Le Carrousel Éternel #4 Music Box – Anya Allyn

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Music Box
est le dernier tome de la saga le Carrousel Éternel écrit par l’autrice australienne Anya Allyn. Publié aux Éditions du Chat Noir, vous trouverez ce roman au prix de 19.9 euros.

Souvenez-vous, je vous ai déjà parlé de Dollhouse (1) – Paper Dolls (2) et Marionette (3).

De quoi ça parle ?
Pour vous éviter tout divulgâchage, surlignez les phrases suivantes pour lire le résumé de ce tome.
Cassie est prisonnière de Balthazar qui va bientôt être capable de consommer son mariage. Le compte à rebours est lancé pour notre héroïne qui doit trouver un moyen de s’enfuir sans condamner son monde d’origine. Libre durant la journée, elle découvre les secrets de la Falaise mais aussi l’identité de cette ombre en haut de la tour. Une révélation qui va changer la donne… Pendant ce temps, l’Ordre en la personne de Sœur Célia prend la pire décision possible, ce qui va déclencher l’affrontement final.

À la croisée des genres et des publics.
Après mon sentiment en demi-teinte sur le troisième tome, j’entamais avec angoisse la conclusion de cette saga difficile à qualifier ou même classer. Les libraires peuvent soupirer de soulagement, ils n’ont pour le moment pas besoin de résoudre ce casse-tête. Le Carrousel Éternel commence comme une sorte de thriller horrifique avec ces adolescents enlevés qui se retrouvent à devoir évoluer dans une maison de poupée sous la houlette de Jessamine, en jouant des rôles attribués à leur arrivée. Il devient tranche de vie young-adult après leur libération, quand les survivantes tentent de recommencer à vivre pour ensuite glisser vers le gothique quand les protagonistes arrivent au Château et s’achever comme une science-fiction survivaliste et interdimensionnelle avec le peuple des Serpents.

Quand on lit de manière (quasi) systématique les ouvrages d’une même maison d’édition, on y retrouve une ligne éditoriale. On sait à quoi on s’attend, on sait ce qu’on veut lire quand on achète un roman chez eux. Intervient ici le dilemme de l’éditeur : continuer à publier des textes qui correspondent à un schéma clair ou innover pour bousculer et surprendre le lecteur ? Avec cette saga, le Chat Noir a très clairement pris un risque qu’on peut saluer. Parce que publier le Carrousel Éternel, avec toutes les difficultés que ça implique sur son public, sa classification et le reste, il fallait l’oser.

La question du genre young adult.
Cet enchaînement de genres littéraires qui empêche tout classement logique est accompagné d’un univers assez dingue qui exploite d’une manière intéressante la thématique du multivers et du voyage dimensionnel. Je ne m’attendais pas à retrouver ces éléments dans un roman qu’on peut clairement qualifier de young adult ce qui m’a fait m’interroger sur la signification de cette catégorie éditoriale. On a pu en discuter avec Cécile Guillot lors de la Foire du Livre de Bruxelles, ce qui a entraîné chez moi une profonde prise de conscience sur ce genre que j’ai tendance à mépriser. Finalement, au Chat Noir, il y a beaucoup de romans dit « young adult » mais c’est un terme qui regroupe autant des tranches de vie que des textes horrifiques rondement menés comme les derniers romans de Dawn Kurtagich (The Dead HouseCe qui hante les bois) ou même l’autre roman d’Anya Allyn (Lake Ephemeral) pour ne citer que ceux-ci. J’ai tendance à rejeter en bloc cette littérature alors que j’en lis beaucoup et pire (mieux ?) que j’y trouve des coups de cœur.

Le souci avec le Carrousel Éternel c’est qu’il exploite les tropes qu’on imagine propre au YA (des héroïnes adolescentes qui se débrouillent super bien et qui réussissent à surmonter des épreuves terribles, des amourettes sorties de nulle part, des adultes à la limite de la stupidité criminelle, plein de bons sentiments dégoulinants, un antagoniste méchant juste parce que) avec un univers qui ne dépareillerait pas dans un bon roman de SF plus ou moins grand public. Je ne me considère pas comme spécialiste mais certaines explications sur le multivers et les conséquences induites par l’utilisation du Speculum Nemus ont par moment été difficiles à appréhender pour moi qui possède tout de même les bases. Du coup, à qui destiner cette saga ?

De la nécessité d’abandonner les canevas.
J’ai refermé ce roman avec un sentiment mitigé mais globalement positif pour plusieurs raisons. Déjà grâce à la fin qui est très satisfaisante parce que l’autrice n’a pas cédé aux sirènes de la facilité et du fan service. Ensuite grâce à ce dépaysement littéraire et au fait qu’Anya Allyn ne s’encombre pas de respecter tel ou tel genre, ce qui rend son intrigue globalement inattendue. Elle prend ce qu’elle veut où elle en a besoin pour construire son intrigue et son univers unique. L’autrice ose et rien que pour ça, j’ai envie de saluer la performance. On peut chipoter en disant que le Carrousel Éternel est un peu trop poussé pour celui ou celle qui cherche uniquement le young adult tourné sur les sentiments et pas suffisamment mature pour le lecteur averti qui aiment ce qui est sombre. Puis on peut nuancer en disant que ça dépend d’un tome à l’autre, d’une scène à l’autre… Et prévenir les lecteurs concernés de cette inégalité qui peut créer de la frustration mais qui, après avoir découvert l’ensemble et pris le recul nécessaire, s’effacera pour céder la place au contentement. Celui d’avoir été au bout. Celui d’avoir découvert cet olni.

La conclusion de l’ombre :
Pour résumer, Music Box est le dernier tome de la saga du Carrousel Éternel et le conclut avec brio, sans céder à la facilité. L’autrice tombe définitivement dans la science-fiction à tendance post-apocalyptique et s’en sort assez honorablement. Toujours en équilibre à la frontière de plusieurs genres littéraires, il est clair que cette quadrilogie est un olni (objet littéraire non-identifié) qui ne plaira pas à tout le monde. Toutefois, elle vaut clairement le détour ne fut-ce que pour l’expérience qu’elle constitue.

Le Carrousel Éternel #3 Marionette – Anya Allyn

Marionette (en anglais pour ceux qui se posent la question donc non, ce n’est pas une faute de ma part 😛 ) est le troisième (et pénultième (j’ai pas pu m’en empêcher)) tome de la saga Carrousel Éternel écrite par Anya Allyn. Publié aux Éditions du Chat Noir, vous trouverez ce roman au sein de la collection Cheshire au prix de 19.90 euros.

Ça commence à devenir compliqué de résumer le contenu d’un troisième roman sans spoiler. Comme d’habitude, les éléments de divulgâchage (marque déposée ->) sont à surligner en blanc si vous désirez les lire.

Trahie par Zack et sa famille (quelle surprise…) Cassie et Molly sont prisonnières du Château. Elles ne peuvent en sortir que pour se rendre dans le monde des glaces à travers les Ombres, afin de retrouver le second volume du Speculum Nemus. Cassie apprend que cet univers glacé est en fait celui dont elle est originaire et elle y retrouve l’Ethan avec qui elle était prisonnière dans la Maison de Poupée. Ses sentiments refont surface mais ce serait bien beau si elle avait le temps de s’en soucier. Captive de ce château et de ses mœurs étranges, le sort s’acharne sur cette pauvre fille…

J’ai trouvé ce tome globalement assez inégal et si je vous en parle malgré tout, c’est principalement à cause de sa fin qui promet un ultime volume en apothéose. Pour moi, Marionette est très clairement une transition qui souffre de certaines longueurs et a un aspect un peu trop brouillon.

Le gros reproche que j’ai à adresser à ce titre, c’est qu’on a du mal à s’y retrouver avec ces histoires d’univers parallèles. Il faut attendre un moment avant que le volume fasse le point et j’ai toujours un peu de mal à accepter la théorie qui justifie l’aspect possible de tout cela. Enfin, pas tant l’existence d’un Multivers que ses conséquences. Par exemple, en quoi rencontrer son double dans une dimension implique forcément qu’on fusionne avec lui? Pourquoi tous les univers seraient identiques jusqu’à ce que quelque chose les modifie? Je vous remets ici la phrase quasi telle quelle que dans le livre… J’ai eu envie de dire… Bah oui, merci captain obvious. Du coup, l’autrice nous donne des clés qui finalement ne rentrent pas dans les serrures. J’aurai préféré pas d’explications du tout. Très honnêtement, j’ai décidé de passer outre pour continuer ma lecture mais je crois que je commence à lire trop de science-fiction pour me contenter de rester dans le vague à ce niveau. J’ai donc eu des difficultés à rentrer dans cette suite pendant tout le premier tiers du livre. Si je n’avais pas déjà lu deux tomes de cette saga, je l’aurai probablement reposé au bout de cent pages.

Après, heureusement, le talent de l’autrice pour transmettre des émotions reprend le dessus. Elle met en place une atmosphère sombre, de plus en plus désespérée et étrange, qu’on ressent très bien à la lecture. J’apprécie le fait que, si Cassie a conscience de ses sentiments envers Zach et Ethan, ça ne soit pas sa priorité. Ce qui ne nous épargne pas quelques scènes larmoyantes avec des garçons qui montrent un peu trop de ferveur pour être crédibles à mon goût mais on va mettre ça sur mon côté cynique. Cassie, donc, ne perd pas de vue l’essentiel. Son amitié avec Molly et le fait de survivre passent avant tout, ce qui est agréable. J’ai beaucoup aimé la maturité dans ses choix même s’ils ont un goût vain et désespéré. On ne peut pas rester de marbre devant de telles horreurs. La pression psychologique exercée sur elle par les Batiste est juste infâme et ça la contraint à des choix terribles. À nouveau, Anya Allyn gère très bien le côté psychologique. Le pire arrive sur le dernier quart du roman et c’est cette partie qui m’a décidé à quand même vous parler de Marionette mais surtout, de lire le dernier tome.

Un autre point m’a un peu gênée, c’est qu’il manque clairement une relecture à ce texte. En règle générale, soit je ne vois pas les fautes parce que je suis à fond dans l’histoire, soit il n’y en a qu’une ou deux et je n’ai aucun intérêt à le signaler. Sauf qu’ici, il y a plusieurs endroits où il manque un -s, où la terminaison du verbe n’est pas correcte, et je parle seulement de ce qui m’a sauté aux yeux. Et ce sont uniquement des fautes d’inattention qui auraient disparu avec une relecture attentive. Je sais que le rythme de parution pour cette saga a été assez rapide, que l’éditeur est une plus petite structure et qu’ils font leur maximum avec les moyens qu’ils ont mais c’est un peu dommage d’offrir un si bel emballage au roman (la couverture superbe, les en-têtes de chapitres travaillées) sans soigner suffisamment le texte en lui-même.

Marionette fut donc une lecture en demi-teinte qui s’est grandement bonifiée sur la fin car l’aspect gothique et horrifique prend des proportions aussi importantes que plaisantes. En refermant ce tome, j’ai ressenti l’envie de lire la suite, ce qui est plutôt un bon point.

Pour résumer, Marionette s’inscrit comme un tome de transition avant le grand final de la saga du Carrousel Éternel. Il faut attendre le dernier quart du roman pour que l’autrice déploie tout le talent qu’on lui connait à dépeindre des situations oppressantes, tragiques et horrifiques. Malgré les faiblesses de ce tome, ça vaut la peine de tenir le coup donc je continue de vous recommander cette saga. J’espère que le quatrième volume sera mieux équilibré.

Le Carrousel Éternel #2 Paper Dolls – Anya Allyn

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Le Carrousel Éternel est une saga fantastico-horrifique en quatre tomes écrite par l’autrice australienne Anya Allyn, Paper Dolls en est le second volume. Publié dans sa version française aux Éditions du Chat Noir, vous trouverez ce roman au prix de 19.90 euros. Sachez que la série est complète à ce jour donc vous pouvez très bien vous lancer sans attendre !

Rappelez-vous, je vous ai parlé du premier tome lors de sa sortie en 2017. Cette chronique contient des éléments cachés pour m’éviter de vous divulgâcher le contenu du roman. Il suffit de surligner les passages incriminés pour qu’ils se révèlent à vous.

Cassie a réussi à sortir de la maison des poupées et à ramener de l’aide pour sauver ceux encore prisonniers. Elle tente de retrouver une vie normale après ces tragiques événements mais personne ne la laisse oublier. Encore moins certains fantômes bien décidés à se servir d’elle. Parallèlement à ça nous suivons l’histoire de Jessamine en 1920 ce qui permet d’en apprendre davantage sur les origines de cette tragédie.

J’ai lu le premier tome à sa sortie il y a deux ans et je n’en gardais que de vagues souvenirs. Pourtant, il ne m’a pas fallu 10 pages pour replonger tête la première dans cet univers incroyable. Anya Allyn dispose de cette magie des mots qui nous ensorcelle et nous fascine. Difficile de lâcher ce roman une fois entamé. Je l’ai d’ailleurs lu en moins de vingt-quatre heures.

Les parties sur Cassie comme celles de Jessamine sont rédigées à la première personne et chaque héroïne est bien caractérisée. Du côté de Cassie, on la suit dans son quotidien pendant qu’elle essaie de se remettre. J’apprécie ce personnage mais j’ai déploré sa naïveté plus d’une fois. Je ne la trouve pas suffisamment méfiante envers les autres vu ce qu’elle a vécu. On pourrait se dire qu’elle reste une ado de 15 ans mais quand même, comment ne pas se rendre compte que Zack et Emerson étaient trop gentils? Et prévenants? Et que dire de leurs parents ?! Outre un nom de famille qui donne un indice au lecteur attentif, on se doute directement qu’il y a anguille sous roche et on a envie de passer des pages pour enfin arriver à la grande révélation car ces parties trainent un peu trop en longueur et en shopping / moments superficiels entre filles / il est trop beau et embrasse trop bien. J’ai eu envie de secouer Cassie pour qu’elle utilise son cerveau, alors qu’elle s’en sert très bien pour tout le reste. C’est hélas l’aspect un peu trop young adult du roman, les filles deviennent idiotes quand un beau garçon se retrouve mêlé à leur quotidien, surtout quand un autre garçon vient juste de les trahir… Heureusement, dans ce cas précis, même si je l’ai relevé, ça ne m’a pas non plus empêchée de me passionner pour ce texte justement parce que je pense que l’autrice a écrit son roman de cette manière totalement à dessein. Et ce qui se déroule tout à la fin renforce ma certitude.

Les parties sur Jessamine aident beaucoup à l’addictivité de Paper Dolls. J’ai apprécié me retrouver dans cette ambiance de cirque au début du 20e siècle , tous ces mystères, ces horreurs, cette sensibilité chez cette fille qui nous terrifiait dans le premier volume. J’ai ressenti énormément d’empathie pour elle et je me pose encore pas mal de questions à son sujet, j’espère qu’on la reverra. D’autant que ça nous donne des explications sur les mystères habilement tissés dans le premier tome et sans que ça paraisse forcé. Selon moi, l’autrice a beaucoup mieux maîtrisé ces passages de son roman que ceux avec Cassie mais ce ressenti m’est tout personnel.

Paper Dolls de classe dans l’horreur autant que dans le fantastique. La frontière n’est pas toujours claire, on est parfois tenté de croire que ce n’est pas réel jusqu’à ce que le texte assume complètement sa composante surnaturelle. J’ai été très surprise qu’elle exploite la thématique du multivers d’une manière aussi crédible. C’est quelque chose qu’on retrouve beaucoup dans les comics et moins dans les romans, encore moins dans ce type-ci et ce qu’Anya Allyn dessine pour le moment me plait. L’autrice joue très bien avec son lecteur, elle le balade et le rend accro puis termine systématiquement sur un cliffhanger de folie. Personnellement, je n’avais plus tourné les pages avec une telle avidité depuis un moment et je ne suis pas vraiment le public cible… Je crois qu’on peut parler d’une réussite.

Pour résumer, Paper Dolls est une suite à la hauteur de Dollhouse et gagne même en qualité ce qui est de bon augure pour la suite. Le roman est digne de sa magnifique couverture (signée par Mina M.) en offrant un texte fantastico-horrifique très addictif, plein d’émotions, écrit avec une narration à la première personne maîtrisée. Je suis bien contente d’avoir les deux derniers tomes dans ma PàL et j’affirme qu’ils n’y resteront pas longtemps. Je vous recommande chaudement cette saga qui n’aura pas fini de vous surprendre !

Le carrousel éternel (I. Dollhouse) – Anya Allyn

Dollhouse

Dollhouse est le premier tome de la saga du Carrousel Éternel écrit par Anya Allyn, qui est également l’auteure de l’excellent Lake Ephemeral. Vous pourrez retrouver ses écrits traduits aux éditions du Chat Noir au prix de 19.90 euros le tome, dans la collection Cheshire.

Dans une petite ville tranquille d’Australie, une adolescente (Aïsha) disparaît en pleine randonnée. Cassie, sa meilleure amie, aidée par Ethan (le petit ami de la disparue) et Lacey (une autre amie), décident de partir à sa recherche. Hélas pour eux, ils se retrouvent rapidement enfermés dans les sous-sols d’un mystérieux manoir, piégés dans un cauchemar surréaliste, où ils semblent condamnés à devoir se comporter comme des jouets pour le bon plaisir du Bienfaiteur.

La première chose qu’on remarque sur ce roman, c’est sa couverture, signée par la très talentueuse Mina M qui collabore souvent avec les éditions du Chat Noir. Son style gothique, sombre, dépeint à merveille l’intérieur du roman et donne un bon aperçu sur son contenu. D’ailleurs, chaque chapitre est surmonté de l’illustration du carrousel (sublime !) ainsi que d’un poème inédit (seuls un ou deux sont des citations) qui vous feront froid dans le dos. Une fois qu’on s’est emparé de l’objet pour le regarder d’un peu plus près, c’est la quatrième de couverture qui frappe. Comment ne pas craquer à la mention d’un cauchemar éveillé, d’un manoir abandonné, des jouets, de poupées? Tout cela promettait une aventure très glauque…

Et je n’ai pas été déçue !

Ce roman est sombre, oppressant, terrifiant, malsain, sans jamais tomber dans le gore ou les effusions de sang style massacre de masse qu’on détaille et qu’on expose en grandes pompes. On y retrouve l’aspect de pression psychologique exercée sur les personnages, le fantastique se distille par petites gouttes au point qu’on continue de douter de son existence, jusqu’à la toute fin du roman. L’intrigue se dévoile en même temps que l’univers, et nous attire, nous enveloppe, nous tient en haleine au point qu’on soit incapable de lâcher le livre. J’ai lu les deux tiers en une matinée, c’est dire !

On retrouve un univers qui a quelques échos avec Lake Ephemeral et qui achève de définir ce qu’est « un roman à la Anya Allyn »: un fantastique subtil, une plume poétique, une (més)aventure construite sur un jeu mental. C’est une fenêtre ouverte sur les émotions des personnages et surtout, de son héroïne puisque le roman est écrit à la première personne, du point de vue de Cassie. Nous suivons des adolescents d’une quinzaine d’années, qui se retrouvent catapultés dans un monde terrifiant. Je vous avoue que, aux premiers abords, j’ai tout de suite pensé à certains épisodes d’Esprits Criminels (quoi, on a les références qu’on peut !). Au départ, j’étais persuadée que c’était une sorte de thriller, qu’ils étaient coincés dans le jeu malsain d’un psychopathe, quelque chose dans ce goût-là, et que ça allait être assez banal… Tu parles ! Franchement, on ne s’attend pas du tout aux évènements, au déroulement de l’histoire. On va de surprise en surprise. On se demande qui est derrière ces enlèvements, ce qu’il fait à ces filles, pour quelle raison, on échafaude des théories, on s’attend au pire… Et finalement, ce qu’on croit être le pire n’est rien à côté de ce qui se passe réellement dans le livre.

J’en ai eu des frissons, et je ne suis pas facilement impressionnable. J’ai été conquise, tout simplement. Et j’attends la suite avec beaucoup d’impatience !

Je recommande très chaudement cette lecture qui est un coup de cœur, et l’univers d’Anya Allyn plus largement. C’est une auteure dotée d’un grand talent et on peut remercier les éditions du Chat Noir d’avoir pensé à la traduire. Par contre, si vous avez peur des poupées, des clowns ou même du noir, accrochez-vous, parce que vous allez en faire des cauchemars !

Lake Ephemeral – Anya Allyn

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(c) Miesis

Lake Ephemeral est un roman d’origine anglophone sortit en février 2017 aux éditions du Chat Noir. Il a été écrit par Anya Allyn et traduit par Vincent Tassy, l’auteur de l’excellent Apostasie. Cette œuvre est disponible en papier et en un seul volume pour le prix de 19.90 euros. Il appartient à la collection Cheshire, qui rassemble les romans young-adult.

La première fois que j’ai vu un post au sujet de Lake Ephemeral, c’était pour annoncer sa sortie et je suis tombée amoureuse de la couverture, illustrée par la talentueuse Miesis dont je vous recommande le travail. Par contre, j’ai déchanté en lisant le résumé, certaine que ce n’était pas du tout mon type de lecture. Un peu déçue, je me suis dis que ça ne valait pas vraiment la peine de faire l’investissement… Mais à force de voir de bonnes chroniques, de constater que des auteurs en qui j’ai confiance en terme de goûts littéraires le conseiller, et après que les éditeurs eux-mêmes m’aient bien vendus l’histoire (avec promesse de pouvoir assommer l’éditeur en question avec le roman susnommé (qui est bien épais forcément) si ça ne me plaisait pas :3) je me suis lancée !

Toutefois, à l’instar du Club des punks contre l’apocalypse zombie, j’ai mis du temps avant d’ouvrir ce roman. J’ignore pourquoi ça m’est subitement venu il y a deux jours… Par contre, une chose est sure: je regrette de ne pas l’avoir lu plus tôt !

Lake Ephemeral est une véritable surprise. Dès les premières pages, je me suis retrouvée happée dans un univers unique par la plume gracieuse et poétique de l’auteure, magnifiquement traduite par Vincent Tassy. N’ayant pas lu en anglais, j’ignore quelle part il y a du traducteur dans le texte mais sincèrement, cette manière d’écrire est addictive, elle nous attire, comme des papillons vers la lumière, et on se brûle rapidement les ailes. Comprenez qu’on a du mal à refermer le livre, tant nous sommes immergés dedans. C’est un roman très addictif et on ne le devinerait pas en lisant la quatrième de couverture.

Lake Ephemeral est loin du type de roman que je lis d’habitude. Je suis surprise d’avoir autant apprécié cette histoire hors du commun et je suis frustrée de ne pas pouvoir développer plus précisément son contenu, ou même le classer dans un genre précis. Malheureusement, si je le fais, je risque de vous spoiler l’histoire tant l’intrigue est complexe, bien ficelée, bien menée. Je n’ai pas envie de vous gâcher toutes les surprises contenues dans ce livre vraiment spécial, ce serait injuste pour vous ! Notez qu’il y a évidemment quelques raccourcis scénaristiques, mais rien de bien méchants. L’intrigue reste très originale, rythmée et douce à la fois, elle dénote une véritable maîtrise de la part de l’auteure.

Notez que pour ne rien gâcher, l’objet en lui-même est très beau. S’il n’est pas parsemé d’illustrations comme Souvenirs Volés, chaque page est décorée d’un bel effet qui rappelle les papillons, et chaque partie nous est joliment présenté avec une mise en page particulière créée spécialement pour le roman. En prime, les papillons en relief sur la couverture rendent vraiment très bien et font de ce livre un bel objet à posséder.

Pour résumer en quelques mots, Lake Ephemeral est un roman étonnant, mené par la plume exquise d’une auteure talentueuse. C’est un récit poétique qui force à réfléchir sur la condition humaine à travers des personnages attachants, sur fond de paradis idyllique empoisonné. Lake Ephemeral est un coup de cœur que je recommande chaudement. Attendez-vous à être surpris !