FOCUS – Partenariat : le Chat Noir

Bonjour à tous !
La semaine dernière, j’apprenais une merveilleuse nouvelle : j’appartiens désormais aux partenaires presses des éditions du Chat Noir. Ceux qui suivent le blog depuis le début le savent mais c’est une maison avec laquelle j’ai une longue histoire. Ma première rencontre avec eux s’est déroulée à la Foire du Livre de Bruxelles en 2015, ça commence à dater. J’ai tout de suite été séduite par leur aura et je n’ai pas hésité à craquer pour le premier tome de la Geste des Exilés de Bettina Nordet, qui était aussi présente sur le salon. Presque cinq ans plus tard, je n’ai jamais décroché et je me suis même accrochée envers et contre tout. Ceux qui fréquentent les salons le savent, le meilleur moyen de me mettre la main dessus est souvent d’attendre pas loin de leur stand 😛 (au grand désespoir de ma cheffe, ahem.)

Ce partenariat, c’est l’occasion de publier un article FOCUS que je prépare depuis longtemps (et sur lequel je procrastine depuis encore plus longtemps). Je vous présente donc les éditions du Chat Noir !

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Traversez le voile d’un coup de griffe…
La maison d’édition a été fondée à l’origine par Cécile Guillot en 2011. Ce n’est qu’un an plus tard que Mathieu Guibé rejoint l’aventure en tant que second éditeur ! Vous le saviez pas ça, hein ? La maison d’édition est spécialisée dans la littérature de l’imaginaire et ne publiait quasiment que des auteurs francophones jusqu’en 2015 où elle a traduit les yeux améthyste d’Enamorte puis elle a continué l’année suivante avec le premier tome de la trilogie du Voile de Selina Fenech, une autrice australienne. Depuis, le catalogue s’enrichit d’autrices étrangères encore jamais publiées en francophonie, toujours dans les genres de l’imaginaire. Ils ont un véritable don pour dénicher les perles.

La maison d’édition possède plusieurs collections :
Griffe sombre : des récits fantastiques, gothiques, assez noirs et étranges.
Féline : des romans d’urban fantasy avec de l’humour, de l’action et de la romance.
Cheshire : la collection qui mêle imaginaire et littérature pour adolescents. Ne vous laissez pas rebuter par le label young adult, certains titres sont vraiment matures et aboutis !
Black Steam : XIXe siècle, steampunk, gaslight… Je continue?
Gothicat : une collection qui réédite des textes oubliés de la littérature gothique et romantique du 18e et 19e siècle.
Graphicat : si vous cherchez un artbook ou un roman illustré, c’est ici que ça se passe.
Panthera : la collection luxueuse, qui regroupe pour le moment uniquement la réédition des Larmes Rouges.
Neko : collection qui a pour vocation de mettre l’Asie à l’honneur, ses légendes, sa mythologie.
Chat Blanc : le label young adult contemporain, sans imaginaire, qui traite de thématiques actuelles et fortes.
Chatons hantés : un label à destination des 9-12 ans qui parle des problèmes / thématiques liés à cette période de la vie, avec une touche d’imaginaire.

Pourquoi j’aime le Chat Noir ? (alors que Mathieu est méchant (#privatejoke)) Déjà parce que cette maison d’édition a été mon tout premier contact avec une structure indépendante dans la littérature francophone de l’imaginaire. L’air de rien, c’est important parce qu’ils ont largement contribué à façonner la lectrice que je suis aujourd’hui. Quand j’ai débarqué en 2015, je pensais qu’il n’existait que Bragelonne pour la SFFF et ça a été une véritable révélation. Ensuite, j’ai majoritairement (personne n’est parfait !) été agréablement surprise par leurs choix éditoriaux et leur envie de se renouveler. Pour ne rien gâcher, ils proposent toujours des couvertures superbes et soignent leurs livre-objets. Je pense que hormis pour les titres les plus anciens, j’ai lu quasiment tout le catalogue. Je suis donc bien placée pour affirmer qu’ils n’ont pas à rougir de leur travail et qu’ils s’améliorent d’année en année.

Alors, comme je trouve que cet article n’est pas suffisamment long… Voici la liste de tous les romans lus au sein de cette maison d’édition. Quand il manque la chronique, c’est soit que ça date d’avant la création du blog (♦ si c’est le cas), soit que je ne savais pas quoi en dire (bah oui, parfois, un livre n’est pas fait pour moi !). Quand il y a un ♥ à côté, c’est qu’il s’agit d’un coup de cœur. La liste est classée dans l’ordre de parution (du plus ancien au plus récent) en suivant le catalogue sur le site du Chat Noir. J’espère que vous êtes bien assis…

Les chroniques d’Oakwood – Marianne Stern ♦ – ♥
Even dead things feel your love – Mathieu Guibé ♦
L’Ouroboros d’argent – Ophélie Bruneau ♦
La nuit des cœurs froids – Esther Brassac ♦
Les yeux améthyste – Enamorte
Black Mambo (anthologie) ♥
Néachronical #1 – Jean Vigne
Diabolus in musica – Céline Rosenheim
De l’autre côté du mur (2 tomes) – Agnès Marot ♥
Par la grâce des Sans-Noms – Esther Brassac ♦
Eros automaton – Clémence Godefroy ♦
Apostasie – Vincent Tassy ♥
Les filles d’Hécate (3 tomes) – Cécile Guillot
Cosmographia – Nicolas Jamonneau et Mathieu Guibé ♦
La Geste des Exilés (3 tomes) – Bettina Nordet ♦
Lake Ephemeral – Anya Allyn ♥
Tragic circus – Mathieu Guibé & Cécile Guillot ♦
Omnia – Denis Labbé
L’effroyable porcelaine – Vincent Tassy
Larmes de cendres #1– Lydie Blazot
Holomorphose #1 – Jean Vigne
Elvira Time (3 tomes – en cours) – Mathieu Guibé
Les chroniques homérides (2 tomes – en cours) – Alison Germain
Palimpsestes (3 tomes) – Emmanuelle Nuncq
Pandémonium – Aurélie Mendonça
Octavie d’Urville #1 – Esther Brassac
Sangs maudits #1 – Bettina Nordet
Les amoureux de la lune – Lizzie Felton ♥
Le Carrousel Éternel (4 tomes) – Anya Allyn
La fille qui tressait les nuages – Céline Chevet ♥
Kayla Marchal (3 tomes ) – Estelle Vagner
Les Mondes Mécaniques (3 tomes) – Marianne Stern ♥
Souvenirs volés #1 – Selina Fenech
Comment le dire à la nuit – Vincent Tassy
How to save a life – Lauren K. Mckellar
Cœur Vintage – Cécile Guillot
Ashwood – C.J. Malarsky
Le château noir – Anne Mérard de Saint-Just
Waterwitch – Alex Bell ♥
Les héritiers d’Higashi #1 – Clémence Godefroy ♥
Loin de lui le soleil – Vincent Tassy

Soit 57 romans. Au calme quoi. Et il m’en reste trois dans ma PàL (deux anthologies ainsi que le dernier tome du Carrousel Éternel) + les nouveautés qui vont arriver en 2020…

Si vous vivez dans une grotte et que vous n’avez jamais eu l’occasion de vous pencher sur le catalogue des éditions du Chat Noir, je vous encourage vivement à rattraper votre retard ! À mes yeux et dans mon cœur, cette structure est incontournable dans le paysage de l’imaginaire francophone en plus d’être inimitable. Vu la grande variété de leurs collections, il y en a probablement une qui est faite pour vous et qui vous attend. Vous pouvez découvrir leur site officiel et les suivre sur Facebook, Twitter et Instagram.

Connaissiez-vous cette maison d’édition? Avez-vous déjà lu certains de leurs ouvrages? Si non, cette présentation vous donne-t-elle envie de le faire? 🙂

Max Bird dézingue les idées reçues !

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, un petit article un peu spécial qui va se glisser dans l’onglet culture du blog (que je délaisse un peu, shame on me) puisque je ne vais pas vous parler d’un roman mais bien d’un youtuber qui a écrit un livre en lien avec son concept. Et oui, vous allez me dire: encore un qui profite de sa célébrité pour se faire plein d’argent en vendant un mauvais livre sur la seule base de son image blablabla (insérez les autres motifs habituels de rageux). Sauf que… Pour paraphraser notre principal concerné : reprenons depuis le début.

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Peut-être connaissez-vous Max Bird, ce français de bientôt trente ans qui est à la fois humoriste, écologiste engagé et vulgarisateur scientifique. J’ai découvert son travail un peu par hasard et j’ai immédiatement été séduite par son concept. Celui-ci consiste à démonter des idées reçues, des croyances qu’on véhicule tous en pensant qu’il s’agit de la vérité alors qu’en fait, pas du tout ! Ça tient en une phrase: la plupart des gens disent n’importe quoi, toute la journée. C’est aussi le concept du livre dont je vais vous parler. Pour ne rien gâcher, Max Bird propose son travail avec beaucoup d’humour et un talent non négligeable pour l’imitation et la mise en scène du corps. Il a de multiples cordes à son arc !

Édité chez First Éditions, le livre Max Bird dézingue les idées reçues propose d’éclaircir et démonter avec humour certaines des idées reçues les plus tenaces de notre société et ça touche tous les domaines ! La science, la culture, la prononciation des mots, le cinéma, l’Histoire, la sécurité routière… Max Bird brasse large et ne s’embarrasse pas à classer le contenu de son livre par thèmes. Tout se mélange, ce qui agacera peut-être les esprits un peu carrés mais au fond… Bah c’est son livre et il fait comme il veut. Les idées reçues n’en ont, selon moi, que plus d’impact car pas moyen de les confondre les unes avec les autres si on en lit plusieurs d’affilées.

La mise en page est aussi très soigné. Tout le livre se construit sur une alternance de blanc et de vert, qui sont les couleurs de l’humoriste. Chaque idée reçue a sa petite illustration, est mise en page de biais avec une police lisible et un papier plutôt solide. Un livre qui pourrait même intéresser vos enfants à partir du moment où ils sont à l’aise avec la lecture ! Je l’ai, personnellement, trouvé très éducatif et en tant qu’enseignante je suis certaine de lui trouver des applications pédagogiques.

Pour ma part je lisais quelques pages par jour au matin pour bien commencer la journée. L’air de rien, 164 pages, c’est vite expédié même à ce rythme et c’est dommage parce qu’on en redemande encore ! L’humour de Max Bird est tout à fait reconnaissable et quand on a regardé ses vidéos, on lit en imaginant sa voix, ce qui apporte un bonus non négligeable dans le plaisir qu’on prend à le découvrir.

Si j’ai eu envie de vous parler de ce livre c’est surtout parce qu’il constitue une véritable ode à l’esprit critique. Max Bird explique dans son introduction que lui-même n’est pas infaillible et peut véhiculer malgré lui des idées reçues. Je trouve cette démarche importante car cela rappelle la nécessité de remettre perpétuellement en question tout ce qu’on entend, tout ce qu’on apprend. C’est une valeur fondamentale à mes yeux, particulièrement dans nos sociétés où on a tendance à croire n’importe quoi sans jamais effectuer un minimum de vérifications d’usage. En tant que prof, c’est quelque chose que j’essaie de passer à mes élèves mais la principale difficulté tient au fait que tout remettre en question… Bah c’est épuisant. Combien de fois j’ai pu l’entendre, celle-là.
Sauf que c’est aussi très important pour ne pas se laisser manipuler n’importe comment. L’ironie veut qu’on vive une ère hyper médiatique où on peut tout savoir sauf qu’on ne s’embarrasse que rarement à donner aux gens les clés pour rechercher des savoirs pertinents. L’hyper média induit aussi la possibilité pour n’importe qui de transmettre n’importe quelle information. Je ne vais pas me lancer dans un pamphlet philosophique ou engagé sur le sujet mais ça me paraissait important de vous évoquer tout ça à travers cet ouvrage indispensable dans toutes les bonnes bibliothèques. Selon mon humble avis, du moins 🙂

Sachez aussi que Max Bird a récemment édité un autre livre sur les mythes et légendes du monde dont vous pourrez trouver un extrait dans sa vidéo de présentation. L’ouvrage est également dans ma PàL et je ne manquerai pas de vous en reparler le moment venu.

Et vous, suivez-vous des vidéastes sur YouTube ?
Est-ce que vous aimez la vulgarisation scientifique ?
Est-ce que ça vous intéresserait de lire davantage d’articles voués à présenter des YouTubers de ce style ?

FOCUS – L’Atalante, 30 ans d’évasion

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Salut tout le monde !
Une fois n’est pas coutume, je vous propose un petit article de fond au sujet d’une maison d’édition que j’aime beaucoup : l’Atalante. Vous le savez peut-être mais depuis février de cette année, j’ai la chance de compter parmi leurs partenaires presses et ça a été un véritable honneur pour moi  de recevoir une telle confiance de la part d’un éditeur aussi prestigieux. J’étais pas prête, franchement… Je me revois encore à la foire du livre de Bruxelles en train de bégayer devant la proposition si spontanée de leur attachée presse. Pas prête, je vous dis ! Je suis probablement toujours en train de rêver.

D’autant que notre partenariat ne se limite pas aux nouveautés ! J’ai pu explorer leur catalogue et j’ai lu sur un peu plus d’une année 21 romans de chez eux. Je dis plus d’un an car j’avais déjà découvert deux tomes de Honor Harrington ainsi que le fabuleux Redshirts par mes propres moyens. Je lis donc plus ou moins deux romans de chez eux par mois ! Dingue. Ça m’aide à concrétiser une envie de longue date qui est de lire davantage de science-fiction pour mieux connaître et maîtriser ce genre littéraire.

Si je vous parle de l’Atalante aujourd’hui (oui j’arrête les digressions, ça va) c’est parce que la semaine dernière, l’éditeur a dévoilé un site vraiment sympathique qui s’appelle 30 ans d’évasion. En tout cas, je l’ai vu pour la première fois la semaine dernière. En répondant à une série de questions, un algorithme vous trouve le roman le plus adapté à vos goûts au sein de cette maison d’édition. Franchement, c’est pas merveilleux? Trois semaines avant les fêtes de Noël?

Il faut d’abord choisir le genre (science-fiction / fantasy / fantastique) et ensuite si on souhaite une série ou un tome unique. Après cela, plusieurs thèmes sont proposés au futur lecteur. Par exemple si je choisis : fantasy -> tome unique -> fantasy historique je tombe sur les lions d’Al-Rassan du fameux Guy Gavriel Kay. Si je choisis science-fiction > saga > dans l’espace > space opera > avec uniforme > (à ce stade le site me demande si j’ai lu Honor Harrington, SERIOUSLY LE SITE ?! É-vi-demment.) mission en espace alien, je tombe sur l’Artefact de Jamie Sawyer. Oui, y’a des genres un peu plus spécialisés que d’autres hein, du coup y’a des questions poussées. J’ai finalement le choix entre « Je veux le lire » ou « Je veux recommencer ». Si j’opte pour la première option, je suis redirigée vers le site de la librairie l’Atalante ce qui permet, en plus, de soutenir un libraire indépendant. Ce qui fait largement mon bonheur, personnellement, vu que je préfère toujours soutenir un commerçant indépendant qu’une grande chaîne (ne me lancez pas sur amazon.)

C’est tellement ludique que je passe mon temps depuis une heure à me créer une petite liste des titres que je dois encore lire. Franchement, c’est pas l’idée parfaite pour trouver ses cadeaux?

Bref voilà, j’avais envie de vous faire partager cette découverte (de l’ombre 😉 ) et de vous encourager à découvrir cet éditeur incontournable !

Bon dimanche à tous ♥

RÉFLEXION – un petit rappel de temps en temps…

Salutations amis de la blogosphère !
Ça fait un moment que je pense à écrire ce billet et que je procrastine puissance 1000 parce que… Bah ça ne va pas être long. Et j’ai l’impression d’enfoncer une porte ouverte. Mais j’avais envie de pousser un mini coup de gueule (j’aime bien ça moi, que voulez-vous) à l’attention des éditeurs et des auteurs.

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Le gif de Sherlock, c’est gratuit et ça fait toujours du bien.

Pourquoi n’y a-t-il quasiment jamais de résumé au début des tomes qui composent une saga ?

Quand comme moi (et comme beaucoup parmi vous d’ailleurs) on lit une centaine de romans par an (et autant de mangas), comment peut-on humainement se rappeler de tous les détails et rouages qui composent un univers parfois dense et riche ? Il y a certains auteurs qui mettent des rappels dans le texte et c’est super mais ça ne fonctionne pas toujours, sans compter que ça casse le rythme de lecture et / ou d’action. Notez que je ne donne pas dans la généralité, certains s’en sortent plus qu’honorablement et certains ont même opté pour le résumé en question. Mais ils sont rares. Trop rares.

Est-ce qu’il ne serait pas temps d’instaurer une norme où en quelques lignes si pas quelques pages pour les gros pavés, l’auteur résumerait les points importants du tome précédent? Si ça t’intéresse et que t’en as besoin, tu le lis. Si t’as une mémoire à toute épreuve, tu passes. Mais au moins, t’as le choix. On pourrait me dire que ça gâcherait des subtilités au sein de l’intrigue puisque le lecteur devinerait sur quoi focaliser son attention. Et dans certains cas, c’est peut-être vrai mais pas dans tous et je pense que l’exercice peut être mené de manière efficace en plus de représenter un petit défi sympathique pour les auteurs (ou les éditeurs en fonction de qui s’y colle). D’ailleurs, la pratique existe déjà en manga et ça ne m’a jamais rien gâché, que du contraire. C’est même absolument vital sur ce médium et pourtant le rythme de publication des tomes est souvent plus rapide.

Comme l’a dit l’ami Apophis un jour (je ne sais plus dans quelle chronique malheureusement du coup je cite l’idée globale un peu teintée par ma propre interprétation, si je me trompe que je sois dévorée vivante par le grand serpent) il est compréhensible que l’auteur pense son univers inoubliable mais il l’est rarement, en réalité. Et les lecteurs sont humains, ils ont besoin qu’on leur rafraichisse la mémoire car tout le monde ne lit pas une saga d’une seule traite. Déjà parce que c’est rarement possible si on parle d’actualité littéraire. Ensuite parce que, personnellement, même quand j’ai tous les tomes, j’aime varier les plaisirs pour mieux en profiter par la suite. Un bon exemple récent concerne la saga du Carrousel Éternel au Chat Noir, complète sur quatre tomes que je possède et que j’ai acheté en une fois. J’en ai déjà lu deux, les suivants attendront plus que probablement novembre et décembre parce que si je me les enfile en une fois, je sais que ça risque de me saouler.

Donc voilà. Amis éditeurs, amis auteurs, s’il vous plait… Pensez-y. Je pense parler au nom de tous quand j’affirme que ça plaira à beaucoup de monde.

Quel est votre avis là-dessus? 🙂
N’hésitez pas à en discuter dans les commentaires !

RÉFLEXION – l’autoédition, ce choix (et pas par défaut !)

Salut à tous !
J’avais envie de vous parler aujourd’hui d’un sujet porté à ma connaissance hier et qui, je vais être honnête, m’a choquée. Du coup j’ai décalé mes deux prochaines chroniques afin que ça sorte, je DEVAIS écrire là-dessus. Pour le détail complet, je vous laisse lire l’explication de la principale concernée dans son article : quand un éditeur te renvoie vers l’autoédition.

Oui. Vous avez bien lu.
Et je sais de source sûre qu’elle n’est pas la seule à avoir reçu cette réponse. DU TOUT, même.

Pour vous résumer l’histoire, un éditeur que je ne vais pas citer mais qui pèse quand même lourd dans le milieu a répondu à sa soumission de manuscrit en refusant de la publier. Jusque là, pas de problèmes. Aucune justification mais là aussi, pas de soucis, on sait à quoi s’en tenir et ils sont débordés donc s’ils doivent expliquer le pourquoi du comment à tout le monde, c’est pas six mois de délais d’attente mais six ans dont ils vont avoir besoin. Par contre, ils ont quand même pris la peine dans le mail de lui dire qu’elle pouvait toujours s’autopublier sur Librinova.

Voilà, je vous laisse deux minutes pour digérer avant de commencer à tempêter.

On a donc un éditeur professionnel qui existe depuis des dizaines et des dizaines d’années, une structure assez importante sur le marché francophone qui conseille à une autrice d’autopublier son manuscrit (sûrement chez un partenaire commercial, on ne va pas se mentir, histoire de ne pas se mouiller mais d’y gagner quelque chose. Y’avait même un code promo joint avec qui consistait en le nom de l’éditeur et l’année… sans déconner. Je vous laisse achever le cheminement par vous même.) alors que son propre comité de lecture n’en a pas voulu. Vous allez me dire, peut-être qu’ils l’ont trouvé bon mais qu’il n’entrait pas dans leur ligne éditoriale. Oui… mais non. Parce que l’autrice concernée (ainsi que les autres à ma connaissance) est quelqu’un de sérieux qui se renseigne avant d’envoyer son manuscrit dans une maison, déjà. Et ensuite, parce qu’ils n’ont rien dit de tel dans le mail. De plus, si l’autrice a choisi d’envoyer son manuscrit à un éditeur de type conventionnel, c’est qu’elle désirait ce type d’édition pour son roman. Une chance dans son malheur, il s’agit de quelqu’un du milieu, qui s’y connait et ne va pas tomber dans le panneau mais… Je suis certaine que ce mail a déjà été envoyé à des débutants, des gens qui ignorent tout du fonctionnement de la chaîne du livre et qui ont du se dire « bah oui je vais faire ça, quel bon conseil ! » pour finalement commencer très mal leur carrière et en finir dégoûté.

Outre le problème humain et éthique que cela pose (pourquoi ne pas saturer davantage un marché déjà saturé après tout…), je trouve que c’est une insulte envers tous les auteurs qui choisissent de s’autoéditer. J’insiste sur ce terme car hier quelqu’un de très censé a fait la distinction entre autoédition et autopublication. Le premier implique un travail éditorial identique (si pas davantage soigné vu qu’on ne va pas se mentir, plus l’éditeur est gros et plus il se permet de laisser des coquilles… Pas systématiquement, mais ça arrive trop souvent) que celui des maisons d’éditions de grande envergure là où le second signifie simplement imprimer son roman sans aucune intervention de professionnels, d’aucune sorte (graphiste, correcteur, etc.) parce que on n’a pas les moyens / on n’y connait rien / les lecteurs s’en fichent des fautes (sans rire, on me l’a déjà dit). L’autoédition est un choix, un choix censé que de plus en plus d’auteurs font pour parvenir à vivre de leur art parce qu’il y a un problème dans ce milieu. Même Samantha Bailly a tenté l’expérience ! Quand on pense que la ligue des auteurs professionnels doit se battre pour obtenir un minimum de 10% de droits d’auteur alors que sans l’auteur en question, le livre n’existerait même pas… On évolue dans un système complètement absurde. Alors je comprends l’autoédition et je la soutiens avec plaisir quand elle est faite correctement. J’admets que ça n’arrive pas souvent, mais ça arrive (premier exemple qui me vient à l’esprit: Ielenna, l’autrice des Fleurs d’Opale.)

En tant qu’autrice moi-même, j’ai choisi de travailler avec des maisons d’édition parce que c’est le prix de ma tranquillité et que je ne désire pas vivre de ma plume, je préfère la garder comme un art pour ne jamais devoir me mettre la pression dans l’écriture. Mais qu’un éditeur d’aussi grande envergure crache à la figure des auto-édités et des jeunes auteurs qui n’y connaissent rien, ça me dérange parce que l’auto-édition doit être un choix assumé, pas une roue de secours. Je sais que dans la réalité, c’est le cas pour beaucoup de gens mais ce n’est pas une raison pour encourager cette dérive, que du contraire. J’espère qu’un jour, quelqu’un pensera à sensibiliser le public à toutes ces thématiques, ce serait un premier pas de géant.

Donc voilà. Ce billet d’humeur a pour but premier de vous informer et aussi, je l’espère, de vous amener à réfléchir un peu sur le milieu de l’édition. N’hésitez pas à en discuter dans les commentaires en restant courtois 🙂

Merci pour votre attention !

Édit au 15/10/2019: On vient de me transmettre une enquête très édifiante sur le sujet réalisée par ActuaLitté qui date de février 2018… Ce qui confirme que ces pratiques courent depuis trop longtemps. Je vous donne le lien, c’est très édifiant (et profondément révoltant).

#PLIB2019 : mon vote, mon bilan

Bonsoir à tous !

Aujourd’hui se clôturait le vote pour la session 2019 du PLIB, un prix dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises puisque j’avais la chance de compter parmi les membres du jury. J’avais envie d’en profiter pour vous proposer un bilan de cette aventure.

Petite info en passant : la remise des prix aura lieu le 12 octobre à Paris en présence des auteurs qui ont été invités par l’organisation. Je ne pourrai malheureusement pas y assister en personne mais je me réjouis qu’une retransmission en directe soit prévue ! J’ai vraiment hâte de connaître le résultat final.

Commençons par nous remémorer qui sont les 5 finalistes :
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Le dieu oiseau – Aurélie Wellestein
Terre de brume #1 – Cindy Van Wilder
Rouille – Floriane Soulas
La fille qui tressait les nuages – Céline Chevet
Comment le dire à la nuit – Vincent Tassy

J’étais en demi teinte sur cette sélection des finalistes. Pour moi, d’autres romans dans les présélectionnés auraient largement mérité d’arriver à ce stade et j’ai été déçue qu’ils ne soient pas retenus. C’est peut-être l’un des seuls bémols que je mets au PLIB, c’est que les jurés ne sont pas obligés de lire les romans présélectionnés pour voter. Seule la lecture des finalistes est obligatoire (et très bien encadrée au passage, pas question de voter sans avoir lu ! Les cheffes veillent au grain), du coup les premiers votes se font à la couverture, au résumé, peut-être au copinage / popularité et c’est dommage. Mais bon, les organisateurs se démènent déjà tellement ! Je ne vois pas comment ils pourraient s’en sortir autrement pour contrôler tout le monde. Et c’est le jeu, au fond, car beaucoup de romans sont achetés chaque jour en se basant uniquement sur un nom, une couverture ou un résumé.

J’étais déjà très heureuse de voir figurer deux romans du Chat Noir dans les finalistes. J’adore la plume de Vincent Tassy et je suis tombée amoureuse du roman de Céline Chevet (et de l’autrice aussi qui est tellement adorable ♥). J’étais aussi contente de voir Aurélie Wellenstein en final car c’est une autrice dont j’apprécie le travail et qui est super sympa sur un plan humain. J’avais aussi apprécié la lecture du Dieu Oiseau (hormis la fin !) donc ça partait quand même bien.

J’étais un peu plus mitigée sur les deux autres titres. J’aime beaucoup Cindy Van Wilder en tant que personne mais j’étais restée un peu sur ma faim en lisant Mémorex et en plus, Terre de Brume était référencé comme roman jeunesse. Double aoutch. Finalement, ça a été une bonne surprise ! Je suis donc contente d’avoir été « forcée » de le lire parce qu’il est clair que je serai passée à côté sans ce prix.

Quant à Rouille, je ne savais pas trop quoi en penser. Je ne l’aurai pas acheté pour moi en temps normal, c’est certain. Je sais que je ne suis pas le public cible et le résumé ne me tentait pas. En matière de steampunk, je suis de plus en plus exigeante (faut dire que j’ai l’habitude d’autrices très pointilleuses dans le domaine) Si sa lecture n’a pas été la catastrophe à laquelle je m’attendais (vous avez les détails dans ma chronique, je ne vais pas revenir dessus !) j’ai quand même trouvé que les personnages manquaient de crédibilité et j’avais deviné les rouages de l’intrigue. Du coup, c’est probablement la lecture que je regrette le plus d’autant que j’ai acheté le livre, mais pas au point de l’avoir abandonné en cours de route, ce qui est déjà pas mal car j’ai vu beaucoup de jurés qui n’ont pas su lire au-delà des 10% minimum. Et pas seulement pour celui-là. Ça permet de se rendre compte que tous les goûts sont vraiment dans la nature !

Du coup, pour qui ai-je voté?
Ça a été très difficile de choisir entre les deux romans du Chat Noir mais voilà… La fin de Comment le dire à la nuit m’a laissée perplexe et déçue. Deux chapitres en moins et j’aurai probablement voté pour Vincent. Ou peut-être pas. Parce que la fille qui tressait les nuages est un chef-d’œuvre et je prie pour qu’elle remporte le trophée haut la main !

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Au final, quel est mon sentiment sur le PLIB?
C’est un concours extra et respectueux des auteurs (ça paraît bête mais organiser un Ulule pour pouvoir les rémunérer en plus d’organiser une vraie cérémonie, je trouve ça génial quand on pense que certains salons ne prennent même pas la peine de payer les auteurs qu’ils invitent !). Les organisateurs sont disponibles, investis et très présents sur les réseaux sociaux. Non seulement pour répondre aux questions mais aussi pour organiser des concours, des lectures communes, différents évènements et rencontres comme aux Imaginales. J’ai découvert une équipe très humaine et passionnée à qui j’ai envie de tirer bien bas mon chapeau.

Le groupe facebook permet d’échanger des avis constructifs avec d’autres blogueurs et ça aussi, c’est vraiment positif. Par contre, mon côté un peu vieille chieuse casanier m’a empêché de participer aux évènements sur discord, aux lecteurs communes et aux différents concours puisque j’avais déjà la majorité des titres. De plus, j’avais déjà lu une bonne partie des romans sélectionnés vu que je suis déjà à fond dans la promotion de la SFFF francophone. Je n’ai donc rien découvert de transcendant mais je ressens beaucoup de fierté à avoir pu apporter ma petite pierre à ce grand édifice.

Est-ce que je vais participer au PLIB2020? Évidemment !
Et vous? 😉

RÉFLEXION – pourquoi je dis « autrice » (et pourquoi vous devriez le dire aussi)

Salut tout le monde !
Nouveau petit article qui trainait depuis un moment dans mes tiroirs. En fait, depuis les Imaginales où plusieurs personnes (même des femmes… si si) ont fait des remarques négatives à mon éditrice qui affichait le terme « autrice » sur le stand. C’est pas joli. C’est pas français. Et quand on essaie d’expliquer le pourquoi du comment, on se heurte à un mur. Parfois pire: à de la condescendance. Elles sont mignonnes à croire qu’elles savent mieux que nous hein. J’avoue, j’étais un poil énervée.

J’ai donc décidé de vous expliquer pourquoi j’utilise le terme autrice et pourquoi vous devriez, vous aussi, l’utiliser. Après, chacun est libre de le faire ou non, chacun a le droit de s’engager ou pas, chacun a le droit de penser que j’ai tort. C’est juste la minute culture, en espérant vous apprendre quelque chose et vous pousser à faire évoluer vos habitudes. C’est peut-être qu’un détail pour vous mais ça veut dire beaucoup (et pas que pour moi !).

C’est parti pour le petit cours d’histoire littéraire !
Au passage, ce billet a été rédigé en s’inspirant du travail d’Audrey Alwett qui a écrit un article extrêmement édifiant sur le sujet que je vous encourage à lire en entier parce qu’il cite également les sources universitaires comme par exemple les travaux d’Eliane Viennot. Moi, je me propose de vous résumer l’idée globale.

Tout commence au 17e siècle, lors de la création de l’Académie française par notre ami (mais si) le Cardinal de Richelieu. Avant l’apparition du Dictionnaire (réalisé par cette même Académie, pour rappel), on utilisait le féminin de nombreuses professions intellectuelles : poétesse, autrice, mairesse, capitainesse, médecine, peintresse. Or tous ces mots ont été masculinisés pour gommer la légitimité de la femme dans ces postes de pouvoir. Je vous jure. C’est pas de la propagande, ce sont des faits historiques avérés avec des sources à l’appui. Avant cela, il existait des cercles littéraires influents composés de femmes, et cela ne plaisait pas à tout le monde.

Ils ont même été plus loin ! Le genre de certains mot a été modifié au même moment. L’exemple le plus parlant est sans doute celui du terme « erreur » qui était auparavant masculin et s’est féminisé parce que, vous savez, ce sont les femmes qui commettent les erreurs (je vous jure que c’est la vraie justification). À cette même époque apparait d’ailleurs la règle selon laquelle le masculin l’emporte toujours sur le féminin. Cela parce que, selon le grammairien Nicolas Bauzée : « le genre du masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle. » (je vous laisse deux minutes pour inspirer, expirer, tout ça.) Les femmes intellectuelles de l’époque, dont Marie de Gournay, Jacqueline de Mirmont ou encore Charlotte de Brachart (vous n’avez aucune idée de qui elles sont, pas vrai? Moi non plus, avant.) ont protesté, mais elles ont été progressivement effacées de l’Histoire. De nos jours, elles ne sont pas enseignées dans les écoles et ne l’ont même jamais été. Ce n’est que dans les années 1990, au Québec, que des recherches ont commencé à apparaitre sur les sujets, plutôt impopulaires. Au Québec. En Europe, y’a toujours un retard monstrueux et une impopularité assez effrayante sur le sujet. Heureusement, les mentalités commencent à évoluer.

Et donc, pourquoi j’utilise le mot autrice?
Parce que c’est un engagement pour l’égalité. C’est une reconnaissance du talent féminin dans la profession artistique et créative qu’est l’écriture, tout simplement. Vous me direz que c’est moche, comme mot. Je pensais comme vous. Mais à force de l’utiliser, on s’habitue et plutôt vite. Ça ne vous coûte pas grand chose et ça signifie beaucoup sur un plan idéologique. Les mots forment notre langage, notre communication. Ils ont tous un sens. Parfois, ils en ont plusieurs. N’en doutez pas: utiliser le bon terme, ça change tout.

Alors pensez-y, la prochaine fois que vous parlerez d’une femme qui écrit.