Les découvertes de l’ombre #14

Bonjour à tous, lecteurs confinés !
J’espère que vous lisez cet article en étant en bonne santé et que vous ne vivez pas trop mal cette situation. De mon côté après une panne de lecture, je me suis remise en selle et j’ai découvert quelques romans sympathiques sur la blogosphère. Je me devais donc de vous en faire profiter histoire que vous puissiez préparer une petite liste de romans à acheter après le confinement 😉

En quelques mots, je vous rappelle le concept: Au quotidien, je suis beaucoup de chroniqueurs (vive l’application WordPress !) qui me font découvrir des livres intéressants. Ces livres, je me les note toujours sur le bloc-note de mon téléphone (merci à toi qui remplace le post-it que je perdais tout le temps). Puis je me suis dit… Bon sang que tu es égoïste ! Fais donc partager tes découvertes au monde entier, mets en danger les comptes en banque et les PàL qui menacent déjà de s’écrouler !

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Blog : Ma Lecturothèque
J’ai d’abord été intriguée par le titre de cet ouvrage et sa couverture. Puis j’ai découvert un roman surprenant qui semble rassembler des ingrédients qui me plaisent : de l’action, de l’humour, des flingues, de la magie… des héroïnes lesbiennes, trans… Même des vampires ! J’étais scotchée qu’on puisse rassembler autant d’éléments dans un texte et susciter un tel enthousiasme. Je n’ai pas encore lu de romans de cette autrice mais je compte bien me lancer sous peu.

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Blog : Le Culte d’Apophis
C’est en discutant dans les commentaires sur une chronique (le jeu de la Trame) que le Grand Serpent m’a conseillé cette saga. En gros, elle réussit là où le Jeu de la Trame a échoué et est une référence en matière de fantasy japonisante. J’ai même pas été lire le résumé ni rien, je l’ai mis direct dans ma wishlist de sortie de confinement. J’accorde trop de confiance à ce serpent. Bon j’avoue, en préparant cet article, j’ai quand même été lire sa chronique 😉

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Blog : Ma Lecturothèque
Il y a cinq ans, juste après avoir fêté mes treize ans, j’ai tué ma meilleure amie.
WHAT. THE. FUCK. Voilà ce que je me suis dit en lisant la 4e de couverture au début de l’article de Ma Lecturothèque. Puis j’ai appris que les trois filles lisaient, écrivaient de la fanfiction… Je n’ai pas eu besoin de davantage pour avoir très envie de lire ce roman. Ce sont des thématiques qu’on n’aborde pas si souvent donc c’est l’occasion.

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Blog : L’Apprenti Otaku
L’ami Otaku a encore frappé ! J’avais déjà entendu parler de ce manga sur un autre blog (celui du Chroniqueur si je ne me trompe pas) mais je n’étais pas plus tentée que ça. J’ai eu besoin de la lecture de cette chronique pour me laisser séduire. D’autant que les trois premiers tomes étaient offerts en numérique pour le confinement ! Je les ai donc téléchargés et nous verrons ce que ça donne. J’ai également découvert à cette occasion que je pouvais lire des mangas sur ma liseuse. Comme quoi ! (oui après coup ça paraît évident mais je suis un peu quiche parfois.)

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Blog : Mutin Lutin (Albdo!)
J’ai lu début d’année un roman de Poul Anderson qui m’avait vraiment enthousiasmée. Il y a quelques jours, l’amie Lutin a publié une chronique sur une nouvelle de Poul Anderson où elle remarquait une certaine similitude d’ambiance avec l’épée brisée. En plus, cette nouvelle est publiée au Bélial et a reçu de nombreux prix… Comme je suis toujours en recherche de lectures pour le Projet Maki, impossible de passer à côté.

Et voilà c’est déjà terminé pour cette fois ! Nous sommes donc à une tentation pour le Chroniqueur, Célinedanae, FungiLumini, l’ours inculte, les livres de roses, my dear ema, l’Apprenti Otaku, Lutin et songes d’une walkyrie. Ma Lecturothèque se démarque déjà avec deux tentations d’un coup ! Toutefois, nous comptabilisons quatre tentations pour le Grand Serpent qui maintient son avance. Mais qui pourra le détrôner ?

Et vous, vous avez découvert quelque chose d’intéressant récemment? 🙂

Neph et Shéa #1 La Fuite – Aline Wheeler

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La Fuite est le premier tome de la saga fantasy Neph et Shéa proposé par l’autrice belge Aline Wheeler. Disponible en auto-édition, vous trouverez cet ouvrage sur bon nombre de plateformes dédiées, autant en papier (au prix de 16 euros) qu’en numérique, avec également une version disponible pour les personnes dyslexiques !
Ce roman est ma huitième lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire francophone.

Le roman se déroule en Tell’Andra, un monde imaginaire de fantasy médiévale. Nous y rencontrons deux personnages. D’un côté, Neph qui veut échapper à une destinée guerrière alors qu’il est barde et de l’autre Shéa, héritière de la Tour des Ombres qui doit s’enfuir pour sauver sa vie face aux velléités meurtrières de sa famille. Leurs chemins vont se croiser et les mener jusque chez Berth, un étrange vieux monsieur qui a plus d’un tour dans son sac et se révèle proche ami de la Reine. Cette dernière va leur confier une mission d’escorte qui en cache une autre, un peu moins officielle.

J’ai un moment hésité à chroniquer ce texte, je voulais prendre le temps de bien réfléchir sur ce que j’allais dire à son sujet. Ce qui est certain, c’est que ce n’est pas mon genre de fantasy. Elle est trop accessible, trop tout public et comporte pas mal d’éléments trop attendus à mon goût. On reste dans un texte assez classique dans un univers médiéval qui répond aux codes du genre. Et ce n’est pas un mal ! Je ne doute pas que ce texte plaira à un grand nombre de lecteurs, simplement je ne suis pas le public cible.

Au fil de ma lecture, j’ai eu le sentiment de me retrouver dans un jeu vidéo. Le premier nom qui me vient à l’esprit étant World of Warcraft, mais c’est peut-être parce que j’y joue sans discontinuer depuis 2014. Rien que la couverture qui donne directement le ton, je trouve que le personnage féminin (pour représenter Shéa?) ressemble furieusement aux kaldoreis. Toutefois, ce n’est pas une gêne en soi puisque le contenu répond à l’attente du graphisme soigné (parce qu’elle claque quand même cette couverture !), surtout dans la forme narrative et dans la présentation des protagonistes.

En effet, les personnages entrent tous dans des cases attendues et propres au genre littéraire. J’aurai souhaité davantage de nuances sur leur psychologie et leur histoire personnelle. Il est certain qu’on ne peut pas révolutionner le genre à chaque livre toutefois la Fuite souffre des défauts inhérents à un premier roman. Il manque de prise de risque et les scènes d’exposition à travers laquelle l’autrice développe son univers, dans une série de dialogues entre plusieurs personnages, sonnent artificielles. Du coup, difficile de vraiment s’attacher à l’un des héros. Sans compter que le ton général est trop positif, trop de bons sentiments qui me paraissent faux mais j’admets volontiers que je suis miss cynisme et faux-semblants en mode esprit tordu, du coup forcément…. Peut-être que, dans le second tome, l’autrice étonnera ses lecteurs là-dessus mais pour le moment tout le monde fait confiance un peu trop facilement à des inconnus sous prétexte d’un lien familial inconnu jusqu’ici. Les personnages ne sont pas assez méfiants compte tenu de leur histoire personnelle (surtout Shéa) et c’est dommage. J’aurai aimé plus de tensions mais ces choix narratifs collent bien au message positif sur la ténacité et l’espérance qui traverse tout le roman.

Pourtant, ce texte est pas mal, d’autant qu’il s’agit d’un premier roman et en auto-édition ! Alors oui, il y a parfois des scènes d’exposition pas forcément utiles et quelques fautes se cachent encore au détour du texte mais je trouve que globalement, le travail de l’autrice est soigné, ce qui n’est pas une mince affaire quand on s’occupe de tout soi-même. Elle propose un univers bien à elle et hyper référencé qui plaira pourtant davantage aux novices qu’aux habitués mais il faut des romans pour tous les publics. Au fond, Neph et Shéa est parfait pour s’initier au genre de la fantasy et c’est davantage dans ce but que je le recommande. D’autant que la plume de l’autrice est simple et accessible. Aline Wheeler dépeint son univers avec brio et on n’a aucun mal à se représenter non seulement les paysages mais aussi les scènes d’action hautes en couleur qui rappellent le médium vidéoludique. J’ai beaucoup aimé ces sorts colorés, ces ombres insidieuses, ces combats bien menés, c’était rythmé et prenant.

Pour résumer, même si ce roman n’était pas accordé à mon goût personnel, je n’ai aucun mal à lui trouver des qualités qui en font un titre parfait pour s’initier à la fantasy. L’aspect jeunesse justifie certains de ses défauts et le travail en auto-édition de l’autrice est assez remarquable, surtout pour le paysage francophone. Son univers dispose d’une véritable identité et sa plume dynamique rend l’action vivante. En tant que lecteur, on n’a aucun mal à se laisser emporter dans ce bon divertissement de fantasy médiévale.

E-STORIC – Thomas Palpant

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E-STORIC
est un one-shot d’anticipation écrit par l’auteur français Thomas Palpant et auto-édité. Vous pouvez retrouver le service presse sur Simplement.Pro ou vous procurer le roman sur Amazon.
Je remercie chaleureusement l’auteur pour ce service presse !
Ce roman entre dans le cadre du challenge S4F3 organisé par Albédo.

J’ai découvert ce roman sur le blog Et tu lis encore Emma. Je ne pense pas que j’y aurai prêté attention sans avoir lu sa chronique, pas parce que ça ne m’intéresse pas mais parce que je fouille assez peu sur ce site en général, sauf pour les éditeurs que je connais déjà. Donc j’en profite pour la citer et la remercier car j’ai été ravie de plonger dans cet univers.

Et si, un jour, vous pouviez consulter l’historique internet de n’importe qui? Que se passerait-il? Cèderiez-vous à la tentation? Respecteriez-vous la vie privée de vos voisins, de vos amis, de votre famille? C’est le principe de ce roman d’anticipation écrit à la première personne, qui se construit comme un questionnement autour des questions du respect d’autrui, de la vie privée et des dérives de la technologie. Un roman moderne, coup de poing, qui ne vous laissera pas indifférent.

Nous suivons un personnage pas vraiment identifié qui nous raconte cet épisode de l’Histoire numérique de l’humanité, un épisode qui s’étend sur six années. Nous suivons, à travers son regard et ses réflexions, les réactions d’une société européenne face à ces divulgations. La colère d’abord, la solidarité, le rejet puis la curiosité malsaine et finalement, les dérives qui vont de plus en plus loin. Je ne vous spoile pas le contenu du livre parce qu’à chaque chapitre (qui sont courts et dynamiques) on tombe un peu plus dans l’excès et quand on se dit que non, ce n’est pas possible… Et bien on se ravise immédiatement. Finalement, l’auteur n’exagère pas et ça rend ce livre terrifiant.

Lisons-nous vraiment une œuvre de fiction? C’est la question que je me suis posée tant la situation posée par Thomas Palpant ne parait pas si insensée que ça, elle est presque prémonitoire. Ce genre de chose pourrait vraiment arriver et ça pousse à réfléchir. Du propre aveu de l’auteur dans les dernières lignes de son roman, c’est ce qu’il espère provoquer chez ses lecteurs: une réflexion, une prise de conscience. Dans mon cas, le pari est réussi. J’ai été saisie, interpelée, ça m’a vraiment plu.

Dans cette perspective, ne vous attendez pas à des personnages très développés. Ils existent surtout pour remplir une fonction, même le héros est là pour nous permettre de nous glisser dans sa peau, de nous mettre à sa place et c’est très réussi. Chacun représente une façon de réagir face à cette crise, ce qui permet de représenter tous les types de profils. Si j’aurai aimé que l’auteur prenne davantage son temps pour développer plus de détails, je dois avouer qu’E-STORIC se lit d’une traite, sans aucune difficulté et nous met un coup de point bienvenu.

Pour résumer, j’ai passé un excellent moment avec cette lecture. Thomas Palpant nous offre un roman très intelligent sans pour autant nous infliger un ton moralisateur. Il nous pousse à réfléchir sur la technologie mais aussi sur l’humanité, la notion de vie privée (trop souvent mise à mal de nos jours) et les dérives diverses et variées. Je trouve ce livre très bon et je le recommande chaudement, il fait partie de ces ouvrages modernes qu’on doit lire pour prendre conscience de nos actes et de nos habitudes. Bravo à l’auteur pour ce texte ! Je le recommande chaudement.