en font un titre parfait pour s’initier à la fantasy. L’aspect jeunesse justifie certains de ses défauts et le travail en auto-édition de l’autrice est assez remarquable, surtout pour le paysage francophone. Son univers dispose d’une véritable identité et sa plume dynamique rend l’action vivante. En tant que lecteur, on n’a aucun mal à se laisser emporter dans ce bon divertissement de fantasy médiévale.

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Paradoxes #3 L’éveil de la Troisième Force – L. A. Braun

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Le troisième et dernier tome de Paradoxes s’intitule L’éveil de la troisième force. Proposé par l’autrice belge L. A. Braun, il termine sa première trilogie avec brio. Disponible en papier au prix de 15 euros. Sa sortie est prévue le 26 septembre lors d’une soirée exceptionnelle à Bruxelles où je vous invite à vous rendre !
Pour commander les deux premiers tomes, cliquez ici.
Pour précommander le tome 3, cliquez là.

Je vous ai déjà parlé de la saga Paradoxes puisque j’ai chroniqué les deux premiers tomes (tome 1tome 2). Une histoire difficilement classable qui mélange fantastique, science-fiction, policier dans une Bruxelles futuriste. Ce tome se passe pourtant majoritairement à Paris (vous savez pourquoi si vous avez lu le 2 !) et nous dévoile des pans entiers de l’univers créé par l’auteur. Peut-être un peu trop d’un coup, mais je vais y revenir.

Nous retrouvons Jared dans la situation où nous l’avons laissé (pas très brillante) et nous rencontrons de nouveaux protagonistes. C’est le premier gros reproche que j’ai à faire (et sûrement le seul en fait) : la multiplication des personnages m’a empêchée de vraiment m’attacher à eux. L’action ne manquait pas mais je la suivais un peu comme quand on regarde un film par hasard en le prenant en cours de route parce qu’on a zappé sur la chaîne à ce moment-là. J’étais accrochée, j’avais envie de savoir où l’autrice me menait, mas je ne m’intéressais pas spécialement au devenir des personnages, à une ou deux exceptions.

Et franchement, comme je le lisais en bêta lecture (cette chronique date du mois de mai mais je la publie seulement maintenant pour la sortie !), j’étais déjà paniquée rien qu’à l’idée de le lui annoncer. À ce stade, je trouvais que ça aurait mérité une révision complète. Puis j’ai lu la fin.
Et ma vie a changé.
Bon d’accord, peut-être pas à ce point-là. Mais cette fin, quelle claque ! Je m’en suis même exclamée tout haut, tellement je ne m’y attendais pas, tellement je ne la voyais pas venir mais alors pas du tout. Redoutable, osée et plutôt intelligente, je ne vais pas vous la spoiler mais rien que pour ça, ça vaut vraiment la peine.

Est-ce que Paradoxes est une saga parfaite? Non. Mais ce sont les débuts littéraires d’une autrice belge prometteuse qui réfléchit sur ses textes, qui évolue au fil de ses romans et acquiert toujours plus d’expérience qu’elle met à profit. Une page se tourne avec cette trilogie et pas des moindres. Je vous la recommande tout de même si vous aimez le mélange des genres, si vous êtes rôliste, si vous avez envie de sortir des sentiers battus et de découvrir un univers riche. Je suis personnellement heureuse du voyage !

E-STORIC – Thomas Palpant

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E-STORIC
est un one-shot d’anticipation écrit par l’auteur français Thomas Palpant et auto-édité. Vous pouvez retrouver le service presse sur Simplement.Pro ou vous procurer le roman sur Amazon.
Je remercie chaleureusement l’auteur pour ce service presse !
Ce roman entre dans le cadre du challenge S4F3 organisé par Albédo.

J’ai découvert ce roman sur le blog Et tu lis encore Emma. Je ne pense pas que j’y aurai prêté attention sans avoir lu sa chronique, pas parce que ça ne m’intéresse pas mais parce que je fouille assez peu sur ce site en général, sauf pour les éditeurs que je connais déjà. Donc j’en profite pour la citer et la remercier car j’ai été ravie de plonger dans cet univers.

Et si, un jour, vous pouviez consulter l’historique internet de n’importe qui? Que se passerait-il? Cèderiez-vous à la tentation? Respecteriez-vous la vie privée de vos voisins, de vos amis, de votre famille? C’est le principe de ce roman d’anticipation écrit à la première personne, qui se construit comme un questionnement autour des questions du respect d’autrui, de la vie privée et des dérives de la technologie. Un roman moderne, coup de poing, qui ne vous laissera pas indifférent.

Nous suivons un personnage pas vraiment identifié qui nous raconte cet épisode de l’Histoire numérique de l’humanité, un épisode qui s’étend sur six années. Nous suivons, à travers son regard et ses réflexions, les réactions d’une société européenne face à ces divulgations. La colère d’abord, la solidarité, le rejet puis la curiosité malsaine et finalement, les dérives qui vont de plus en plus loin. Je ne vous spoile pas le contenu du livre parce qu’à chaque chapitre (qui sont courts et dynamiques) on tombe un peu plus dans l’excès et quand on se dit que non, ce n’est pas possible… Et bien on se ravise immédiatement. Finalement, l’auteur n’exagère pas et ça rend ce livre terrifiant.

Lisons-nous vraiment une œuvre de fiction? C’est la question que je me suis posée tant la situation posée par Thomas Palpant ne parait pas si insensée que ça, elle est presque prémonitoire. Ce genre de chose pourrait vraiment arriver et ça pousse à réfléchir. Du propre aveu de l’auteur dans les dernières lignes de son roman, c’est ce qu’il espère provoquer chez ses lecteurs: une réflexion, une prise de conscience. Dans mon cas, le pari est réussi. J’ai été saisie, interpelée, ça m’a vraiment plu.

Dans cette perspective, ne vous attendez pas à des personnages très développés. Ils existent surtout pour remplir une fonction, même le héros est là pour nous permettre de nous glisser dans sa peau, de nous mettre à sa place et c’est très réussi. Chacun représente une façon de réagir face à cette crise, ce qui permet de représenter tous les types de profils. Si j’aurai aimé que l’auteur prenne davantage son temps pour développer plus de détails, je dois avouer qu’E-STORIC se lit d’une traite, sans aucune difficulté et nous met un coup de point bienvenu.

Pour résumer, j’ai passé un excellent moment avec cette lecture. Thomas Palpant nous offre un roman très intelligent sans pour autant nous infliger un ton moralisateur. Il nous pousse à réfléchir sur la technologie mais aussi sur l’humanité, la notion de vie privée (trop souvent mise à mal de nos jours) et les dérives diverses et variées. Je trouve ce livre très bon et je le recommande chaudement, il fait partie de ces ouvrages modernes qu’on doit lire pour prendre conscience de nos actes et de nos habitudes. Bravo à l’auteur pour ce texte ! Je le recommande chaudement.

Project Viper #2 Faceless – Ellen Raven Martin

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Project Viper Faceless
est le second tome de la saga Project Viper écrite par l’auteure française Ellen Raven Martin. Auto-éditée sur amazon, son premier tome est disponible en papier et en numérique. Notez que le tome 2 sort ce jeudi en numérique au prix de 4.99 euros, n’hésitez pas à le précommander. Je tiens à remercier l’auteure pour ce service presse !

Project Viper est un univers d’anticipation cyberpunk qui raconte l’histoire de l’équipe Black Viper, les soldats spéciaux de Pinxit Industries. Spéciaux dans le genre, mécha-humains mutants modifiés. Le premier tome se centrait sur la formation de cette équipe hors norme. Le second nous plonge davantage dans le vif du sujet. Après le crash d’un hovercraft, Blayne, le chef des Vipers, rencontre Kayla et ne parvient pas à l’éliminer comme il le devrait. Parallèlement à cela, les Black Viper sont confrontés à l’Augure, une entité mystérieuse décidée à s’opposer à Aryan Turner… Et à l’éliminer.

L’histoire racontée par l’auteure est rythmée et se déroule comme dans un jeu-vidéo. J’ai vraiment eu cette impression tout du long -et je précise que c’est une qualité selon moi. Son écriture immersive permet de très bien visualiser les décors et les émotions des personnages. Il reste l’une ou l’autre maladresse mais elles sont bien moins présentes que dans le premier tome, ce qui montre que l’auteure tient compte des remarques qu’on lui adresse et cherche toujours à s’améliorer. Une belle qualité de plus en plus rare !

Ce second tome contient très peu de longueur et beaucoup d’action. Les pages se tournent sans qu’on en prenne vraiment conscience et finalement, c’est rapidement lu. Nous retrouvons des personnages auxquels nous nous sommes attachés (Team Shadow ici ♥) et c’est un réel plaisir.

J’ai toutefois un ou deux reproches à faire. Et quand je dis reproche, ce n’est pas sur le fond ou la forme, c’est plutôt un ressenti personnel que je partage avec vous. Le premier, c’est l’absence d’un récapitulatif au début du roman. Je vous conseille de lire ces deux tomes à très peu de temps d’intervalle car personnellement, j’ai mis du temps avant de replacer tout le monde au bon endroit. Faut dire que ma lecture précédente date de plus d’un an… Surtout que, par moment, l’auteure utilise le surnom du Viper dont elle parle, mais parfois, elle se sert de son vrai nom et quand on a oublié qui est qui, on s’y perd. Peut-être y penser pour le tome 3?

Le second, c’est le personnage de Kayla… Franchement, j’ai envie de lui coller une paire de claques (dans la version tout public, ma vraie pulsion est un brin plus violente). Sans trop vous spoiler -parce que c’est expliqué dans le premier chapitre du roman- Kayla est l’ancienne fiancée de Blayne, Blayne, supposé être mort dans un incendie (ce qui le conduit à être intégré au programme Viper, puisque personne ne va venir le rechercher). Elle a eu un enfant avec lui… Enfant qu’elle abandonne à la garde de la fille de son logeur pour partir à la recherche de son mec, qu’elle sait être vivant. Mère de l’année, non? Surtout que son gosse, elle n’y pense pas pendant la majorité du roman, hormis à la toute fin. Y’a que moi qu’un tel comportement dérange? Alors je sais, nous affrontons tous la douleur et l’horreur d’une manière qui nous est propre mais tout au long du roman, c’est Blayne par ci, Blayne par là. Hey, Blayne est un adulte qui sait se débrouiller tout seul a priori. Ton enfant a besoin de toi, pourquoi t’es pas avec? Je ne remets pas en doute l’aspect crédible du personnage, parce que nous sommes tous différents et que des personnes comme ça existe malheureusement plus qu’on ne le croit. Mais les filles dans ce style m’énervent prodigieusement et comme c’est une des protagonistes principales de ce tome… Bref. En plus, Zeera n’apparaît presque pas alors que c’est un personnage vraiment plus intéressant. Et quand elle est présente, elle a un comportement de gamine assez exaspérant et loin de l’image que je gardais d’elle. Autant l’auteure est douée avec les personnages masculins, autant les filles, c’est pas loin de la catastrophe.

N’empêche, même si je me suis un peu emballée (non mais Kayla quoi ?! ***** !) dans le paragraphe précédent, Project Viper Faceless est un bon roman. Il est bien écrit et beaucoup mieux équilibré que le tome 1 (qui a été retravaillé depuis la version que j’ai lue, d’ailleurs). On sent que l’auteure s’améliore et fait de gros efforts sur son écriture, sur son intrigue. Si quelques éléments restent prévisibles et certaines scènes maladroites (surtout les rares moments d’intimité physique en fait) l’histoire est prenante et les personnages attachants. D’ailleurs, le manichéisme n’a pas sa place dans Project Viper, tout est en nuances de gris et ça mérite d’être relevé ! Parce que, personnellement, j’adore ça.

En bref, je vous recommande de découvrir Project Viper. Déjà, parce que c’est la première saga publiée d’une jeune auteure française qui en veut et qu’il faut soutenir les talents locaux. Ensuite, parce qu’écrire et lire du cyberpunk à la française n’est pas si courant donc rien que pour l’expérience, c’est à tenter. Enfin, parce que ça vous permet de valider un défi du Printemps de l’Imaginaire Francophone 😛 Plus sérieusement, Project Viper est une saga avec du potentiel. C’est un bon divertissement que je recommande chaudement mais attention, âmes sensibles s’abstenir !

Paradoxes #2 Destins – L-A Braun

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Destins est le second tome de la trilogie Paradoxes, écrite par L-A Braun, une auto-éditée belge. C’est un roman plutôt difficile à classer, de l’urban fantasy anticipation policier… Mais pourquoi chercher à faire entrer dans une case un roman qui prend soin de ne pas parfaitement y coller? Les deux premiers tomes de Paradoxes sont disponibles en papier au prix de 18 euros par tome et en numérique, au prix de 4.5 euros, sur la plateforme kobo.

Nous retrouvons les personnages où nous les avons laissés. Pour rappel, voici les bases de l’histoire: nous suivons l’inspecteur Jared Thorpe du MAA (Ministère des Affaires Anormales) dans un Bruxelles du 22e siècle, qui enquête à l’origine sur une affaire de meurtre apparemment commis par un loup-garou. Cela le forcera à plonger tête la première dans de vieux conflits surnaturels, mais également de découvrir qu’il n’est pas tout à fait normal lui-même.

Dans ce tome, on en apprend davantage sur le passé du héros. On commence d’abord par un rappel des évènements importants de Nyatayah, puis par une nouvelle d’un centaine de pages qui raconte la première enquête de Jared et Nouria. Ce supplément peut d’abord surprendre, mais il n’est pas question d’un simple bonus. Rien n’est jamais un hasard, avec L-A Braun, soyez attentif au contenu de ce texte ! Cette nouvelle terminée, où retrouve Jared où on l’a laissé (je ne peux pas développer davantage sans spoiler) et l’enquête continue ! Ou plutôt, les enquêtes, parce que Jared n’a pas une minute à lui et a décidément un super-pouvoir quand il s’agit de s’attirer des problèmes… Difficile d’imaginer que tous ces évènements se déroulent en l’espace d’une petite semaine, et pourtant.

Destins est un roman très dynamique, bourré d’action. On ne s’ennuie pas une minute et on tourne les pages avec facilité, sans s’en rendre compte. On arrive à la fin du roman avec surprise et frustration (non mais c’est quoi cette fin, franchement ?!). Le dynamisme est porté par la plume de l’auteure qui est travaillée, malgré quelques maladresses restantes, mais également par tous les nouveaux personnages que l’on rencontre. A ce sujet, j’ai regretté qu’ils ne soient pas toujours suffisamment développés. Ils sont des esquisses, posés dans le décor, des ombres sur lesquelles on ne peut que s’interroger. L’effet est probablement voulu, on connaît les inspirations de l’auteure, mais j’aurai aimé en apprendre plus sur eux, ne pas avoir l’impression qu’ils sortaient de nulle part, comme si l’univers était trop dense pour tenir dans une seule trilogie. Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire au moment de me faire cette réflexion, parce que j’ai eu exactement le même problème dans ma dernière saga. On sent que l’auteure a développé un univers fourni, fouillé, travaillé, et qu’elle a envie de nous le présenter dans toute sa subtilité. Sauf qu’on est parfois noyé par ces informations.

Autre souci qu’il faut relever : les coquilles. On sent que c’est le début de l’expérience en auto-édition de l’auteure. Il reste des répétitions, quelques coquilles, qui témoignent de la jeunesse de son écriture (à l’époque) mais aussi du chemin qu’elle a parcouru depuis. Au fond, lire Paradoxes et passer à un autre texte de L-A Braun ne peut qu’être bénéfique, il est la trace flagrante de son évolution.

En bref, ce tome 2 de Paradoxes tient ses promesses. C’est un page-turner dans lequel on se plonge avec facilité et qui nous entraine dans son univers sans qu’on ne s’en rende compte. S’il reste quelques bémols, qu’on impute volontiers au fait que ce soit la première saga de l’auteure, ainsi que de l’auto-édition, ça ne gâche pas l’aventure pour autant. Je recommande donc ce roman dont l’action se déroule à Bruxelles (pour une fois !) parce que même s’il n’est pas parfait (quel livre l’est?) il mérite qu’on s’y attarde et, avec un travail un peu plus poussé, a les qualités pour marquer durablement la littérature imaginaire belge.

UP / Paradoxes #1 Nytayah – L.A. Braun

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Nytayah est le premier tome de la trilogie Paradoxes écrite par L-A Braun – auteure, une auteure belge auto-éditée que j’apprécie énormément, à force vous le savez. Les deux premiers tomes sont déjà disponibles en commande auprès d’elle au prix de 18 euros pièce. Si vous préférez le numérique, ils sont également sur kobo au prix de 4.5 euros. Cette chronique se classe dans la catégorie UP, cela signifie que je l’ai préalablement écrite dans mon album facebook il y a plusieurs mois et que je la poste sur mon blog afin de donner un coup de pouce à l’auteure.

Nytayah est un roman assez difficile à classer. A mon sens, c’est de l’anticipation fantastique policière, mais pourquoi vouloir le faire entrer dans une case? Il s’est créé la sienne !
L’action se déroule à Bruxelles, pendant le 22e siècle, dans une ville en train de se reconstruire après un cataclysme qui a amené la mer à ses portes. On suit Jared, inspecteur de police dans une brigade spécialisée dans les crimes surnaturels, qui enquête sur une série de meurtres perpétrés, semble-t-il, par un loup-garou. Sauf que les choses vont se corser… A priori, le scénario semble assez banal mais ce serait une erreur de s’y fier ! L’intrigue recèle bon nombre de surprises et d’imprévus, un bestiaire fantastique très foisonnant dans un univers futuriste simple mais logique. Au programme: vampires, garous, anges, démons mais aussi des êtres plus mystérieux. Je ne vous en dis pas trop, pour ne pas risquer de vous gâcher le plaisir. L’enquête ouvre sur autre chose et le personnage de Jared se révèle plus surprenant qu’au premier abord.

Plus que l’intrigue, je trouve que les personnages dans ce roman sont intrigants et intéressants. Jared, le héros, tout particulièrement, qui correspond à cette image de flic de série noire qui, personnellement, me plait beaucoup. Son collègue Nouria a également su me toucher, ainsi que ce mystérieux libraire.. Mais qui est-il?! On retrouve au fil de l’histoire plusieurs personnages brièvement esquissés mais auxquels l’auteure parvient à donner une personnalité propre, sans tomber dans le cliché, ce qui est un tour de force.

Ce tome pose les bases de l’univers mais ouvre également à de nombreuses interrogations. Contrairement à certains tomes introductifs, celui-ci n’est pas en reste côté action. Laure-Anne a prévu de quoi nous tenir en haleine au fil des bagarres plus ou moins violentes, dans des scènes d’actions vraiment bien décrites, surtout pour un premier roman.

Quant à son écriture, elle me parle et dénote une vrai personnalité littéraire. J’ai eu l’impression de relire la chienne de l’ombre (sur un plan de style, pas de contenu, Laure-Anne a son propre univers!), on y retrouve quelques maladresses, quelques répétitions, propre à tout premier roman, mais qui ont été corrigées dans la réédition du roman. Pourtant, ça ne gâche pas du tout l’expérience et ça souligne surtout l’envie qu’a l’auteure de s’améliorer sans se reposer sur ses lauriers, ce qu’on peut saluer.

En résumé, j’ai passé un bon moment avec ce tome de Paradoxes, le premier roman d’une auteure belge prometteuse, rigoureuse, professionnelle et adorable sur un plan humain. Je vous le recommande si vous avez envie de découvrir une Bruxelles futuriste dans une ambiance série noire et fantastique. Suivez-la de près, elle promet. Dès que j’ai terminé ma lecture en cours, il est prévu que je lise le tome 2 !

Athnuachan #1 L’Académie – Cyrielle Bandura

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Athnuachan – l’Académie est le premier tome d’une saga écrite par une jeune auteure auto-éditée sur Amazon, Cyrielle Bandura. Certains le savent peut-être mais Cyrielle est une amie et c’est toujours angoissant pour moi de lire le roman d’une personne dont je suis proche. J’ai peur de ne pas aimer, de ne pas savoir en parler, de vexer dans mon retour. Mais la plus belle preuve d’amitié n’est-elle pas l’honnêteté? Avant de développer ma chronique, quelques informations supplémentaires sur le premier volume d’Athnuachan: il est disponible en numérique (4.50 euros) et en papier (16euros) sur amazon. Il s’agit d’une série de fantasy post-apocalyptique (un peu dans la même idée que les Chroniques de Shannara, donc un retour en arrière de l’humanité après un trop plein technologique) inspirée de la mythologie celtique.

Athnuachan nous raconte l’histoire de Sélène, une jeune fille qui a été appelée à l’Académie des Guerrières, supposées protéger Mór-roinn des attaques de Dragons. Sélène n’a jamais aimé les femmes de l’Académie, qu’elle qualifie volontiers de harpies, mais elle ne veut pas faire honte à sa mère et se résout donc à y aller. Ce roman est avant tout l’histoire de son initiation, de son entraînement, de la manière dont elle va mûrir et découvrir les secrets qui entourent son existence. Comme Sélène ignore beaucoup de choses au sujet des Gardiennes, nous découvrons et apprenons l’univers en même temps qu’elle, au travers de ses cours, de ses propres interrogation, ce qui nous permet d’obtenir énormément d’informations et de ne pas se perdre dans la lecture.

Le roman s’étale sur plusieurs années, douze ans exactement et j’ai regretté qu’il n’y ait pas de repères chronologiques au début des chapitres, pour qu’on puisse mieux ressentir le temps qui s’écoule. C’est un détail, mais ça m’a manqué, même si ça ne nuit pas à la compréhension du roman en lui-même.

Sélène est une héroïne intéressante, profonde et travaillée. Le roman est écrit à la première personne, au passé simple. Nous vivons donc tout à travers ses yeux, ce n’est pas une gentille petite fille parfaite ni une rebelle sans cervelle qui va mettre tout le monde en danger avec ses caprices. Elle sonne vraie, humaine, elle a ses qualités et ses défauts, toute en nuance. Ses relations avec les autres sont toujours uniques, j’ai eu l’impression d’être transportée dans cet univers avec elle et j’ai trouvé agréable que, pour une fois, on ne nous serve pas une romance entre l’héroïne et son meilleur ami, ou l’éternel triangle amoureux. Il y a bien une relation intime, mais elle n’écrase pas le récit, loin de là. D’ailleurs, les différents passages entre les combats, le développement psychologique et les découvertes diverses sont bien rythmés. J’ai parfois ressenti quelques longueurs, mais j’ai lu le roman en étant dans un état de fatigue avancé (au retour des Aventuriales) du coup ça joue aussi.

L’univers d’Athnuachan est très riche. On sent que l’auteure s’est arrêtée sur tous les détails, qu’elle a beaucoup songé à la cohérence de son roman. Il y a un véritable travail derrière, un travail très soigné qu’on peut saluer. Cela évite à Athnuachan de tomber dans les pièges des premiers romans, des facilités scénaristiques. Certains éléments sont plutôt prévisibles, comme l’identité du père de Sélène ou son avenir au sein de l’Académie, mais ça n’empêche pas le roman de nous réserver un sacré lot de surprises.

Pour résumer, Athnuachan est un excellent premier roman. J’ai toujours du mal à croire que c’est le premier, d’ailleurs ! Son récit a une construction assez classique (celui de l’initiation de l’héroïne) mais il est très documenté avec une mythologie qui lui appartient tout en s’inspirant de diverses sources qui raviront, notamment, les fans de mythologie irlandaise. Je le recommande chaudement à tous les amateurs de fantasy, laissez-vous tenter et suivez cette auteure prometteuse !