Aeternia (2) l’envers du monde – Gabriel Katz

 

L’Envers du monde est le second tome du diptyque fantasy d’Aeternia, écrit par Gabriel Katz. Ce tome est sorti en 2015 chez Scrineo avant de sortir en poche l’année suivante chez J’ai Lu au prix de 9 euros. Je vous ai déjà chroniqué la Marche du Prophète, livre avec lequel j’ai clôturé l’année 2017 et qui avait presque été un coup de cœur. Le tome 2 l’est, indubitablement !

Nous retrouvons nos personnages où nous les avons laissé. Je ne peux pas en dire trop au risque de spoiler l’intrigue et les rebondissements du tome 1, ce qui serait vous gâcher le plaisir, mais je vais quand même tenter de vous mettre l’eau à la bouche.

Dans le lot des personnages qu’on est content de revoir il y a Varian est fidèle à lui-même et j’ai été vraiment surprise par son évolution. C’est un personnage que je n’appréciais pas trop à la base (non non son prénom n’a rien avoir là-dedans… #pourlahorde) mais qui a su me séduire par, finalement, son humanité dans le sens le plus triste du terme. C’est un personnage compliqué, avec du relief, travaillé juste comme il faut. On se surprend à le comprendre, à croiser les doigts pour qu’il s’en sorte. J’en profite pour mentionner le lieutenant Hoargan, avec qui j’ai eu tout de suite une affinité. Pourtant, c’est un personnage secondaire assez simple qui rentre dans un archétype, mais c’est aussi toute la magie de Gabriel Katz: donner vie à des personnages « comme les autres » au point qu’ils en deviennent remarquables. Et enfin, je ne peux pas terminer cette petite liste sans évoquer Desmeon, qui est officiellement mon personnage préféré de cette saga (avec le chien ♥). Je l’appréciais déjà dans le tome 1 mais ici, c’est lui qui remplace Leth Marek dans le rôle du narrateur « principal » si on peut dire et quel régal ! J’ai adoré chaque étape de son parcours, chaque scène où il était présent, puis ce final… J’en ai encore le cœur qui palpite.

Pour les personnages que j’ai été contente de découvrir, mention spéciale à Mae Nam, la conseillère et riche marchande. Elle m’a plusieurs fois faite sourire (la scène dans la chambre était épique), je la trouve très intéressante et son rapport avec Desmeon est surprenant. Finalement, la dynamique installée entre eux change de ce qu’on a l’habitude de croiser dans ce type de roman et j’ai bien accroché avec elle.

D’ailleurs, parlons un peu du déroulement de l’intrigue en elle-même. Certes, je ne peux pas développer dans le détail mais je trouve que l’auteur a un talent incontestable. Tout s’emboîte à la perfection et pourtant, on ne voit rien venir. Il n’hésite pas à tuer des personnages qu’on ne s’attend pas à voir mourir, à laisser survivre ceux qui devraient y passer, sans parler de, finalement, la conclusion de toute cette sombre affaire (je pense à la scène du port, pour ceux qui ont déjà lu ce roman) qui est… Tellement grotesque, tellement triste à pleurer, et en même temps, c’est une vraie leçon de réalité, faute d’un meilleur terme. J’ai trouvé ça absolument génial, chapeau bas. Il enchaîne les complots politiques, les scènes d’action et de narrations avec un rythme et un équilibre maîtrisé, marque des écrivains talentueux et doués. Niveau thématique, on est dans la continuité du tome 1: les guerres de religion, l’absurdité des croyances qui débouchent sur la violence la plus extrême, la manipulation de masse, les intrigues des courtisans, ce que c’est, finalement, l’humanité… Bref, tout ce que j’aime.

Pour ne rien gâcher, l’écriture de l’auteur est toujours aussi addictive. Les pages s’enchaînent à une vitesse folle, on a du mal à lâcher le roman tellement on est plongé dedans. On tourne, on tourne, on tourne, et on est surpris d’arriver à la fin (ET QUELLE FIN !!), de quitter ces personnages qu’on a appris à aimer et à haïr. Sincèrement, ça me fait quelque chose de me dire que je ne vais pas avoir un troisième tome et d’un autre côté… Aeternia est parfait comme il est.

Je ne m’y attendais pas, mais Aeternia est une série coup de cœur. Je suis vraiment heureuse d’avoir découvert Gabriel Katz, qui est un auteur très talentueux, et j’espère pouvoir lire rapidement d’autres romans de sa plume. Je vous recommande chaudement ce diptyque de fantasy française de grande qualité.

 

Aeternia, la marche du prophète (1) – Gabriel Katz

Aeternia est un diptyque dont le premier tome s’intitule la marche du prophète. Il est écrit par l’auteur français Gabriel Katz et a d’abord été publié chez Scrineo, avant d’être réédité en format poche chez Pocket. Je vous mets les deux couvertures, même si celle de Scrineo est carrément cent fois plus belle et adaptée au contenu ! Il s’agit de fantasy médiévale et je vous le dis tout de suite, c’est probablement un coup de cœur. Non, en fait, oubliez le « probablement ».

Je traine ce roman depuis Troll et Légendes, où j’ai rencontré l’auteur le dimanche, dans un moment de grand creux, ce qui nous a permis de discuter. J’en profite pour glisser qu’il est vraiment très sympa et a beaucoup d’humour en plus de beaucoup de talent, ce qui ne gâche rien. Bref, après une superbe dédicace (avec un dessin de dragon :3 ) je m’en suis allée et j’ai posé ce livre dans ma PAL, où il est resté jusqu’ici. Pourquoi je ne l’en ai pas sorti avant? Je me fais souvent cette réflexion, ces derniers temps… Ma bookjar est une vraie bénédiction !

J’ai entendu parler d’Aeternia pour la première fois sur la chaîne de Lili Bouquine et le pitch me tentait: un champion d’arène qui se retrouve embarqué malgré lui dans des querelles religieuses, ça promettait. Parce que c’est tout ce que j’aime: un héros qui soit un vrai guerrier et des querelles malsaines entre cultes aussi pourris les uns que les autres. Certes, les éléments de l’intrigue empruntent aux thèmes communs de la fantasy mais c’est le traitement des personnages qui fait toute la richesse de ce roman. Leth Marek est immédiatement attachant et on développe vite une très forte empathie pour lui. Les personnages secondaires sont tout aussi riches, mention spéciale à Varian (que je ne pensais pas aimer) et à Desmeon, l’irrésistible. Ah et au petit chien. C’est peut-être mon côté fille, mais j’adore ce chien et je jure de maudire l’auteur s’il lui arrive quelque chose de mal.

L’intrigue va de rebondissement en rebondissement et l’auteur n’a pas peur de malmener ses personnages, sans pour autant en faire de trop. Il entretient le suspens, nous garde en haleine, nous fait croire qu’il ne va pas oser faire ça… Alors que si ! Et cette fin, CETTE FIN. Je ne m’en remets pas. Sérieusement, je me doutais bien que tout n’était pas blanc ou noir, on ressent l’absence totale de manichéisme dans Aeternia, mais je n’avais pas vu ça venir du tout. Je suis peut-être juste un peu trop naïve… Mais je préfère croire que Gabriel Katz est extrêmement doué.

Ne nous mentons d’ailleurs pas. Doué, il l’est. Son style d’écriture a un petit quelque chose en plus qui nous ensorcèle et nous fait tourner les pages à une vitesse folle. Les chapitres sont courts, dynamiques, l’accent est mis sur l’action et les descriptions sont bien dosées, juste assez pour qu’on sache ce qu’on a besoin de savoir, et pas trop pour ne pas alourdir le texte. C’est vraiment un excellent livre et je vais m’empresser, mardi, de commander la suite chez mon libraire.

En bref, ce premier tome d’Aeternia est un coup de cœur avec lequel j’ai passé un très bon moment. Les personnages sont remarquables et attachants, l’intrigue est bien menée, l’action correctement rythmée, avec un style littéraire addictif. Pour moi, c’est un roman à découvrir absolument ! De la bonne fantasy à la française qui vaut le détour. Une belle façon de terminer 2017.