Abrégé de cavorologie par Hippolyte Corégone (et quelques mots sur les Temps ultramodernes)

17
« Cet opuscule a reçu l’approbation du ministère de l’Instruction publique et de l’Administration régionale pour sa vocation à vulgariser un sujet connu de tous : la cavorite et son influence sur notre époque dite des Temps Ultramodernes. Plus concis qu’un traité, il représentera un auxiliaire précieux pour le corps professoral et les institutions, mais aussi pour les chefs de famille soucieux de l’éducation de leur progéniture. Dans ces conditions, nous avons le ferme espoir que notre publication sera bien reçue par les nombreux lecteurs à qui nous la destinons. »

L’abrégé de cavorologie est un ouvrage court d’une septantaine de pages au format numérique voué à structurer et présenter la cavorite, minerai sur lequel se base tout le concept du roman les Temps Ultramodernes de Laurent Genefort, qui vient de paraître chez Albin Michel Imaginaire. Ce texte est disponible gratuitement au format numérique et je remercie Gilles Dumay qui a accepté de me l’envoyer directement alors que toutes les plateformes se liguaient pour m’empêcher d’y accéder…

Cet opuscule (wouhou j’ai placé le mot) est rédigé par le personnage fictif d’Hippolyte Corégone. J’ignore encore s’il apparait dans le roman, en tout cas il sert de couverture à Laurent Genefort qui présente ainsi son univers de manière ludique à travers six parties : 1) La cavorite en son milieu naturel. 2) Principes physicochimiques. 3)L’élaboration. 4) Les applications cavorurgiques; 5) Le renouvellement des usages et 6) La politique de la cavorite ainsi qu’un petit lexique pour s’y retrouver avec tous les dérivés du mot cavorite.

Qu’est-ce donc d’ailleurs que cette cavorite ? Et bien il s’agit d’un composé que l’on retrouve dans certains minerais et qui possède des propriétés antigravitiques, tout simplement. Laurent Genefort, en partant de cette idée qui paraît peu de chose de prime abord, réinvente notre monde et notre Histoire pour y intégrer les progrès liés à cette découverte. Rien que par cet abrégé, j’ai le sentiment que l’auteur va nous proposer une uchronie de très haut niveau, ce qui me réjouit.

La lecture de cet abrégé m’a grandement enthousiasmé et donné envie de me lancer immédiatement dans la découverte de son ouvrage. La raison en est simple : j’ai été impressionnée par l’inventivité de l’auteur. Il ne se contente pas de poser vaguement une idée, il la travaille finement en traversant divers domaines. On y parle bien entendu des origines de la découverte, des applications scientifiques, du classement au milieu d’autres éléments mais aussi des progrès technologiques, des drames sociaux, des dérives du système, des histoires insolites ou encore des mouvements artistiques liés à cette cavorite. Il s’agit donc d’un ouvrage riche et pluriel, accessible à tous.tes.x.

Comme dans toute bonne uchronie, les personnages historiques connus comme le couple Curie ou Henri Becquerel côtoient les personnages inventés avec brio. Si je n’ai pas été intéressée de la même manière par toutes les parties (je ne serais jamais une grande scientifique, hélas…) l’ensemble m’a fasciné et je ne peux que vous recommander de jeter au moins un œil à cet abrégé, avant de lire le roman qui y s’y rapporte. Il me permet en tout cas de m’y lancer sans crainte.

Du moins le pensais-je…
J’ai rédigé cet article enthousiaste (toute la partie avant ce paragraphe) il y a deux bonnes semaines et me suis lancée dans la lecture des Temps Ultramodernes dans la foulée. Dés le départ, j’ai trouvé le temps un peu long. Le roman se focalise sur quatre personnages, chacun.e a droit à un chapitre qui se focalise sur sa situation : une institutrice, un artiste anarchiste, un commissaire de police et un scientifique aux convictions douteuses. Chaque personnage permet la découverte d’un pan de l’univers déjà esquissé dans l’Abrégé de Cavorologie. En cela, l’idée est ingénieuse et bien réalisée. L’écriture de Laurent Genefort est minutieuse… peut-être un peu trop d’ailleurs car à mon goût, l’émotion manque au profit d’un tableau peint certes avec maîtrise mais sans suffisamment d’humain pour réussir à m’intéresser. J’ai besoin d’un meilleur équilibre que celui-là. J’étais pourtant résolue à aller au bout mais, n’ayant lu que la moitié sur plus d’une semaine, j’ai fait une pause pour essayer autre chose. Je voulais savoir si le problème venait du roman… ou de moi, car je sais avoir quelques difficultés pour me plonger dans mes lectures, ces derniers temps. Hélas, comme j’ai dévoré en deux jours le nouveau roman d’un certain Jean Laurent Del Socorro, force m’est d’admettre que les Temps Ultramodernes ne correspond pas… ou plus… à ce que j’ai envie… ou besoin ? de lire en ce moment. Je laisserai un signet page 231 et, qui sait ? Lui laisserais à nouveau une chance un jour. Sachez en tout cas que c’est une question de goût personnel et que je ne remets pas en question la qualité du livre ni l’inventivité de son auteur – qui continue de m’impressionner malgré cela.

D’autres avis : Le culte d’ApophisL’épaule d’OrionLe nocher des livresLe Maki – vous ?

Informations éditoriales :
Abrégé de cavorologie par Hippolyte Corégone (Laurent Genefort) dans l’univers des Temps Ultramodernes. Éditeur : Albin Michel Imaginaire. Illustration de couverture et intérieures par Martine Fassier. Prix : gratuit. Format numérique uniquement.
logochallenge
+1 nouvelle
Avancée du challenge : 33 textes lus.
Bonus : lire un auteur francophone.

Sur la route d’Aldébaran – Adrian Tchaikovsky

17
Sur la route d’Aldébaran
est une novella de science-fiction écrite par l’auteur britannique Adrian Tchaikovsky. Publiée dans la collection Une Heure Lumière par le Bélial, vous trouverez ce texte partout en librairie au prix de 9.90 euros.

De quoi ça parle ?
Dans un futur proche, une exploration spatiale permet de découvrir le « Dieu-Grenouille » une sorte de structure dotée de plusieurs passages, les Cryptes, qui intriguent beaucoup les chercheurs dans le secteur. Après avoir envoyé des drones, il est temps pour l’humanité d’y poser le pied…

Une narration entre passé et présent.
Gary Rendell est un pilote britannique et membre de la mission d’exploration. C’est aussi le narrateur de l’histoire, qui s’exprime à la première personne. Lorsqu’on le rencontre, il semble souffrir d’au moins un début de folie. Il s’adresse au lecteur en l’appelant Toto et le contenu de la novella semble être une transcription de ses discussions à voix haute avec ce personnage de Toto, invention de son esprit pour contrer la terrible solitude des Cryptes.

La narration alterne entre le présent où Gary essaie de sortir des Cryptes pour retrouver d’autres humains et le passé qui explique au lecteur comment Gary et son équipe en sont arrivés là. Gary est également le narrateur des moments du passé, qu’il agrémente de réflexions personnelles et d’un faux suspens, comme s’il racontait véritablement cette histoire à une personne extérieure.

Un gros sense of wonder.
La force de cette novella est sans conteste l’univers développé autour de Gary, qui est d’autant plus vertigineux quand on pense que le texte ne compte « que » 160 pages. En quelques mots : les cryptes semblent être des couloirs qui permettent de voyager d’un bout à l’autre de l’univers, débouchant parfois dans des mondes dont on ne soupçonnerait même pas l’existence. Pour cette raison, certaines zones sont propices à la vie humaine avec par exemple une atmosphère et une gravité tolérables, mais pas toutes. De plus, les humains ne sont pas les seuls à avoir exploré cet endroit. Gary tombe à plus d’une reprise sur les corps d’autres espèces ou sur ce qu’il qualifie de monstres, bien vivants, qui tentent de le tuer.

On pourrait s’étonner que Gary, humain littéralement sans défense après que son équipe se soit faite tuer, parvienne à survivre aussi longtemps mais une explication est fournie, qui apporte du même coup un twist narratif dont quelques indices sont pourtant disséminés dans les pages précédentes (mais je n’ai tissé les liens qu’après coup).

J’ai trouvé les idées de l’auteur assez originales. Je lis de plus en plus de science-fiction mais je ne suis pas pour autant une spécialiste donc c’est peut-être déjà vu ailleurs mais entre ça et les nombreuses références à la pop-culture, Sur la route d’Aldébaran se révèle très riche au niveau du contenu.

Une folie hélas peu crédible.
Si j’ai été positivement surprise par la richesse de ce qu’a proposé l’auteur au sein de ce texte en terme d’univers, je ne peux pas pour autant dire qu’il a réussi à me plaire car j’ai trouvé sa narration longuette par moment et Gary passablement irritant à d’autres. Ce n’est pas tout de soigner le fond, il faut penser à la forme narrative et ici, je n’ai pas été convaincue par son dialogue avec Toto. Dans les moments du présent, il en est à un stade où il ne devrait pas être capable de raconter de manière aussi froide et cohérente les éléments du passé qui nous permettent de comprendre comment il en est arrivé à cette situation. C’est dommage du coup car je n’ai pas réussi à croire à cette perte de raison. Évidemment, j’ai conscience que la forme écrite exige certains éclaircissements pour la plupart des lecteur.ices qui n’apprécient pas d’être embrouillés mais moi j’aime qu’on me heurte, qu’on me dépayse, qu’on me mène en bateau. J’aimais beaucoup l’idée d’un personnage en train de sombrer et elle n’a pas été poussée au bout par l’auteur, encore moins sur les dernières pages. Toutefois, cette remarque est propre à la lectrice que je suis et ne se retrouve pas du tout chez les blogpotes. C’est une affaire de goût.

La conclusion de l’ombre :
Dans les faits, Sur la route d’Aldébaran est une bonne novella d’un point de vue sense of wonder mais son choix narratif n’a pas réussi à me séduire, ce qui est tout personnel. Je vous encourage donc à juger par vous même et à découvrir les chroniques des blogpotes ci-dessous pour vous faire une idée plus complète au sujet de ce texte.

D’autres avis : Un papillon dans la luneLe Culte d’ApophisL’Épaule d’OrionGromovarXapurAu pays des cave trolls – Mondes de pocheLes chroniques du ChroniqueurLes lectures du Maki – vous ?

Isabel des feuilles mortes – Ian R. Macleod (Une Heure-Lumière – Hors-série 2019)

3
Isabel des feuilles mortes
est une nouvelle écrite par l’auteur anglais Ian R. Macleod. Publié au Bélial dans son Hors-série 2019, ce texte était offert à l’achat de deux romans de la collection Une Heure Lumière.
Il s’agit de ma première lecture du Projet Maki !

Ce hors-série contient, outre cette nouvelle inédite, une introduction à la genèse de la collection Une Heure Lumière ainsi que son catalogue et quelques parutions à venir. Au final, la nouvelle prend une petite moitié seulement du livre en lui-même.

J’ai appris grâce aux blogpotes que cette nouvelle se déroule dans le même univers que Poumon Vert, un UHL que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire. Le monde peint par l’auteur est très clairement futuriste et je m’en suis étonnée car les premières pages ne laissaient rien paraître à ce sujet. Non seulement il est futuriste mais il est aussi inspiré de l’orient. L’action se déroule dans la ville de Gezira, on ressent une forte présente du soleil et les descriptions, que ce soit des gens, des vêtements ou des bâtiments, tout cela embarque le lecteur dans une ambiance de ce genre.

Isabel est l’héroïne de cette nouvelle et n’a pas grand chose de remarquable. Elle n’est ni belle, ni laide, ni particulièrement rusée ni foncièrement stupide. C’est une femme banale comme il en existe des milliers. Enfant des rues, elle est recrutée par l’église de l’aube dont elle gravit petit à petit les échelons sans même spécialement le désirer jusqu’à devenir une Chanteuse. Dans cet univers, les chanteuses sont des femmes qui, chaque jour, font se lever le soleil qui éclaire ce monde à l’aide d’un réseau de miroir. Cela paraît poétique mais le système est clairement technologique et plutôt horrible puisque ces femmes deviennent aveugles en étant exposée à cette lumière, qu’on les accroche à une espèce de croix au sommet d’un minaret pour qu’elles chantent… On a connu meilleure situation de vie. Mais Isabel ne s’en plaint pas le moins du monde.
Un jour, suite au dysfonctionnement de l’un des miroirs (vilain 28 !), Isabel rencontre Genya, la représentante d’une autre église avec qui les siens ont été en guerre il y a des années. Elle la surprend en train de danser et ressent une fascination pour sa grâce. Les deux femmes vont devenir amies et se livrer, avec une forme d’innocence, des secrets appartenant à leurs cultes respectifs. Sauf qu’évidemment, ça va se savoir et leurs dirigeants respectifs ne vont pas trop apprécier.

Je vous avoue avoir été déroutée par ce texte court raconté comme un conte. Je ne savais pas précisément à quoi m’attendre et en le terminant, je me suis demandée ce que l’auteur avait cherché à raconter. Je crois que je suis passée à côté de ce texte ou, en tout cas, que je ne possède pas les clés pour le comprendre. Je précise que je n’avais jamais lu Ian R. Macleod auparavant, que j’ignore tout de son œuvre, de ses thèmes favori, de ses potentiels engagements, etc. Durant la majeure partie d’Isabel des feuilles mortes, je ressentais une poésie et une beauté teintée de mystique que l’auteur transmet très bien par sa façon de narrer cette histoire, semblable à l’un de ces textes qu’un conteur pourrait chuchoter au coin d’un feu dans une bonne taverne. Même les sciences avancées sont présentées comme une extension de la religion, avec ses rituels, ses dorures et ses fastes. Je trouvais ça intéressant parce que je n’avais jamais rien lu de semblable. Ce qui ne signifie pas que ça n’existe pas mais pour moi, débutante dans le genre, c’était nouveau. Puis sont arrivées les dernières pages, particulièrement dures, assez horribles même qui tranchent brutalement avec le reste. Et qui me laissèrent pantoise, sans savoir si j’avais apprécié ou non ma lecture.

Une chose est sûre, Isabel des feuilles mortes est une expérience totalement nouvelle pour moi et c’est ce que je vais retenir de ce texte court. Au fond, c’est aussi pour cela que j’aime la collection Une Heure Lumière. Elle me sort de ma zone de confort, m’ouvre de nouveaux horizons.

Pour résumer, Isabel des feuilles mortes est un texte court et dépaysant qui se place dans le même univers que Poumon Vert. Très clairement orientalisant, on se surprend à découvrir un univers très porté sur la technologie tant on aurait pu être dans un texte type « Moyen-Âge ». Avec une écriture très poétique, Ian R. Macleod raconte la légende d’Isabel, Chanteuse de l’église de l’Aube, et de son amitié interdite avec Genya, membre d’une église rivale. Pour moi, cette lecture a été une nouvelle expérience que je ne regrette pas.

Maki

Hideout – Masasumi Kakizaki

6
Hideout est un seinen horrifique en un seul tome scénarisé et dessiné par le mangaka Masasumi Kakizaki que vous connaissez peut-être davantage pour sa série Bestiarius. Publié chez Ki-oon, vous trouverez ce tome au prix de 7.65 euros partout en librairie.

Seiichi a décidé de tuer sa femme ce soir. Il n’en peut plus de la culpabilité qu’elle fait peser sur lui depuis la mort de leur fils. Il l’emmène donc sur une île sous prétexte de recoller les morceaux et, ensemble, ils vont pénétrer dans une mystérieuse grotte. La descente aux Enfers commence…

Voici grosso modo le contexte de ce one-shot. A priori, on pourrait se dire qu’il n’a rien de très original toutefois, s’il ne révolutionne pas le genre, Hideout possède de sympathiques qualités.

Je vais d’abord évoquer l’objet en tant que tel. La couverture a un aspect un peu rugueux sous les doigts, comme un papier tissé très finement. C’est plutôt un type de couverture qu’on retrouve sur des romans au sein de certaines maisons d’édition et ça se comprend vu son contenu. En effet, le personnage principal est écrivain et il relate son histoire dans son dernier livre. Je ne vous gâche pas l’effet final mais c’est plus original que ce qui y parait. Quant au dessin, il est extrêmement soigné.  On ressent l’aspect horrifique dès la couverture mais ce n’est rien à côté de l’intérieur. Le mangaka propose plusieurs doubles pages très réussies et marquantes qui plongent directement le lecteur dans l’angoisse. De plus, pour l’intrigue en elle-même, l’alternance des flashbacks et du présent se fait aussi de manière visuelle. Tout ce qui appartient au passé est dessiné d’une façon très lumineuse, c’est presque aveuglant en comparaison de la grotte où Masasumi Kakizaki joue magnifiquement avec les ombres. La maîtrise technique apparait selon moi comme indéniable.

Le visuel sert donc très bien le contenu. La tension de l’intrigue monte crescendo. On ressent d’abord énormément de compassion pour le héros avant de se rendre compte à quel point il a sombré dans la folie. C’est terrifiant de constater le pouvoir que peut avoir la pression sociale, le regard des autres ainsi que des problèmes d’argent sur la vie d’un individu.

Je ne vais pas trop vous en dévoiler sur le contenu en lui-même puisqu’il s’agit d’un tome unique. Les codes du genre horrifique sont bien respectés et flirtent avec le fantastique sans que le lecteur ne sache vraiment de quoi il en retourne. L’idée de mise en scène d’un écrivain qui perd les pédales m’a séduite, en plus de dépeindre subtilement la difficulté qu’il existe à subsister dans ce milieu.

Pour résumer, Hideout est pour moi une réussite, ce qui ne me surprend pas tant que ça de la part de Ki-Oon. Ce manga horrifique se lit d’une traite et provoque un malaise palpable à mesure que le personnage principal sombre dans la folie. Outre son intrigue prenante quoi que pas révolutionnaire, Hideout brille surtout par son chara-design efficace et maîtrisé qui sert magnifiquement son propos. À lire !

Teacher Killer #1 – Hanten Sharoh

7
Teacher Killer
est le nouveau seinen de chez Soleil dont le premier tome vient de sortir pour la Japan Expo. Scénarisé et dessiné par le mangaka débutant Hanten Sharoh, vous trouverez ce manga au prix de 7.99 euros.

Riko Asiru suit des cours de meurtre, avec son professeur de biologie, Mr Satou. Ils se rejoignent après la classe pour étudier des affaires en cours et châtier les tueurs. Riko abhorre les meurtriers et plus particulièrement Mr Satou, responsable de la mort de ses parents. Elle a juré de se venger et il l’a prise sous son aile pour lui apprendre à le tuer correctement.

Le concept m’a immédiatement séduite. Une fille traumatisée et paumée qui entretient une relation borderline et malsaine avec son professeur, qui est aussi un serial-killer plutôt badass (et sexy, c’était la minute superficielle)… Y’avait tous les ingrédients pour me plaire. Et de fait, j’ai adoré découvrir ce premier tome !

Le schéma reste semblable au fil des chapitres: le duo une affaire, piège le tueur et l’assassine d’une manière semblable à son mode opératoire. J’ai d’abord craint la redondance mais les affaires étudiées sont toutes différentes et originales. De plus, l’aspect psychologique est bien développé ce qui créé un équilibre avec le côté gore du manga.

Pour ne rien gâcher, le chara-design est soigné et moderne. Aucun fan-service à l’horizon et des détails maîtrisés pour les scènes de meurtre, c’est tout ce qu’on désire en lisant ce genre de titres. Le mangaka ne tombe à aucun moment dans la surexposition, ce qui n’est pas simple surtout que c’est un peu la mode en ce moment.

Pour résumer, le premier tome de Teacher Killer est une réussite qui parvient à conserver un bel équilibre entre l’aspect psychologique et visuel des meurtres. Il ne tombe jamais dans l’excès et propose un concept sympathique qu’il exploite correctement. Quand on le referme, on n’a qu’une envie : arriver en octobre pour la sortie du second tome !

From End, le prix de la liberté #1 – Shimokitazawa Mitsuo

5
From End est le premier tome d’une trilogie manga scénarisée et dessinée par la mangaka Shimokitazawa Mitsuo. Publié chez Kana dans la collection Big Kana, vous trouverez ce shojo au prix de 6.85 euros.

From End raconte l’histoire de Shinomiya Rui, une jeune enseignante dynamique et motivée qui prend soin de ses élèves et est très populaire auprès d’eux. Elle s’inquiète particulièrement pour Hayase, solitaire qui lit beaucoup. Un soir, on l’appelle pour la prévenir que cet élève a commis un vol à l’étalage. Rui rencontre alors le père de son élève… qui l’a sexuellement abusée du temps où elle était au lycée, en plus d’avoir été son prof. Le cauchemar recommence et comme elle ne veut pas abandonner Hayase à son sort (lui aussi est devenu la victime de cet homme), elle va lui proposer un plan osé supposé leur apporter la liberté.

Ce manga est classé comme un shojo mais c’est un shojo différent de l’idée qu’on se fait habituellement du genre. Il ne parle pas d’une histoire d’amour sur fond d’école et n’est pas du tout naïf ni niais. Je pense que j’ai une image tronquée de ce genre puisque finalement, shojo signifie que le public de destination est féminin et jeune. Ce manga est toutefois conseillé à un lectorat de plus de 14 ans sur manga news, du coup… Perplexe je suis ? Je pense qu’il se classe à la frontière des genres et des publics. Attention donc car le contenu est assez malsain, du moins sur un plan psychologique. Parce que From End parle d’abus sexuels, subis par des jeunes au sein de leur famille puis du chantage exercé par une personne de confiance ou supposée l’être. Je pense, compte tenu de la censure sur certaines scènes, que le but n’est pas l’exposition dérangeante limite morbide (coucou DeadTube) mais bien l’évocation d’un fait social et la façon appropriée d’y réagir. Donc pas du tout celle choisie par les protagonistes. Vraiment pas.

Du shojo classique, toutefois, From End hérite du chara-design avec des graphismes fins et axés sur les émotions, ce qui est assez perturbant en soi mais contribue à la force évocatrice du manga.

Pour résumer, j’ai beaucoup apprécié la lecture de ce premier tome très prometteur. Série courte finie en trois volumes, From End évoque des thématiques difficiles (abus sexuels par des proches, comment s’en protéger, réagir) mais importantes à travers un thriller psychologique qui gère bien son suspens autour du motif « vengeance ». L’ambiance malsaine est renforcée par un chara-design très fin qui rappelle les codes graphiques du shojo. Le tout fonctionne vraiment bien et je n’ai qu’une seule hâte: découvrir la suite !

BML #11 – mai 2019

Bonjour à tous !
J’espère que votre mois de mai a été riche en lecture et en belles découvertes. C’était le dernier mois du Printemps de l’Imaginaire francophone (un bilan arrive la semaine prochaine) ainsi que celui de la fantasy (que j’ai +- suivi de loin) mais surtout… Le mois des Imaginales ! Ainsi, malgré mes lectures, ma PàL n’a pas diminué, au contraire. Mais bon, y’a rien de plus triste qu’une PàL à zéro.

Côté roman:

Le dernier chant d’Orphée – Robert Silverberg (SP – ActuSF)
Le Tyran des Songes – Oren Miller (SP – Lynks Éditions)  ♥
Le Chant des Épines #2 le Royaume Éveillé – Adrien Tomas (SP – Mnémos)
Entends la nuit – Catherine Dufour (L’Atalante)
La Fée, la Pie et le Printemps – Elisabeth Erbory (SP – ActuSF)
Les Héritiers d’Higashi – Clémence Godefroy (Éditions du Chat Noir) ♥
Olangar #1 – Clément Bouhélier (Critic) ♥
La Croisade Éternelle #1 la prêtresse esclave – Victor Fleury (SP – Bragelonne) ♥
Grand Siècle #3 la conquête de la Sphère – Johan Heliot (SP – Mnémos, chronique à paraître lundi) ♥

Pour un total de 9 romans lus avec d’excellentes découvertes, j’ai même enchaîné 4 romans vraiment excellents. Deux ou trois de mes lectures n’ont pas vraiment su me satisfaire mais sans se révéler d’exécrables romans pour autant, juste une question de goût.

Côté graphique:

J’ai commencé la saga IM dont je vous ai parlé dans un précédent billet. Une surprenante découverte pour un shônen prometteur. Récemment, j’ai également découvert le premier tome de l’Atelier des sorciers (je sais, il était temps !) pour lequel je dois rédiger une chronique. Sûrement programmée mardi ou mercredi prochain. J’ai enfin continué la série DeadTube que j’affectionne particulièrement (bah ouais parfois j’aime l’ultra violence, les personnages tarés et l’exploitation du côté malsain de l’être humain. Parfois hein. Ahem.) et dont j’attends la suite avec impatience vu la fin de ce tome. De très belles découvertes à nouveau et pas de déception.

Globalement, mon mois de mai a été littérairement ensoleillé et je ne peux qu’espérer qu’il en soit de même pour celui de juin. Rendez-vous bientôt pour de nouvelles aventures littéraires !

Et vous, qu’est-ce que donne votre bilan mensuel? 🙂

Magus of the Library #1 – Mitsu Izumi

3
Magus of the Library est le premier tome d’un manga proposé par Ki-oon dans sa collection Kizuna. Dessiné et scénarisé par Mitsu Izumi, vous trouverez chaque tome au prix de 7.90 euros.

Shio est un jeune garçon pauvre qui vit dans les faubourgs de la ville avec sa sœur. Il adore la lecture mais la bibliothèque de sa ville refuse de lui prêter le moindre livre sous prétexte qu’il est trop miséreux pour en comprendre la valeur ou même en prendre soin. Heureusement, il est ami avec la fille du bibliothécaire qui lui permet de lire quand son père est absent. Martyrisé par les autres enfants à cause de ses différences physiques et de son goût pour l’école, Shio n’a plus que l’espoir et le rêve pour continuer à avancer, le rêve de cette ville des livres qui contient la bibliothèque centrale et avec elle, tous les livres édités dans le monde. Hélas, il n’a aucune chance de pouvoir s’y rendre… Du moins, pas sans un coup de pouce donné par le destin qui fera débarquer dans son petit village reculé quatre de ces gardiennes du savoir.

Magus of the Library est une ode au livre, à la lecture et à la préservation de notre patrimoine. On le sent dès les premières pages et tout lecteur amoureux des livres ne pourra qu’éprouver une grande empathie pour le personnage de Shio. C’est un enfant assez jeune quand le manga commence (si j’en crois le dernier chapitre, il a environ cinq ans… Ce qui casse un peu la crédibilité scénaristique mais allez, mettons, c’est un détail), assez naïf aussi mais très lumineux. Il résiste tant bien que mal au harcèlement, se montre fort face aux moqueries sans pour autant répliquer ou être un voyou. J’ai été séduite assez rapidement par notre passion commune pour les livres et par son désir d’en apprendre toujours plus. Par son tempérament, aussi, qui reste droit et fidèle à lui-même. Un bon petit héros de shônen sans le côté agaçant.

Dans cet univers de fantasy médiévale assez orientalisé (notamment sur les décors et les vêtements des personnages), l’imprimerie a rendu l’accès aux livres au plus grand nombre mais les disparités sociales existent toujours. Shio doit les subir alors même que sa sœur enchaîne trois boulots pour lui permettre d’aller à l’école. Ainsi, en plus d’une ode à la connaissance, c’est aussi un plaidoyer pour le respect des différences et de l’individualité. Et contre le harcèlement, par extension. Quand j’y réfléchis, ce manga brasse énormément de thèmes sur un seul tome.

Ce premier tome est introductif mais ne parait pas factice pour autant comme c’est souvent le cas avec des tomes 1 qui ont tendance à enchaîner les scènes d’exposition. Les informations sont distillées au long de l’histoire, avec une seule scène de ce genre, justifiée par les questions de Shio sur le monde du livre. Si une petite erreur s’est glissée sur l’orthographe d’un mot (pas de bol j’ai suivi le cours d’histoire du livre et des bibliothèques ->) le reste est assez exact et permet au lecteur non seulement d’en apprendre beaucoup sur ce médium qu’on utilise tous les jours mais aussi de prendre conscience de son importance. À travers son manga, Mitsu Izumi cultive avec brio son lecteur sans sacrifier au rythme narratif. Chapeau !

Le tout est servi par un dessin précis et aussi doux que son héros qui emporte le lecteur au fil des pages, entre rêve et réalité. Pour ne rien gâcher, les échanges entre Shio et les libraires permettent à la mangaka quelques accès philosophiques qui prennent aux tripes.

Pour résumer, la découverte de ce manga a été une très bonne surprise pour moi alors que ce n’est pas forcément le genre d’histoire que je recherche en temps normal. Magus of the Library est une magnifique ode au livre, aussi bien documentée que dessinée, qui ne peut que séduire les amoureux de la lecture. À découvrir d’urgence !

#VendrediLecture (28)

Bonsoir à tous !
Plus qu’une semaine avant la Foire du Livre de Bruxelles ! Le prochain vendredi lecture sera d’ailleurs programmé à l’avance à cette occasion. Est-ce que certains parmi vous comptent s’y rendre? 🙂 N’hésitez pas à me prévenir si c’est le cas.

Pour cette semaine, je commence une lecture en lien avec mon challenge #LisMoiUnClassique. D’un de mes auteurs favoris, ce qui promet d’être savoureux.

Je vous rappelle le concept du VendrediLecture! Il s’agit de partager avec vous ma lecture en cours, avec la 4e de couverture, les informations de l’éditeur et le lien vers sa page sur Babelio. Simple, efficace, pourquoi se compliquer la vie?
N’hésitez pas à me dire si ce rendez-vous hebdomadaire vous intéresse et à le reprendre sur vos propres blogs ^_^ Notez que je ne l’ai pas inventé, je reprends le concept du site VendrediLecture et du #VendrediLecture sur Twitter.

Le vicomte de Bragelonne – Alexandre Dumas
Lecture détente – Folio classique.

9
« Au mois de mai 1660, le vicomte de Bragelonne arrive au château de Blois, porteur d’une lettre annonçant à Monsieur, le frère de Louis XIII, l’arrivée de Louis XIV et de la cour.
La nuit suivante, un homme se présente au monarque : c’est le roi d’Angleterre Charles II, dépouillé de son royaume, qui vient demander au roi de France de l’argent ou des hommes afin de reconquérir sa couronne. Mazarin refuse. Sur le chemin du retour, Charles II rend visite à Athos qui lui propose son aide…»

Trouvez plus d’informations sur ce livre sur Babelio !

Avez-vous déjà lu un roman d’Alexandre Dumas? Aimez-vous cet auteur? 🙂

#VendrediLecture (27)

Bonjour à tous !
J’espère que votre semaine s’est bien déroulée 🙂 Pour ma part j’étais en congé donc j’ai pu beaucoup lire. Hélas, aujourd’hui, je dois donner 6h de cours donc je ne vais pas pouvoir commencer ma nouvelle lecture avant ce soir au mieux…

Je vous rappelle le concept du VendrediLecture! Il s’agit de partager avec vous ma lecture en cours, avec la 4e de couverture, les informations de l’éditeur et le lien vers sa page sur Babelio. Simple, efficace, pourquoi se compliquer la vie?
N’hésitez pas à me dire si ce rendez-vous hebdomadaire vous intéresse et à le reprendre sur vos propres blogs ^_^ Notez que je ne l’ai pas inventé, je reprends le concept du site VendrediLecture et du #VendrediLecture sur Twitter.

Pornarina – Raphaël Eymery
Prêt – Denoël

15
« Depuis des décennies, Pornarina ensanglante secrètement l’Europe. Les rares à connaître son existence – les pornarinologues – l’ont surnommée la-prostituée-à-tête-de-cheval. Elle serait coupable de dizaines d’homicides.
À plus de quatre-vingt-dix ans, le Dr Blažek est un tératologue renommé. Il vit dans un château fort avec sa fille adoptive : Antonie, vingt-quatre ans. La jeune contorsionniste assiste le docteur dans sa traque obsessionnelle de Pornarina, mais s’éloigne bientôt de son père adoptif, rebutée par l’esprit communément pervers des pornarinologues.
Trouvera-t-elle son salut dans la mystérieuse figure de la-prostituée-à-tête-de-cheval?
Incroyable voyage au cœur d’une famille Addams européenne, comédie macabre qui ressuscite la grande tradition française du théâtre de Grand-Guignol, Pornarina séduit par son audace littéraire, sa constante inventivité, et explore, sur fond de guerre des sexes, le thème de la mythification des tueurs en série. »

Merci à FungiLumini de Livraisons Littéraires de m’avoir prêté ce roman !
Retrouvez plus de critiques sur Babelio.

Connaissez-vous ce titre? Vous donne-t-il envie? 🙂