Teacher Killer #1 – Hanten Sharoh

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Teacher Killer
est le nouveau seinen de chez Soleil dont le premier tome vient de sortir pour la Japan Expo. Scénarisé et dessiné par le mangaka débutant Hanten Sharoh, vous trouverez ce manga au prix de 7.99 euros.

Riko Asiru suit des cours de meurtre, avec son professeur de biologie, Mr Satou. Ils se rejoignent après la classe pour étudier des affaires en cours et châtier les tueurs. Riko abhorre les meurtriers et plus particulièrement Mr Satou, responsable de la mort de ses parents. Elle a juré de se venger et il l’a prise sous son aile pour lui apprendre à le tuer correctement.

Le concept m’a immédiatement séduite. Une fille traumatisée et paumée qui entretient une relation borderline et malsaine avec son professeur, qui est aussi un serial-killer plutôt badass (et sexy, c’était la minute superficielle)… Y’avait tous les ingrédients pour me plaire. Et de fait, j’ai adoré découvrir ce premier tome !

Le schéma reste semblable au fil des chapitres: le duo une affaire, piège le tueur et l’assassine d’une manière semblable à son mode opératoire. J’ai d’abord craint la redondance mais les affaires étudiées sont toutes différentes et originales. De plus, l’aspect psychologique est bien développé ce qui créé un équilibre avec le côté gore du manga.

Pour ne rien gâcher, le chara-design est soigné et moderne. Aucun fan-service à l’horizon et des détails maîtrisés pour les scènes de meurtre, c’est tout ce qu’on désire en lisant ce genre de titres. Le mangaka ne tombe à aucun moment dans la surexposition, ce qui n’est pas simple surtout que c’est un peu la mode en ce moment.

Pour résumer, le premier tome de Teacher Killer est une réussite qui parvient à conserver un bel équilibre entre l’aspect psychologique et visuel des meurtres. Il ne tombe jamais dans l’excès et propose un concept sympathique qu’il exploite correctement. Quand on le referme, on n’a qu’une envie : arriver en octobre pour la sortie du second tome !

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From End, le prix de la liberté #1 – Shimokitazawa Mitsuo

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From End est le premier tome d’une trilogie manga scénarisée et dessinée par la mangaka Shimokitazawa Mitsuo. Publié chez Kana dans la collection Big Kana, vous trouverez ce shojo au prix de 6.85 euros.

From End raconte l’histoire de Shinomiya Rui, une jeune enseignante dynamique et motivée qui prend soin de ses élèves et est très populaire auprès d’eux. Elle s’inquiète particulièrement pour Hayase, solitaire qui lit beaucoup. Un soir, on l’appelle pour la prévenir que cet élève a commis un vol à l’étalage. Rui rencontre alors le père de son élève… qui l’a sexuellement abusée du temps où elle était au lycée, en plus d’avoir été son prof. Le cauchemar recommence et comme elle ne veut pas abandonner Hayase à son sort (lui aussi est devenu la victime de cet homme), elle va lui proposer un plan osé supposé leur apporter la liberté.

Ce manga est classé comme un shojo mais c’est un shojo différent de l’idée qu’on se fait habituellement du genre. Il ne parle pas d’une histoire d’amour sur fond d’école et n’est pas du tout naïf ni niais. Je pense que j’ai une image tronquée de ce genre puisque finalement, shojo signifie que le public de destination est féminin et jeune. Ce manga est toutefois conseillé à un lectorat de plus de 14 ans sur manga news, du coup… Perplexe je suis ? Je pense qu’il se classe à la frontière des genres et des publics. Attention donc car le contenu est assez malsain, du moins sur un plan psychologique. Parce que From End parle d’abus sexuels, subis par des jeunes au sein de leur famille puis du chantage exercé par une personne de confiance ou supposée l’être. Je pense, compte tenu de la censure sur certaines scènes, que le but n’est pas l’exposition dérangeante limite morbide (coucou DeadTube) mais bien l’évocation d’un fait social et la façon appropriée d’y réagir. Donc pas du tout celle choisie par les protagonistes. Vraiment pas.

Du shojo classique, toutefois, From End hérite du chara-design avec des graphismes fins et axés sur les émotions, ce qui est assez perturbant en soi mais contribue à la force évocatrice du manga.

Pour résumer, j’ai beaucoup apprécié la lecture de ce premier tome très prometteur. Série courte finie en trois volumes, From End évoque des thématiques difficiles (abus sexuels par des proches, comment s’en protéger, réagir) mais importantes à travers un thriller psychologique qui gère bien son suspens autour du motif « vengeance ». L’ambiance malsaine est renforcée par un chara-design très fin qui rappelle les codes graphiques du shojo. Le tout fonctionne vraiment bien et je n’ai qu’une seule hâte: découvrir la suite !

Ice Pig #1 – Asada Yukai

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Ice Pig est un seinen thriller terminé en cinq volumes dont le premier tome vient de sortir chez Delcourt Tonkam. Dessiné et scénarisé par le mangaka Asada Yukai connu aussi pour Woodstock et Tokkô Zero, vous trouverez chaque tome au prix de 7.99 euros.

Vespa est un orphelin sans revenus fixes qui vit dans une chambre exigüe en plein Tokyo. En recherche d’argent pour investir dans son jeu en ligne, il se fait embarquer dans un plan a priori simple : conduire un camion de marchandise d’un point A à un point B. Sauf qu’il se rend compte que les marchandises en question sont des femmes… En les libérant, il se met à dos la société Farm qui le vend comme esclave. Acheté par Ice Pig, lycéenne doublée d’une pirate informatique, ils déclarent ensemble la guerre à la société Farm.

La première chose qui frappe en ouvrant ce manga, c’est son esthétique qui s’éloigne des canons habituels et populaires à l’heure actuelle. Les personnages ont des défauts visibles, aucun n’est complètement beau gosse ou lisse même si certains sont plus agréables à regarder que d’autres (dont Vespa, bien entendu). Les lycéennes autour d’Ice Pig sont parfois franchement laides ou vulgaires et je pense que c’est un parti pris esthétique de la part du mangaka pour souligner la laideur du monde qu’il dénonce.

Difficile de savoir si on est vraiment dans un manga imaginaire type dystopie d’un avenir proche ou s’il existe véritablement toujours de l’esclavage au Japon. D’un autre côté, Ice Pig s’engage en dénonçant justement le monde dans lequel on vit et la naïveté des gens qui préfèrent détourner le regard, ne pas croire aux horreurs que d’autres peuvent commettre pour de l’argent parce qu’on est dans la vraie vie et pas dans un film. Si certaines scènes peuvent paraître caricaturales tout comme certains méchants (achevez ce clown, pitié) on ne peut s’empêcher d’y réfléchir à deux fois en se demandant : et si.

J’ai donc tendance à prendre Ice Pig comme un thriller social qui a pour but de conscientiser les gens sur les conséquences de leurs actes et les spirales infernales qu’ils peuvent entrainer. Le tout avec une intrigue assez dynamique puisqu’il se passe énormément de choses dans ce premier volume ! On tourne les pages sans s’en rendre compte et en arrivant à la fin, on a très envie de découvrir la suite.

Le cœur d’Ice Pig, c’est aussi le duo formé par la hackeuse et le geek au grand cœur accro à sa liberté. S’il est sympathique, il manque hélas de crédibilité. Vespa ne jure que par sa liberté pendant tout le début du tome mais il se laisse réduire en esclavage assez facilement avec la simple menace qu’un virus efface tout le contenu de sa sauvegarde sur le jeu en ligne auquel il est accro. Vive le sens des priorités. Je me dis que si Ice Pig avait été moche, il se serait rebellé un peu plus et je ne sais pas précisément pour quelle raison je tique là-dessus. Ça me semble important de le relever.

Toutefois, ça n’enlève rien à l’intérêt du manga pour sa réflexion sociale et son ambiance assez rude qui a su me séduire. Le tout accompagné par une esthétique marquée propre au mangaka, qui ajoute au réalisme. J’ai hâte de lire le prochain tome dont la sortie est prévue au mois d’août !

L’atelier des sorciers #1 – Shirahama Kamome

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L’atelier des sorciers est un seinen (selon manga-news) écrit et dessiné par la mangaka Shirahama Kamome. Publiée chez Pika, la série compte actuellement quatre tomes en VO comme en VF et est en cours de parution au Japon. Vous trouverez chaque tome au prix de 7.50 euros.

Depuis toujours, Coco entretient une fascination pour la magie. Hélas pour elle, celle-ci ne peut se pratiquer que par les sorciers de naissance… C’est du moins ce dont elle est persuadée jusqu’à ce que le sorcier Kieffrey arrive dans son village. Malgré l’interdiction formelle énoncée par le praticien, Coco l’observe en train de pratiquer son art et décide d’essayer, elle aussi, de dessiner un sort. Malheureusement, ce dernier fonctionne et fige sa mère ! Pour la sauver, Coco va devoir apprendre la magie et devenir l’apprentie de Kieffrey. Ce dernier l’emmènera dans sa demeure où Coco rencontrera ses trois autres apprenties..

J’entends énormément parler de ce manga depuis sa sortie. Il a fait un petit carton et forte impression sur beaucoup de mes connaissances. Malheureusement, sur un plan personnel, je n’étais pas du tout attirée par le chara-design. Pourquoi avoir finalement craqué? Et bien on dit merci au combo libraires insistants + 48h BD qui m’a fait acheter le premier tome à seulement 2 euros.

Si je ne regrette pas la découverte, je dois tout de même avouer ne pas avoir entièrement été séduite par ce manga. Je lui reconnais pourtant volontiers de nombreuses qualités.

Déjà, l’univers proposé par la mangaka est bien pensé et original. Je n’avais plus entendu parler de sorts dessinés depuis un moment et honnêtement, je ne me rappelle même plus à quelle occasion. Son système de magie est plaisant et la complète ignorance de Coco dans ces arts permet au lecteur de s’y initier en même temps qu’elle. Si le procédé narratif est convenu, il n’en reste pas moins efficace et permet d’exposer les différents éléments pertinents à l’intrigue.

Les personnages ont également leur intérêt mais c’est ici que le bât blesse pour moi. Coco est trop jeune, trop naïve et aurait été une parfaite héroïne de shônen plutôt que de seinen. Elle devient rapidement agaçante et cumule les poncifs, finalement, puisqu’elle réussit une épreuve quasiment impossible sans rien connaître en magie. Quant aux trois autres apprenties, on a la taiseuse, la gentille fille enthousiaste et la garce hautaine. Sans parler du maître, auréolé d’un mystère qui ne tient pas vraiment en haleine. J’ai ressenti un peu trop fort l’aspect archétypal des protagonistes. Tout me paraissait trop joli, trop mignon, même si on introduit une confrérie (des capuchons, ouais, sans rire elle s’appelle vraiment comme ça) un peu plus maléfique pour assombrir le tout. Le dernier chapitre me donne l’impression que l’intrigue va se complexifier et devenir plus adulte mais ma crainte, du coup, c’est la création d’un gouffre trop important entre le tome 1 et le tome 2 pour les lecteurs qui ont pu apprécier l’ambiance de départ. Si quelqu’un a lu la suite, qu’il n’hésite pas à me donner son ressenti dans les commentaires !

Je souhaite toutefois lire la suite et ce malgré la particularité du chara-design. Shirahama Kamome a un vrai talent et un grand souci du détail, malheureusement je n’apprécie pas trop son trait réaliste. En noir et blanc, en tout cas, parce que je possède une farde plastique promotionnelle en couleur qui est tout simplement sublime. Mais sur les couvertures, l’utilisation de couleurs fades, trop pastel, n’a pas su m’attirer et on retrouve cette même impression sur le dessin. L’air de rien, dans un manga, l’esthétique compte autant que l’histoire. C’est bien la raison pour laquelle je regarde l’Attaque des Titans au lieu de le lire.Du coup, sur moi, le charme n’a pas opéré même si je reconnais volontiers le talent de la mangaka. Il ne colle juste pas à mes goûts.

Pour résumer, si ce premier tome n’a pas su complètement me séduire sur son esthétique ou m’accrocher à ses personnages, il ne manque pas pour autant de qualités sur un plan narratif et je pense donner sa chance à la suite afin de vérifier certaines théories. L’univers riche et réfléchi créé par la mangaka possède un vrai potentiel ainsi qu’une identité propre que, j’espère, elle n’hésitera pas à exploiter dans une veine plus sombre au sein des prochaines volumes.

IM, Great Priest Imhotep #1 & 2 – Morishita Makoto

IM – Great Priest Imhotep est un shonen inspiré de la mythologie égyptienne antique écrit et dessiné par Morishita Makoto. Saga terminée depuis peu en 11 tomes chez Ki-oon, vous trouverez chaque volume au prix de 6.60 euros.

Il y a trois millénaires, le grand prend Imhotep a soudainement disparu de l’Histoire. Il réapparaît de nos jours, au Japon, ramené par l’ordre d’Amon pour combattre les magais, des esprits qui imitent les dieux et prennent possession des humains.
Depuis l’enfance, Hinome n’a aucun ami et les habitudes occultes de son père lui valent la réputation d’être maudite. Sans compter cet accident, il y a huit ans, qui lui a brûlé la gorge et la contraint à ne plus parler, au risque de blesser les autres.
Leurs chemins vont se croiser et ensemble, ils vont affronter ces créatures en espérant trouver la rédemption au bout du chemin.

J’entends parler de ce manga depuis un moment et j’avais même été attirée par la couverture franchement canon. Pourtant, j’ai mis longtemps à me lancer et il a fallu l’insistance d’un ami doublée d’une promo Ki-oon (gloire à toi 1+1 gratuit) pour que je saute le pas. Faut dire que l’étiquette shonen me rebute souvent, je sais que ce n’est plus trop ce que je recherche mais bon, parfois, il faut chercher au-delà des apparences.

IM a été une bonne surprise. L’intrigue commence directement sans longueurs et se poursuit sans temps morts à l’exception de quelques scènes d’exposition nécessaires. Imhotep débarque au Japon et s’incruste chez Hinome, possédée depuis huit ans. En plus de s’installer chez elle avec son père passionné de sciences occultes (le gars est totalement ravi, au passage, et l’appelle déjà seigneur), il va l’aider et l’entrainer dans sa chasse parce qu’il a besoin d’aide pour comprendre le Japon moderne. Si Hinome refuse d’abord tout net, elle va petit à petit se laisser convaincre, surtout quand des gens qu’elle apprécie sont mis en danger.

Le duo entre les deux personnages principaux fonctionne bien. Imhotep a des airs d’adolescent frondeur, impertinent et égocentrique. Pourtant, c’est une façade pour cacher le poids de ses crimes et son désir de rédemption, ainsi que ses immenses pouvoirs. Dans le premier tome, on place surtout le décor ainsi que le concept mais déjà dans le second, on apprend ce qui a valu son statut de criminel à cet ancien grand prêtre et la raison de son bannissement. Ce qui est surprenant c’est qu’un bon tiers du second volume contient le premier début du manga, celui d’abord envisagé par Makoto Morishita. Et ça avait de la gueule aussi ! Je n’arrive pas à dire si je préfère la version actuelle ou non. L’ancienne me paraissait encore plus sombre et mélancolique. Quant à Hinome, c’est une adolescente de quinze ans qui souffre de sa solitude et de la mise à l’écart qu’elle subit à l’école. Pourtant, elle ne se laisse pas abattre et ose saisir les mains tendues. À travers elle, la mangaka traite de thèmes importants comme l’exclusion et la marginalisation. Entre elle et Imhotep, une amitié se développe et d’ailleurs, l’amitié est un thème central du manga (tout part d’elle, vous comprendrez en lisant), ce que j’apprécie grandement.

Comme dans tout shonen, il y a une dose d’humour, un côté un peu da fuck et une mascotte (bébé Anubis ♥) trop choupinette (pour une fois c’est un CHIEN ! Voilà, rien que pour ça tu gères, manga.) mais la mangaka dose bien les différents éléments, empêchant cette sensation de lourdeur ou de gaminerie que je ressens trop souvent à la lecture des shonen modernes. Au fond, IM a un côté assez sombre et mature pour son genre éditorial, je suis très curieuse de découvrir la suite pour voir si ça se vérifie.

Enfin, un mot sur le chara-design carrément canon et soigné ! Je suis conquise.

Pour conclure, IM – Great Priest Imhotep est une excellente découverte en matière de shonen que je vais m’empresser de poursuivre. En espérant que le manga va tenir ses promesses sur les 11 tomes que comporte la saga. Je vous le recommande si vous appréciez les mythes de l’Égypte antique et que vous n’avez pas peur de les voir se mêler à un Japon moderne. Et si, pour vous, l’amitié, c’est important !

Dead mount death play #1 – Ryohgo Narita & Shinta Fujimoto

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Dead mount death play est un manga en cours de publication au Japon (2 tomes pour le moment) scénarisé par Ryogho Narita et dessiné par Shinta Fujimoto. Publié chez Ki-oon dans sa collection Seinen, vous trouverez ce titre au prix de 8.65 euros.

Le manga s’ouvre dans un univers médiéval où le Broyeur de Fléau s’en va affronter le Maître des corps, un terrible nécromancien qui sème la mort et la destruction. Le héros est sur le point de l’emporter mais au moment de porter le coup fatal, il comprend que quelque chose cloche…
Brusquement, le lecteur est catapulté dans un Japon contemporain au milieu du quartier du Shinjuku. Polka Shinoyama se réveille avec la gorge tranchée mais toujours vivant. Poursuivi par une mystérieuse fille jusque dans un immeuble abandonné hanté par des esprits tourmentés, il prend alors conscience de ses pouvoirs de nécromancien.

J’ai immédiatement été attirée par la couverture macabre et mystérieuse qui promettait un titre sanglant. Le résumé ne manquait pas d’attrait non plus : de la nécromancie dans un Tokyo contemporain, si c’était bien exploité, ça pouvait fonctionner. Et de fait, ce tome 1 m’a totalement convaincue, ce qui n’était plus arrivé depuis un moment.

Contrairement à la tendance dans beaucoup de nouvelles séries, ce tome 1 réussit à poser les bases du concept et de l’univers sans être introductif à l’excès ni enchainer les scènes d’exposition peu crédibles. Le lecteur est par moment dépaysé mais il apprend ce qu’il doit savoir sur la nécromancie et sur les personnages au fil d’une intrigue qui commence doucement à se dessiner. Qui a mis un contrat sur la tête du jeune Polka, seize ans seulement? En se confrontant à la négociatrice, il comprend que pour accéder à la tranquillité dont il rêve, il va devoir gagner de l’argent et accumuler du pouvoir. Deux façons pour cela: fréquenter des lieux hautement chargés en énergie négative ou aspirer des diamants. Autant dire qu’il n’est pas sorti de l’auberge.

Le chara-design des personnages se révèle moderne et très expressif, pile dans ce que j’apprécie. On n’a aucune difficulté à discerner les personnages, comme cela arrive parfois et les décors restent soignés que ce soit dans l’époque du Moyen-Âge ou dans le Tokyo contemporain. Pour les yeux, ce titre est un régal et même les moments un peu plus ecchi n’arrivent pas comme un cheveu sur la soupe. Évidemment, la tueuse qui en veut à Polka traque sa proie en uniforme de lycéenne et on voit sa culotte à plusieurs reprises mais hey… Manga quoi. Disons ça.

Pour ne rien gâcher, le lecteur est amené à fréquenter plusieurs anti héros. Polka considère les autres comme des jouets mais des jouets dont il aime prendre soin. Misaki tue ses proies avec le sourire (elle a un gros grain) en optant toujours pour des criminels jusqu’à accepter le contrat sur Polka, un « innocent », afin de tester ses limites. Takumi observe le monde à travers ses drones et juge aussi facilement qu’il est lâche. À la fois intrigants et stimulants par leur décalage avec nos valeurs sociales / morales, ces protagonistes ne manquent pas de panache ni d’intérêt.

Petit bémol, on trouve à la fin un chapitre entièrement écrit qui nous ramène dans l’univers moyenâgeux et j’aurai largement préféré qu’il soit aussi dessiné. Je n’achète pas un manga pour lire un extrait de roman, surtout à la traduction aussi maladroite. Dommage parce que visuellement, dans ma tête en tout cas, la scène rendait très bien !

Pour résumer, j’ai adoré ce premier tome de Dead mount death play qui tient ses promesses autant sur le visuel que sur le fond. Les mangakas dosent bien l’humour et l’action au sein d’une intrigue rythmée et accrocheuse. De plus, ce manga met en scène des anti-héros très inspirés qui marquent l’esprit du lecteur. Je n’ai qu’une chose à dire: bien vite la sortie du tome 2 !

Magus of the Library #1 – Mitsu Izumi

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Magus of the Library est le premier tome d’un manga proposé par Ki-oon dans sa collection Kizuna. Dessiné et scénarisé par Mitsu Izumi, vous trouverez chaque tome au prix de 7.90 euros.

Shio est un jeune garçon pauvre qui vit dans les faubourgs de la ville avec sa sœur. Il adore la lecture mais la bibliothèque de sa ville refuse de lui prêter le moindre livre sous prétexte qu’il est trop miséreux pour en comprendre la valeur ou même en prendre soin. Heureusement, il est ami avec la fille du bibliothécaire qui lui permet de lire quand son père est absent. Martyrisé par les autres enfants à cause de ses différences physiques et de son goût pour l’école, Shio n’a plus que l’espoir et le rêve pour continuer à avancer, le rêve de cette ville des livres qui contient la bibliothèque centrale et avec elle, tous les livres édités dans le monde. Hélas, il n’a aucune chance de pouvoir s’y rendre… Du moins, pas sans un coup de pouce donné par le destin qui fera débarquer dans son petit village reculé quatre de ces gardiennes du savoir.

Magus of the Library est une ode au livre, à la lecture et à la préservation de notre patrimoine. On le sent dès les premières pages et tout lecteur amoureux des livres ne pourra qu’éprouver une grande empathie pour le personnage de Shio. C’est un enfant assez jeune quand le manga commence (si j’en crois le dernier chapitre, il a environ cinq ans… Ce qui casse un peu la crédibilité scénaristique mais allez, mettons, c’est un détail), assez naïf aussi mais très lumineux. Il résiste tant bien que mal au harcèlement, se montre fort face aux moqueries sans pour autant répliquer ou être un voyou. J’ai été séduite assez rapidement par notre passion commune pour les livres et par son désir d’en apprendre toujours plus. Par son tempérament, aussi, qui reste droit et fidèle à lui-même. Un bon petit héros de shônen sans le côté agaçant.

Dans cet univers de fantasy médiévale assez orientalisé (notamment sur les décors et les vêtements des personnages), l’imprimerie a rendu l’accès aux livres au plus grand nombre mais les disparités sociales existent toujours. Shio doit les subir alors même que sa sœur enchaîne trois boulots pour lui permettre d’aller à l’école. Ainsi, en plus d’une ode à la connaissance, c’est aussi un plaidoyer pour le respect des différences et de l’individualité. Et contre le harcèlement, par extension. Quand j’y réfléchis, ce manga brasse énormément de thèmes sur un seul tome.

Ce premier tome est introductif mais ne parait pas factice pour autant comme c’est souvent le cas avec des tomes 1 qui ont tendance à enchaîner les scènes d’exposition. Les informations sont distillées au long de l’histoire, avec une seule scène de ce genre, justifiée par les questions de Shio sur le monde du livre. Si une petite erreur s’est glissée sur l’orthographe d’un mot (pas de bol j’ai suivi le cours d’histoire du livre et des bibliothèques ->) le reste est assez exact et permet au lecteur non seulement d’en apprendre beaucoup sur ce médium qu’on utilise tous les jours mais aussi de prendre conscience de son importance. À travers son manga, Mitsu Izumi cultive avec brio son lecteur sans sacrifier au rythme narratif. Chapeau !

Le tout est servi par un dessin précis et aussi doux que son héros qui emporte le lecteur au fil des pages, entre rêve et réalité. Pour ne rien gâcher, les échanges entre Shio et les libraires permettent à la mangaka quelques accès philosophiques qui prennent aux tripes.

Pour résumer, la découverte de ce manga a été une très bonne surprise pour moi alors que ce n’est pas forcément le genre d’histoire que je recherche en temps normal. Magus of the Library est une magnifique ode au livre, aussi bien documentée que dessinée, qui ne peut que séduire les amoureux de la lecture. À découvrir d’urgence !