À l’ombre du (100e) Bifrost : je découvre la revue des mondes imaginaires !

Bonjour à tous et à toutes !

Si vous trainez un peu dans le coin ces derniers jours, vous savez probablement que je me suis abonnée à la fameuse revue Bifrost dont j’ai chroniqué les quatre nouvelles (ici et ). Mais le Bifrost ne se résume pas à un espace où découvrir des récits au format court ! Au fil des différents échanges que j’ai pu avoir avec certains blogpotes non familiers de la revue, j’ai pris conscience que si on connait son nom, on n’a pas forcément toujours une bonne idée de son contenu. Cet article s’adresse donc en priorité à celles et ceux qui aimeraient en apprendre plus à son sujet.

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Les nouvelles
Tout numéro du Bifrost, à l’exception du hors-série consacré à la bande-dessinée en science-fiction, contient au minimum une nouvelle. Dans ce numéro, il y en a quatre mais c’est déjà monté jusqu’à cinq si j’en crois mes quelques recherches sur le sujet. Ce centième opus étant consacré à Thomas Day, l’auteur y propose deux nouvelles dans des styles et des genres littéraires très différents. Je ne vais pas davantage détailler ici puisque je l’ai déjà fait dans deux autres articles précédents. Sachez juste que les deux autres auteurs qui ont participé sont Rich Larson et Catherine Dufour.

Les critiques littéraires.
Plusieurs pages sont consacrées à la critique des derniers romans récents parus en SFFF, francophone ou non. Plusieurs chroniqueurs se partagent la parole et vous en connaissez certains (Apophis, Feydrautha ou Stéphanie Chaptal pour ne citer que celles et ceux que je connais). C’est la partie qui m’a le moins intéressée puisque je suis déjà énormément de blogs et que j’avais entendu parler de la plupart des textes présentés quand je ne les avais pas chroniqué moi-même. Par contre, c’est une rubrique passionnante pour tout qui ne sois pas forcément l’actualité de la blogosphère. De plus, le format court de la critique est assez intéressant et nécessite un exercice de style que je salue bien bas.

Le dossier
Le dossier du 100e numéro était consacré à Thomas Day qui, comme vous le savez peut-être, porte de multiples casquettes (à la fois auteur et éditeur). Il se confie dans une interview qui permet de vraiment mieux cerner l’auteur mais aussi l’éditeur, son parcours, sa personnalité.
Et là, c’est l’instant anecdote…
Dernière édition de Trolls et Légendes, 2018 je pense ou 2019. Je venais de lire la voie du sabre et j’étais ravie d’apprendre que Thomas Day pourrait me la dédicacer lors du festival. Le truc c’est qu’en bonne tête de linotte, j’ai oublié mon bouquin chez moi. Je m’arrête donc près de lui pour le lui dire en souriant de ma bêtise, parce que je tenais quand même à lui exprimer de vive voix mon intérêt pour ses écrits. Étant autrice moi-même, je sais que ça fait plaisir à entendre. Sauf qu’on a à peine échangé deux mots parce qu’il m’a donné l’impression de l’ennuyer, de le déranger, de mal tomber quoi. Je n’en ai pas fait tout un plat parce que les salons, c’est parfois difficile pour le mental puis en tant qu’humain, on peut aussi se tromper sur ses interprétations des ressentis d’autrui. Mais j’en avais gardé un petit pincement au cœur malgré tout.
Grâce à cette interview, j’ai appris que Thomas Day souffre d’une forme d’autisme et que fréquenter d’autres gens est très difficile pour lui. Il prend beaucoup sur lui pour y parvenir, c’est un réel effort. Cela a donné un tout autre éclairage à notre première rencontre et me fait aussi remettre pas mal de choses en perspective. On a tendance à juger un auteur sur son œuvre et à oublier qu’il y a un humain derrière, ce qui peut mener à des qui pro quo désastreux comme ici. Enfin, désastreux, j’exagère un peu mais voilà.

Après cette plutôt longue interview accompagnée de plusieurs photographies d’archive qui retracent la vie de l’auteur depuis son enfance à aujourd’hui, le Bifrost propose un guide de lecture de l’œuvre (très dense !) de Thomas Day. Guide plutôt bienvenu au sein duquel j’ai repéré plusieurs titres intéressants comme l’école des assassins, le double corps du roi ou encore l’instinct de l’équarisseur. Le dossier se poursuit avec une autre interview, celle d’Ugo Bellagamba qui a coécrit avec lui le double corps du roi ainsi que l’école des assassins. J’ai trouvé intéressant d’avoir cet autre éclairage sur l’apport qu’a eu Thomas Day en tant qu’auteur mais également éditeur. C’était très édifiant.

Enfin, ce dossier se conclut sur une bibliographie de l’auteur qui m’éblouit et me terrifie à la fois : 13 romans, 7 recueils, 16 anthologies, 9 BD et 121 nouvelles… Et il a 48 ans. Stupéfiant non ?

Scientifiction
Si j’ai bien compris le principe de cette rubrique, il s’agit d’écrire un article sur la manière dont on utilise, en (science)fiction, un élément scientifique comme, ici, l’antimatière. Roland Lehoucq commence en parlant brièvement de l’origine de la découverte et du concept en lui-même puis en retrace l’histoire au sein de la littérature ou plus largement de la fiction peu importe le média. J’ai trouvé l’article très intéressant mais pour moi qui suis novice, il m’a fallu une bonne dose de concentration et quelques déductions peut-être hasardeuses pour bien tout comprendre. Pas grave, c’est en forgeant qu’on devient forgeron et je sens que je vais beaucoup l’aimer, moi, cette rubrique.

Infodéfonce et vracanews
Ce numéro se conclut sur une petite rubrique reprenant ici les résultats de divers prix littéraires (le Hugo, le Rosny Aîné, notamment) et l’annonce du vote des lecteurs pour la meilleure nouvelle du Bifrost de cette année. Vote auquel je ne vais pas participer puisque je n’ai pu lire que celles contenues dans ce numéro ! Ça ne serait donc pas très juste.

La conclusion de l’ombre :
Je me suis longtemps tâtée à m’abonner ou non au Bifrost car je n’ai jamais été très portée sur les revues. Pourquoi sauter le pas ? Et bien, déjà, en partie grâce aux blogpotes qui en parlent et qui semblent très contents de leurs découvertes mais également parce que je suis curieuse de faire évoluer mon rapport à la littérature de l’imaginaire et de découvrir une nouvelle vision de celle-ci. Je me réjouis déjà de lire le prochain numéro !
D’ailleurs, si vous souhaitez vous abonner (au format papier ou numérique) c’est ici que ça se passe.

D’autres avis : AlbédoCélindanaé – vous ?

RÉFLEXION – la place des autrices francophones en science-fiction

Bonjour à tous !
Petit article réflexion aujourd’hui sur un sujet qui me tient à cœur. Vous le savez, je défends énormément la littérature francophone mais également la mise en avant des autrices dans le paysage littéraire, me rendant compte qu’on parle plus souvent des hommes que des femmes alors que la qualité de leurs écrits se vaut largement. J’ai donc eu envie de rédiger ce (long) billet.

Avant d’aller plus loin, sachez que :
– Je ne tape pas sur le festival des Utopiales ni sur son organisation. Leur sélection pour leur prix a été le départ de ma réflexion, d’où le fait que j’en parle, mais ils ne portent pas une plus grande responsabilité que d’autres dans cette problématique. Je ne vais pas revenir dessus en profondeur, si mon avis vous intéresse vous pouvez consulter mon compte Twitter.
– Ce billet est purement personnel et a pour ambition d’ouvrir la réflexion, pas d’apporter des réponses ou des solutions. Il manque de chiffres clairs et le sujet mériterait d’être traité dans le cadre d’un mémoire universitaire avec une méthode scientifique rigoureuse que je n’ai pas le temps de mettre en place moi-même.
– Votre avis sur le sujet m’intéresse mais je vous prie de rester courtois dans les commentaires 🙂

Qu’est-ce qui s’est passé ?
Le 16 juin, les Utopiales ont dévoilé la sélection pour leur prix, cinq romans adultes et cinq romans jeunesses. Presque aussi vite, la blogo s’est enflammée en constatant qu’il n’y avait aucune femme nommée chez les adultes. Anouchka (du blog les Notes d’Anouchka) a même eu la gentillesse de nous sortir des statistiques sur les années précédentes.

Et, sans mentir, je me suis sentie mal en les lisant.

nouchka

Partant du principe que ce prix récompensait des œuvres de SF (on m’a corrigée par la suite donc mea culpa) j’ai commencé par m’offusquer de ne pas y voir Ada Palmer qui, selon moi, écrase largement la totalité de la sélection par sa qualité littéraire. On m’a ensuite dit que ce prix était réservé à l’Europe (ce qui n’est indiqué nulle part mais soit on ne va pas revenir là-dessus) de là, je me suis demandée quelle(s) autrice(s) pourraient y prétendre et j’ai eu… Un trou. Je vais y revenir.

Un auteur, une autrice, quelle différence ?
Je vous ai déjà évoqué la problématique de la représentation des autrices dans la littérature de l’imaginaire adulte dans certains articles, notamment 10 autrices incontournables et bien vivantes dans l’imaginaire francophone. Un billet écrit lui aussi en réponse à une sélection qui proposait seulement deux femmes parmi les autrices incontournables (et bien vivantes) en fantasy contre huit hommes et qui avait donc selon moi facilement dix ans de retard. Révélateur.

Quand on regarde une sélection comme celle des Utopiales, on peut s’interroger :
-Pourquoi trouve-t-on majoritairement des hommes en lice pour ce type de prix à destination des adultes ?
-Pourquoi met-on systématiquement ou presque les femmes en littérature jeunesse ?

Alors attention ! Je ne dis pas que les hommes écrivent de mauvais romans. J’aime beaucoup le travail de plusieurs auteurs masculins, en vrac : Jean-Laurent Del Socorro, Ariel Holzl, Adrien Tomas, Thibaud Latil-Nicolas, Patrick Moran Mathieu Guibé et ce sont seulement les premiers qui me viennent à l’esprit. Je ne dis pas que leurs romans doivent être écartés pour laisser la place au travail des autrices. Par contre, je pense qu’on devrait prêter davantage attention au travail en question et juger les textes de manière totalement impartiale, sans tenir compte du sexe de l’auteur. Vous allez me dire : meuf, t’es pas dans le jury, tu sais pas comment ils ont sélectionné tout ça. Ils n’ont peut être juste aimé aucun roman écrit par une femme sans que ça ait de lien avec son sexe ! Vous n’avez pas tort, sauf que j’ai du mal à croire à une simple coïncidence vu les chiffres montrés par Anouchka et ce qu’on peut observer au quotidien dans le monde littéraire.

Selon moi, nous vivons une période charnière dans la littérature qui s’accompagne d’une profonde prise de conscience, surtout au niveau du sexisme ordinaire et de la représentation. J’en ai déjà parlé sur le blog dans certaines réflexions, d’autres l’ont fait mieux que moi (coucou Planète Diversité) et je ne vais pas revenir précisément là-dessus. Toutefois j’ai le sentiment (oui je le mets en gras souligné pour qu’on comprenne bien que j’exprime un avis purement personnel et pas une affirmation qui fait loi) que les femmes sont encore moins représentées dans le paysage de la science-fiction et je m’interroge sur le pourquoi. Je n’ai d’ailleurs aucune vraie réponse à apporter. Est-ce que la science est une affaire purement masculine dont on écarte les femmes? Je me souviens d’un épisode de The Big Bang Theory qui tournait autour de cette problématique de pousser les filles vers les études scientifiques. Est-ce que le monde littéraire considère les femmes comme moins aptes ou moins crédibles à aborder des sujets liés aux sciences ? Est-ce que ces sujets intéressent moins les autrices et donc les poussent à se tourner vers d’autres genres littéraires ? On peut tout imaginer. Je ne possède pas de chiffres sur le sujet donc je me contente d’émettre des hypothèses.

Des autrices en SF ? Qui donc ?
Revenons-en à mon trou de tout à l’heure. Quand j’ai commencé à réfléchir à des exemples de nom à balancer pour prouver par A+B qu’il y a des autrices en SF talentueuses en Europe (enfin surtout francophone j’avoue parce que je ne m’y connais pas très bien pour les autres pays hors anglo-saxons), j’ai un brin séché.

Évidemment j’ai songé à Estelle Faye avec ses Nuages de Magellan, j’ai aussi pensé à Audrey Pleynet dont j’entends beaucoup parler via la blogo et Aurélie Wellenstein avec son récent Mers Mortes parce que je considère comme de la SF d’anticipation / post-apocalyptique (et si vous vous demandez pourquoi je vous recommande la lecture de l’excellent guide d’Apophis qui apportera la lumière dans vos vies. Je ne suis pas sûre qu’on ait le droit de mettre deux sous-genres mais je le prends et ceux qui ont lu le roman comprendront pourquoi.) sauf que trois autrices, aussi talentueuses soient-elles, dans tout le paysage éditorial, même juste francophone bah… C’est peu non d’une pipe !

J’ai donc eu envie de réaliser une petite liste d’autrices qui auraient pu concourir cette année pour le prix et qui n’ont pas été sélectionnées. Ma liste comporte donc une double restriction : la période de temps (2019 – 2020) et uniquement les textes en français d’origine donc en excluant les traductions.

Je sais qu’il y a d’autres autrices comme Cindy Van Wilder (Memorex) ou encore Agnès Marot (IRL, Erreur 404) qui mériteraient d’être citées (autant pour leur humanité que pour leur travail remarquable), tout comme il y en a énormément que je ne connais pas du tout et que j’ai eu le plaisir de découvrir par le biais d’échanges sur les réseaux sociaux.
Si le sujet vous intéresse, je vous mets le lien vers mon message facebook afin que vous puissiez récupérer à votre guise toutes les références citées par les personnes ayant voulu aider. Je vous mets également un lien vers le message facebook d’Émilie Querbalec qui a reçu énormément de réponses en posant la question il y a un gros mois d’ici. Je précise enfin que je n’ai pas lu une partie de ces romans donc je me base sur ce qui m’a été dit pour juger de leur parenté avec la SF. S’il y a une erreur quelque part, n’hésitez pas à me le signaler.

BASSETERRE Luce (La Débusqueuse de mondes – Le Livre de Poche – 13 mars 2019)
DOKE Sara (L’autre moitié du ciel – Mü éditions – avril 2019
EDGAR Silène (les Affamés – J’ai Lu – 8 mai 2019)
FAYE Estelle (Les nuages de Magellan – Scrineo – 4 octobre 2018 / Folio SF – 7 Juillet 2020)
Li-Cam (Résolution – la volte – 10 octobre 2019)
MARTEL A.D. (Revival – autoédition – 27 mars 2020)
MARTIGNOLE Danielle (Rémanence #3 – 1115 – février 2019)
ROZENFELD Carina (Le Démêleur de rêves – Scrineo – 10 octobre 2019 + Le Mystère Olphite – L’Atalante – 26 septembre 2019)
WELLENSTEIN Aurélie (Mers Mortes – Scrineo – 14 mars 2019 + La Mort du temps – Pocket – avril 2019)

Alors vous pourriez m’objecter que dans la liste, il y a des rééditions et peut-être des titres young-adult qu’on a tendance à classer en jeunesse.
Oui. Bien entendu, vous avez raison.
À cela, je vais vous répondre qu’il n’a jamais été fait mention d’un texte inédit mais bien d’une parution ou d’une traduction dans l’année littéraire qui précède le prix. Pour moi, une réédition compte en parution (c’est mon avis, pas un absolu 😉 ). Ensuite, le YA n’est pas forcément que pour les adolescents, d’ailleurs jeune adulte ça veut bien dire ce que ça veut dire… Un adulte jeune, certes, mais un adulte quand même. Pas un enfant. Du coup j’en profite pour pousser un petit coup de gueule à ce sujet : je ne trouve pas normal qu’on colle toujours les romans young-adult avec le jeunesse parce que ce sont deux publics qui n’ont pas grand chose en commun dans leurs attentes vis à vis des thématiques et des types d’histoire. Si on tient absolument à nuancer les catégories éditoriales alors il faut aussi faire évoluer les prix dans ce sens. Toutefois, c’est un autre débat que nous aurons à un autre moment dans un article dédié quand je disposerais de suffisamment de connaissances solides pour l’écrire.

L’humble conclusion de l’ombre.
Les autrices francophones sont présentes dans le paysage de la science-fiction et en plus grand nombre qu’on le pense à première vue. Toutefois, la part de leur publication est inférieure à celle des hommes et elles paraissent moins mises en avant de manière générale, donc moins connues du grand public. Pourquoi ? Je l’ignore et je ne peux que proposer les hypothèses déjà évoquées plus haut. Est-ce que tous les genres littéraires doivent afficher une parité complète et absolue ? Non, bien entendu, car tous les textes ne se valent pas et le sexe de l’auteurice ne devrait pas entrer en ligne de compte. Toutefois, je n’ai pas l’impression qu’on laisse suffisamment de place aux autrices pour s’exprimer ou s’épanouir dans les genres de l’imaginaire à destination d’un public adulte et c’est encore plus vrai dans la science-fiction. Ce n’est pas un absolu, certaines s’en sortent avec les honneurs comme Becky Chambers ou Ada Palmer sur la scène internationale mais ça reste peu au regard des hommes présents dans le rayon SF de votre libraire. Je ne demande qu’à avoir tort et qu’à voir la situation évoluer mais à l’heure actuelle, ce sont les conclusions que je tire de mes quelques recherches sur le sujet et de ma récente réflexion.

Voilà.
Je sais que cet article n’est pas parfait. Le sujet mériterait un travail universitaire tant il est vaste.
Je sais que je n’ai pas cité tout le monde parce que je n’en ai tout simplement pas la possibilité ni les moyens. Le but de ce billet n’est pas de râler dans le vent. Si j’écris ces lignes c’est pour vous sensibiliser à une problématique, vous inviter à réfléchir et peut-être à prendre conscience de vos biais en tant que lecteurices. Personnellement, je ne me considère pas comme meilleure qu’une autre parce que, pour être tout à fait honnête, je n’ai pas remarqué tout de suite que la sélection ne comportait que des hommes. J’ai du lire les tweets d’Anouchka et de l’ours inculte pour tilter.
Je m’en suis voulue, ça m’a poussé à réfléchir.
J’espère arriver un jour à voir ça tout de suite et par moi-même. J’espère en arriver un jour à vivre dans un monde littéraire qui prendra en considération l’ensemble de ses acteurs et pas juste les hommes blancs entre quarante et cinquante ans -et je ne dis pas ça pour culpabiliser ces hommes qui proposent aussi un travail de qualité. Je le dis parce qu’il n’y a pas qu’eux qui existent et il est temps pour certains d’en prendre conscience.

J’aimerais davantage de diversité.
Davantage de représentation.
Davantage de respect.

Merci pour votre lecture !
J’en profite également pour remercier Anne-Laure alias Chut ! Maman lit. qui a bien aidé à la réalisation de cet article avec ceux qu’elle a écrit l’année dernière sur les parutions des autrices ainsi que toutes les personnes qui ont pris le temps de répondre à ma publication sur facebook.

N’hésitez pas à échanger dans les commentaires mais s’il vous plait, n’oubliez pas le respect 🙂 Je répète que ce billet est purement personnel et ne ressort pas d’un travail scientifique rigoureux ! Si vous avez des chiffres, des thèses ou autre à ce sujet sous la main, je vous en prie, communiquez-moi les références que je puisse les lire.

RÉFLEXION – pour le respect de la littérature de l’imaginaire

Salutations amis lecteurs !
Aujourd’hui, c’est l’anniversaire du blog et j’avais prévu un joli petit article plein de fun, d’amour, de chiffres, histoire de fêter ça posément entre nous. Puis hier soir, sur Twitter, alors que je flânais innocemment, je tombe sur le screen d’un article dont je te mets le lien ici. C’est Suck My K. Dick qui a partagé ça et il n’a pas fallu longtemps pour que ça tourne, pour que ça s’indigne…. Pour que ça me gonfle modèle géant au point de me donner envie d’écrire ce billet et de repousser la sortie de mon article festif à demain après-midi. Pour te montrer à quel point, je n’ai même pas mis de gif, c’est dire.

À partir d’ici, je vais m’adresser directement à toi, Journaliste Incompétent. Oui, t’as droit à des majuscules et à un mot que tu jugeras peut-être un peu fort. Mais on va en reparler tout au long de ce billet d’humeur. Une fois à la fin, je pense que tu comprendras pourquoi tu as droit à un tel qualificatif.

 

Un titre pire que maladroit
Commençons par le commencement : c’est quoi ce titre ? Meilleurs selon quoi ? Les chiffres de vente ? Les notes sur les sites d’avis de lecteurs ? La popularité ? Sur quoi se base exactement cet adjectif ? Aucune idée, ça n’est mentionné nulle part. Soit, admettons. Par contre, quand on découvre la liste liée à ce titre… On vérifie la date par acquis de conscience. Mais non, nous sommes le 27 mai pas le 1er avril. Alors on essaie de comprendre, on commence à lire et on facepalm un grand coup avec cette histoire de « passé modifié » qui justifie, à tes yeux, Journaliste Incompétent, l’entrée de certains romans clairement fantasy dans un classement science-fiction. Même si ça reste assez tendancieux parce que je ne suis pas persuadée que les romans cités puissent se classer dans un passé fictif de notre humanité. Il s’agit plutôt d’un monde inventé basé en partie sur notre Moyen-Âge (mais pas que). Bref.

Est-ce que tu connais la notion de vérification des sources? C’est un truc tout bête que tes profs t’apprennent en première année et je le sais parce que je suis diplômée d’un master en communication de l’Université de Liège, ce qui signifie que j’ai fait trois années de bachelier (votre équivalent de licence en France) avant d’entrer en master, avec des cours de journalisme au cas où j’aurais eu envie de me spécialiser là-dedans (ce qui n’a pas été le cas). Normalement, tes professeurs ont du t’expliquer que quand on écrit un article, on vérifie ce qu’on raconte dedans et on se renseigne un minimum en croisant les sources histoire de ne pas raconter n’importe quoi et de ne pas se fier à une seule voix. C’est aussi quelque chose que j’enseigne à mes étudiants de 15 ans, au passage. Je suppose que tu t’es laissé abuser par la définition présente sur Wikipédia qui évoque la possibilité d’un passé fictif du coup je te recommande de jeter un œil au travail de l’ami Apophis qui fait autorité en matière de classement littéraire et qui aurait été ravi de t’aider si tu avais des questions.

En l’état actuel, dans le meilleur des cas, tu devrais au minimum renommer ton article et l’intituler « Dix romans de l’imaginaire super mainstream que tout le monde connait déjà parce que j’ai eu la flemme de faire de vraies recherches pour écrire un article documenté sur les littératures de l’imaginaire. »

Fantasy et science-fiction : blanc bonnet, bonnet blanc ?
Je vais utiliser ici la définition proposée par le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales mais tu peux trouver grosso modo la même dans plein de dictionnaires.
Science-fiction : Genre littéraire et cinématographique décrivant des situations et des événements appartenant à un avenir plus ou moins proche et à un univers imaginé en exploitant ou en extrapolant les données contemporaines et les développements envisageables des sciences et des techniques.

Sur cette base, j’aimerais bien savoir dans quel avenir plus ou moins proche et sur base de quelles données contemporaines / développements scientifiques on a écrit l’Assassin Royal, Le Sorceleur, le Hobbit, À la croisée des mondes ou encore Game Of Thrones (qui au passage est le titre de la série télévisée, le roman s’appelle A Song of Ice and Fire en anglais ou le Trône de Fer en français. Oh et l’auteur c’est G.R.R. Martin, en plus t’oublies des lettres dans son nom… Are you fuckin’ serious ?) Alors j’admets que je n’ai jamais lu l’Assassin Royal et que ma lecture d’À la croisée des mondes remonte super loin, toutefois j’ai vérifié et les deux sont bien classés en fantasy, un genre qui ne peut se confondre avec la science-fiction. Cela signifie, cher Journaliste Incompétent, que sur dix romans tu as déjà la moitié que tu peux retirer de ton classement.

Je ne vais pas me prononcer sur la présence des cinq autres ouvrages parce que je ne les ai pas lus, je n’en ai jamais eu envie. Pourtant je les connais, je sais que pour certains, ils font autorité mais voilà j’ai un problème avec les romans « qui font autorité » dans leur domaine donc je passe mon tour. Je vais éviter aussi de te demander POURQUOI tu recommandes des tomes 2, ça n’a pas grand sens mais bon à la limite, tu vois, ça, c’est le moins grave.

La domination blanche et masculine : y’en a MARRE !
Non content de te foirer sur le genre littéraire tu proposes en plus uniquement des romans 1) écris par des hommes (à l’exception de Robin Hobb) et 2) qui datent de plusieurs années si pas décennies dans certains cas. Es-tu au courant, cher Journaliste Incompétent, qu’il existe dans ton beau pays (la France donc je suppose vu que tu publies dans le Parisien) des auteurs et des autrices bourré(e)s de talents ainsi que des éditeurs engagés dans la défense des littératures de l’imaginaire? Tu n’avais qu’à te baisser pour trouver de quoi étoffer ton classement. Si tu cherchais absolument à mettre en avant des auteurs anglo-saxons, il y en a plein chez Albin Michel Imaginaire ou même chez l’Atalante (qui publie quand même John Scalzi et David Weber qui sont deux grands noms incontournables que même moi, novice en SF, je connais et je lis, deux noms totalement absents de ton joli classement).  Tu aurais aussi pu pousser ta démarche en mettant en avant les talents locaux, locaux ET féminin. Je peux te citer sans réfléchir trois autrices françaises de SF : Estelle Faye (Les nuages de Magellan – Scrineo), Luce Basseterre (La Débusqueuse de Monde – Mü puis Le Livre de poche) et Audrey Pleynet (Ellipses – Amazon). J’ai fait exprès de te mettre du gros éditeur, du moyen et de l’AE pour que tu constates qu’en prime, t’avais pas à chercher bien loin pour trouver.

Visiblement tu as voulu faire l’effort d’incorporer dans ton classement un auteur auto-édité sur Amazon, Thomas Palpant. C’est bien de parler des AE, vraiment, mais quand même… On va s’arrêter deux minutes sur ce monsieur.

Le cas E-Storic
J’ai lu plusieurs commentaires sidérés de la part d’autres blogueurs qui ne comprenaient pas la présence de ce roman dans le classement. Tu sais quoi ? Moi, je l’ai lu ce texte et je te renvoie vers ma chronique pour le détail de mon avis. C’était bien, intéressant, ça poussait à la réflexion sur la notion de vie privée et nos addictions à la technologie mais est-ce qu’il mérite de figurer parmi les meilleurs livres de science-fiction ? Désolée… Non. Et si tu l’avais lu, si tu avais lu plus de deux romans et demi de science-fiction dans ta vie, cher Journaliste Incompétent, tu penserais la même chose que moi. À présent que je possède un peu plus d’expérience dans le genre (et je le dis, ce n’est qu’un peu car je me considère toujours comme novice !), je sais que ces thématiques sont largement traitées, vues et revues dans ce genre littéraire. Thomas Palpant propose donc un texte sympa qui se lit tout seul et fait son job mais il ne réinvente rien. Il n’a aucune légitimité pour figurer dans ce classement déjà bancal. Ce n’est pas ici une attaque envers lui de manière directe (même si je m’interroge, comment s’y est-il retrouvé ?) juste une dernière mise au point histoire de m’assurer d’avoir bien enfoncé le clou jusqu’au bout.

Le mot de la fin.
Voilà, j’en ai terminé avec toi, Journaliste Incompétent. J’ai perdu une heure de ma vie à écrire ce billet d’humeur parce que j’en ai assez. J’en ai assez que des gens méprisants se permettent d’écrire sur des sujets qui me tiennent à cœur sans prendre dix minutes pour se renseigner. J’en ai assez de cette fracture qui existe entre les littératures de l’imaginaire et la « littérature blanche » comme s’il y avait des genres littéraires plus nobles que d’autres. J’en ai assez de voir des journalistes français cracher sur la production française pourtant si riche et originale en ne lui accordant même pas un regard ou alors au détour d’un copinage maladroit. J’en ai assez que le monde littéraire se voile la face sur sa réalité. J’en ai assez de toujours voir apparaître des hommes qui ont l’âge de mon père dans ces classements sans qu’on n’accorde de place aux femmes. Pas qu’ils n’aient pas de talent (je vous ai dit à quel point je suis fan du travail de Scalzi ?) mais ils ne sont pas les seuls à en posséder (non je ne vais pas citer Ada Palmer mais ADA PALMER BORDEL ! Et Estelle Faye en tant que femme ET française ! Je ne vais pas me lancer sur la fantasy sinon on va me perdre toutefois j’avais déjà écrit un billet à ce sujet). Je ne sais pas si tu es juste maladroit, toi qui as envoyé cet article au Parisien, mais t’as pris pour tous les autres et j’espère que ça te poussera à réfléchir la prochaine fois qu’il te viendra l’envie d’écrire sur un sujet que tu ne connais pas du tout.

On peut échanger dans les commentaires mais en restant courtois et respectueux, merci ♥

#VendrediLecture (83 – édition spéciale)

Bonjour à tous !
Voilà deux semaines que je n’avais pas rédigé un #VendrediLecture et pour cause… Entre la foire du livre de Bruxelles (oui j’ai carrément oublié de programmer un article avant de partir :D) et la nécessité de vous parler de l’impact du COVID-19 sur le monde littéraire, ce rendez-vous était un peu passé à la trappe. Reprenons donc de saines habitudes !

Aujourd’hui, je vais surtout vous parler d’une maison d’édition qui, comme beaucoup dans le milieu, a besoin d’aide. Pourquoi eux plus que d’autres? Déjà parce qu’ils ont demandé de l’aide mais aussi parce que c’est la maison d’édition chez qui j’ai le plus lu, qu’ils sont partenaires du blog et que je les aime énormément sur un plan humain (pas forcément dans cet ordre 🙂 ) Je vous spamme un peu à ce sujet sur les réseaux sociaux, je l’admets mais c’est une cause qui me tient à cœur donc voilà. J’espère que vous ne m’en voulez pas trop.

Je vous l’ai dit dans mon article, les petits éditeurs souffrent de l’épidémie et du confinement à l’instar des libraires indépendants. À votre niveau, plusieurs solutions sont possibles :

Pour les romans / mangas / BDs issus de grosses structures -> attendre la réouverture de votre librairie et ne surtout pas céder aux sirènes d’Amazon. Vous avez tous une grosse PàL, je le sais. Alors s’il vous plait, pour vos libraires, attendez quelques semaines. Ils le méritent ! Moi aussi, je suis en manque de mangas, mais j’irai tout chercher chez Kazabulles à la fin du confinement. Pas question de craquer avant.
Pour les romans / mangas / BDs d’auteurs auto-édités et de maisons d’édition indépendantes -> les commander directement sur leur site Internet avec une livraison immédiate ou non en fonction des possibilités de chaque pays. En Belgique, par exemple, la poste travaille et chacun respecte les mesures de sécurité pour préserver les facteurs (notamment garder la distance adéquate ou les inviter à laisser le colis sur les marches le temps qu’on descende). Vous pouvez ainsi participer à la semaine Livr’S de lire chez l’éditeur partenaire Livr’S qui offre des réductions et des cadeaux en fonction de vos achats sur leur boutique.

Mais il y a aussi la solution du numérique ! Et c’est là que la promotion du jour est intéressante car les éditions du Chat Noir proposent tous leurs ebooks à 1.99 euros au lieu des prix habituels qui oscillent, en fonction de la taille du roman, entre 4.99 et 6.99. C’est donc le bon moment pour les lecteurs numériques de se lancer à la découverte de cette maison d’édition française à la ligne éditoriale originale 🙂 Cette promotion est valable jusque début mai. Je vous mets ici le lien de mon article focus chat noir grâce auquel vous pourrez facilement retrouver toutes mes chroniques, histoire de les découvrir.

En cliquant sur ce lien, vous pourrez facilement vous procurer ces ebooks ! Ou en passant par vos plateformes habituelles type Emaginaire ou 7Switch. Et si vous ne savez pas par où commencer, n’hésitez pas à me demander conseil. Je connais le catalogue sur le bout des doigts, je pense être capable de bien vous aiguiller 🙂 Évidemment, se tourner vers le numérique est aussi une solution pour soutenir d’autres éditeurs indépendants comme Mnémos, ActuSF, le Bélial ou encore l’Atalante (okey là on est sur du plus gros, j’admets 🙂 ) qui souffriront un peu moins grâce à leur distribution en librairie mais qui souffriront quand même. Il suffit de lire le message d’ActuSF posté tout à l’heure pour s’en convaincre.

De mon côté, j’ai eu la chance de recevoir ma commande hier matin. Je pense que c’est la dernière à avoir quitté le Chat Noir avant qu’ils ne ferment les envois papiers jusqu’à la fin du confinement donc je suis très contente. Comme j’ai envie de lire des récits courts en ce moment, j’ai décidé de commencer avec ceci :

Nixi Turner #2 La Goule – Fabien Clavel
Lecture perso’ – Éditions du Chat Noir

10« Après les vacances de la Toussaint, Nawal retrouve ses amis et découvre qu’Imane a perdu beaucoup de poids. Elle commence à s’inquiéter pour elle, mais Nixi ne s’y trompe pas, c’est certainement l’œuvre d’un Croquemitaine. Armée de son épée, la chasseuse est prête à reprendre le combat ! »

Quel est le dernier Chat Noir que vous avez lu ? 🙂

RÉFLEXION – Quand COVID-19 menace la littérature…

Bonjour à tous !
Y’aura pas de VendrediLecture aujourd’hui mais on va quand même parler de littérature et d’un sujet grave, d’actualité. Hier, j’ai posté dans le groupe du Printemps de l’Imaginaire francophone pour inciter les participants au challenge à quelque chose de très simple (je sais, t’es en suspens là). Entre temps, mon message a été relayé par plein d’auteurs et d’éditeurs, avec une ampleur dont j’ai été la première surprise. Mais tant mieux ! Suite à ça, j’ai également écrit un thread sur Twitter mais au cas où tu vis dans une grotte, je me suis dit que c’était l’occasion de ressortir les réflexions de l’ombre du placard.

Comme dirait l’incontournable Max Bird… Reprenons depuis le début.

Pendant la foire du livre de Bruxelles, j’ai discuté avec pas mal d’éditeurs qui s’inquiétaient de l’annulation en chaîne des salons. Made In Asia (Belgique), Livre Paris, Bondues, et je ne vous parle que de ceux auxquels je devais assister. On a même commencé à suer un peu en imaginant une possible annulation des Imaginales (non, n’y pense pas, toi aussi tu vas faire des cauchemars). Puis est venue sur le tapis la délicate question des finances.

Ce n’est pas forcément clair pour tout le monde mais beaucoup d’éditeurs qu’on appelle « les indépendants » -tout comme beaucoup d’auto-édités- vont terriblement souffrir de ces annulations sur un plan financier. Pourquoi? Et bien parce que tous ces salons sont annulés à la dernière minute. Cela signifie que les éditeurs (et AE) ont commandé un stock important de romans en prévision des évènements à venir, stock pour lequel ils ont payé… Mais qu’ils ne vont que difficilement rentabiliser. D’autant que la plupart d’entre eux ne sont pas distribués en librairie.

Vous allez me dire, c’est pas bien grave ! Un livre, ça ne se périme pas, ils vont les vendre plus tard. Oui… Sauf que les finances d’un éditeur indépendant (et d’un AE) sont fragiles. Un salon, passe encore. Mais, deux, trois, quatre et au-delà comme on le vit en ce moment… Ça devient gravissime. Si l’argent ne rentre pas, l’éditeur (et l’AE) ne pourra plus sortir des nouveautés, aura difficile de participer à de nouvelles manifestations, etc. Tu vois le cercle vicieux ? Dans un monde parfait, l’investissement des stands serait totalement remboursé histoire de compenser un peu mais c’est loin d’être le cas (coucou Livre Paris). Du coup, réfléchissons deux secondes : si tout l’argent sort des caisses sans y rentrer, il se passe quoi ?

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Vous pensez peut-être que je m’alarme pour pas grand chose mais en réalité, la plupart des éditeurs et des auto-édités ne vont pas bien du tout et craignent pour l’avenir. Déjà qu’en temps normal, le milieu est difficile… L’actualité n’arrange rien et précarise une profession, un  milieu, déjà au bord du gouffre.

Que faire, me demanderez-vous ? Parce que paniquer, c’est bien joli mais agir, c’est vachement mieux. Et bien c’est simple. Passez commande de romans directement sur le site des éditeurs. Réduisez au maximum les intermédiaires afin que les éditeurs et par extension leurs auteurs puissent récupérer leur investissement et qu’ils continuent à exister, à sortir des nouveautés, à nous permettre de rêver. Craquez sur les titres récents ou explorez le catalogue à la recherche des plus anciens. N’hésitez pas en vous disant que ça attendra le prochain salon, parce qu’on ne sait pas, en vrai, quand ça il se déroulera, ce prochain salon. Il sera peut-être déjà trop tard. Cédez à la tentation, même pour un seul roman ! Si chaque personne qui lit ce billet achète un livre chez un éditeur indépendant, alors la situation ne sera plus aussi catastrophique. Et si vous n’avez pas les moyens ou que votre PàL menace de s’écrouler sur vous, vous pouvez au moins relayer l’information afin de sensibiliser vos connaissances, vos amis, votre entourage.

Merci pour votre attention, je compte sur vous ♥
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PS: Facebook n’a toujours pas levé la censure sur mon blog donc n’hésitez pas à partager le message (vous le retrouverez un peu partout, sinon ne vous gênez pas pour reprendre le propos de l’article) et à relayer ce billet sur votre propre blog et / ou sur Twitter (où il n’y a aucun souci). Je vous le dis pour pas que vous ne soyez blacklistés vous aussi. J’vous jure, c’est top comme situation.

FOCUS – Partenariat : le Chat Noir

Bonjour à tous !
La semaine dernière, j’apprenais une merveilleuse nouvelle : j’appartiens désormais aux partenaires presses des éditions du Chat Noir. Ceux qui suivent le blog depuis le début le savent mais c’est une maison avec laquelle j’ai une longue histoire. Ma première rencontre avec eux s’est déroulée à la Foire du Livre de Bruxelles en 2015, ça commence à dater. J’ai tout de suite été séduite par leur aura et je n’ai pas hésité à craquer pour le premier tome de la Geste des Exilés de Bettina Nordet, qui était aussi présente sur le salon. Presque cinq ans plus tard, je n’ai jamais décroché et je me suis même accrochée envers et contre tout. Ceux qui fréquentent les salons le savent, le meilleur moyen de me mettre la main dessus est souvent d’attendre pas loin de leur stand 😛 (au grand désespoir de ma cheffe, ahem.)

Ce partenariat, c’est l’occasion de publier un article FOCUS que je prépare depuis longtemps (et sur lequel je procrastine depuis encore plus longtemps). Je vous présente donc les éditions du Chat Noir !

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Traversez le voile d’un coup de griffe…
La maison d’édition a été fondée à l’origine par Cécile Guillot en 2011. Ce n’est qu’un an plus tard que Mathieu Guibé rejoint l’aventure en tant que second éditeur ! Vous le saviez pas ça, hein ? La maison d’édition est spécialisée dans la littérature de l’imaginaire et ne publiait quasiment que des auteurs francophones jusqu’en 2015 où elle a traduit les yeux améthyste d’Enamorte puis elle a continué l’année suivante avec le premier tome de la trilogie du Voile de Selina Fenech, une autrice australienne. Depuis, le catalogue s’enrichit d’autrices étrangères encore jamais publiées en francophonie, toujours dans les genres de l’imaginaire. Ils ont un véritable don pour dénicher les perles.

La maison d’édition possède plusieurs collections :
Griffe sombre : des récits fantastiques, gothiques, assez noirs et étranges.
Féline : des romans d’urban fantasy avec de l’humour, de l’action et de la romance.
Cheshire : la collection qui mêle imaginaire et littérature pour adolescents. Ne vous laissez pas rebuter par le label young adult, certains titres sont vraiment matures et aboutis !
Black Steam : XIXe siècle, steampunk, gaslight… Je continue?
Gothicat : une collection qui réédite des textes oubliés de la littérature gothique et romantique du 18e et 19e siècle.
Graphicat : si vous cherchez un artbook ou un roman illustré, c’est ici que ça se passe.
Panthera : la collection luxueuse, qui regroupe pour le moment uniquement la réédition des Larmes Rouges.
Neko : collection qui a pour vocation de mettre l’Asie à l’honneur, ses légendes, sa mythologie.
Chat Blanc : le label young adult contemporain, sans imaginaire, qui traite de thématiques actuelles et fortes.
Chatons hantés : un label à destination des 9-12 ans qui parle des problèmes / thématiques liés à cette période de la vie, avec une touche d’imaginaire.

Pourquoi j’aime le Chat Noir ? (alors que Mathieu est méchant (#privatejoke)) Déjà parce que cette maison d’édition a été mon tout premier contact avec une structure indépendante dans la littérature francophone de l’imaginaire. L’air de rien, c’est important parce qu’ils ont largement contribué à façonner la lectrice que je suis aujourd’hui. Quand j’ai débarqué en 2015, je pensais qu’il n’existait que Bragelonne pour la SFFF et ça a été une véritable révélation. Ensuite, j’ai majoritairement (personne n’est parfait !) été agréablement surprise par leurs choix éditoriaux et leur envie de se renouveler. Pour ne rien gâcher, ils proposent toujours des couvertures superbes et soignent leurs livre-objets. Je pense que hormis pour les titres les plus anciens, j’ai lu quasiment tout le catalogue. Je suis donc bien placée pour affirmer qu’ils n’ont pas à rougir de leur travail et qu’ils s’améliorent d’année en année.

Alors, comme je trouve que cet article n’est pas suffisamment long… Voici la liste de tous les romans lus au sein de cette maison d’édition. Quand il manque la chronique, c’est soit que ça date d’avant la création du blog (♦ si c’est le cas), soit que je ne savais pas quoi en dire (bah oui, parfois, un livre n’est pas fait pour moi !). Quand il y a un ♥ à côté, c’est qu’il s’agit d’un coup de cœur. La liste est classée dans l’ordre de parution (du plus ancien au plus récent) en suivant le catalogue sur le site du Chat Noir. J’espère que vous êtes bien assis…

Les chroniques d’Oakwood – Marianne Stern ♦ – ♥
Even dead things feel your love – Mathieu Guibé ♦
L’Ouroboros d’argent – Ophélie Bruneau ♦
La nuit des cœurs froids – Esther Brassac ♦
Les yeux améthyste – Enamorte
Black Mambo (anthologie) ♥
Néachronical #1 – Jean Vigne
Diabolus in musica – Céline Rosenheim
De l’autre côté du mur (2 tomes) – Agnès Marot ♥
Par la grâce des Sans-Noms – Esther Brassac ♦
Eros automaton – Clémence Godefroy ♦
Apostasie – Vincent Tassy ♥
Les filles d’Hécate (3 tomes) – Cécile Guillot
Cosmographia – Nicolas Jamonneau et Mathieu Guibé ♦
La Geste des Exilés (3 tomes) – Bettina Nordet ♦
Lake Ephemeral – Anya Allyn ♥
Tragic circus – Mathieu Guibé & Cécile Guillot ♦
Omnia – Denis Labbé
L’effroyable porcelaine – Vincent Tassy
Larmes de cendres #1– Lydie Blazot
Holomorphose #1 – Jean Vigne
Elvira Time (3 tomes – en cours) – Mathieu Guibé
Les chroniques homérides (2 tomes – en cours) – Alison Germain
Palimpsestes (3 tomes) – Emmanuelle Nuncq
Pandémonium – Aurélie Mendonça
Octavie d’Urville #1 – Esther Brassac
Sangs maudits #1 – Bettina Nordet
Les amoureux de la lune – Lizzie Felton ♥
Le Carrousel Éternel (4 tomes) – Anya Allyn
La fille qui tressait les nuages – Céline Chevet ♥
Kayla Marchal (3 tomes ) – Estelle Vagner
Les Mondes Mécaniques (3 tomes) – Marianne Stern ♥
Souvenirs volés #1 – Selina Fenech
Comment le dire à la nuit – Vincent Tassy
How to save a life – Lauren K. Mckellar
Cœur Vintage – Cécile Guillot
Ashwood – C.J. Malarsky
Le château noir – Anne Mérard de Saint-Just
Waterwitch – Alex Bell ♥
Les héritiers d’Higashi #1 – Clémence Godefroy ♥
Loin de lui le soleil – Vincent Tassy

Soit 57 romans. Au calme quoi. Et il m’en reste trois dans ma PàL (deux anthologies ainsi que le dernier tome du Carrousel Éternel) + les nouveautés qui vont arriver en 2020…

Si vous vivez dans une grotte et que vous n’avez jamais eu l’occasion de vous pencher sur le catalogue des éditions du Chat Noir, je vous encourage vivement à rattraper votre retard ! À mes yeux et dans mon cœur, cette structure est incontournable dans le paysage de l’imaginaire francophone en plus d’être inimitable. Vu la grande variété de leurs collections, il y en a probablement une qui est faite pour vous et qui vous attend. Vous pouvez découvrir leur site officiel et les suivre sur Facebook, Twitter et Instagram.

Connaissiez-vous cette maison d’édition? Avez-vous déjà lu certains de leurs ouvrages? Si non, cette présentation vous donne-t-elle envie de le faire? 🙂

Max Bird dézingue les idées reçues !

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, un petit article un peu spécial qui va se glisser dans l’onglet culture du blog (que je délaisse un peu, shame on me) puisque je ne vais pas vous parler d’un roman mais bien d’un youtuber qui a écrit un livre en lien avec son concept. Et oui, vous allez me dire: encore un qui profite de sa célébrité pour se faire plein d’argent en vendant un mauvais livre sur la seule base de son image blablabla (insérez les autres motifs habituels de rageux). Sauf que… Pour paraphraser notre principal concerné : reprenons depuis le début.

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Peut-être connaissez-vous Max Bird, ce français de bientôt trente ans qui est à la fois humoriste, écologiste engagé et vulgarisateur scientifique. J’ai découvert son travail un peu par hasard et j’ai immédiatement été séduite par son concept. Celui-ci consiste à démonter des idées reçues, des croyances qu’on véhicule tous en pensant qu’il s’agit de la vérité alors qu’en fait, pas du tout ! Ça tient en une phrase: la plupart des gens disent n’importe quoi, toute la journée. C’est aussi le concept du livre dont je vais vous parler. Pour ne rien gâcher, Max Bird propose son travail avec beaucoup d’humour et un talent non négligeable pour l’imitation et la mise en scène du corps. Il a de multiples cordes à son arc !

Édité chez First Éditions, le livre Max Bird dézingue les idées reçues propose d’éclaircir et démonter avec humour certaines des idées reçues les plus tenaces de notre société et ça touche tous les domaines ! La science, la culture, la prononciation des mots, le cinéma, l’Histoire, la sécurité routière… Max Bird brasse large et ne s’embarrasse pas à classer le contenu de son livre par thèmes. Tout se mélange, ce qui agacera peut-être les esprits un peu carrés mais au fond… Bah c’est son livre et il fait comme il veut. Les idées reçues n’en ont, selon moi, que plus d’impact car pas moyen de les confondre les unes avec les autres si on en lit plusieurs d’affilées.

La mise en page est aussi très soigné. Tout le livre se construit sur une alternance de blanc et de vert, qui sont les couleurs de l’humoriste. Chaque idée reçue a sa petite illustration, est mise en page de biais avec une police lisible et un papier plutôt solide. Un livre qui pourrait même intéresser vos enfants à partir du moment où ils sont à l’aise avec la lecture ! Je l’ai, personnellement, trouvé très éducatif et en tant qu’enseignante je suis certaine de lui trouver des applications pédagogiques.

Pour ma part je lisais quelques pages par jour au matin pour bien commencer la journée. L’air de rien, 164 pages, c’est vite expédié même à ce rythme et c’est dommage parce qu’on en redemande encore ! L’humour de Max Bird est tout à fait reconnaissable et quand on a regardé ses vidéos, on lit en imaginant sa voix, ce qui apporte un bonus non négligeable dans le plaisir qu’on prend à le découvrir.

Si j’ai eu envie de vous parler de ce livre c’est surtout parce qu’il constitue une véritable ode à l’esprit critique. Max Bird explique dans son introduction que lui-même n’est pas infaillible et peut véhiculer malgré lui des idées reçues. Je trouve cette démarche importante car cela rappelle la nécessité de remettre perpétuellement en question tout ce qu’on entend, tout ce qu’on apprend. C’est une valeur fondamentale à mes yeux, particulièrement dans nos sociétés où on a tendance à croire n’importe quoi sans jamais effectuer un minimum de vérifications d’usage. En tant que prof, c’est quelque chose que j’essaie de passer à mes élèves mais la principale difficulté tient au fait que tout remettre en question… Bah c’est épuisant. Combien de fois j’ai pu l’entendre, celle-là.
Sauf que c’est aussi très important pour ne pas se laisser manipuler n’importe comment. L’ironie veut qu’on vive une ère hyper médiatique où on peut tout savoir sauf qu’on ne s’embarrasse que rarement à donner aux gens les clés pour rechercher des savoirs pertinents. L’hyper média induit aussi la possibilité pour n’importe qui de transmettre n’importe quelle information. Je ne vais pas me lancer dans un pamphlet philosophique ou engagé sur le sujet mais ça me paraissait important de vous évoquer tout ça à travers cet ouvrage indispensable dans toutes les bonnes bibliothèques. Selon mon humble avis, du moins 🙂

Sachez aussi que Max Bird a récemment édité un autre livre sur les mythes et légendes du monde dont vous pourrez trouver un extrait dans sa vidéo de présentation. L’ouvrage est également dans ma PàL et je ne manquerai pas de vous en reparler le moment venu.

Et vous, suivez-vous des vidéastes sur YouTube ?
Est-ce que vous aimez la vulgarisation scientifique ?
Est-ce que ça vous intéresserait de lire davantage d’articles voués à présenter des YouTubers de ce style ?

FOCUS – L’Atalante, 30 ans d’évasion

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Salut tout le monde !
Une fois n’est pas coutume, je vous propose un petit article de fond au sujet d’une maison d’édition que j’aime beaucoup : l’Atalante. Vous le savez peut-être mais depuis février de cette année, j’ai la chance de compter parmi leurs partenaires presses et ça a été un véritable honneur pour moi  de recevoir une telle confiance de la part d’un éditeur aussi prestigieux. J’étais pas prête, franchement… Je me revois encore à la foire du livre de Bruxelles en train de bégayer devant la proposition si spontanée de leur attachée presse. Pas prête, je vous dis ! Je suis probablement toujours en train de rêver.

D’autant que notre partenariat ne se limite pas aux nouveautés ! J’ai pu explorer leur catalogue et j’ai lu sur un peu plus d’une année 21 romans de chez eux. Je dis plus d’un an car j’avais déjà découvert deux tomes de Honor Harrington ainsi que le fabuleux Redshirts par mes propres moyens. Je lis donc plus ou moins deux romans de chez eux par mois ! Dingue. Ça m’aide à concrétiser une envie de longue date qui est de lire davantage de science-fiction pour mieux connaître et maîtriser ce genre littéraire.

Si je vous parle de l’Atalante aujourd’hui (oui j’arrête les digressions, ça va) c’est parce que la semaine dernière, l’éditeur a dévoilé un site vraiment sympathique qui s’appelle 30 ans d’évasion. En tout cas, je l’ai vu pour la première fois la semaine dernière. En répondant à une série de questions, un algorithme vous trouve le roman le plus adapté à vos goûts au sein de cette maison d’édition. Franchement, c’est pas merveilleux? Trois semaines avant les fêtes de Noël?

Il faut d’abord choisir le genre (science-fiction / fantasy / fantastique) et ensuite si on souhaite une série ou un tome unique. Après cela, plusieurs thèmes sont proposés au futur lecteur. Par exemple si je choisis : fantasy -> tome unique -> fantasy historique je tombe sur les lions d’Al-Rassan du fameux Guy Gavriel Kay. Si je choisis science-fiction > saga > dans l’espace > space opera > avec uniforme > (à ce stade le site me demande si j’ai lu Honor Harrington, SERIOUSLY LE SITE ?! É-vi-demment.) mission en espace alien, je tombe sur l’Artefact de Jamie Sawyer. Oui, y’a des genres un peu plus spécialisés que d’autres hein, du coup y’a des questions poussées. J’ai finalement le choix entre « Je veux le lire » ou « Je veux recommencer ». Si j’opte pour la première option, je suis redirigée vers le site de la librairie l’Atalante ce qui permet, en plus, de soutenir un libraire indépendant. Ce qui fait largement mon bonheur, personnellement, vu que je préfère toujours soutenir un commerçant indépendant qu’une grande chaîne (ne me lancez pas sur amazon.)

C’est tellement ludique que je passe mon temps depuis une heure à me créer une petite liste des titres que je dois encore lire. Franchement, c’est pas l’idée parfaite pour trouver ses cadeaux?

Bref voilà, j’avais envie de vous faire partager cette découverte (de l’ombre 😉 ) et de vous encourager à découvrir cet éditeur incontournable !

Bon dimanche à tous ♥

RÉFLEXION – un petit rappel de temps en temps…

Salutations amis de la blogosphère !
Ça fait un moment que je pense à écrire ce billet et que je procrastine puissance 1000 parce que… Bah ça ne va pas être long. Et j’ai l’impression d’enfoncer une porte ouverte. Mais j’avais envie de pousser un mini coup de gueule (j’aime bien ça moi, que voulez-vous) à l’attention des éditeurs et des auteurs.

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Le gif de Sherlock, c’est gratuit et ça fait toujours du bien.

Pourquoi n’y a-t-il quasiment jamais de résumé au début des tomes qui composent une saga ?

Quand comme moi (et comme beaucoup parmi vous d’ailleurs) on lit une centaine de romans par an (et autant de mangas), comment peut-on humainement se rappeler de tous les détails et rouages qui composent un univers parfois dense et riche ? Il y a certains auteurs qui mettent des rappels dans le texte et c’est super mais ça ne fonctionne pas toujours, sans compter que ça casse le rythme de lecture et / ou d’action. Notez que je ne donne pas dans la généralité, certains s’en sortent plus qu’honorablement et certains ont même opté pour le résumé en question. Mais ils sont rares. Trop rares.

Est-ce qu’il ne serait pas temps d’instaurer une norme où en quelques lignes si pas quelques pages pour les gros pavés, l’auteur résumerait les points importants du tome précédent? Si ça t’intéresse et que t’en as besoin, tu le lis. Si t’as une mémoire à toute épreuve, tu passes. Mais au moins, t’as le choix. On pourrait me dire que ça gâcherait des subtilités au sein de l’intrigue puisque le lecteur devinerait sur quoi focaliser son attention. Et dans certains cas, c’est peut-être vrai mais pas dans tous et je pense que l’exercice peut être mené de manière efficace en plus de représenter un petit défi sympathique pour les auteurs (ou les éditeurs en fonction de qui s’y colle). D’ailleurs, la pratique existe déjà en manga et ça ne m’a jamais rien gâché, que du contraire. C’est même absolument vital sur ce médium et pourtant le rythme de publication des tomes est souvent plus rapide.

Comme l’a dit l’ami Apophis un jour (je ne sais plus dans quelle chronique malheureusement du coup je cite l’idée globale un peu teintée par ma propre interprétation, si je me trompe que je sois dévorée vivante par le grand serpent) il est compréhensible que l’auteur pense son univers inoubliable mais il l’est rarement, en réalité. Et les lecteurs sont humains, ils ont besoin qu’on leur rafraichisse la mémoire car tout le monde ne lit pas une saga d’une seule traite. Déjà parce que c’est rarement possible si on parle d’actualité littéraire. Ensuite parce que, personnellement, même quand j’ai tous les tomes, j’aime varier les plaisirs pour mieux en profiter par la suite. Un bon exemple récent concerne la saga du Carrousel Éternel au Chat Noir, complète sur quatre tomes que je possède et que j’ai acheté en une fois. J’en ai déjà lu deux, les suivants attendront plus que probablement novembre et décembre parce que si je me les enfile en une fois, je sais que ça risque de me saouler.

Donc voilà. Amis éditeurs, amis auteurs, s’il vous plait… Pensez-y. Je pense parler au nom de tous quand j’affirme que ça plaira à beaucoup de monde.

Quel est votre avis là-dessus? 🙂
N’hésitez pas à en discuter dans les commentaires !

RÉFLEXION – l’autoédition, ce choix (et pas par défaut !)

Salut à tous !
J’avais envie de vous parler aujourd’hui d’un sujet porté à ma connaissance hier et qui, je vais être honnête, m’a choquée. Du coup j’ai décalé mes deux prochaines chroniques afin que ça sorte, je DEVAIS écrire là-dessus. Pour le détail complet, je vous laisse lire l’explication de la principale concernée dans son article : quand un éditeur te renvoie vers l’autoédition.

Oui. Vous avez bien lu.
Et je sais de source sûre qu’elle n’est pas la seule à avoir reçu cette réponse. DU TOUT, même.

Pour vous résumer l’histoire, un éditeur que je ne vais pas citer mais qui pèse quand même lourd dans le milieu a répondu à sa soumission de manuscrit en refusant de la publier. Jusque là, pas de problèmes. Aucune justification mais là aussi, pas de soucis, on sait à quoi s’en tenir et ils sont débordés donc s’ils doivent expliquer le pourquoi du comment à tout le monde, c’est pas six mois de délais d’attente mais six ans dont ils vont avoir besoin. Par contre, ils ont quand même pris la peine dans le mail de lui dire qu’elle pouvait toujours s’autopublier sur Librinova.

Voilà, je vous laisse deux minutes pour digérer avant de commencer à tempêter.

On a donc un éditeur professionnel qui existe depuis des dizaines et des dizaines d’années, une structure assez importante sur le marché francophone qui conseille à une autrice d’autopublier son manuscrit (sûrement chez un partenaire commercial, on ne va pas se mentir, histoire de ne pas se mouiller mais d’y gagner quelque chose. Y’avait même un code promo joint avec qui consistait en le nom de l’éditeur et l’année… sans déconner. Je vous laisse achever le cheminement par vous même.) alors que son propre comité de lecture n’en a pas voulu. Vous allez me dire, peut-être qu’ils l’ont trouvé bon mais qu’il n’entrait pas dans leur ligne éditoriale. Oui… mais non. Parce que l’autrice concernée (ainsi que les autres à ma connaissance) est quelqu’un de sérieux qui se renseigne avant d’envoyer son manuscrit dans une maison, déjà. Et ensuite, parce qu’ils n’ont rien dit de tel dans le mail. De plus, si l’autrice a choisi d’envoyer son manuscrit à un éditeur de type conventionnel, c’est qu’elle désirait ce type d’édition pour son roman. Une chance dans son malheur, il s’agit de quelqu’un du milieu, qui s’y connait et ne va pas tomber dans le panneau mais… Je suis certaine que ce mail a déjà été envoyé à des débutants, des gens qui ignorent tout du fonctionnement de la chaîne du livre et qui ont du se dire « bah oui je vais faire ça, quel bon conseil ! » pour finalement commencer très mal leur carrière et en finir dégoûté.

Outre le problème humain et éthique que cela pose (pourquoi ne pas saturer davantage un marché déjà saturé après tout…), je trouve que c’est une insulte envers tous les auteurs qui choisissent de s’autoéditer. J’insiste sur ce terme car hier quelqu’un de très censé a fait la distinction entre autoédition et autopublication. Le premier implique un travail éditorial identique (si pas davantage soigné vu qu’on ne va pas se mentir, plus l’éditeur est gros et plus il se permet de laisser des coquilles… Pas systématiquement, mais ça arrive trop souvent) que celui des maisons d’éditions de grande envergure là où le second signifie simplement imprimer son roman sans aucune intervention de professionnels, d’aucune sorte (graphiste, correcteur, etc.) parce que on n’a pas les moyens / on n’y connait rien / les lecteurs s’en fichent des fautes (sans rire, on me l’a déjà dit). L’autoédition est un choix, un choix censé que de plus en plus d’auteurs font pour parvenir à vivre de leur art parce qu’il y a un problème dans ce milieu. Même Samantha Bailly a tenté l’expérience ! Quand on pense que la ligue des auteurs professionnels doit se battre pour obtenir un minimum de 10% de droits d’auteur alors que sans l’auteur en question, le livre n’existerait même pas… On évolue dans un système complètement absurde. Alors je comprends l’autoédition et je la soutiens avec plaisir quand elle est faite correctement. J’admets que ça n’arrive pas souvent, mais ça arrive (premier exemple qui me vient à l’esprit: Ielenna, l’autrice des Fleurs d’Opale.)

En tant qu’autrice moi-même, j’ai choisi de travailler avec des maisons d’édition parce que c’est le prix de ma tranquillité et que je ne désire pas vivre de ma plume, je préfère la garder comme un art pour ne jamais devoir me mettre la pression dans l’écriture. Mais qu’un éditeur d’aussi grande envergure crache à la figure des auto-édités et des jeunes auteurs qui n’y connaissent rien, ça me dérange parce que l’auto-édition doit être un choix assumé, pas une roue de secours. Je sais que dans la réalité, c’est le cas pour beaucoup de gens mais ce n’est pas une raison pour encourager cette dérive, que du contraire. J’espère qu’un jour, quelqu’un pensera à sensibiliser le public à toutes ces thématiques, ce serait un premier pas de géant.

Donc voilà. Ce billet d’humeur a pour but premier de vous informer et aussi, je l’espère, de vous amener à réfléchir un peu sur le milieu de l’édition. N’hésitez pas à en discuter dans les commentaires en restant courtois 🙂

Merci pour votre attention !

Édit au 15/10/2019: On vient de me transmettre une enquête très édifiante sur le sujet réalisée par ActuaLitté qui date de février 2018… Ce qui confirme que ces pratiques courent depuis trop longtemps. Je vous donne le lien, c’est très édifiant (et profondément révoltant).