Mémoires Assassines – Christelle Colpaert-Soufflet

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Mémoires Assassines est un thriller en un volume écrit par l’auteure française (du nord !) Christelle Colpaert-Soufflet. Réservé à un public averti, ce roman est disponible chez Livr’s Éditions au prix de 19 euros dans la collection Suspense. Je vous l’annonce déjà: ce fut un coup de cœur !

Dix-sept mois après une agression violente qui a failli lui coûter la vie, Eva Lorca sort finalement de l’hôpital et emménage dans une nouvelle maison offerte par son mari en échange de son accord pour le divorce. En effectuant des travaux, elle découvre un coffre au grenier contenant les mémoires de Henri Ficheaux, l’ancien propriétaire, qui est également un tueur en série. Elle va se plonger dans les détails les plus intimes de sa vie et y voir un moyen de revenir sur le devant de la scène. Parce que Eva était chroniqueuse pour « Murmures d’ici et là » et elle n’a aucun doute que l’histoire de Henri va lui rouvrir les portes de la gloire.

Je sais, à première vue, le résumé peut sembler cliché, banal, vu et revu… C’est aussi ce que je me suis dit. Et pourtant ! On en est loin. J’ai tellement à dire sur ce livre… Je l’ai lu en 24h et ça m’a même fait du mal de le poser sur ma table de nuit pour dormir, tant je souhaitais connaître la suite. Tout ce que j’aime s’y trouve: un personnage féminin qui sort du lot, un tueur en série, des scènes gores mais pas gratuites, du sexe non censuré mais pas inutile, tout est bien dosé, pour maintenir un intérêt constant du début à la fin.

Au départ, nous rencontrons le personnage d’Eva, qui est une femme brisée suite à son agression, abandonnée par son mari qui lui préfère une fille nettement plus jeune et qui emmène leur fille adoptive avec eux pour une question d’équilibre. Son amant l’exaspère, et on découvre rapidement qu’Eva n’est pas simplement une pauvre petite victime. C’est une femme avec ses vices, sa fierté, son égoïsme aussi. Elle est manipulatrice, pense à sa carrière, mais elle n’est pas pour autant foncièrement mauvaise, elle est juste… Humaine. Dans le bon et le mauvais sens du terme. Elle peut paraître antipathique au premier abord mais j’ai pourtant assez rapidement accroché à sa façon d’être et de voir le monde. Même si je n’adhère pas sur un plan personnel, c’est quelque chose que je comprends, que je conçois, et qui la rend réelle.

Eva est agoraphobe depuis son accident et elle a un grand jardin non entretenu dans sa nouvelle maison. Serviable, son amant (bien pénible au passage ce Stefan) lui envoie son frère, habitué des petits boulots, pour le remettre en état et une relation nait assez rapidement entre elle et le frère en question, prénommé Laurian. Ce personnage va avoir une grande part dans l’histoire et j’avoue que pendant tout un temps, je ne savais pas trop quoi penser de lui. Salaud opportuniste? Homme sincère? Je ne vais pas trop en révéler pour ne pas vous gâcher la surprise, mais il est présent avec Eva tout au long de l’histoire et finalement, je l’aime bien ce garçon !

A partir du moment où notre héroïne découvre les cahiers d’Henri, nous oscillons entre le passé et le présent. Au départ, lire ces mots l’effraie mais très vite, ça la passionne et elle se sent entraînée dans la vie de ce tueur en série. Elle le comprend, le décrypte. C’est un homme à la fois fascinant et répugnant et j’en profite pour pointer ici un élément supplémentaire en faveur du roman: l’auteure ne tombe pas dans le piège de trop en dire dans les journaux d’Henri. Il est courant, quand on lit ce type d’extrait dans un roman, que l’auteur se laisse aller à trop de descriptions et que ça sonne faux, parce que personne n’écrirait son journal intime comme ça. Ici, Christelle Colpaert-Soufflet maîtrise très bien cet aspect de son histoire et on peut la féliciter pour cela.

A l’instar d’Eva, j’ai été fascinée par Henri et très honnêtement, je ne m’attendais pas à ce que l’histoire prenne cette tournure. J’ai envie de deviser des heures sur le sujet mais je ne veux pas spoiler dans ma chronique. Je vais donc me contenter de dire que ça m’a tenue en haleine, que l’auteure n’a pas peur de décrire les vices et les exactions d’Henri, que personne n’est épargné, pas même les animaux (RIP Pilou). Elle a même réussi à me faire grimacer une fois ou deux, c’est dire !

Son style d’écriture est très immersif. C’est un roman à la première personne et nous sommes dans la tête d’Eva, avec les douleurs consécutives de son agression (elle a eu presque tous les os brisés) ses doutes sur elle-même, sur son corps, sur ce qu’elle est et ce qu’elle veut devenir. Cela permet de brasser, finalement, énormément de thématiques et même si sa reconstruction passe à travers un tueur en série, j’ai trouvé l’histoire intelligente, bien amenée. L’auteure ose sortir des sentiers battus et bon sang ce que ça fait du bien !

En bref, je recommande très chaudement Mémoires Assassines qui est un très bon roman écrit par une auteure talentueuse que j’ai été ravie de découvrir pour la première fois. C’est l’histoire d’une renaissance doublée d’une plongée dans les abysses, dans ce que l’humanité peut avoir de pire, le tout traité avec subtilité et intelligence. Je sais déjà que je vais me plonger dans ses autres récits car elle a une mentalité et une plume vraiment plaisante.

FOCUS – Mon bilan lecture de 2017

Bon, en vrai, je triche un peu !
J’ai fait les comptes: du 15 décembre 2016 au 15 décembre 2017, j’ai lu en tout 66 romans (si si, je vous jure…) et 43 mangas. Ce qui fait plus d’un roman par semaine. Je sais que beaucoup sont à davantage mais je lis pour le plaisir et je vous en parle pour la même raison. Je précise toutefois que je n’ai pas compté les livres / les articles lus dans le cadre de mes études.

Dans tout ça, il y avait du bon et du moins bon. Je vous propose donc de découvrir mon petit bilan personnel, qui mettra l’accent uniquement sur le positif ! Comme toujours sur le blog.

Ma plus belle découverte française de l’année:
Sans conteste, il s’agit de Morgane Caussarieu. Une auteure qu’on a passé des années à me recommander (enfin, depuis 2015 quoi), que j’ai longtemps boudé, pour finalement la découvrir grâce aux promotions de l’été chez Mnémos. Et quel bonheur ! Une Poppy Z Brite à la française qui a su s’affranchir de cette étiquette, définir sa propre personnalité littéraire. Si « Dans les veines » rappelle l’iconique auteure américaine, « Chéloïdes » ne manquera pas de vous retourner complètement le cerveau. Sans parler de sa nouvelle parue dans « Black Mambo » ! J’adore découvrir les connexions entre chaque texte et j’ai hâte de vider ma PAL papier pour enfin dévorer « Je suis ton ombre » qui est le dernier roman qu’il me reste à lire d’elle. Notez qu’en février, elle va en sortir un nouveau dans la collection Naos de chez Mnémos et j’ai vraiment hâte. En bref, si vous aimez les univers malsains, trashs, etc. c’est un must-read.

Ma plus belle découverte belge de l’année:
Mon cœur a balancé entre deux noms mais je me dois d’être honnête, il s’agit de Vincent Vallée. Rien ne le prédestinait à figurer dans ce classement, puisqu’il écrit de la littérature générale, mais « Verlaine avoue Rimbaud » m’a complètement bouleversée. J’ai adoré chaque ligne de ce merveilleux ouvrage que je vous recommande plus que chaudement. Quant à l’autre nom, il s’agit d’Emilie Ansciaux.  J’ai trop longtemps laissé de mauvaises langues me détourner de ses écrits et j’ai découvert « la Mélodie » (un roman court et effrayant) avec grand plaisir. Elle dispose de vraies qualités littéraires et son dernier roman attend sagement dans ma PAL que ma bookjar daigne l’en sortir. Je vous invite à vous pencher sur la bibliographie de ces deux auteurs belges qui méritent d’être découverts !

Ma plus belle découverte littéraire de l’année:
Il ne s’agit pas tant d’un auteur que d’une série, trilogie devenue quadrilogie (j’attends la version poche pour que ça ne cloche pas dans ma bibliothèque mais vous n’imaginez pas comme c’est difficile…). Si vous me suivez un peu, vous savez que je parle de «Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé » de Raphaël Albert. J’ai eu un énorme coup de cœur pour le personnage de Sylvo, un anti-héro elfique vraiment hors du commun. J’en ai longuement parlé dans mon article sur la trilogie (donc je vais éviter de continuer à radoter ->) mais je ne peux que vous encourager à découvrir cette histoire peu banale, elle vaut vraiment le détour et a su me faire vibrer sur le long terme.

Ma plus belle découverte manga de l’année:
J’ai hésité entre plusieurs séries mais rendons à César ce qui est à César… Ou plutôt, donnons-le à Atchepsout, la Reine d’Égypte de chez Ki-oon ! Ce manga ne m’attirait pas du tout au premier abord, je n’aimais pas la couverture du tome 1 (à cause des yeux du personnage) et je ne l’aurai jamais lu si je n’avais pas fait la file pendant deux heures à Livre Paris pour rencontrer l’auteure, afin de lui faire signer un exemplaire pour Kazabulles, ma librairie favorite. Cette série est extraordinaire, prenante, dure, bien documentée, on s’attache immédiatement à l’héroïne et on attend chaque tome en trépignant d’impatience. Sérieusement, si vous ne devez lire qu’un seul manga, lisez celui-la !

Et voilà, c’est tout pour 2017 ! Concernant 2018, j’attends tellement de romans que je vais vous épargner la longue liste. Je sais que ça va être une année riche en excellentes lectures et je me réjouis déjà d’y être. Et vous, quels sont vos coups de cœur pour 2017 ? Dites-moi tout dans les commentaires !

Memorex – Cindy Van Wilder

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Memorex est un roman d’anticipation écrit par Cindy Van Wilder (une auteure belge !) et publié chez Gulf Stream dans la collection Électrogène, il s’agit donc d’un one-shot. Vous pouvez vous procurer ce livre en librairie puisque l’éditeur est bien distribué, au prix de 17 euros.

Je connais Cindy Van Wilder depuis un bon moment maintenant, via Agnès Marot (dont je vous recommande la lecture d’I.R.L dans la même collection). J’ai directement eu envie de découvrir cette auteure sympathique au rire devenu légendaire sur les salons du livre, sans toutefois parvenir à me décider par quel titre commencer. D’autant que, elle et moi, on joue vraiment de malchance. Soit j’ai dépassé mon budget, soit j’ai dû annuler ma venue en salon, soit j’ai dû partir trop vite, bref… Une fois aux Halliénnales, assis quasiment en face d’elle, toutes les conditions étaient réunies pour que je craque enfin ! Et quoi de mieux qu’un one-shot pour découvrir un auteur? Voilà comment Memorex a rejoint ma PAL.

Memorex raconte principalement l’histoire de Réha, une jeune fille dont la mère est morte un an auparavant dans un attentat perpétré contre sa fondation, Breathe. Depuis, tout s’effondre autour d’elle, sa famille se délite, son frère jumeau n’est plus le même, son père s’enferme sur son île privée… Et elle reçoit un mystérieux e-mail, qui lui laisse penser que bien des mystères sont encore à éclaircir autour de cet attentat, dont le coupable n’a toujours pas été arrêté.

Je ne savais pas quoi penser de la 4e de couverture. A priori, ce n’était pas trop mon genre de lecture mais Agnès m’a bien vendu le livre et j’ai été très agréablement surprise par son contenu. Réha est une jeune femme qui évolue dans un milieu social aisé (académie privée, enfance sereine loin des soucis financiers sur Star Island, etc.) mais qui n’en est pas snobe pour autant. Elle est fragile, perturbée, elle souffre sans pour autant s’apitoyer sur son sort, elle s’interroge beaucoup sur ses émotions, les refoule sans vraiment le faire, ce qui la rend très humaine, très attachante, parce qu’on sent sa volonté de s’en sortir, de ne pas sombrer dans la folie après le drame qui l’a frappé, et toute la difficulté que cela implique.

Si j’ai aimé la suivre et découvrir les protagonistes qui gravitent autour d’elle, j’ai toutefois deviné l’intrigue assez vite. J’avoue que je ne m’attendais pas à ce que ça aille si loin pour son frère jumeau, mais on comprend rapidement certains éléments clés de l’histoire (que je ne cite pas pour ne pas vous bouder le plaisir). De plus, j’ai été un peu perturbée par le changement de narration. Avec Réha, on est à la première personne (puisque c’est le personnage principal) mais ses chapitres sont parfois suivis d’autres chapitres, qui servent à présenter son père, oncle Mike, Aïki, des rapports divers et variés… Dans ceux-ci, on passe à la troisième personne et ensuite, on retourne à la première pour les quelques chapitres consacrés à Aïki, ce qui rend le roman un peu inégal. Cela permet, certes, de comprendre les motivations et la psychologie de chacun, mais était-ce vraiment utile à l’histoire en elle-même? Et à celle de Réha? Je m’interroge.

Du coup, en tant que lectrice, ça me sortait de ma lecture, ça m’empêchait d’être à 200% avec Réha. Si j’ai bien conscience que les informations données sont importantes pour comprendre toute l’intrigue, elles en disent justement trop, trop vite, et ça nous permet de deviner les contours d’une intrigue pourtant intéressante, mais gâchée sur certains points à cause de ces chapitres supplémentaires, ce qui m’embête car construit autrement, je pense que Memorex aurait pu être un coup de cœur.

Toutefois, le point fort de ce roman se situe surtout dans les thématiques qu’il aborde. Le côté attentat a un écho avec notre actualité (bien que le contexte idéologique soit différent), les réflexions d’éthique scientifique, dans un monde de plus en plus automatisé, permettent aussi de tirer la sonnette d’alarme et de nous faire prendre conscience de problèmes qui existent déjà aujourd’hui, en 2017, et depuis plusieurs années. C’est quelque chose que j’ai vraiment apprécié, parce que ça fait de Memorex un roman engagé sans toutefois être dirigiste envers son lecteur. Outre ces éléments, on y parle évidemment de la famille, du deuil, du pardon, des apparences qui sont trompeuses… Des thèmes assez courants mais que l’auteure met en scène d’une manière qui a su me toucher. Mention spéciale à Aïki, un personnage surprenant, complexe… Je me demande si une sorte de suite le mettant en scène, pour pousser un peu plus loin l’univers, est envisageable (ou envisagée?). Quoi qu’il en soit, j’ai beaucoup aimé les jumeaux et Holy, qui s’est révélée plus chouette que prévu.

En bref, malgré quelques points négatifs, j’ai passé un bon moment avec Memorex. Je suis sortie de ma zone de confort et j’ai apprécié le voyage dans cet univers. Je le recommande aux lecteurs qui désirent lire un livre intelligent, pas seulement divertissant, un livre qui les poussera à réfléchir un peu sur le monde dans lequel nous vivons, agrémenté par quelques personnages intéressants.

Paradoxes #2 Destins – L-A Braun

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Destins est le second tome de la trilogie Paradoxes, écrite par L-A Braun, une auto-éditée belge. C’est un roman plutôt difficile à classer, de l’urban fantasy anticipation policier… Mais pourquoi chercher à faire entrer dans une case un roman qui prend soin de ne pas parfaitement y coller? Les deux premiers tomes de Paradoxes sont disponibles en papier au prix de 18 euros par tome et en numérique, au prix de 4.5 euros, sur la plateforme kobo.

Nous retrouvons les personnages où nous les avons laissés. Pour rappel, voici les bases de l’histoire: nous suivons l’inspecteur Jared Thorpe du MAA (Ministère des Affaires Anormales) dans un Bruxelles du 22e siècle, qui enquête à l’origine sur une affaire de meurtre apparemment commis par un loup-garou. Cela le forcera à plonger tête la première dans de vieux conflits surnaturels, mais également de découvrir qu’il n’est pas tout à fait normal lui-même.

Dans ce tome, on en apprend davantage sur le passé du héros. On commence d’abord par un rappel des évènements importants de Nyatayah, puis par une nouvelle d’un centaine de pages qui raconte la première enquête de Jared et Nouria. Ce supplément peut d’abord surprendre, mais il n’est pas question d’un simple bonus. Rien n’est jamais un hasard, avec L-A Braun, soyez attentif au contenu de ce texte ! Cette nouvelle terminée, où retrouve Jared où on l’a laissé (je ne peux pas développer davantage sans spoiler) et l’enquête continue ! Ou plutôt, les enquêtes, parce que Jared n’a pas une minute à lui et a décidément un super-pouvoir quand il s’agit de s’attirer des problèmes… Difficile d’imaginer que tous ces évènements se déroulent en l’espace d’une petite semaine, et pourtant.

Destins est un roman très dynamique, bourré d’action. On ne s’ennuie pas une minute et on tourne les pages avec facilité, sans s’en rendre compte. On arrive à la fin du roman avec surprise et frustration (non mais c’est quoi cette fin, franchement ?!). Le dynamisme est porté par la plume de l’auteure qui est travaillée, malgré quelques maladresses restantes, mais également par tous les nouveaux personnages que l’on rencontre. A ce sujet, j’ai regretté qu’ils ne soient pas toujours suffisamment développés. Ils sont des esquisses, posés dans le décor, des ombres sur lesquelles on ne peut que s’interroger. L’effet est probablement voulu, on connaît les inspirations de l’auteure, mais j’aurai aimé en apprendre plus sur eux, ne pas avoir l’impression qu’ils sortaient de nulle part, comme si l’univers était trop dense pour tenir dans une seule trilogie. Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire au moment de me faire cette réflexion, parce que j’ai eu exactement le même problème dans ma dernière saga. On sent que l’auteure a développé un univers fourni, fouillé, travaillé, et qu’elle a envie de nous le présenter dans toute sa subtilité. Sauf qu’on est parfois noyé par ces informations.

Autre souci qu’il faut relever : les coquilles. On sent que c’est le début de l’expérience en auto-édition de l’auteure. Il reste des répétitions, quelques coquilles, qui témoignent de la jeunesse de son écriture (à l’époque) mais aussi du chemin qu’elle a parcouru depuis. Au fond, lire Paradoxes et passer à un autre texte de L-A Braun ne peut qu’être bénéfique, il est la trace flagrante de son évolution.

En bref, ce tome 2 de Paradoxes tient ses promesses. C’est un page-turner dans lequel on se plonge avec facilité et qui nous entraine dans son univers sans qu’on ne s’en rende compte. S’il reste quelques bémols, qu’on impute volontiers au fait que ce soit la première saga de l’auteure, ainsi que de l’auto-édition, ça ne gâche pas l’aventure pour autant. Je recommande donc ce roman dont l’action se déroule à Bruxelles (pour une fois !) parce que même s’il n’est pas parfait (quel livre l’est?) il mérite qu’on s’y attarde et, avec un travail un peu plus poussé, a les qualités pour marquer durablement la littérature imaginaire belge.

UP / Paradoxes #1 Nytayah – L.A. Braun

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Nytayah est le premier tome de la trilogie Paradoxes écrite par L-A Braun – auteure, une auteure belge auto-éditée que j’apprécie énormément, à force vous le savez. Les deux premiers tomes sont déjà disponibles en commande auprès d’elle au prix de 18 euros pièce. Si vous préférez le numérique, ils sont également sur kobo au prix de 4.5 euros. Cette chronique se classe dans la catégorie UP, cela signifie que je l’ai préalablement écrite dans mon album facebook il y a plusieurs mois et que je la poste sur mon blog afin de donner un coup de pouce à l’auteure.

Nytayah est un roman assez difficile à classer. A mon sens, c’est de l’anticipation fantastique policière, mais pourquoi vouloir le faire entrer dans une case? Il s’est créé la sienne !
L’action se déroule à Bruxelles, pendant le 22e siècle, dans une ville en train de se reconstruire après un cataclysme qui a amené la mer à ses portes. On suit Jared, inspecteur de police dans une brigade spécialisée dans les crimes surnaturels, qui enquête sur une série de meurtres perpétrés, semble-t-il, par un loup-garou. Sauf que les choses vont se corser… A priori, le scénario semble assez banal mais ce serait une erreur de s’y fier ! L’intrigue recèle bon nombre de surprises et d’imprévus, un bestiaire fantastique très foisonnant dans un univers futuriste simple mais logique. Au programme: vampires, garous, anges, démons mais aussi des êtres plus mystérieux. Je ne vous en dis pas trop, pour ne pas risquer de vous gâcher le plaisir. L’enquête ouvre sur autre chose et le personnage de Jared se révèle plus surprenant qu’au premier abord.

Plus que l’intrigue, je trouve que les personnages dans ce roman sont intrigants et intéressants. Jared, le héros, tout particulièrement, qui correspond à cette image de flic de série noire qui, personnellement, me plait beaucoup. Son collègue Nouria a également su me toucher, ainsi que ce mystérieux libraire.. Mais qui est-il?! On retrouve au fil de l’histoire plusieurs personnages brièvement esquissés mais auxquels l’auteure parvient à donner une personnalité propre, sans tomber dans le cliché, ce qui est un tour de force.

Ce tome pose les bases de l’univers mais ouvre également à de nombreuses interrogations. Contrairement à certains tomes introductifs, celui-ci n’est pas en reste côté action. Laure-Anne a prévu de quoi nous tenir en haleine au fil des bagarres plus ou moins violentes, dans des scènes d’actions vraiment bien décrites, surtout pour un premier roman.

Quant à son écriture, elle me parle et dénote une vrai personnalité littéraire. J’ai eu l’impression de relire la chienne de l’ombre (sur un plan de style, pas de contenu, Laure-Anne a son propre univers!), on y retrouve quelques maladresses, quelques répétitions, propre à tout premier roman, mais qui ont été corrigées dans la réédition du roman. Pourtant, ça ne gâche pas du tout l’expérience et ça souligne surtout l’envie qu’a l’auteure de s’améliorer sans se reposer sur ses lauriers, ce qu’on peut saluer.

En résumé, j’ai passé un bon moment avec ce tome de Paradoxes, le premier roman d’une auteure belge prometteuse, rigoureuse, professionnelle et adorable sur un plan humain. Je vous le recommande si vous avez envie de découvrir une Bruxelles futuriste dans une ambiance série noire et fantastique. Suivez-la de près, elle promet. Dès que j’ai terminé ma lecture en cours, il est prévu que je lise le tome 2 !