L’épopée temporelle – Cyprien

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L’épopée temporelle est une saga MP3 proposée depuis deux mois par le youtubeur Cyprien. Vous pouvez retrouver les dix épisodes sur sa chaîne YouTube. Difficile de la classer, naturellement j’ai envie de parler de science-fiction comique et parodique. Évidemment, le genre saga audio n’a rien de neuf (rappelons-nous la Guerre des Mondes de Welles en 1938) mais il est de plus en plus sur le devant de la scène. Preuve en est, des gros noms comme Cyprien et Antoine Daniel s’y mettent !

Alors, avant de vous parler de l’Épopée Temporelle, quelques mots sur Cyprien. Il a ses fans comme ses détracteurs. Le but ici n’est ni de l’encenser, ni de le descendre. Cyprien est quelqu’un que j’aime beaucoup et que j’admire. Il n’est pas toujours drôle, mais au moins, il est vrai. Il s’est construit tout seul, il a su saisir des opportunités, prendre des risques, il a osé, tout simplement, et pour ça, il mérite le respect. Je suis un peu blasée des haters, même si ça n’y changera rien, mais ça me permet de faire une petite précision pour la suite de cette « critique ». Ce que je pense de cette saga mp3 n’engage que moi et j’en parle dans le respect du travail qui est du à tout un chacun.

L’épopée temporelle raconte l’histoire de Thomas, un jeune garçon qui se remet de sa rupture avec Iris, la fille dont il est amoureux. Un robot sonne alors à sa porte (situation standard), à la recherche d’Iris. Thomas lui apprend qu’elle n’est pas là et le robot comprend qu’Iris a changé de temporalité (si, tout va bien). Il part donc la rejoindre et Thomas l’attrape au dernier moment, ce qui l’emmène… Dans le passé ! Ici débute toute une aventure en compagnie de Thomas, le robot KB-28 et Iris, plus tard rejoint par différents personnages comme Aliénor, La Buse le pirate… Tous ces personnages sont des archétypes, certes sympathiques mais ils ont surtout un rôle à jouer et s’y cantonnent le plus souvent. Le traitement reste toutefois efficace, puisqu’on se prend à les apprécier et qu’on est entraîné dans cet univers.

Comme son nom l’indique, l’Épopée Temporelle vous emmènera visiter plusieurs époques différentes, d’abord à la recherche d’Iris puis à celle de son père. Le Moyen-Âge, les Incas, l’Allemagne nazie, le Japon féodal aussi, entre autres, évidemment ! Et vous rencontrerez tout un tas de personnages plus ou moins historiques, majoritairement assez drôles. Mention spéciale au pirate LaBuse qui me fait beaucoup rire.

On ne peut pas comparer l’Épopée Temporelle à une saga comme Reflet d’Acide. Si on retrouve un scénario travaillé et de bonnes idées, le ton reste quand même tout public et bon enfant, avec des blagues parfois un peu bêtes et basses de plafond ainsi qu’un style d’écriture accessible à tous. Ce qui est logique et pertinent pour quelqu’un comme Cyprien, puisqu’il a un public très large, également composé de plus jeunes. D’ailleurs, l’Épopée Temporelle remplit son rôle: celui de divertissement tout public. On passe un bon moment avec ces dix épisodes de plus ou moins dix minutes chacun, on rit souvent et on retrouve pas mal de références pop cultures qui plairont aux amateurs, mais aussi une certaine recherche historique que l’auteur n’hésite pas à tourner en dérision. Moi, en tout cas, j’ai apprécié le temps passé à écouter ces épisodes et j’attendais le jeudi avec impatience.

L’Épopée Temporelle est aussi un bon moyen de découvrir ce format peu connu du grand public ! Car même si la saga est majoritairement audio, on retrouve des illustrations réalisées par différents artistes très talentueux qui aident le spectateur à s’immerger dans le récit et à mieux visualiser l’histoire que Cyprien raconte. Cela fait de l’Épopée Temporelle une saga MP3 à la frontière des médias, qui permettra aux novices de se laisser emporter dans cet univers folklorique et lui donnera peut-être envie de s’essayer à d’autres titres connus tels que le Donjon de Naheulbeuk, Adoprixtoxis, la Tour de Baal, les Aventuriers du Survivaure et, bien évidemment, l’indétrônable Reflet d’Acide.

On se retrouve pour la saison 2 !

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Reflets d’Acide

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(c) reflets d’acide – jbx

Reflets d’Acide est une saga MP3 (une aventure audio) qui, comme le dirait son auteur JBX, est une improbable aventure rôlistico-médiévalo-fantastique et fantasque écrite parfois en vers. La première saison compte en tout 16 épisodes de plus en plus long (pour preuve, le dernier dure pas moins d’une heure cinquante !) et nous raconte les aventures d’une équipe d’aventuriers constituée un peu… Sur le tas. Wrandrall, le cambion, a besoin d’aide pour mener à bien une quête et recrute donc  des coéquipiers à la Taverne du Voyageur: Zehirmahnn (un zorlim !), Zarakaï (un nain), Enoriel (un elfe) et, par la force des choses, Trichelieu (un clerc de Travia…gra?). Leurs péripéties nous sont narrées par un Narrateur caractériel qui ne manque pas de piquant. Sans vous spoiler, disons que cette aventure va prendre un tournant et des proportions très inattendues, qui vont vous tenir en haleine jusqu’au bout.

Difficile de savoir par où commencer quand on parle de Reflets d’Acide. L’univers est familier à tous les rôlistes et amateurs de fantasy, de nombreux clins d’œil à leur attention sont d’ailleurs dissimulés tout au long de la saga, par d’habiles références. Si l’univers est connu, il n’en est pas moins excellent par son traitement. Le fond est banal: un groupe d’aventuriers hétéroclite part à l’aventure, à la recherche de quelque chose. Quoi? Même Wrandrall ne le sait pas très bien, mais sa quête est familiale et il compte bien la mener à son terme. Hélas pour ses compagnons ! Si le fond est simple et connu, les obstacles qu’ils vont devoir affronter n’en sont pas moins surprenants et amusants. Vous ne risquez pas de vous ennuyer !

Au niveau des personnages, ils sont tous très attachants, différents, et disposent de leur propre caractère. Wrandrall est un cambion plutôt froussard, qui n’en mène pas très large quand il s’agit de se battre. Zarakaï est un nain bourrin à l’accent délicieusement comique. Zehir est un zorlim, un élémentaire de feu très savant qui n’aime pas du tout les escaliers. Enoriel est une elfe-barde dont la spécialité, outre ses fines réparties, est de toujours choisir le bon moment pour fuir, et donc pour rester en vie. Quant à Trichelieu, il est prêtre au service de Travia, déesse du foyer. Pas le foyer, le feu, non… Le foyer, la maison, la famille, ce genre de choses a priori utiles dans une quête de ce genre… Ils seront rejoints, au fil de leur aventure, par d’autres personnages remarquables tels que Roger le Tavernier et son épouse Moumoune, Kyo le samouraï (on dit pas quoi ni qui !) quelques membres du clergé qui en tiennent une bonne couche… Chacun est unique, travaillé, chacun a quelque chose qui le différencie des autres et nous empêche de nous perdre dans l’histoire. C’est soit un accent, une manière de s’exprimer, un vocabulaire particulier. On sent l’extraordinaire travail de fond réalisé par JBX, un investissement de taille.

En parlant de vocabulaire, celui de l’auteur est époustouflant. Il a une plume incroyable (oui je dis plume, même si la saga est audio!), une culture littéraire et linguistique hallucinante. Il propose d’ailleurs souvent sur les réseaux sociaux de découvrir des mots anciens dont le sens peut prêter à confusion. Vous les retrouverez sous le #VieuxMotDuSoir pour les curieux. Il n’hésite pas à les utiliser dans ses dialogues, si bien que non seulement il écrit en ver, mais des vers recherchés, travaillés. Un point qui peut rebuter ceux qui n’apprécient pas trop les modes d’expressions très (ou trop?) recherchés mais c’est un détail qui, personnellement, m’a absolument ravie. C’était aussi délicieux qu’un bonbon. JBX est, sans conteste, l’un des plus grands auteurs français que j’ai pu découvrir et il mériterait d’être davantage reconnu.

Reflets d’Acide est une saga que je connais depuis plusieurs années, je l’ai écoutée en boucle, parfois pour m’endormir tellement elle m’a fait du bien. Elle m’a accompagnée dans des moments difficiles et m’a permis de rencontrer des gens géniaux, au détour d’une citation subtilement placée dans une conversation. Je connais le texte des quinze premiers épisodes par cœur, c’est dire ! Si je vous en parle, c’est parce que non seulement elle a été créée par un français mais aussi offerte au public de manière totalement gratuite. Bien entendu, il existe des produits dérivés, notamment la bande-dessinée éditée par Delcourt et aujourd’hui illustrée par le talentueux Le Fab, mais la démarche est à saluer, d’autant plus vu la qualité du travail de JBX.

Si vous ne connaissiez pas, je vous recommande chaudement de découvrir Reflets d’Acide sur son site officiel. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez dans les commentaires !