Les derniers des branleurs – Vincent Mondiot

7
Les derniers des branleurs
est un one-shot de littérature contemporaine pour ado’ écrit par l’auteur français Vincent Mondiot. Publié chez Actes Sud Junior, vous trouverez ce roman au prix de 16.80 euros partout en librairie.

De quoi ça parle ?
Minh Tuan, Gaspard et Chloé sont au lycée. Ils sèchent les cours, n’ont pas de bonnes notes, fument des joints, se droguent un peu… Pour eux, l’avenir, c’est le lendemain. Mais le bac approche et la pression commence à monter. Heureusement, y’a Tina, une migrante congolaise de leur classe, douée pour les études, qui va peut-être leur permettre de le décrocher, ce bac.

Être ado en 2020
Vincent Mondiot brosse dans son roman un panorama de l’éducation nationale française tel qu’elle est à l’heure actuelle, en 2020. Il met en scène un panel d’élèves divers et variés en se concentrant toutefois sur cinq personnages en particulier qui ont droit à des chapitres de leur point de vue -bien que l’auteur adopte systématiquement la troisième personne dans son écriture.

Chloé est un peu la cheffe de bande, fille au fort caractère, toujours en colère, qui taxe des clopes et sèche, qui cherche la merde et la bagarre. Elle se met en scène, poste régulièrement sur Instagram, se pose des questions sur sa sexualité en essayant d’entrer dans le moule hétéro alors qu’elle ne ressent pas de désir sexuel envers qui que ce soit, peu importe son sexe. Oui, on tient un personnage asexuel et même si ce n’est pas le thème central du roman, j’ai vraiment apprécié en retrouver une dans un texte à destination des ados.
Chloé est assez vulgaire dans ses paroles et inconséquente aussi, au point que ses amis la pensent raciste alors que pas du tout, elle ne réfléchit simplement pas à ce qu’elle dit. C’est une fille maladroite, finalement, qui a envie d’être aimée et s’y prend comme un manche. Elle boit beaucoup, à s’en rendre malade.

Minh Tuan est à demi vietnamien par sa mère, fils de diplomate, dans une situation financière aisée mais souffrant d’un manque de considération de la part de ses parents qui s’en occupent à peine. Il est entré dans la bande deux ans auparavant, a toujours des clopes et des mangas à prêter à Gaspard. C’est un garçon décrit comme un « plutôt ». Il est plutôt beau, plutôt intelligent, plutôt sympa, mais ne reçoit jamais le qualificatif en tant que tel si bien qu’on a tendance à le remplacer par un gars beau, un gars intelligent, un gars sympa. Il sort d’une rupture avec Marina, la star de la classe qui est influenceuse sur YouTube et avec qui ça s’est mal terminé. De lui viendra l’idée de tricher au bac parce qu’il a conscience de s’y prendre trop tard pour obtenir une note correcte ou même une mention. Il a envie de se distinguer pour prouver à tout le monde qu’ils se trompent sur leur compte bien qu’en cas de réussite, il obtiendra pourtant l’effet inverse. C’est un personnage que j’ai eu un peu de mal à apprécier avant la toute fin du roman pour sa fidélité à ses amis.

Gaspard est le troisième membre du trio, un garçon lambda, classe moyenne, qui aime le rock et la pornographie. Il se pose beaucoup trop de questions sur des sujets improbables, fume des joints, du shit, boit de lean, bref vous voyez le tableau. Diagnostiqué dépressif suite à la mort de sa sœur aînée, Gaspard est un peu un looser sympathique, le gars un peu relou qu’il y a dans presque toutes les écoles mais qu’on aime bien parce qu’on sait qu’il a un bon fond même s’il est « con ». C’est un personnage auquel on s’attache très vite.

Tina est la petite nouvelle, immigrée congolaise suite à des problèmes politiques dans son pays. Ses parents sont parvenus à l’envoyer en France, elle a obtenu un visa pour y rester. C’est d’abord une jeune fille timide, seule, perdue, studieuse par défaut puisqu’elle n’a pas d’argent de poche ou quasi pas. Sa présence permet à Vincent Mondiot d’aborder une thématique sur laquelle je vais revenir et de parler d’une réalité dont on a tendance à détourner les yeux : la présence des migrants et la manière dont ils sont intégrés dans notre société. Tina est très touchante, son personnage et la manière dont elle est considérée par les autres permettent vraiment de réfléchir et de s’interroger sur nos propres comportements.

Enfin, dernier personnage à avoir droit à ses chapitres bien qu’ils soient moins nombreux : Mme Danverre, prof depuis quelques années seulement qui avait beaucoup d’idéaux en commençant. Au fil du roman, on la voit interagir avec le trio, commettre des erreurs, essayer de se rattraper. En tant que jeune prof, j’avais les larmes aux yeux en lisant ses chapitres tellement je la comprenais. Une belle réussite. C’est elle qui va qualifier le trio de « branleurs » et qui provoquera un déclic. Cette scène est une des plus réussies du roman selon moi parce que je m’y suis retrouvée en tant qu’élève et en tant que prof. Bravo à l’auteur !

Mais ce roman, comme je l’ai dit, parle surtout des adolescents et de ce qu’on attend d’eux aujourd’hui. Il évoque le futur, la transition vers l’âge adulte avec toutes les angoisses que ça comporte, la difficulté de trouver sa place dans la vie et dans le monde de manière générale. C’est profond, ça prend aux tripes, surtout quand on est jeune et qu’on s’interroge encore sur ces sujets. Ou même quand on est un peu moins jeune. Personnellement, je viens d’avoir vingt-sept ans, je suis jeune prof et j’ai presque eu l’impression d’être dans ma propre tête, à certains moments.

Un roman réaliste, au sens littéraire du terme.
Pour moi Les derniers des branleurs est très clairement un roman qui s’inscrit dans le courant du réalisme littéraire car il a pour ambition de décrire notre société de façon rigoureuse, en prenant un cliché instantané crédible d’une période donnée. Ici, l’action se déroule à Paris, en 2020 et elle commence au mois de mars pour s’étendre jusqu’à juin, chaque partie étant divisée et marquée d’une citation. On voit de quelle façon les trois adolescents vivent, comment commence leur amitié avec Tina. On apprend beaucoup sur eux mais aussi sur les modes, sur leur style de vie, sur leurs habitudes, sur la ville de Paris, etc. grâce à des notes en marge (j’insiste, pas en bas de page : en marge) qui décrivent toutes les références citées : groupes musicaux, mangas, jeux-vidéos mais aussi drogues, vocabulaire du système scolaire, émissions, journaux, personnages secondaires, anecdotes, clin d’œil divers… Bref, en lisant ce roman dans cinquante ans, on aura un excellent aperçu du quotidien des lycéens en 2020. Vincent Mondiot rend ainsi service aux futures générations de sociologue, en espérant que ceux-ci ne dédaignent pas son texte sous prétexte de la fiction.

Parce que la fiction n’empêche pas de traiter de sujets actuels, je crois que c’est plus ou moins clair pour tout le monde. Les inquiétudes de Chloé sur sa sexualité font écho à ce que vivent de nombreuses personnes de tout âge à travers le monde. La situation de Tina ne peut qu’émouvoir puisque malgré ses bons résultats, elle ne pourra pas obtenir un visa d’étudiant et devra travailler au lieu d’aller à la fac -cela fait également écho à ce que vivent de nombreux jeunes immigrés en Europe. La réforme du bac, la célébrité sur Internet, les agressions sexuelles (sur les deux sexes !), l’hypocrisie bien pensante du plus grand nombre, la solitude, la souffrance silencieuse, le masque social… Vincent Mondiot parle de tout ça et de bien plus encore. Là où ça devient encore plus intéressant, c’est que l’auteur n’enfourche pas un cheval de bataille pour défendre ou imposer une bienpensance. Il décrit, comme les auteurs du mouvement Réaliste au 19e siècle, ce qu’il voit, ce qu’il a vécu, ce qui est, tout simplement.

Il en parle si bien qu’on ne peut rester de marbre à cette lecture. Ces quatre cent pages, on ne les sent pas passer. On vit avec Chloé, Minh Tuan, Gaspard et Tina. On les comprend parfois, d’autres non. On a envie de les baffer, de les consoler, de les aider, de leur parler. Je me suis sentie concernée par eux, par leur avenir mais surtout par leur présent. Vincent Mondiot maîtrise si bien la psychologie de ses personnages qu’on a le sentiment que, si on se pointe à Paris, on pourra les croiser et manger un kebab avec eux.

La conclusion de l’ombre :
Les derniers des branleurs est un roman de littérature contemporaine maîtrisé de bout en bout. S’inscrivant dans la veine Réaliste, Vincent Mondiot dépeint le quotidien de quatre adolescents français en 2020 sur le point de passer leur bac. Il aborde une pléthore de sujets actuels avec une finesse qui n’a rien à envier à celle de ses personnages, crédibles au point qu’on s’attend à les croiser dans la rue. J’ai eu un petit coup de coeur pour cette œuvre magistrale que je pense faire lire à mes élèves l’année scolaire prochaine si la situation s’y prête. Je ne peux que vous la recommander chaudement et vous encourager à en parler autour de vous car ce titre a malheureusement souffert de la crise COVID-19.

D’autres avis : Livres à profusionBookenstock (Dup) – A touch of blue marinelibrairie étincelle – vous ?

Le noir est ma couleur #1 le pari – Olivier Gay

le-noir-est-ma-couleur,-tome-1---le-pari-1058113
Le noir est ma couleur est une série en actuellement cinq tomes écrite par l’auteur français Olivier Gay et publiée chez Rageot. Primée à plusieurs reprises depuis 2015, une réédition est en cours chez l’éditeur avec de nouvelles couvertures (si on me demande mon avis, les nouvelles m’attirent beaucoup plus que les anciennes qui faisaient trop « jeunesse » à mon goût pour un roman qui ne l’est pas tant que ça). C’est grâce à cela que j’ai entendu parler du roman pour la première fois ! Vous les trouverez désormais au prix de 14.90 euros, partout en librairie. Pour info, il s’agit d’une série d’urban fantasy à lire dès 14 ans.
Je tiens à remercier NetGalley (et Rageot) pour ce service presse, que je lis dans le cadre du #NetGalleyChallengeFR.

Vous le savez, ce n’est plus un secret, j’aime beaucoup les romans d’Olivier Gay. Que ce soit sa fantasy médiévale ou urbaine, je prends toujours un grand plaisir à dévorer ses livres et celui-ci ne fait pas exception.

Le noir est ma couleur raconte l’histoire de Manon et Alexandre. Elle est une adolescente de 15 ans, première de la classe et pas très sociable, qui doit cacher ses pouvoirs magiques. Lui est un garçon normal, un redoublant de seize ans qui aime la boxe et s’enfonce dans une mauvaise voie. Ils n’ont rien en commun mais quand Manon refuse de laisser Alexandre copier ses réponses au contrôle de math, il se décide à lui donner une leçon. Une leçon qu’il va regretter…

J’étais au départ mitigée au sujet d’Alexandre. Il me donnait envie de lui coller une paire de claque, avec ses réflexions débiles et sa manière de considérer les autres. Puis je me suis rendue compte qu’en fait, les garçons de seize ans sont comme Alexandre. Beaucoup, en tout cas. Et que même si c’est un con, il n’entre pas non plus dans la catégorie « cas désespéré ». Je l’ai trouvé de plus en plus nuancé au fil des pages, de plus en plus crédible aussi. Finalement, je me suis plus attachée à lui qu’à Manon qui, même si elle est touchante, m’intéressait un peu moins finalement (le comble !).

Comme toujours, les personnages d’Olivier Gay sont assez remarquables et attachants. Ici, on retient surtout ses héros mais je suis sûre que d’autres protagonistes vont apparaître dans les tomes suivants, ou avoir droit à un développement plus profond.

Quelques mots sur l’univers: nous évoluons en Île-de-France, dans le quotidien d’adolescents qui fréquentent le lycée. C’est cette ambiance qui domine, même si la magie est présente à travers Manon, qui doit subir les attentions désagréables d’Ombres envoyées par un Mage Noir pour l’enlever. À ce propos, j’ai trouvé le système de magie moins original que dans la Magie de Paris, mais il reste sympa. Simple, compréhensible et dynamique.

Je me rends compte que je n’ai pas grand chose à dire sur ce livre que je n’ai pas déjà dit sur d’autres chroniques concernant l’auteur. Il reste fidèle à lui-même donc si vous appréciez son style, vous ne pourrez qu’aimer ce roman qui n’offre pas une révolution dans sa bibliographie mais reste dans la lignée de ses page-turners addictifs au possible. Pour preuve, j’ai lu Le noir est ma couleur en 24h… L’auteur nous propos des personnages adolescents crédibles dans une aventure prenante, avec un univers bien pensé, soigné, hyper référencé côté pop culture, le tout sous une plume toujours aussi addictive. Comme chaque fois avec cet auteur, ce roman est une réussite et je me réjouis de le voir aux Imaginales pour me procurer la suite !

Aussi libres qu’un rêve – Manon Fargetton

1704Aussilibresquunreve_org

Aussi libres qu’un rêve est un roman écrit par l’auteure française Manon Fargetton et publié pour la première fois en 2006 (soit il y a douze ans !). Réédité en poche chez Castlemore au tout petit prix de 5.90 euros, il s’agit d’une dystopie destinée à un public adolescent.

Si vous me suivez un peu, vous savez probablement que Manon Fargetton est une auteure que j’admire beaucoup (et ça n’a rien avoir avec le fait qu’on ait le même prénom, même si c’est assez cool quand même :3). Lors de la foire du livre de Bruxelles, nous avons eu une discussion absolument fantastique et j’ai été plus qu’heureuse de lui faire dédicacer ce roman, ayant laissé les illusions de Sav-Loar à la maison. Au départ, j’avais juste prévu de discuter avec elle mais la quatrième de couverture m’a intriguée et le prix extrêmement démocratique m’a convaincu de tenter l’aventure. Me voici donc avec un petit roman pour ados et une dystopie, deux éléments qui font que je ne suis pas du tout le public cible pour cette œuvre littéraire.

Jusqu’à la fin du roman, j’appréciais ma lecture mais sans plus. J’ai trouvé l’univers très original mais le texte un peu trop rapide. C’est peut-être une caractéristique du roman à destination d’un public plus jeune mais j’ai regretté qu’elle n’ait pas davantage développé certains aspects de son univers et de ses protagonistes. C’est, finalement, un texte très visuel, un enchaînement de scènes fortes et courtes, comme si on découpait un film. Les personnages sont intéressants mais hormis pour Minöa et Kléano, j’ai trouvé qu’ils manquaient parfois d’une certaine profondeur. Après, je replace le texte dans son contexte: c’est le premier roman de l’auteure et j’ai lu ceux qu’elle a écrit par la suite, pour un public plus âgé. Elle s’est beaucoup améliorée là-dessus.

Je passais donc un bon moment, jusqu’à ce qu’arrive la fin… Quelle claque ! Je n’ai rien vu venir. Et je ne vais pas vous mentir, j’ai eu les larmes aux yeux. J’étais tellement dans l’optique du « c’est un roman jeunesse » que je ne m’attendais pas à ça et finalement, cette audace a magnifié tout le texte. J’ai compris les prix littéraires accordés à ce roman, je me suis aussi rendue compte qu’il offrait de nombreux messages importants tout en respectant les codes de la dystopie. Je n’en ai pas lu beaucoup, mais assez pour me rendre compte qu’un schéma revient et si Manon Fargetton reste classique dans son traitement global, on retrouve des pointes d’originalité. Par exemple, ces adolescents s’opposent au régime en place mais à plusieurs reprises, ils se demandent si ça débouchera sur quelque chose de mieux, si les récits du grand-père sur la « liberté du passé » font qu’avant, c’était vraiment « mieux » ou juste différent. Ce n’est pas aussi manichéen que ça en a l’air. Finalement, l’utopie de ces jeunes, aidés par des adultes qui préparent une révolution depuis longtemps, prend un tour beaucoup plus réaliste (j’essaie de ne rien spoiler mais ça devient compliqué) et c’est appréciable. Autant pour les lecteurs comme moi que pour les plus jeunes, ça leur apprend les nuances de gris.

En bref, j’ai passé un bon moment avec Aussi libres qu’un rêve qui est un roman tout public à lire dès 12 ou 13 ans pour sa richesse littéraire et l’intelligence de son propos. Si les personnages paraissent parfois caricaturaux et l’histoire un peu trop rapide, c’est un texte qui a le mérite de pousser la réflexion et d’être dynamique. Mention spéciale pour ce final inattendu et très fort ! Pour un premier roman, je salue bien bas la performance de cette auteure française à suivre absolument.

La Magie de Paris #1 le Cœur et le Sabre – Olivier Gay

la-magie-de-paris,-tome-1---le-coeur-et-le-sabre-971971

La Magie de Paris est la nouvelle saga type « ado » de l’auteur Olivier Gay, dont je vous ai déjà parlé avec Les Épées de Glace. J’ai reçu ce premier tome en service presse de la part de Castelmore (via le site NetGalley) que je tiens à chaleureusement remercier pour leur confiance ! La sortie de ce roman est prévue pour le 18 octobre 2017 au prix de 14.90 euros.

Ce premier tome pose les bases d’un univers prometteur. Comme son titre l’indique, nous nous trouvons à Paris, un Paris contemporain du nôtre et nous rencontrons Chloé, une adolescente un peu comme les autres, avec ses réussites et ses problèmes. Elle a seize ans, est trop grande pour son âge, pratique l’escrime depuis qu’elle a huit ans et a la chance d’être sélectionnée pour les championnats régionaux. Alors qu’elle s’entraîne au gymnase le soir, elle assiste à une scène surréaliste: Thomas, un garçon plutôt introverti qui est dans la même classe qu’elle, se fait attaquer par une créature humanoïde (une Goule, comme on l’apprend plus tard). Plutôt que de se cacher, elle décide de l’aider et est gravement blessée dans l’aventure. Dans la panique, Thomas pratique alors un rituel interdit qui va lier Chloé à lui.. Parce que oui, Thomas est un mage.

Nous sommes donc dans un monde où la magie est présente, mais ne vous attendez pas à croiser des baguettes magiques ou des mages à la Fairy Tail. Ici, les incantations sont longues, poétiques (enfin euh…) pas toujours (jamais) pratiques en combat, et c’est la raison d’être des Chevaliers. Cela n’empêche pas le roman de contenir beaucoup d’action, bien maîtrisée. Les duels à l’épée sont immersifs, on sent que l’auteur s’y connait en escrime et peut-être pratique-t-il lui-même. Les références pop culture du roman sont présentes juste comme il faut, sans trop en abuser. Je trouve que Chloé sonne très vrai pour une adolescente et je me suis immédiatement identifiée à elle pour beaucoup de raisons. D’abord parce que je suis moi-même une fille très grande et que j’ai connu les moqueries liées à cet état. Ensuite parce qu’on a eu le même genre d’envies par rapport notamment à d’Artagnan (comment oublier ma première lecture de Dumas?) ce qui me la rend immédiatement sympathique. Heureusement, d’ailleurs, parce que La Magie de Paris est écrit à la première personne, c’est Chloé qui raconte elle-même ce qui lui arrive et c’est agréable de ne pas être confrontée à une héroïne casse-pied, une fille ultra-populaire ou super jolie vers qui tout le monde se retourne ou qui ne pense qu’aux mecs.

Outre la magie, les combats et les références bien placées, la Magie de Paris évoque aussi les situations familiales compliquées, les parents qui ne remplissent pas leur rôle, la nécessité de grandir trop tôt et trop vite, le tout avec justesse, sans jamais tomber dans le mélodrame inutile. Tout est bien dosé et on reconnait sans peine le talent de l’auteur.

Ce roman a beau être destiné à un public adolescent, il séduira sans problème des jeunes adultes ou même des personnes plus âgées pour ses nombreuses qualités. C’est un page-turner, difficile de le lâcher quand on l’a commencé (pour ma part, je l’ai fini en 24h puisque j’ai lu les premières pages hier) et on ne sent pas le temps passer pendant notre lecture. On arrive à la fin et on s’étonne d’avoir déjà avalé deux cents pages (201 pour être précise). Bref, je vous recommande chaudement ce roman car même si je préfère les œuvres plus adultes de l’auteur, celle-ci a de vraies qualités et conviendra à un public beaucoup plus large.