L’armée des veilleurs #2 les Forêts combattantes – Jérôme Nédélec

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Les Forêts combattantes
est le second tome de la trilogie l’armée des veilleurs écrit par l’auteur français Jérôme Nédélec et publié chez l’éditeur Stéphane Batigne dans la collection Tri Nox, spécialisée dans l’imaginaire breton. Vous trouverez ce roman au prix de 24 euros partout en librairie.
Je remercie l’auteur pour sa confiance et l’envoi de ce service presse.

Pour rappel, je vous ai déjà parlé du premier tome. Toutefois, cette chronique ne contient pas de spoilers donc vous pouvez la lire sans crainte afin de vous mettre l’eau à la bouche !

Les Forêts combattantes prend place directement après l’action du premier tome en l’an 890. L’un des narrateurs que nous connaissions déjà (et qui n’a toujours pas de nom mais se fait surnommer Broërec à un moment donné par un ennemi donc je vais l’appeler comme ça dans ma chronique pour plus de facilité) a été missionné en compagnie de son groupe par le futur roi Alan afin de trouver un mystérieux forgeron détenteur de secrets le rendant capable de forger des armes puissantes. Parallèlement à cette action, le lecteur suit les révélations du moine Fidweten qui les transmet dans un manuscrit au crépuscule de sa vie, narrant ainsi des évènements surprenants qui se sont déroulés 60 ans plus tôt. Surprenants mais utiles à la compréhension de ce qui se passe dans le présent.

J’ai retrouvé dans cette suite les qualités relevées dans le premier tome même si elle est beaucoup plus axée sur l’aspect politique de l’univers. L’auteur est très soigneux de son contexte historique et se documente assidument sur tous les aspects de l’univers : métiers, agricultures, guerre, etc. On trouve d’ailleurs à la fin de l’ouvrage une série de lexiques sur les mots bretons, les personnages historiques, les lieux cités, qui sont très enrichissants pour la culture générale du lecteur. Certains préfèreront des notes en bas de page ou une indication comme quoi le lexique se trouve à la fin. Personnellement, l’auteur m’avait envoyé le PDF en annexe pour faciliter ma lecture numérique mais je pense aux lecteurs qui ne sont pas prévenus, ça peut perdre. J’aurai également aimé avoir un résumé du premier tome au début de celui-ci, peut-être y penser pour le dernier ? Quand on lit une petite centaine de romans par an et autant de mangas, ce n’est pas toujours évident de replacer tout le monde. Encore moins au sein d’un texte aussi dense et recherché que celui de l’armée des veilleurs.

J’ai du coup apprécié retrouver un personnage connu avec son humour et sa verve si séduisante en la personne de Broërec. Mais… Et là se situe peut-être le seul vrai reproche que j’ai à adresser à l’auteur, les parties concernant le moine Fidweten deviennent vite agaçantes.

Non pas qu’elles soient inutiles ou inintéressantes, pas du tout. Au contraire, on en apprend beaucoup sur l’univers en lui-même mais aussi sur les connaissances de l’époque dans plusieurs domaines. Elles contiennent de nombreuses révélations pertinentes qui font avancer le fond de l’intrigue mais qui mettent un temps infini à arriver d’autant l’auteur coupe toujours au moment où ça devient palpitant. Il alterne chaque fois un point de vue au présent puis un chapitre dans le passé en tentant d’installer un suspens qui, s’il fonctionne bien au départ, devient rapidement lassant. J’ai eu du mal à comprendre le pourquoi de tous ces secrets fait au pauvre moine et pourquoi il s’obstine à rester en l’état actuel. Au bout du troisième « il est trop tôt pour t’en dire plus, désolé » j’ai levé les yeux au ciel en marmonnant pour contenir mon début d’agacement.

Outre ce souci, son choix de transmettre un résumé très complet et trop détaillé de ses aventures m’a posé un souci de cohérence car vu leur situation, une lettre accompagnant les documents anciens protégés par l’armée des veilleurs aurait eu le même effet autant sur le lecteur que sur les protagonistes. À la limite, vu la révélation finale, j’aurai compris qu’il souhaite s’épancher un peu mais j’ai du mal à imaginer qu’il écrive littéralement un roman (genre qui, si je ne me trompe pas, ne colle pas à l’époque du moins pas en l’état ni sous cette forme mais je laisse le soin aux spécialistes de juger si je m’égare) pour en arriver là. Sans compter qu’il s’adresse sans arrêt au lecteur de manière directe en lui demandant de patienter, sauf que ça finit par mettre la patience en question à rude épreuve. Si j’avais lu la version papier, j’aurai difficilement résisté à la tentation de sauter des chapitres pour en arriver au fait. Et quand on y arrive enfin, on n’est pas spécialement beaucoup plus avancé. À force d’endurer tout ce suspens, on en vient même à se dire: ah bon c’est… juste ça en fait ? La sauce monte un peu trop pour ce qu’on découvre au sein de ce tome et c’est dommage. Ça m’a semblé sortir un peu de nulle part bien que des liens apparaissent clairement avec des éléments du premier tome.

Je rappelle que ce sentiment est tout personnel. Ce que moi je considère comme un défaut plaira certainement à d’autres. Puis ça ne gâche en rien les mésaventures du pauvre Broërec. Voilà un personnage riche agréable à suivre dans une narration à la première personne pas trop mal maîtrisée. Il permet également de côtoyer de nouveaux protagonistes enthousiasmants comme la guerrière Hache qui, je l’espère, va prendre encore plus d’ampleur dans la suite. Voilà un personnage féminin bien fichu, chapeau. Vous la trouverez d’ailleurs représentée sur la couverture qui est plutôt sympathique.

On pourrait croire ma lecture en demi-teinte vu tout le laïus sur la partie concernant le moine mais ce n’est pas le cas. J’ai passé un bon moment avec ce roman et cet auteur de qualité qu’est Jérôme Nédélec. Je continue donc de vous conseiller cette saga qui possède de grandes forces malgré ses quelques faiblesses qu’on pardonne volontiers.

Pour résumer, si vous aimez la Bretagne, que le IXe siècle vous intéresse (c’est vrai qu’on en parle peu finalement dans les romans), que vous aimez le mélange historico-fantastique bien dosés et que vous cherchez un auteur rigoureux dans l’exploitation de son contexte historique tout en restant abordable même aux novices, alors ruez-vous d’urgence sur cette saga prévue en trois volumes. Vous ne le regretterez pas !

L’armée des veilleurs #1 les frontières liquides – Jérôme Nédélec

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Les Frontières Liquides est le titre du premier tome de l’Armée des Veilleurs, un roman à vocation transmédia écrit par l’auteur Jérôme Nédélec. Ce livre est disponible au format papier chez l’éditeur Stéphane Batigne (que je ne connaissais pas du tout) au prix de 24 euros. Je remercie l’auteur pour l’envoi spontané de ce service presse en numérique après que j’ai manifesté mon intérêt sur la chronique d’Albédo (que je vous invite à découvrir, du même coup).

Les Frontières Liquides est un roman compliqué à classer. Au premier abord, nous mettons les pieds dans le genre historique. Placé au 9e siècle, ce roman retrace la bataille de Questembert. Je vous le dis tout de suite, mes compétences historiques sont plutôt développées après le 14e / 15e siècle. Le Moyen-Âge, j’ai les bases comme toute universitaire qui se respecte mais je n’avais jamais entendu parler de cette bataille avant de lire ce roman et je remercie Albédo pour les informations là-dessus.
Toutefois, nous soupçonnons rapidement la présence d’éléments fantastiques (qui se confirment), à travers la présence de cette mystérieuse petite fille et les chapitres qui lui sont consacrés. Le mélange des deux est, à mon sens, réussi et bien maîtrisé. Il frustrera certains puristes mais ravira les amateurs de nouvelles expériences.

Pour le côté historique, il est évident que l’auteur a travaillé son sujet en profondeur. Il maîtrise l’Histoire, les conditions sociales de l’époque, les titres, les connaissances culturelles, les armes, la stratégie militaire, sans pour autant nous abrutir sous une tonne de détails inutiles. Cette recherche donne au roman un côté très réaliste et prenant. Par exemple, l’un des héros s’intéresse à la manière de construire une flèche, quand ils se préparent au siège, et ça nous permet de prendre toute l’importance de ce petit objet. L’aspect guerrier est bien développé, d’ailleurs deux héros sur trois appartiennent à cette caste, et ce n’est pas pour me déplaire.

Quelques mots sur les protagonistes et sur la narration. Celle-ci est divisée en trois points de vue: celui du second de Luern (son prénom m’échappe, étrangement, je crois qu’il n’est pas cité ?), celui d’Hasten (le demi-frère du chef viking) et enfin, celui de la petite fille. Ce choix narratif est intéressant parce qu’il évite le parti pris. Il permet au lecteur de comprendre les motivations des « barbares païens » et d’assister à ce qui se passe du point de vue des chrétiens (qui, franchement, ne valent pas beaucoup mieux ). Ainsi, l’auteur évite tout manichéisme et je l’en félicite.
Via la petite fille, le lecteur obtient une vue d’ensemble et des informations qui ne font qu’engendrer davantage de questions. Cette dernière apporte la touche de fantastique évoquée plus haut et reste très mystérieuse. La fin du roman nous indique que le tome suivant, comme de juste, nous en apprendra davantage, laissant le lecteur à la fois curieux et perplexe.

Si l’alternance de point de vue est l’une des forces de ce roman, je trouve qu’elle apporte également un peu de faiblesse car certaines parties avancent plus rapidement que d’autres, ce qui oblige le chapitre suivant à commencer un peu en arrière, pour expliquer ce qui se déroulait dans le camps concerné au moment de la scène précédente. Si on manque de concentration, cela peut perdre. De plus, certains dialogues sonnaient un peu trop contemporain à mon goût, avec l’utilisation de termes trop récents. C’est un détail et quand on lit les scènes, ça ne choque pas en soi. Je me suis simplement fait la réflexion à quelques reprises et ça me paraît important de le souligner. C’est un peu dommage, vu les efforts réalisés par l’auteur pour utiliser les noms de lieux de l’époque ou encore certaines expressions. Je pense que ça contribuera, pour certains, à rendre le roman plus accessible. J’insiste sur le fait que ça ne m’a pas gâché ma lecture, loin de là! Mais ce détail pourrait gêner certains puristes.

Comme je vous le disais plus haut, le narrateur change à chaque point de vue mais l’auteur a opté pour une narration à la première personne. Je ne vois pas cela souvent et ça a été une bonne surprise car un tel choix esthétique renforce l’empathie provoquée par les protagonistes et l’implication du lecteur dans les différents camps qui composent cette histoire. Outre les héros, plusieurs personnages sont très intéressants et plus particulièrement ceux du moine et du guérisseur. Je ne doute pas qu’ils auront leur rôle à jouer dans la suite des évènements, ce qui me réjouis.

En bref, Les Frontières Liquides fut une excellente découverte. Je n’attendais rien de ce livre, ne connaissant pas l’auteure, et j’ai été agréablement surprise par sa qualité littéraire tout autant qu’historique. Jérôme Nédélec maîtrise chaque pan de son histoire historico-fantastico-militaire. Il nous propose ici le premier tome d’une trilogie prometteuse qui mérite d’être suivie avec attention. Je vous le recommande !

Aeternia, la marche du prophète (1) – Gabriel Katz

Aeternia est un diptyque dont le premier tome s’intitule la marche du prophète. Il est écrit par l’auteur français Gabriel Katz et a d’abord été publié chez Scrineo, avant d’être réédité en format poche chez Pocket. Je vous mets les deux couvertures, même si celle de Scrineo est carrément cent fois plus belle et adaptée au contenu ! Il s’agit de fantasy médiévale et je vous le dis tout de suite, c’est probablement un coup de cœur. Non, en fait, oubliez le « probablement ».

Je traine ce roman depuis Troll et Légendes, où j’ai rencontré l’auteur le dimanche, dans un moment de grand creux, ce qui nous a permis de discuter. J’en profite pour glisser qu’il est vraiment très sympa et a beaucoup d’humour en plus de beaucoup de talent, ce qui ne gâche rien. Bref, après une superbe dédicace (avec un dessin de dragon :3 ) je m’en suis allée et j’ai posé ce livre dans ma PAL, où il est resté jusqu’ici. Pourquoi je ne l’en ai pas sorti avant? Je me fais souvent cette réflexion, ces derniers temps… Ma bookjar est une vraie bénédiction !

J’ai entendu parler d’Aeternia pour la première fois sur la chaîne de Lili Bouquine et le pitch me tentait: un champion d’arène qui se retrouve embarqué malgré lui dans des querelles religieuses, ça promettait. Parce que c’est tout ce que j’aime: un héros qui soit un vrai guerrier et des querelles malsaines entre cultes aussi pourris les uns que les autres. Certes, les éléments de l’intrigue empruntent aux thèmes communs de la fantasy mais c’est le traitement des personnages qui fait toute la richesse de ce roman. Leth Marek est immédiatement attachant et on développe vite une très forte empathie pour lui. Les personnages secondaires sont tout aussi riches, mention spéciale à Varian (que je ne pensais pas aimer) et à Desmeon, l’irrésistible. Ah et au petit chien. C’est peut-être mon côté fille, mais j’adore ce chien et je jure de maudire l’auteur s’il lui arrive quelque chose de mal.

L’intrigue va de rebondissement en rebondissement et l’auteur n’a pas peur de malmener ses personnages, sans pour autant en faire de trop. Il entretient le suspens, nous garde en haleine, nous fait croire qu’il ne va pas oser faire ça… Alors que si ! Et cette fin, CETTE FIN. Je ne m’en remets pas. Sérieusement, je me doutais bien que tout n’était pas blanc ou noir, on ressent l’absence totale de manichéisme dans Aeternia, mais je n’avais pas vu ça venir du tout. Je suis peut-être juste un peu trop naïve… Mais je préfère croire que Gabriel Katz est extrêmement doué.

Ne nous mentons d’ailleurs pas. Doué, il l’est. Son style d’écriture a un petit quelque chose en plus qui nous ensorcèle et nous fait tourner les pages à une vitesse folle. Les chapitres sont courts, dynamiques, l’accent est mis sur l’action et les descriptions sont bien dosées, juste assez pour qu’on sache ce qu’on a besoin de savoir, et pas trop pour ne pas alourdir le texte. C’est vraiment un excellent livre et je vais m’empresser, mardi, de commander la suite chez mon libraire.

En bref, ce premier tome d’Aeternia est un coup de cœur avec lequel j’ai passé un très bon moment. Les personnages sont remarquables et attachants, l’intrigue est bien menée, l’action correctement rythmée, avec un style littéraire addictif. Pour moi, c’est un roman à découvrir absolument ! De la bonne fantasy à la française qui vaut le détour. Une belle façon de terminer 2017.

FOCUS – Mon bilan lecture de 2017

Bon, en vrai, je triche un peu !
J’ai fait les comptes: du 15 décembre 2016 au 15 décembre 2017, j’ai lu en tout 66 romans (si si, je vous jure…) et 43 mangas. Ce qui fait plus d’un roman par semaine. Je sais que beaucoup sont à davantage mais je lis pour le plaisir et je vous en parle pour la même raison. Je précise toutefois que je n’ai pas compté les livres / les articles lus dans le cadre de mes études.

Dans tout ça, il y avait du bon et du moins bon. Je vous propose donc de découvrir mon petit bilan personnel, qui mettra l’accent uniquement sur le positif ! Comme toujours sur le blog.

Ma plus belle découverte française de l’année:
Sans conteste, il s’agit de Morgane Caussarieu. Une auteure qu’on a passé des années à me recommander (enfin, depuis 2015 quoi), que j’ai longtemps boudé, pour finalement la découvrir grâce aux promotions de l’été chez Mnémos. Et quel bonheur ! Une Poppy Z Brite à la française qui a su s’affranchir de cette étiquette, définir sa propre personnalité littéraire. Si « Dans les veines » rappelle l’iconique auteure américaine, « Chéloïdes » ne manquera pas de vous retourner complètement le cerveau. Sans parler de sa nouvelle parue dans « Black Mambo » ! J’adore découvrir les connexions entre chaque texte et j’ai hâte de vider ma PAL papier pour enfin dévorer « Je suis ton ombre » qui est le dernier roman qu’il me reste à lire d’elle. Notez qu’en février, elle va en sortir un nouveau dans la collection Naos de chez Mnémos et j’ai vraiment hâte. En bref, si vous aimez les univers malsains, trashs, etc. c’est un must-read.

Ma plus belle découverte belge de l’année:
Mon cœur a balancé entre deux noms mais je me dois d’être honnête, il s’agit de Vincent Vallée. Rien ne le prédestinait à figurer dans ce classement, puisqu’il écrit de la littérature générale, mais « Verlaine avoue Rimbaud » m’a complètement bouleversée. J’ai adoré chaque ligne de ce merveilleux ouvrage que je vous recommande plus que chaudement. Quant à l’autre nom, il s’agit d’Emilie Ansciaux.  J’ai trop longtemps laissé de mauvaises langues me détourner de ses écrits et j’ai découvert « la Mélodie » (un roman court et effrayant) avec grand plaisir. Elle dispose de vraies qualités littéraires et son dernier roman attend sagement dans ma PAL que ma bookjar daigne l’en sortir. Je vous invite à vous pencher sur la bibliographie de ces deux auteurs belges qui méritent d’être découverts !

Ma plus belle découverte littéraire de l’année:
Il ne s’agit pas tant d’un auteur que d’une série, trilogie devenue quadrilogie (j’attends la version poche pour que ça ne cloche pas dans ma bibliothèque mais vous n’imaginez pas comme c’est difficile…). Si vous me suivez un peu, vous savez que je parle de «Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé » de Raphaël Albert. J’ai eu un énorme coup de cœur pour le personnage de Sylvo, un anti-héro elfique vraiment hors du commun. J’en ai longuement parlé dans mon article sur la trilogie (donc je vais éviter de continuer à radoter ->) mais je ne peux que vous encourager à découvrir cette histoire peu banale, elle vaut vraiment le détour et a su me faire vibrer sur le long terme.

Ma plus belle découverte manga de l’année:
J’ai hésité entre plusieurs séries mais rendons à César ce qui est à César… Ou plutôt, donnons-le à Atchepsout, la Reine d’Égypte de chez Ki-oon ! Ce manga ne m’attirait pas du tout au premier abord, je n’aimais pas la couverture du tome 1 (à cause des yeux du personnage) et je ne l’aurai jamais lu si je n’avais pas fait la file pendant deux heures à Livre Paris pour rencontrer l’auteure, afin de lui faire signer un exemplaire pour Kazabulles, ma librairie favorite. Cette série est extraordinaire, prenante, dure, bien documentée, on s’attache immédiatement à l’héroïne et on attend chaque tome en trépignant d’impatience. Sérieusement, si vous ne devez lire qu’un seul manga, lisez celui-la !

Et voilà, c’est tout pour 2017 ! Concernant 2018, j’attends tellement de romans que je vais vous épargner la longue liste. Je sais que ça va être une année riche en excellentes lectures et je me réjouis déjà d’y être. Et vous, quels sont vos coups de cœur pour 2017 ? Dites-moi tout dans les commentaires !

Le Simulacre #1 la seconde vie de d’Artagnan – Jean-Luc Marcastel

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Le premier tome du Simulacre, intitulé la seconde vie de d’Artagnan, débute une saga uchronique de science-fiction qui se déroule dans un Paris du 17e siècle. Je sais, c’est du jamais vu ! L’auteur, Jean-Luc Marcastel, est français (quoi que alien littéraire?) et est publié aux éditions Matagot. Son roman ne coûte que 15 euros et cet homme réalise probablement les plus belles dédicaces que j’ai jamais vu, avec des armoiries, de la poudre d’or et de la calligraphie, rien de moins !

Le Simulacre prend place dans une France du 17e siècle un peu particulière puisqu’elle dispose d’une technologie très avancée, offerte par les Archanges, des êtres arrivés des cieux pour combattre une invasion qui manqua de rayer toute vie de la surface de la terre. Sont-ils des extraterrestres ou de véritables envoyés de Dieu? Difficile d’en être bien certain. Toujours est-il que, dans ce contexte hors du commun, nous retrouvons le célèbre d’Artagnan, en chemin pour la Versailles Céleste. Sur le même navire (si on peut dire) il rencontre Estella, une jeune voleuse qui tente de lui dérober une jolie bague qu’il porte en collier autour du cou… Mauvaise idée? Et pas qu’un peu… Il s’avère que d’Artagnan est traqué par les sbires mécanomates du Cardinal et maintenant qu’ils ont été vu ensemble, Estella est tout autant en danger. Après un combat d’anthologie, d’Artagnan se sacrifie pour permettre à Estella de fuir et lui confie la bague, qu’elle devra protéger jusqu’à ce que quelqu’un vienne la réclamer, en lui assurant qu’elle reconnaitrait le quelqu’un en question. Au même moment, sur terre, s’éveille… D’Artagnan ! Du haut de ses vingt ans. Sauf qu’il s’agit d’un Simulacre, porteur des souvenirs de l’original, quoi qu’il ait un trou de trente ans dans sa mémoire. Aidé par Planchet, il s’envole alors pour Paris dans l’espoir de retrouver la personne à qui l’Original a confié la bague.

Vous le savez peut-être, j’ai une affection et une tendresse très particulière pour le personnage de d’Artagnan et ce, depuis des années. Je l’ai déjà évoqué dans ma chronique sur la Magie de Paris, d’Olivier Gay. C’est ça, en tout premier lieu, qui m’a attirée sur ce roman et je n’ai pas été déçue. Je trouve que l’auteur parvient à donner un souffle moderne au personnage tout en conservant les traits de caractères qu’on retrouve chez Dumas. Grâce au Simulacre, qui ne connait rien des nouveautés du monde, nous découvrons cet univers transformé et je pense que c’est ici que le bas pourrait blesser, chez les puristes qui n’ont pas l’esprit ouvert. Il est nécessaire d’accepter les modifications profondes apportées au paysage du monde par les ajouts de science-fiction, sans quoi vous ne passerez pas un bon moment. Je n’ai pas eu ce souci, mais d’autres pourraient l’avoir.

J’ai lu ce roman en deux jours. C’est prenant, haletant, bourré d’action et de combats bien détaillés. Le fond de l’intrigue est assez classique mais l’univers empêche qu’on s’en rende compte tant il témoigne de l’imagination de l’auteur.

Un bémol, toutefois, outre les quelques coquilles que j’ai pu repérer qui tiennent davantage de l’inattention qu’autre chose. Si j’ai apprécié cette lecture qui est un très bon divertissement et fait vibrer en moi la corde sensible, je reproche à ce roman le placement de ses illustrations. Ces dernières sont très jolies, réalisées par Jean-Mathias Xavier, mais ne sont pas intercalées de manière judicieuse. Systématiquement ou presque, elles spoilent ce qui va se passer dans le chapitre qui suit et ça gâche un peu la découverte. J’aurai aimé qu’elles suivent le propos ou se mette en vis à vis de la page concernée, mais là, elles ont ôtées une partie de la surprise. Je vous conseille donc de ne pas lire la légende sous les images avant de lire le chapitre…

Autre petit point négatif, mais c’est paradoxal… Vous allez comprendre. Estella est un personnage intéressant, mais les femmes du roman sont toutes présentées comme magnifiques, des créatures de rêve, et le regard posé sur elles par les hommes est systématiquement lubrique. On sent que l’auteur n’a pas de mauvaises pensées là-dessus et que, somme toute, il respecte probablement les codes littéraires de l’époque pour donner à son œuvre plus de réalisme. Pourtant, je l’ai déjà souligné, mais pourquoi dire « la belle rousse » en parlant d’une femme et pas « le beau brun » pour l’homme, dans ce cas? Pourquoi insister sur le fait que sa poitrine attire le regard, pourquoi la déshabiller, quand on ne le précise pas pour d’Artagnan? Estella est une héroïne typique des romans de cape et d’épées à la jolie plastique et au caractère bien trempé. Le duo formé avec d’Artagnan est attendu, l’émoi qu’elle ressent face à ce héros aussi. Somme toute, ce n’est pas fondamentalement désagréable mais ça me fait un peu grincer, ce côté hypersexualisé de l’héroïne. Un souci récurrent chez les auteurs masculins bien que, je le répète, cela peut se justifier dans un roman comme celui-là, vu le cadre historique où il se pose. Et je pense très sincèrement que l’auteur a de bonnes intentions.

Jean-Luc Marcastel nous offre un roman tout public avec un héros de la littérature connu et aimé de tous. Sa plume conviendra aux plus jeunes comme aux plus âgés, qui ne manqueront pas de passer un bon moment dans ce Paris alternatif dont on saluera bien bas la création. L’auteur ne manque pas d’imagination, c’est certain et c’est appréciable. Il ose beaucoup et reste très cohérent dans ce qu’il propose.

Notez que ses romans sont commandables en librairie. Ce que je vais m’empresser de faire pour le tome 2.