Les Chroniques Homérides #2 – l’Ultime Oracle – Alison Germain

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L’Ultime Oracle
est le second tome de la trilogie les Chroniques Homérides écrit par l’autrice française Alison Germain. Publié aux Éditions du Chat Noir, vous trouverez ce tome au prix de 19.90 euros.
Ceci est ma 19e lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire francophone.

Rappelez-vous, je vous avais déjà parlé du premier tome à sa sortie en octobre 2017 !

Nous retrouvons Louise aux portes d’Hestiapolis. Sauvée des griffes de Nicholas O’Flammel par l’un des Gardiens de la Cité, elle peut enfin souffler et retrouver les gens qui comptent pour elle : non seulement sa famille mais aussi certains homérides rencontrés dans le tome 1. Malheureusement pour Louise, son répit sera de courte durée car son ennemi rôde toujours et convoite le souffle de Midas. Pour la protéger, on la prive de liberté mais cela suffira-t-il à garder les menaces à distance?

Ce second tome réunit tous les éléments positifs du premier en s’améliorant encore. On sent que l’autrice a réfléchi sur son histoire mais surtout, sur son écriture. Le lecteur continue à suivre Louise dans une narration à la première personne, ce qui permet une immersion dans sa psyché. L’empathie se développe naturellement pour cette jeune femme autour de qui le monde s’écroule. Alison Germain propose un bel exemple de résilience avec Louise qui ne recule pas devant les difficultés sans pour autant trop en faire. Elle n’est pas infaillible mais elle surmonte les difficultés et fait des choix difficiles. Je l’ai trouvée assez juste, humaine et éloignée des héroïnes sans saveur qu’on trouve trop souvent dans l’urban fantasy. Sans compter qu’Angus étant absent de la cité une grande partie du roman, l’autrice se concentre beaucoup plus sur l’univers et sur l’intrigue ! Ce qui n’est pas pour me déplaire.

Louise n’est pas la seule à être suivie par le lecteur. Dans ce tome, quelques chapitres sont rédigés du point de vue d’Ellie, la prêtresse d’Apollon déjà croisée dans le tome précédent. J’ai apprécié cette plongée dans la vie et les tourments de cette éternelle adolescente qui a su me toucher par sa dévotion et ses émotions brutes. On sent son évolution au fil du roman et cela apporte un contraste bienvenu avec Louise ainsi qu’une richesse supplémentaire. Bonne idée de la part de l’autrice !

Le lecteur découvre avec avidité la réappropriation des mythes grecs antiques, la façon dont s’organisent les homérides, leurs légendes, leur style de vie, leurs coutumes, etc. On sent que l’autrice a effectué beaucoup de recherches ! À ce niveau, ce second tome est extrêmement riche et gagne en complexité en comparaison du premier qui servait, évidemment, d’introduction. Qui œuvre pour O’Flammel (je ne vous spoile pas sa véritable identité mais vous la connaîtrez assez vite) ? Que cherche-t-il ? Si les deux premiers tiers du roman servent surtout à remettre Louise sur pied et à lui faire découvrir l’univers dans lequel elle évolue désormais en plus de réfléchir sur les motivations du grand méchant, l’action arrive ensuite et s’enchaine très vite. Peut-être un peu trop par endroit mais ça promet pour l’ultime tome ! Notez qu’à partir de ce moment-là, le roman prend une tournure assez sombre à laquelle on ne s’attend pas spécialement. Comme une éclipse, sauf qu’on ne sait pas encore quand le soleil (ouais, double sens, tout ça, vous comprendrez en lisant) se lèvera à nouveau. J’ai vraiment aimé ce parti pris !

L’autrice aurait pu s’arrêter là mais elle en profite pour lancer le dernier tome de sa saga en posant des indices pour la suite et en ramenant ses protagonistes à Londres pour y rencontrer… Quelqu’un. Je ne vous dis pas qui mais je suis très enthousiaste de découvrir à quelle sauce Louise va être mangée, cette fois. On ne va pas se mentir, certains indices sont assez gros et le hasard fait bien les choses mais bon. Ça arrive, parfois.

Après, comprenons-nous. Ce titre reste de l’urban fantasy, avec ses codes que l’autrice respecte et son ton propre à son genre littéraire. Il ne conviendra probablement pas à tous les lecteurs. Par contre, il ravira largement les adeptes du genre ! Sur un plan personnel, ce n’est plus trop ma came mais j’ai pourtant passé un excellent moment. Comme quoi…

Pour résumer, Alison Germain propose un second tome au-dessus du premier en terme de rythme et de qualité. Elle prend le temps de développer son univers riche en se réappropriant la mythologie grecque avec brio. Son héroïne attachante et humaine se développe et gagne en indépendance, ce qu’on peut apprécier à sa juste valeur. C’est l’amitié et la force des liens familiaux qui dominent ici et ça fait du bien, pour une fois. On sent une évolution conséquente dans la qualité du texte et on ne peut que se réjouir, du coup, de l’arrivée du troisième tome si elle continue sur cette voie. Une saga à lire si vous aimez l’urban fantasy et que vous avez envie de sortir de vos habitudes en vous plongeant dans la mythologie grecque. Un divertissement de qualité !

Premières lignes #4

Bonjour et bon dimanche à tous !
Qui dit dimanche dit « premières lignes » le rendez-vous hebdomadaire créé par Ma Lecturothèque !

Ce dimanche, je vais vous parler (encore) d’urban fantasy, mais c’est pour la bonne cause. La semaine dernière, je vous évoquais Kayla Marchal et de son auteure, Estelle Vagner. Cette fois-ci, ça va être le Souffle de Midas, premier tomes des chroniques homérides écrit par Alison Germain. Pourquoi? Et bien parce que ces deux auteures françaises seront présentes la semaine prochaine à la foire du Livre de Bruxelles, de vendredi à dimanche ! C’est donc l’occasion pour le public belge de les rencontrer et de découvrir leurs ouvrages, ils en valent vraiment la peine. Pour rappel, voici ma chronique du Souffle de Midas.

On peut résumer ce roman sur trois grands points: un style narratif convainquant qui nous plonge dans l’esprit d’une héroïne badass mais crédible. Un univers riche et peu exploité en urban fantasy pour adulte, celui de la mythologie grecque. Et enfin, une intrigue dynamique qui nous offre un véritable page-turner.

Voici la 4e de couverture:
« Entre tes mains, fille d’Homère, brûle encore le pouvoir des Dieux.
Le jour où une inconnue rend son dernier souffle dans mes bras, je sais que ma vie paisible d’étudiante ne sera plus jamais la même. Au lendemain du drame dont j’ai été le seul témoin, aucune trace du crime n’a été retrouvée, tant et si bien que tout le monde me pense folle, moi la première. Seul un homme me croit, Angus Fitzgerald, détective à la recherche d’une personne qui ressemble trait pour trait à la femme morte sous mes yeux.
Alors que ce mystère reste sans réponse, les objets que je touche se transforment en or. Et quand le bel Angus me narre le mythe antique de Midas, ce roi grec qui changeait tout en or, je comprends qu’il en sait bien plus sur ce qui m’arrive. Et aussi sur les dangers qui me menacent. Pour moi, le plus imminent est juste là, dans mes mains. Parce que si pour le détective, je suis bénie des Dieux, je ne vois en ce pouvoir qu’une malédiction… »

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Et voici les premières lignes:
« Tandis qu’il étreignait son amante blessée, Rikke sentit le désespoir grignoter son âme. La perdre, comment l’imaginer? Un monde sans elle serait dénué de reliefs, de nuances et de beauté. Une existence fade, sans raison d’être. La vie s’effaçait peu à peu des prunelles de sa bien-aimée. Les deux opales cristallines que Rikke ne se lassait jamais de contempler étaient ternes, presque figées. Pourtant, il discernait encore une certaine volonté en elles. Une lueur d’espoir.
— Tiens bon, Lia…
Elle tremblait contre lui, sans qu’il ne puisse la soulager. Sa peau d’une froideur mortuaire et son teint lugubre laissant présager l’issue fatale. Avec toute la puissance de son être, il souhaita furieusement échanger sa place avec elle, pour la libérer et endurer lui-même la souffrance qui la torturait.
A la minute où il l’avait rencontrée, des années plus tôt, il s’était juré, par dessus tout de la protéger. Ce serment allait au-delà de son devoir de Gardien, son besoin d’assurer sa sécurité était vital. Une évidence. Mais ce soir, par son manque de vigilance, Rikke avait manqué à sa parole. Sous-estimant l’épée de Damoclès qui planait-au-dessus de la jeune femme, il avait provoqué sa mort. Une erreur au goût d’amertume insoluble. »

Si vous aimez la mythologie grecque et l’urban fantasy, je vous recommande cette saga qui suit les codes du genre mais se démarque par la force de ses personnages ! Rendez-vous à la foire du livre de Bruxelles pour rencontrer Alison Germain, sur le stand des éditions du chat noir ♥

 

Les chroniques homérides #1 le Souffle de Midas – Alison Germain

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Le Souffle de Midas est le premier tome des chroniques homérides, premier roman écrit par Alison Germain et publié aux Éditions du Chat Noir dans la collection Féline. Il s’agit d’urban fantasy inspirée de mythologie grecque. Le roman est disponible au prix de 19.90 euros au format papier. J’en profite pour saluer l’excellent travail de Miesis sur la couverture qui est tout simplement sublime.

Le Souffle de Midas, c’est avant tout l’histoire de Louise. Une étudiante en lettres qui, en rentrant un soir après son travail à la boutique de gemmes, entend des hurlements dans un parc près de chez elle. Hésitant entre passer son chemin et secourir la victime, elle opte pour la seconde solution et assiste aux derniers instants d’une jeune femme atrocement mutilée et baignant dans son propre sang. Après avoir embrassé Louise, notre héroïne perd connaissance et se réveille à l’hôpital. Là-bas, nulle trace d’une quelconque inconnue gravement mutilée et au bord de la mort. Persuadée d’avoir eu des hallucinations, Louise va petit à petit comprendre que non, elle n’a pas rêvé. Et le mystérieux détective Angus Fitzgerald va l’y aider. D’autant que, pour ne rien arranger, il s’avère que désormais, Louise est capable de transformer les objets qu’elle touche en or ! Un don convoité qui lui marquera une cible de choix sur le front.

Le premier élément à relever sur ce roman, c’est le style narratif. Nous sommes dans un récit à la première personne, ce qui nous permet de ressentir énormément d’empathie pour le personnage de Louise. Personnellement, je l’ai adorée et elle m’a rappelée de bons souvenirs qui datent de l’époque où j’ai rencontré l’auteure, sur un forum RPG. Si je relève le style d’écriture, c’est aussi pour souligner à quel point il a mûri, à quel point Alison a effectué un travail sérieux dessus. Ses phrases sonnent juste, à l’instar de ses dialogues et de son personnage principal (les personnages secondaires aussi, notez, même si c’est Louise qui marque le plus). Il y a juste assez de descriptions pour qu’on ne soit pas perdus mais pas trop pour alourdir le texte et rendre la narration à la première personne non-pertinente. J’avais lu les premiers chapitres du roman sur Wattpad et cette version finale a grandement évolué. On peut saluer le travail éditorial mais aussi l’investissement d’Alison.

Le second élément qu’on retiendra, c’est l’originalité de l’univers. Si l’histoire en elle-même a un déroulement plutôt classique qui respecte les codes tacites de l’urban fantasy, l’univers est vraiment immersif et sort des sentiers battus. Finalement, peu d’auteurs dans cette veine ont exploité la mythologie grecque de cette manière. Alison ne se contente pas de nous balancer le bestiaire habituel du genre vampire, loup-garou, ou autre, non. Ils sont totalement absents ici et ça fait du bien ! Elle a travaillé à plus de subtilité, elle a réécrit des mythes avec justesse et nous propose ainsi une ambiance vraiment hors du commun avec un bestiaire bien à elle.

Ce sont, à mon sens, les deux points forts du roman qui est un vrai page-turner. Je l’ai lu en peu de temps, il est absolument passionnant. Les chapitres couts permettent de mettre l’accent sur le dynamisme de l’histoire, qui ne souffre d’aucune longueur superflue. Le rythme est bon, accrocheur, et va crescendo. J’ai particulièrement adoré la fin, l’introduction de ces deux nouveaux personnages m’a intriguée (même si je devine qui est le griffon !) et je suis frustrée à l’idée de devoir attendre un an pour en apprendre plus sur O’Flammel. Je ne sais pas pourquoi, je sens que je vais l’aimer… Bon, j’admets, je l’aime déjà. Je crois qu’on peut m’enfermer !

En bref, Alison Germain propose le premier tome d’une trilogie d’urban fantasy certes classique mais qui brille par son univers et son héroïne imparfaite, ce qui la rend justement très attachante. C’est une saga que je conseille aux fans du genre sans une once d’hésitation car il se pourrait bien que ce soit la prochaine « Geste des Exilés » ! Qu’on se le dise et qu’on dévore ce tome de toute urgence.