#PLIB2020 – ma sélection des 20

logoplib2020

Bonjour tout le monde !

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous savez que j’ai eu le plaisir d’être reprise dans le jury du PLIB2020. Arrive déjà le temps des premiers votes et la compétition est rude ! Il y avait en tout 124 romans sélectionnés. Le 16 novembre, il n’en restera plus que 20. Imaginez la pression sur nous, pauvres petits blogueurs…

L’avantage d’être à jour (ou presque) sur l’actualité littéraire francophone, c’est que j’avais déjà lu, disons, au moins la moitié des 124 titres sélectionnés. J’ai tout de même pris la peine de lire chaque résumé pour me faire une idée et de juger sur la qualité de la couverture, la façon dont l’éditeur le présente, tous ces petits détails qui sont centraux en librairie. Alors oui, peut-être que des perles se cachent derrière un résumé bancal et une couverture pas très soignée, j’en ai conscience, mais c’est le jeu. Je précise aussi avoir voté selon mes propres goûts. Après tout, c’est le but. Cela ne signifie pas que les autres romans sont nuls ou dénués d’intérêt 😉

Vous remarquerez aussi que certains auteurs se retrouvent deux fois. Les fautifs, à savoir Messieurs Fleury et Holzl, n’ont qu’à écrire de moins bons romans, voilà. Ils volent deux places potentielles mais j’ai beaucoup trop aimé les deux romans de Victor Fleury et totalement confiance en Ariel Holzl pour sa dernière sortie (que je reçois bientôt). Du coup, à mon sens, ils méritent de passer.

Voici donc les titres sélectionnés par mes soins. J’espère en retrouver au moins la moitié dans la sélection finale, je croise les doigts ! Je vous mets chaque fois le lien vers ma chronique, s’il y en a une. Notez qu’ils ne sont pas du tout classés par ordre de préférence mais plutôt vaguement alphabétique… Si vous me suivez, vous savez lesquels sont mes coups de cœur.

Chevauche-brumes – Thibaud Latil-Nicolas (Mnémos)
Pépite de l’imaginaire francophone 2019 chez Mnémos, ce roman a su me séduire avec son intrigue militaire efficace et ses personnages vivants. Un auteur à découvrir et à suivre.
Fingus Mallister #1 – Ariel Holzl (Rageot)
Le talent d’Ariel Holzl n’est plus à prouver ! Coup de cœur pour sa saga des Sœurs Carmines, j’ai pris plaisir à le découvrir dans un roman jeunesse à plusieurs niveaux de lecture qui raconte l’histoire d’un Seigneur du Mal en devenir. Un texte qui vaut le détour pour son originalité.
La croisade éternelle #1 – Victor Fleury (Bragelonne)
Envie de fantasy qui s’inspire plutôt de la Mésopotamie? Victor Fleury le fait pour vous en développant une culture assez innovante dans le genre ainsi qu’un personnage principal fort. J’ai été très enthousiasmée par ma lecture, j’attends la suite avec une impatience désespérée.
Le club des érudits hallucinés – Marie-Lucie Bougon (Chat Noir)
Du steampunk à la française qui s’inspire de l’Eve du futur, le roman de Villiers de l’Isle Adam. À travers une intrigue passionnante qui se déroule dans un 19e siècle alternatif, l’autrice propose des questionnements sur la robotique et l’intelligence artificielle. Une belle surprise.
Le garçon et la ville qui ne souriait plus – David Bry (Lynks)
Un roman tout public fort, une ode à la différence dans un Paris alternatif où il est hors la loi de ne pas être comme tout le monde. Des personnages attachants et beaucoup d’émotion, un coup de cœur lors de sa lecture.
Les héritiers d’Higashi #1 – Clémence Godefroy (Chat Noir)
Japon médiéval, légendes nippones… J’ai besoin d’en dire plus? L’autrice propose un premier tome accrocheur plutôt à destination des gens qui s’y connaissent un peu mais c’est mon cas donc je n’ai eu aucun souci à me plonger dans ce roman ni à le savourer.
Les machines fantômes – Olivier Paquet (L’Atalante)
Un techno-thriller terrifiant sous forme de roman chorale qui met en scène cinq personnages dont le destin est relié par des I.A. Une critique sociale piquante et brillante.
Les révoltés de Bohen – Estelle Faye (Critic)
Estelle Faye. Bohen. Ou la cheffe de file en matière de nouvelle vague fantasy francophone. Mon gros coup de cœur sur cette saga, ses personnages, ses thématiques. L’autrice ose sortir des sentiers battus et elle le fait bien.
L’estrange malaventure de Mirella – Flore Vesco (L’école des loisirs)
J’ai lu plusieurs chroniques sur ce roman qui ont su me mettre l’eau à la bouche. J’apprécie particulièrement l’idée de réécriture d’un conte, du point de vue d’une jeune fille et avec du vocabulaire tiré du vieux français. Séduisant !
Loin de lui le soleil – Vincent Tassy (Chat Noir)
Roman gothique magistral signé Vincent Tassy, préquelle de l’excellent Apostasie mais qui peut se lire indépendamment. Un bijou de poésie, de lyrisme, bref tout ce que Vincent Tassy a à offrir de mieux sur un plan littéraire.
Magic Charly #1 – Audrey Alwett (Gallimard)
Gros coup de coeur pour ce roman d’Audrey Alwett qui propose de suivre le jeune Charly dans un monde magique riche, crédible, excentrique avec la dose de noirceur nécessaire à tout bon texte.
Mers Mortes – Aurélie Wellenstein (Scrinéo)
Une belle surprise pour ce nouveau one-shot d’Aurélie Wellenstein qui nous embarque dans un monde post-apocalyptique auquel elle mélange des éléments surnaturels avec des exorcistes, les fantômes d’animaux marins morts et même des pirates ! Un texte très enthousiasmant.
Thorngrove – Cécile Guillot (Lynks)
Envie d’un roman gothique young adult sans la moindre trace de romance? Envie d’une histoire de sœur? Envie de moderniser un genre qui vous parait peut-être vieillot? Alors lisez absolument ce roman, je l’ai a-do-ré.
Cassylyna #1 – S.A. William (Livr’S)
Cassy est une anti-héroïne : une fille plutôt égoïste qui meurt bêtement et se retrouve à devoir aider les fantômes ! Pas de bol. J’apprécie le parti narratif de proposer un personnage loin des standards en terme féminin, que ce soit sur le physique ou la morale. J’ai envie de soutenir cette autrice dans sa démarche. Pour avoir lu les premiers chapitres, c’est prometteur !
Lames vives #1 – Ariel Holzl (Mnémos)
Alors je dois recevoir le roman sous peu mais le résumé me met déjà l’eau à la bouche. Sans compter que, jusqu’ici, je n’ai jamais été déçue par un roman d’Ariel Holzl donc je n’ai pas hésité une seconde à voter pour les lames vives.
Danse avec les lutins – Catherine Dufour (L’Atalante)
J’ai lu de nombreuses critiques sur ce roman qui, au premier abord, ne m’attirait pas. Mais l’aspect critique sociale et l’originalité du contexte me donne envie de lui laisser sa chance.
Je suis fille de rage – Jean Laurent Del Socorro (ActuSF)
Autre roman que je dois recevoir bientôt et dont j’ai déjà lu des critiques élogieuses. Je ne lis pas souvent de textes qui se déroulent aux États-Unis pendant la guerre de Sécession et je suis très curieuse de voir comment s’en sort un auteur français dans le traitement de cette thématique.
L’homme électrique – Victor Fleury (Bragelonne)
Premier roman découvert de l’auteur et premier coup de coeur pour ce texte de volta punk où l’électricité remplace la vapeur. Une originalité qu’on ne voyait plus trop chez cet éditeur et qui a été bienvenue.
Morts – Philippe Tessier (Léha)
Joseph vient de mourir… Et il rouvre les yeux dans une société pleine de squelettes qui veulent faire de lui leur ambassadeur auprès des humains car il a eu la chance d’être embaumé par le meilleur. Il ressemble donc encore à un vivant ! Pas de chance, entre temps, les humains se sont entretués… Un texte très drôle et très intelligent que j’ai adoré découvrir.
L’apprentie faucheuse – Justine Robin (Héron d’Argent)
Ce choix est purement superficiel, je l’avoue. J’ai eu le plaisir de feuilleter ce roman en salon et de constater le soin apporté à l’ouvrage par les éditrices ainsi que le talent de l’autrice pour le dessin. Si elle écrit moitié aussi bien, aucun doute : ce roman doit être une pépite !

Vous pouvez trouver ICI la liste des présélectionnés si ça vous intéresse 🙂

Et vous, vous avez / auriez choisi qui?

#VendrediLecture (65)

Bonjour à tous !
J’espère que vous avez passé une bonne semaine 🙂 De mon côté mon premier jour de boulot a vraiment été top. J’ai des classes intéressantes avec qui je peux axer mes cours sur l’échange et le débat, ce qui est super. Mais ça apporte une masse de travail que je n’avais pas vraiment prévue et j’ai donc moins lu cette semaine. Raison pour laquelle je sors un petit UHL de ma PàL…

Je vous rappelle le concept du VendrediLecture! Il s’agit de partager avec vous ma lecture en cours, avec la 4e de couverture, les informations de l’éditeur et le lien vers sa page sur Babelio. Simple, efficace, pourquoi se compliquer la vie?
N’hésitez pas à me dire si ce rendez-vous hebdomadaire vous intéresse et à le reprendre sur vos propres blogs ^_^ Notez que je ne l’ai pas inventé, je reprends le concept du site VendrediLecture et du #VendrediLecture sur Twitter.

La ballade de Black Tom – Victor Lavalle
Lecture perso’ – Le Bélial
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« Musicien noir sans grand talent, le jeune Charles Thomas Tester vivote à Harlem en cette année 1924. Il pousse la chansonnette dans les rues pour un public de Blancs amateurs de jazz, et, à l’occasion, fait des petits boulots. Un jour, il croise le chemin de Robert Suydam, un occultiste qui l’engage pour jouer chez lui contre une somme faramineuse. Pourquoi ? Quels sont les buts de l’excentrique Suydam ? Va s’ensuivre une plongée dans l’étrange pour Tester, qui en sortira changé à jamais.

En août 1925, H. P. Lovecraft vit avec Sonia Greene à New York. Il n’est pas heureux. Son mariage semble peu épanouissant, sa carrière littéraire peine à décoller et il déteste la ville. En à peine quarante-huit heures, il écrit « L’Horreur à Red Hook », l’un de ces textes les plus détestables, les plus racistes, dans lequel il règle ses comptes avec la mégapole et la  » faune  » qu’elle abrite. Près d’un siècle plus tard, Victore LaValle, romancier noir américain, newyorkais, réécrit de manière magistrale le plus odieux des textes du « reclus de Providence ». »

J’en suis à la moitié et je dois avouer que le racisme dépeint dans le texte me donne la nausée. Pas que l’auteur prône le racisme hein, qu’on se comprenne, mais il se déroule dans les années vingt aux USA. Nous sommes donc confrontés de plein fouet à ce contexte affreux et très bien dépeint par l’auteur.

Retrouvez davantage d’avis sur Babélio.

Et vous, que lisez-vous? 🙂

Le Vieil Homme et la Guerre – John Scalzi

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Le Vieil Homme et la Guerre est le premier tome de la saga du même nom écrit par l’auteur américain John Scalzi. Publié chez l’Atalante dans la collection la Dentelle du Cygne, vous trouverez ce roman au prix de 19.90 euros en grand format.
Je remercie Emma et les Éditions l’Atalante pour ce service presse.

John Perry a soixante-quinze ans et vient de s’engager dans les forces de défense coloniale. Il va partir dans l’espace, sans possibilité de revenir un jour sur Terre. De toute façon, rien ne l’y retient alors pourquoi ne pas aider à l’expansion de l’humanité dans l’univers ? John espère aussi (et surtout) que la technologie avancée des colonies lui permettra de retrouver une seconde jeunesse…

J’ai immédiatement été attirée par le postulat de départ et l’idée de suivre un protagoniste du quatrième âge. Pourquoi l’armée recruterait-elle des seniors? C’est la question qu’on se pose tout de suite à la lecture du résumé. Il y a forcement anguille sous roche. Comme le supposent la plupart des protagonistes, ils disposent bien d’une technologie pour les rendre « aptes au combat » quoi que cela puisse signifier. Attirés par la cure de jouvence promise, ils vont un peu déchanter en se rendant compte que ça implique de laisser son vieux corps derrière soi. Commence alors l’entrainement de John et de la bande des Vieux Cons, comme ils s’appellent. Pas des amis depuis toujours, simplement des gens qui se sont rencontrés en chemin et se sont liés d’amitié dans leur nouvelle vie, en l’espace d’une semaine. J’ai rapidement ressenti des affinités entre ces personnages et l’envie qu’ils puissent se retrouver même si Scalzi n’est pas tendre avec ses lecteurs de ce point de vue là. Je vais y revenir.

Comme son titre l’indique, le Vieil Homme et la Guerre est un roman construit autour de la chose militaire. On suit l’entrainement de John, son évolution dans l’armée, leurs missions et leurs implications morales / psychologiques. Si vous avez un problème avec tout ce qui touche à l’armée, alors Le Vieil Homme et la Guerre n’est pas pour vous. Par contre, si ce qui vous rebute en général dans ce genre littéraire c’est que vous craignez de ne rien comprendre, prêtez-y attention ! John est un type lambda comme vous et moi qui était écrivain. Il n’a aucune notion de physique quantique, n’est pas doué en math et débarque dans ce nouveau monde. Quand il apprend des concepts utiles ou importants pour la suite, on le lui explique en langage simple et je trouve que ce roman constitue une parfaite porte ouverte sur le genre space opera car, sans infantiliser son lecteur, Scalzi se montre très accessible. Chapeau.

Comme toujours, l’univers imaginé par l’auteur ne manque pas d’intérêt bien qu’il revête un aspect assez classique sur le fond. Une partie de l’humanité a quitté la Terre pour coloniser l’espace suite à des guerres entre pays. Ces colonies recrutent des soldats sur Terre mais uniquement parmi le quatrième âge -on apprend plus tard pour quelle raison. Dans leur course à la colonisation, l’humanité a rencontré d’autres espèces, d’autres mondes, et est très souvent entrée en guerre avec eux pour obtenir le contrôle d’une planète. Le concept ne révolutionne pas le genre mais ce qui est intéressant, c’est tout ce que Scalzi apporte dans son background. La manière dont il déconstruit nos préjugés (j »ai adoré la scène des photos aliens à l’académie !). Et surtout, ses personnages.

Sincèrement, John Perry est un protagoniste très agréable à suivre, l’un de ceux que j’ai préféré découvrir chez l’auteur. Le roman étant écrit à la première personne, on s’y attache très rapidement même si ça enlève une partie de la tension narrative car on se doute que rien de définitif ne va lui arriver. John est un homme touchant aux plaisirs simples, qui accepte son destin et se donne au maximum pour aller au bout de ce qu’on lui demande. Il ne manque pas de courage (à moins que ça ne soit de la folie ?) ni de malice. Il se distingue à quelques reprises et son statut de héros lui octroie une chance parfois insolente. C’est peut-être l’unique reproche que j’ai à formuler envers ce roman mais je l’ai tellement aimé que je lui pardonne assez volontiers. D’autant qu’il s’agit de son premier roman ! Quelle qualité, pour un premier texte, j’en suis soufflée.

La narration s’étale sur plusieurs mois, divisés en parties au sein du roman. D’abord tout ce qui précède l’engagement et l’arrivée sur Phénix, puis tout ce qui touche à l’entrainement et enfin l’aspect militaire à proprement parler. D’un chapitre à l’autre, plusieurs semaines peuvent s’écouler et on apprend parfois la disparition d’un des Vieux Cons dans ce laps de temps. John les raconte sans larmoiements inutiles, il reste factuel et ça renforce l’aspect à la fois terrible et inéluctable de la guerre. Chaque fois, j’ai ressenti un pincement au cœur, m’étant attachée au héros et à ses compagnons. Narration efficace donc et déjà bien maîtrisée.

Pour résumer, le Vieil Homme et la Guerre est pour moi une réussite. Il s’agit du premier roman de John Scalzi qui propose un space opera de qualité, très accessible aux novices dans le genre sans pour autant les prendre inutilement par la main. Dans ce premier volume d’une saga qui en comporte six, le lecteur rencontre John Perry, narrateur attachant qui s’exprime à la première personne et nous dessine les contours de cet univers riche en ouvrant des pistes enthousiasmantes pour la suite. Résolument militaire, comme son titre l’indique, l’aspect humain n’est pourtant pas exclu de l’équation, offrant ainsi une belle richesse au texte. Je recommande donc très chaudement la lecture de ce roman ! Ainsi que de tout texte de Scalzi qui reste une valeur sure.

L’Enchanteur – Stephen Carrière

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L’Enchanteur est un one-shot fantastique à destination d’un public 13+ écrit par l’auteur français Stephen Carrière. Publié chez PKJ, vous trouverez ce roman au prix de 18.5 euros.

Daniel souffre d’un cancer qui a déjà gagné la partie. Il va mourir dans moins d’un an et demande une faveur à Stan, son meilleur ami. Stan, c’est l’Enchanteur et il s’est taillé une place de choix au lycée. Il est connu pour ses combines et ses plans fous qui rendent service à ceux qui le sollicitent, ados comme adultes. Daniel lui demande alors de transformer sa mort en un spectacle inoubliable. Au mieux, Stan a neuf mois. Peut-être moins, parce qu’un mal ancien et surnaturel rôde dans leur ville…

L’Enchanteur ou comment une bande d’amis affronte la mort prochaine de l’un d’entre eux. À cette thématique intimiste et très humaine, touchante à sa manière, l’auteur en rajoute d’autres, modernes, terrifiantes aussi et je ne parle pas de l’aspect fantastique. On peut diviser le roman en deux mondes, comme le dit le narrateur : les bois et la ville. Dans les bois, il y a tout l’aspect surnaturel avec l’exploitation du concept d’égrégore que j’ai trouvé vraiment sympa. Je n’en dit pas plus sur le sujet pour ne pas vous spoiler des éléments de l’intrigue mais il s’agit bien d’un roman fantastique même si on a parfois des doutes dans les cent premières pages. Dans la ville, il y a l’aspect social via la considération négative des jeunes par les adultes, la simplicité avec laquelle on peut manipuler les médias et l’opinion publique. C’est ça qui, personnellement, m’a touchée et effrayée plus que ce qui a trait au surnaturel.

Au sein d’un seul texte, Stephen Carrière réussit donc l’exploit de conjuguer beaucoup de thématiques. J’ai surtout été sensible à l’aspect amitié et humain du texte. Ses protagonistes sont, pour la plupart, très attachants et représentent une diversité presque artificielle. Jenny vient de Russie, c’est une fille garçon manquée dont le père pratique les arts martiaux qu’il lui enseigne depuis longtemps. David est le petit juif malingre de la bande. Daniel est le garçon noir, cancéreux, un peu gros. Stan est le petit blanc débrouillard, super intelligent qui possède une aura incroyable. Quant à Moh, l’arabe de la bande, il est aussi le narrateur de ce roman. Passionné de culture, de théâtre, il offre un regard intéressant sur toute l’histoire.

Qu’on se comprenne bien. Je ne dis pas que « dans la vraie vie » une bande aussi hétéroclite ne peut pas exister. Simplement, j’ai eu l’impression que l’auteur se sentait obligé d’inclure énormément de diversité ethnique. Et ça me convient très bien sauf qu’ici ça sonne faux. C’est un sentiment tout personnel renforcé par le seul vrai gros point négatif de ce texte selon moi: son style d’écriture, couplé à son choix narratif.

Le narrateur, comme je vous l’ai dit, c’est Moh, l’arabe cultivé de la bande. Il raconte l’histoire après les évènements sous forme d’un roman qu’il est en train d’écrire (et nous de lire). Dans le tout dernier chapitre qui fait office d’épilogue, il explique que pendant des mois il a « interviewé » les différents protagonistes pour offrir un récit au plus proche de la vérité (bien qu’il admette lui-même que ce soit un idéal difficile à atteindre). Moh est un adolescent, il a une quinzaine d’années, peut-être seize quand il écrit son livre. Pourtant, il s’exprime comme un adulte et avec beaucoup trop de maturité. Je peux accepter que des évènements traumatisants comme ceux auxquels ils ont assisté puisse faire grandir mais à ce point? J’ai un doute. Alors d’accord, il est très cultivé, passionné par le théâtre (ce qui justifie toutes les citations de Shakespeare, entre autres) son oncle est libraire spécialisé dans les livres anciens, mais ça ne suffit pas pour donner à cette narration un réel crédit. De plus, il écrit des chapitres du point de vue de ses amis en parlant de leur intimité (c’est quand même moyen…), de la fille dont il est amoureux (je vous jure, y’a personne que ça gêne ?) mais aussi d’adultes que je vois mal se prêter à l’exercice de l’interview vu ce qu’on dit d’eux dans le livre.

Malgré ce bémol, j’ai apprécié ma lecture de ce roman. Il a su me toucher avec ses thématiques et ses ambitions aussi grandioses que naïves. En fait, ç’aurait presque pu être un manga. Je pense d’ailleurs que sur ce médium, je l’aurai davantage apprécié.

Pour résumer, l’Enchanteur de Stephen Carrière est un roman fantastique à destination d’un public adolescent qui brasse de nombreuses thématiques comme la mort, l’amitié, mais aussi la réalité socio-culturelle à travers le prisme des jeunes. Si je n’ai pas été convaincue par sa narration, j’ai tout de même passé un bon moment avec ce texte qui est un chouette divertissement.

BML #16 – octobre 2019

Bonjour à tous !
J’ai lu ce mois-ci, j’ai lu… Et surtout, j’ai mené à bien une petite expérience en essayant de publier un article par jour sur le blog pour voir quelle influence cela a sur la visibilité et sur les visites. Franchement, je ne pensais pas que ça demanderait autant de boulot mais c’est vraiment gratifiant et j’ai envie de continuer à m’y tenir même si je vais commencer un nouveau boulot à la rentrée (donc dans deux jours quoi !!) vu que j’ai enfin trouvé une place dans une école en tant que prof. C’est pas un temps plein mais c’est super enthousiasmant 🙂

Alors, qu’est-ce que ça donne, du coup?

Côté romans :

Olangar #2 – Clément Bouhélier (Lecture perso – Critic) ♥
Loin de lui le soleil – Vincent Tassy (Lecture perso – Chat Noir)
Abimagique – Lucius Sheppard (Lecture perso – Le Bélial)
Le Carrousel Éternel #2 Paper Dolls – Anya Allyn (Lecture perso – Chat Noir)
Les enfermés – John Scalzi (Service presse – l’Atalante)
Magic Charly #1 l’Apprenti – Audrey Alwett (Lecture perso – Gallimard Jeunesse) ♥
L’Alchimie de la pierre – Ekaterina Sedia (Lecture perso – le Bélial / Pocket)
Thorngrove – Cécile Guillot (Lecture perso – Lynks)
Libration – Becky Chambers (Service presse – l’Atalante)
Le Cycle d’Alamänder #1 la porte des abysses – Alexis Flamand (Service presse – Léha)
Nixi Turner contre les croquemitaines #1 Baba Yaga – Fabien Clavel (Lecture perso – Chat Noir)
Le Regard – Ken Liu (Lecture perso – le Bélial)

Soit un total de 12 romans ! Y’a même eu deux coups de cœur et de belles découvertes 🙂

Côté mangas :

Freaks café #1
Gigant #1
Coyote #1
Reine d’Égypte #6
Teacher Killer #2
Berserk #3 et #4
Black Butler #28
Magus of the Library #3

Pour un total de 8 mangas ! Je vous parle d’ailleurs désormais des suites dans un article dédié : à l’ombre du Japon 🙂 Je n’ai pas encore écrit d’article sur Freaks Café car j’attends de lire le tome 2 pour me décider à en parler (ou non en fonction). Je me suis aussi abstenue sur Coyote car si le manga est sympa, il n’apporte rien de transcendant au genre et je ne sais pas encore si je vais lire le second tome. Quant à Magus of the Library, je reviendrai dessus dans la prochaine session d’AOJ mais j’ai vraiment adoré comme à chaque fois. Une saga à suivre 🙂

Nous sommes donc sur 20 titres en tout.

Ma PàL papier comporte actuellement 12 romans, petite fierté :3

Et vous, de belles découvertes en octobre?

#VendrediLecture (64)

Salut tout le monde !
C’est vendredi, donc vendredi lecture mais aussi le premier jour du #NaNoWriMo. Si je tiens le rythme, je vais peut-être moins lire pendant ce mois-ci donc ne vous étonnez pas si le blog tourne au ralenti. Peut-être qu’il le fera, peut-être pas, suspens… Si toutes mes lectures sont aussi addictives que celle en cours, vous ne verrez même pas la différence.

Je vous rappelle le concept du VendrediLecture! Il s’agit de partager avec vous ma lecture en cours, avec la 4e de couverture, les informations de l’éditeur et le lien vers sa page sur Babelio. Simple, efficace, pourquoi se compliquer la vie?
N’hésitez pas à me dire si ce rendez-vous hebdomadaire vous intéresse et à le reprendre sur vos propres blogs ^_^ Notez que je ne l’ai pas inventé, je reprends le concept du site VendrediLecture et du #VendrediLecture sur Twitter.

L’Enchanteur – Stephen Carrière
Lecture perso’ – PKJ
23

« Une bande inoubliable d’adolescents décide de lancer un défi à la mort.
Stan s’est taillé une place de choix au lycée. Ses camarades viennent le voir avec leurs problèmes et il élabore des stratagèmes insensés pour les résoudre. Aidé de sa bande d’amis fidèles, Daniel, Jenny, David et Moh, il est devenu un artiste en manipulation de la réalité. On l’appelle l’Enchanteur et, cette année, il va devoir réaliser son chef-d’oeuvre. Car Daniel est malade. Daniel va mourir. Comme il est fan de comédies musicales, il a demandé à Stan de transformer sa mort en un spectacle si grandiose qu’il lui offrira un peu d’immortalité. Il ne reste que neuf mois à l’Enchanteur et ses comparses pour accomplir ce  » miracle « . Mais, dans les ruelles du centre-ville, un Mal ancien et féroce se répand… et, même s’ils préféreraient l’ignorer, nos héros semblent être plus impliqués qu’ils ne le souhaiteraient. »

Retrouvez quelques avis sur Babélio !

Et vous, que lisez-vous?

Halloween : 5 romans de la fournée 2019 pour se mettre dans l’ambiance !

Salut la blogo !
Pas trop de suspens sur le but du présent article. Aujourd’hui, c’est Halloween, Samhain pour les puristes et c’est la soirée où on se fait peur. Du coup, je vous propose de découvrir cinq romans lus en 2019 et qui collent parfaitement à l’ambiance. Je précise qu’ils ne sont pas classés par ordre de qualité ou de préférence 🙂 Même pas par ordre de lecture en fait, c’est le CHAOS !

1
Ma chronique.
Un roman qui part d’un postulat classique pour se révéler rapidement original et prenant. Il séduira les amoureux de la mer, de la sorcellerie et des superstitions. Ç’avait été une très bonne surprise !

2
Ma chronique.
Premier essai dans la collection Une Heure Lumière et premier gros coup de coeur. Cette novella propose une anti-héroïne fascinante dans un univers certes de légère science-fiction mais dont l’ambiance oppressante et inquiétante colle parfaitement à Halloween.

5
Ma chronique.
Je triche un peu car j’ai lu ce roman toute fin 2018 (c’était après Halloween notez donc on va dire que. Puis j’fais c’que j’veux.) mais je le trouve parfait pour l’occasion. Des cauchemars, des mystères, de l’onirisme, une atmosphère en huit clôt et une utilisation maîtrisée des codes du roman gothique. À découvrir !

17Ma chronique.
Ce roman est sans doute celui qui colle le plus au thème dans la sélection de cette année. Thorngrove a été une magnifique surprise car l’autrice a su moderniser les codes du roman gothique et écrire un roman young adult sans la moindre trace de romance. J’ai adoré, si vous l’avez dans votre PàL sortez le ABSOLUMENT ce soir !

11
Ma chronique.
Roman court et sympathique à destination d’un public jeunesse, l’auteur propose pourtant plusieurs niveaux de lecture dans son histoire qui fait qu’il convient aussi bien aux adultes qu’aux enfants. Fingus est un jeune seigneur du mal en devenir qui compte bien réussir le concours de magie pour entrer à l’Académie. Hélas, tout ne se passe pas comme prévu…

Et vous, quel livre conseilleriez-vous pour cette période? 🙂