À l’ombre du Japon #24 { Beastars #13 ; Magus of the Library #4 ; Le Renard et le Petit Tanuki #1 }

Bonjour tout le monde !
On se retrouve pour un nouvel épisode d’à l’ombre du Japon spécialement consacré aux nouveautés Ki-oon de cette fin d’année. Avec le confinement et la fermeture des librairies françaises, certains ont préféré décaler les sorties mais ce n’est pas le cas de Ki-oon qui envoie du lourd avec les suites de Beastars et Magus of the Library ainsi que le premier tome du Renard et le Petit Tanuki.

Attention, cet article peut contenir des éléments d’intrigue en ce qui concerne les parties sur les suites. Ne lisez pas ces morceaux si vous voulez éviter le divulgâchage.

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Le renard et le petit tanuki est un manga qui, de prime abord, ne m’attirait pas trop à cause de sa couverture. Elle est adorable, choupinette à souhait, vraiment, sauf qu’on s’attend à une histoire enfantine en la regardant… Puis j’ai lu le résumé et je me suis dit, ma foi, pourquoi pas. C’est l’article de l’Apprenti Otaku (encore et toujours lui !) qui a achevé de me convaincre et je suis bien contente d’avoir sauté le pas.

Certains animaux naissent avec des dons spéciaux ce qui entraine un rejet de la part de leur famille. Ça a été le cas de Senzo, renard surpuissant qui a semé une belle pagaille au point que la déesse l’a enfermé pendant trois cents ans. Elle le laisse finalement sortir, diminué, enchaîné, afin d’élever Manpachi, un petit tanuki possédant lui aussi d’incroyables capacités. Forcément, Senzo n’a pas trop envie de s’y coller mais on ne lui laisse pas le choix. Débute alors cette aventure…

Tous les éléments s’imbriquent bien pour proposer un tome d’introduction de qualité. On en apprend suffisamment sur l’univers sans pour autant devoir tout digérer d’un coup. Les personnages sont variés, bien esquissés, ils ne manquent pas d’intérêts. Les différents chapitres posent les enjeux à venir, entretenant l’intérêt sans tout résoudre d’un coup. Notez que je ne suis pas une grande fan d’anthropomorphisme toutefois ici on parle de divinités, de serviteurs divins, de métamorphes, donc ça passe très bien puisqu’il s’agit d’une exploitation du folklore japonais et non de simples animaux dotés de parole. De plus, Mi Tagawa aborde des thèmes comme le rejet familial, la différence, la peur de l’inconnu qui pousse aux pires bêtises, tout en se concentrant sur une représentation familiale de substitution qui ne peut pas laisser indifférent. C’est mignon, oui, mais pas que et ça se lira très bien chez des adultes (c’est d’ailleurs un josei selon l’éditeur !) Je suis très emballée par ce tome dont j’attends la suite avec impatience !

D’autres avis : L’Apprenti OtakuSonges d’une nuit d’étéLes voyages de Ly – vous ?

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Quand je parle de Beastars, j’ai un peu le sentiment de raconter toujours la même chose qu’on peut résumer ainsi : LISEZ CE MANGA IL EST TROP BIEN. Je sais, ce degré d’argumentation vous laisse probablement pantois/e…
Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce tome, c’est la révélation qu’a eu Legoshi sur lui-même et sur son attrait pour les herbis ainsi que la manière dont il décide de gérer cela. Ce moment est épique et les réflexions qu’il a ensuite sur le sujet tout autant. Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire. Je suis un peu frustrée qu’on n’ait pas davantage vu Haru mais les nouveaux personnages introduits dans ce volume, à savoir les habitants de l’immeuble où Legoshi a déménagé, sont vraiment intéressants et permettent d’ouvrir l’horizon de cet univers aux animaux marins, qu’on n’avait pas encore pu rencontrer jusque là. C’est également l’occasion de revoir Louis (quelle scène ♥) mais aussi d’en apprendre davantage sur le passé de Gosha, le grand-père de Legoshi, et surtout sur son lien avec le Beastar… Une fois de plus, Paru Itagaki signe ici un tome très riche, abouti, en un mot : parfait.
Et donc, lisez ce manga, il est trop bien.

D’autres avis sur ce tome : pas encore mais cela ne saurait tarder !

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J’avais été séduite par Magus of the Library dont j’ai déjà pu parler sur le blog. Sauver les livres, c’est sauver le monde ! Le concept du manga ne peut que parler à une passionnée de littérature et à mon sens, tout est réussi : le fond, le visuel, l’histoire. Oui, mais… J’ai eu un peu plus de mal avec ce tome qu’avec les autres. Pourtant, l’univers et le background se développent davantage et les véritables enjeux se posent, en partie grâce à deux planches finales d’une rare beauté. L’Apprenti Otaku se disait l’autre jour dans un échange sur Je suis un assassin (et je surpasse le héros) que les japonais avaient un peu de mal pour développer des univers de fantasy étoffés… et bien il reverra son jugement à la lecture de ce volume. Malheureusement, le souci ici, c’est qu’il y a beaucoup (trop) de nouveaux personnages et de nouvelles informations. Mais surtout de nouveaux personnages. Près d’une vingtaine à savoir tous les jeunes qui ont réussi l’examen pour devenir kahunas et qui commencent leur formation. Même si le dessin tente de les différencier, ça ne fonctionne pas toujours, surtout pour les personnages féminins. C’est un peu dommage, je pense que l’équilibre aurait pu être mieux trouvé, les arrivées distillées petit à petit car il sera plus que nécessaire de tout relire pour se plonger dans la suite et à la limite, presque de prendre des notes pour ne rien louper. Bien que je me sois sentie perdue une partie de ma lecture, j’ai quand même énormément apprécié me replonger dans cet univers dont j’ai hâte de découvrir la suite.

D’autres avis sur ce tome : pas encore mais cela ne saurait tarder !

Et voilà, c’est déjà terminé pour cette édition spéciale Ki-oon ! Rassurez-vous, on va encore parler manga dans pas longtemps puisque j’ai acheté cinq ou six premiers tomes de série…

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

DIE #1 mortelle fantasy – Kieron Gillen & Stéphanie Hans

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Mortelle fantasy
est le premier tome de DIE, un comic scénarisé par Kieron Gillen et illustré / colorisé par Stéphanie Hans. Publié dans sa version française chez Panini Comics, vous le trouverez au prix de lancement de 10 euros jusque fin 2020 et ce, partout en librairie.

De quoi ça parle ?
En 1991, six adolescents se rejoignent pour fêter l’anniversaire d’Ash avec une partie de jeu de rôle. Cette nuit-là, ils disparaissent pendant deux ans et lorsqu’ils reviennent dans le monde réel, ils ne sont plus que cinq dont une estropiée, tous et toutes incapables de parler de leur expérience. Trente ans plus tard, un dé 20 refait surface, celui du maître de jeu porté disparu. Les survivants vont donc devoir repartir dans DIE…

Une colorisation sublime.
La première chose que je me dois de relever pour parler de DIE c’est le travail titanesque sur le dessin mais surtout, sur la colorisation qui est un véritable chef-d’œuvre. Les couleurs sont vraiment porteuses de sens et accompagnent parfaitement l’intrigue, offrant une couche signifiante supplémentaire au travail de Kieron Gillen. Je vous laisse juger la magnificence de ces planches avec ces quelques images. Je ne possède malheureusement pas les connaissances graphiques nécessaires pour vous en parler plus en profondeur. Mais parfois, un visuel suffit.

Une plongée dans l’univers du JDR… mais pas que.
L’auteur, Kieron Gillen, est fan de jeu de rôle tout comme l’illustratrice d’ailleurs. Il le pratique depuis des années et selon ses propres mots, a souhaité mettre dans cette histoire toute son obsession pour cette pratique et toute sa fascination pour le genre de la fantasy bien qu’il ait « une histoire d’amour / haine » avec Tolkien. Histoire qui donnera lieu à une planche sublime que je me refuse de vous gâcher par avance mais franchement, j’en ai eu des frissons. On ressent cette passion au sein de l’intrigue, ce qui donne finalement une histoire d’une grande richesse, très humaine et débordante d’originalité.

Solomon était donc le meilleur ami d’Ash et avait invité plusieurs de leurs amis pour une partie à l’occasion de son anniversaire. On retrouve Chuck, le stéréotype de l’américain gros lourd un peu redneck, Matthew un jeune afro-américain très intelligent mais en grande souffrance depuis le décès de sa mère, Isabelle, la copine de Solomon un peu vulgaire et Angela, la sœur de Ash. Ash étant le narrateur de l’histoire et, on le comprend à mesure que le tome avance, habité par un mal-être du à son homosexualité mal assumée et conservée plus ou moins secrète. Son avatar dans DIE est d’ailleurs une femme, ce qui m’a fait penser qu’il était peut-être transgenre mais il s’avère que non. J’ai vu en ce choix de personnage une façon de davantage coller à la société en normalisant son goût pour les hommes à travers un corps de femme. J’ai trouvé l’aspect représentation vraiment intéressant et bien amené, en subtilité.

Ces personnages en incarnent d’autres une fois dans l’univers de DIE. On a une dictatrice, un chevalier triste, une dresseuse de dieux, une cyberpunk, un fou et le maître du jeu qui, ici, participe à la partie également en tant que joueur, ce qui interpelle tout le monde. Je n’ai pas beaucoup pratiqué le jeu de rôle sur table donc j’ignore si ces classes sont récurrentes ou pas, toutefois je les ai trouvées très originales, de même que les interactions entre leurs différents pouvoirs.

On rencontre ces personnages alors qu’ils sont adolescents, puis le second chapitre se déroule une trentaine d’années plus tard. Ce passage dans le temps permet des évolutions intéressantes non seulement en dehors mais aussi dans le jeu en lui-même, surtout avec le twist qui conclut ce premier volume et promet une suite de folie.

Un volume riche en contenu.
Outre l’histoire en elle-même, ce premier tome contient une préface ainsi que diverses interviews à la fin qui permettent de mieux comprendre l’auteur et ses œuvres, ainsi que des croquis préparatoires pour en savoir plus sur la façon de travailler de Stéphanie Hans. J’ai beaucoup aimé cet aspect très complet en un seul volume, surtout vu son prix dérisoire (pour rappel, seulement 10 euros jusqu’à la fin 2020 !).

La conclusion de l’ombre :
Ce premier tome de DIE est une réussite sur tous les plans. Visuellement, Stéphanie Hans a réalisé un travail splendide autant sur les traits que sur la couleur, transformant chaque planche en véritable œuvre d’art. Scénaristiquement, Kieron Gillen propose une histoire qui paraît classique de prime abord mais brille par ses références, son univers et surtout, son humanité. DIE est très clairement une saga à suivre avec attention !

D’autres avis : la brigade éclectique – vous ?

À l’ombre du Japon #23 { je suis un assassin (et je surpasse le héros) #1 : fantasy & JDR }

Bonjour à tous et à toutes !

Vous vous rappelez ? Il y a quelques temps, je vous évoquais un premier tome qui m’avait bien plu au milieu de plusieurs autres franchement moyens. Il s’agissait de celui-ci et je vous explique enfin pour quelle raison.

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Je suis un assassin (et je surpasse le héros)
est une nouveauté de chez Doki Doki. Il s’agit d’un shonen fantasy qui utilise les codes du jeu de rôle (on va y revenir). C’était, au départ, une light novel écrite par Matsuri Akai. C’est le mangaka Hiroyuki Aigamo (Accel World) qui va l’adapter au format manga avec des dessins réalisés par Tôzai.

De quoi ça parle ?
Akira Oda et ses camarades de classe sont soudainement appelés dans un autre monde où on leur attribue des caractéristiques. Pour quelle raison ? Et bien défaire un seigneur maléfique, pardi ! Le roi quémande l’aide de ce groupe et du héros qui se trouve parmi eux, une aide gracieusement offerte de la part de ces élèves. Toutefois, Akira se méfie et va utiliser ses compétences d’assassin pour élucider ce mystère.

Fantasy & jeu de rôle.
L’aspect fantasy dans ce titre est globalement assez classique et exploite les tropes du genre non seulement sur ses protagonistes mais également sur l’univers. Le monde se divise en quatre continents, chacun peuplé par un type de créature bien précis. Visiblement, la mondialisation et les voyages n’existent pas encore vraiment. Les élèves arrivent dans le royaume des humains et ont été appelés pour combattre des démons… Ce qui n’a l’air de choquer absolument personne à l’exception d’Akira.

Du côté des personnages, ils servent surtout d’archétypes. On a le héros arrivé d’un autre monde au sein d’une monarchie type médiévale qui est confrontée à des démons menaçant la paix et la prospérité. On a la princesse qui-parait-gentille-mais-en-fait-peut-être-pas, le commandant de l’armée qui manque de sérieux et se fait remonter les bretelles par son adjoint… Quant aux étudiants, ils collent également tous aux archétypes qu’on croise dans les écoles, depuis Akira qui est le solitaire de la classe au gars populaire qui se révèlera être le héros, aux filles qui ont des rôles de soutien… Bref rien de neuf sous le soleil de ce côté là et j’ai failli reposer le manga assez vite.

Toutefois, l’originalité et l’intérêt de ce titre se situent plutôt dans l’exploitation d’éléments tirés du jeu de rôle, ce qui justifie même l’utilisation d’archétypes finalement. En effet, chaque étudiant arrive dans ce monde avec des compétences qui sont détaillées par niveau, des points de vie, de santé, etc. et qu’ils peuvent consulter. Selon le roi, les élèves sont extrêmement forts mais que penser alors d’Akira dont les caractéristiques surpassent celles de tous les autres avec une compétence au niveau maximum (chose impossible à moins d’être le héros… qu’il n’est pas) ? Doté d’un peu plus de jugeotte que le reste de ses camarades, Akira va se montrer discret et utiliser le mois d’entrainement dédié à ces nouveaux héros pour développer ses compétences.

Pour y parvenir, il sera aidé par Saran Mislay, le commandant des chevaliers de Laytice qui a décelé les particularités d’Akira sans pour autant le dénoncer au roi. On pourrait s’en étonner mais on comprend vite que ce commandant en sait long sur les secrets du royaume, un peu trop pour son propre bien. Il va trouver en Akira une sorte d’ami avec lequel échanger, chacun racontant son monde à l’autre. Saran se montrera d’ailleurs fasciné par le concept de sciences et de technologie, élément plutôt intéressant et surprenant pour un personnage issu d’une culture type médiévale. Cette relation et les échanges qui en découlent sont également des éléments déjà-vus dans ce type d’histoire toutefois, ici, ça a fonctionné pour moi sans que je ne puisse vraiment expliquer pour quelle raison. Une partie de moi lisait en trouvait que c’était classique au possible et une autre s’amusait des divers éléments typés JDR disséminés à travers l’œuvre.

Cet aspect jeu de rôle est également exploité par le gain de niveaux et de capacités. Au bout du mois d’entrainement, les héros sont emmenés dans un donjon et affrontent des monstres type menu fretin, les mobs qu’on trouve par pack au début de chaque instance et qu’on tue sans trop de soucis. Ils vont également tomber sur un boss surprise qui va leur donner pas mal de fil à retordre…

J’ai fini par m’apercevoir que ce titre parlait surtout à la rôliste en moi, à la joueuse en moi qui a souvent farmé les instances dans WoW pour gagner de l’équipement et du niveau. Je suis un assassin (et je surpasse le héros) plaira clairement aux nostalgiques du farming, des MMORPG et laissera peut-être de marbre celleux qui ne sont pas intéressés à tout ce qui tourne autour du concept de JDR, que ce soit en ligne ou sur table. La fin de ce premier tome est plutôt prometteuse, à voir ce que le scénario réserve pour le second volume auquel je vais donner sa chance, par curiosité.

La conclusion de l’ombre : 
Je suis un assassin (et je surpasse le héros) est un shonen tiré d’une light novel. Ce premier tome, assez classique, pose les bases d’un univers très inspiré du JDR et du MMORPG, ce qui attirera probablement les joueurs mais laissera de marbre les autres. Personnellement, je suis assez intriguée pour avoir envie de lire la suite !

D’autres avis : Songe d’une nuit d’étéLa pomme qui rougitChroniques d’un vagabond – vous ?

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #22 { Kingdom of knowledge #1 ; Shikabana #1 ; Nosferatu #1 }

Bonjour à tous et à toutes !

On se retrouve pour un nouveau rendez-vous manga avec trois premiers tomes de séries qui sont sortis récemment et qui ont titillé mon intérêt. Malheureusement, comme vous allez le constater, ça n’a pas vraiment été une réussite…

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Fei est un gnome, il vit dans la bibliothèque de l’Empire avec son peuple car ils sont les seuls à pouvoir lire d’anciens manuscrits qui renferment d’immenses savoirs. Ils ont des milliers de volumes à traduire et ne pourront voir le monde extérieur qu’une fois ce travail achevé. C’est chose faite huit ans après le début du manga, sauf que ça sonne la fin des leurs, les humains refusant que leurs secrets soient répandus partout. Fei est le seul à en réchapper et il jure de se venger…

Ce manga est une nouveauté récente parue chez Kana dans sa collection Dark Kana. L’éditeur présente ce titre comme de la dark et de la tactical fantasy, autant dire que j’étais impatiente de le découvrir sauf que… Selon moi, le terme dark fantasy est très mal employé ici et ce serait super qu’on arrête de mettre dans ce sous-genre toute œuvre où on voit du sang et des morts. La dark fantasy, c’est plus que ça. C’est une idéologie d’ensemble qu’on ne ressent absolument pas sur ce premier volume trop classique à mon goût que ce soit sur son idée ou sur sa mise en place. Quant à l’aspect tactique, on ne peut nier sa présence puisque le héros utilise ses connaissances théoriques acquises dans des livres pour vaincre des ennemis toutefois j’ai trouvé que le (la ?) mangaka l’amenait d’une manière plutôt grossière. Tout va trop vite et paradoxalement, c’est long… Du coup, flop pour moi mais si vous êtes moins à cheval que moi sur les terminologies et les attentes générées par un tel titre, alors n’hésitez pas.

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Kyoto, de nos jours. Tsuyu vit avec Mizore, sa copine depuis le lycée et ne sait pas trop où il va dans la vie. Un soir, Mizore subit un accident de la route. Tuée sur le coup, ce nouveau malheur affecte Tsuyu qui se raccroche à une mystérieuse lettre laissée par Mizore qui le supplie de ne pas brûler son cadavre car un miracle pourrait se produire.

En guise de miracle, c’est plutôt un cauchemar. Ce premier tome se révèle très introductif mais c’est logique puisqu’il y a beaucoup à dire. En général, ça m’agace toutefois ici, ce n’est pas trop mal fait et ça s’incorpore plus ou moins bien dans le manga bien qu’il y ait un petit côté « explication à la Rukia » (les fans de Bleach comprendront) qui m’a fait tiquer. Pourtant, Kei Monri prend son temps pour poser la relation entre Tsuyu et Mizore, afin que le lecteur ne reste pas indifférent aux malheurs du garçon. Il y a un côté très tragique et sombre à ce titre qui m’a vraiment plu et qu’on ressent dés la couverture. Les soucis que j’ai rencontré avec Shikabana arrivent après, quand on découvre le concept de kuroe et qu’on apprend que ces créatures utilisent les cadavres comme vaisseau pour se développer avant de naître. Il existe (évidemment) une section plus ou moins secrète de la police qui les traque, groupe que va rejoindre Tsuyu dans l’espoir de sauver Mizore. Évidemment, Tsuyu n’est pas sorti indemne de sa rencontre avec le kuroe qui habite le corps de sa copine et développe des pouvoirs qui font tomber ce titre tête la première dans le horror-body.

Vous le sentez, cet aspect hyper classique et ce schéma convenu ? D’autant que la section élimine les kuroes, les tue quoi. Tsuyu se rend alors bien compte qu’il a commis une erreur en les rejoignant mais il reste quand même avec eux pour… Quoi ? Je n’ai pas bien saisi. Si les différents éléments de fond sont intéressants, la manière dont l’histoire est présentée sur ce premier tome est trop vue et revue à mon goût. Toutefois, je suis certaine qu’il ravira les adeptes d’horror body vu la qualité du chara-design et surtout, les lecteurs moins lassés que moi ! D’autant que la série est achevée en trois tomes et que c’est la première de ce duo d’auteurs donc… Pourquoi pas ?

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Je vais être sincère : j’ai acheté ce manga uniquement pour sa couverture magnifique en lisant à peine le résumé qui, pourtant, parle bien d’une femme amnésique (soit un des ressors narratifs que je déteste le plus au monde) ainsi que de créatures sanguinaires dans une époque qui ressemble un peu au Moyen-Âge… Vu, vu et revu, classique quand tu nous tiens. Toutefois, j’ai cédé à l’appel du chara-design et si ce titre est effectivement beau graphiquement, il ne contient rien de renversant en terme de concept ou d’intrigue, allant même jusqu’à récupérer grossièrement le mythe qui entoure la famille Bathory. Tous les poncifs du genre sont représentés : la belle femme amnésique qui se rappelle pourtant comment se battre avec son épée et ce, à la perfection, le jeune garçon innocent qui va partir avec elle à l’aventure, une gentille héritière qui se fait abuser par ses serviteurs et qui est mise de côté dans le remariage de son père, une église qui monte une troupe d’élite pour affronter les Nosferatu qui avaient disparu mais en fait non… et je suis trop lassée de ceux-ci pour aller voir au-delà de ce premier volume que j’ai pourtant apprécié lire, sans hélas ressentir l’étincelle qui me donne envie de continuer.

Et voilà, c’est déjà terminé ! J’ai conscience de passer pour une emmerdeuse aigrie via ces brefs retours mais si j’ai choisi de vous parler de ces mangas malgré mon sentiment tout personnel c’est parce que je pense sincèrement qu’ils peuvent plaire à un autre public que moi car ils ne sont pas dénués de qualité, autant sur un plan graphique que conceptuel. Ils ne me conviennent juste pas. Heureusement, sur les quatre nouveautés il y en a une qui a su me plaire et à laquelle je vais consacrer un article plus long très bientôt.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #21 { Celle que je suis #1 & #2 ; une introduction à la transidentité }

Celle que je suis est un diptyque shojo / tranche de vie scénarisé par Morihashi Bingo et dessiné par Koko Suwaru. Publié par Akata Manga dans sa collection Large, vous trouverez chaque tome au prix de 8.05 euros partout en librairie. 

De quoi ça parle ?
Tokyo, dans les années 80. Yûji Manase est étudiant et a deux secrets. Le premier, c’est qu’il est amoureux de son meilleur ami Masaki Matsunaga. Le deuxième, c’est qu’il se sent mal dans son corps, au point de se haïr. Un soir, la sœur de Yûji passe à son appartement et y laisse une robe qui va exercer sur lui une forte attraction, au point que Yûji va l’essayer. Grâce à cela, Yûji comprendra qui il est ou plutôt, celle qu’elle est.

La transidentité et moi : l’étendue de ma méconnaissance.
Le thème central de ce manga est la transidentité, bien qu’il contienne quelques éléments secondaires pour densifier un peu l’intrigue. Yûji est un homme sur un plan biologique et au début du manga, le pronom « il » est utilisé jusqu’à ce que le déclic se produise. À partir de ce moment-là, Yûji sera défini comme « elle » et j’ai trouvé ce jeu formel très intéressant. Akata explique également sur son site qu’ils ont choisi d’écrire le résumé du premier tome au masculin justement parce qu’au début de la série, Yûji se considère toujours comme un homme, alors que celui du second tome est féminisé. Un choix que je trouve pertinent.

Autant me montrer honnête : je ne connais pas grand chose à la transidentité que ce soit dans la réalité ou dans la fiction en dehors de la théorie. J’entends par là que je connais le concept. Je la conçois et la comprends sur un plan intellectuel. Je la respecte et une partie de ce respect passe par l’admission de ma méconnaissance sur le sujet. J’imagine les difficultés que vivent les personnes transgenres (toujours sur un plan intellectuel) mais je n’ai aucune idée de ce que cela implique dans la réalité pour les personnes concernées. Ce serait insultant de prétendre le contraire. Du coup, mon avis sur ce titre est subjectif (comme le sont tous les avis, me direz-vous) et quand je qualifie ce titre de crédible, ce doit être remis en perspective par rapport à mes (mé)connaissances. Vous êtes donc prévenu(e)s !

Sur un plan fictionnel, je pense qu’on aborde assez peu ces sujets (ou alors je suis jusqu’ici passée à côté de toutes les œuvres qui en parlent réellement ?), surtout de manière crédible et respectueuse des personnes concernées. C’est ce qui m’a tout de suite attirée vers ce titre car j’avais envie d’en apprendre davantage avec ce qui est à ma portée et je place une assez grande confiance dans le travail d’Akata pour me douter que, s’ils publient cette fiction, c’est qu’elle est bien fichue. La fiction est-elle le meilleur chemin pour s’instruire ? Je l’ignore mais j’ai envie de croire que ce n’est pas une manière de procéder plus mauvaise qu’une autre. Voici comment et pourquoi je me suis tournée vers ce titre et je n’ai aucun regret. Après cette petite introduction, entrons dans le vif du sujet…

Transidentité, romance, tranche de vie.
Comme je le disais, ma méconnaissance du sujet m’empêche d’affirmer si ce manga est crédible ou non pour les personnes concernées et je serais vraiment curieuse de lire le retour d’une personne transgenre à son propos. Toutefois, de mon point de vue, j’ai trouvé Celle que je suis sensible, subtil, intelligent et surtout, respectueux dans sa démarche représentative. La manière dont Yûji se découvre, les étapes qu’iel va traverser jusqu’à devenir « elle » sans pour autant revendiquer son statut puisqu’iel continuera de se présenter comme masculin aux yeux du monde, par facilité… J’ai trouvé les choix et les cheminements de Yûji crédibles, compréhensibles, un peu tristes aussi mais ça participe à ancrer ce manga dans le réel. Ici, pas de grands éclats, le monde ne va pas se modifier en profondeur, il y aura peu de prises de conscience, sauf à une échelle très restreinte. C’est vraiment une tranche de vie, une tranche de la vie de Yûji qu’on suit avec émotion car on ne peut décemment pas rester indifférent.

Pour autant, le thème de la transidentité ne prend pas toute la place puisque le manga contient également des histoires d’amour parallèles dont une signalée dés le résumé. En effet, Yûji est amoureuse d’un homme qui est aussi un ami proche, sauf qu’elle a conscience de rester biologiquement de genre masculin, ce qui est un problème puisque son ami est hétérosexuel. J’ai trouvé l’évolution de leur relation intéressante et la manière dont l’épilogue se termine aussi car il rend compte de la complexité du sentiment amoureux et des choix que chacun(e) peut faire ou non à ce sujet. La douce mélancolie qui s’en dégage m’a touchée, on sent une vraie réflexion du scénariste. Peut-être est-il concerné par la transidentité ? Je sais qu’il écrit également une saga en light novel (Ce qu’il n’est pas) sur le sujet donc qui sait… Je me pencherais dessus à l’occasion !

La conclusion de l’ombre :
Celle que je suis est un diptyque tranche de vie qui traite d’amour et de transidentité. Je ne suis pas spécialiste de cette thématique et ce manga a constitué une porte d’entrée parfaite pour moi puisque le scénario est construit avec respect et intelligence. Les mangakas proposent un travail soigné autant sur l’intrigue que sur le visuel, ce qui rend Celle que je suis tout à fait recommandable. Une réussite

D’autres avis : Kiriiti’s blog – vous ?
Je n’en ai pas trouvé d’autre toutefois n’hésitez pas à me poster le lien de votre chronique si vous en avez parlé, afin que je vous ajoute 🙂

À l’ombre du Japon #20 { Black Butler ; arc Sieglinde Sarivan }

Bonjour à tous !

En ce moment, je n’ai pas trop envie de lire des romans. Du coup, j’ai décidé de reprendre ma relecture du manga Black Butler entamée cette année durant le confinement. Cet article couvre le dernier chapitre du tome 18 ainsi que les tomes 19, 20, 21 et 22. Ce dernier tome est particulier puisqu’il marque le centième chapitre du manga ! Je vais y revenir.

Un voyage pour l’Allemagne.
Cette fois-ci, sa Majesté demande à Ciel de se rendre en Allemagne car une mystérieuse épidémie la tracasse. Pourquoi s’intéresse-t-elle à ce pays ? Tout simplement parce qu’elle y a de la famille par alliance et elle souhaite donc y envoyer un secours médical si besoin, sauf que le Kaiser lui cache des choses. Version officielle, bien entendu. Bref, c’est tout naturellement qu’elle dépêche son chien de garde qui se retrouve dans le village paumé de Wolfsschlucht (si t’as pas fait allemand à l’école, bonne chance pour réussir à le prononcer).

Ce village est particulier car entouré par une forêt maudite. Selon la légende, les sorcières ont tellement été persécutées en Allemagne entre le 14e et le 17e siècle qu’elles se sont rassemblées au coeur de cette forêt et ont passé un pacte avec des loup-garous chargés de les défendre contre l’oppression. Ces créatures dégagent des miasmes qui tuent en quelques minutes après avoir défiguré les victimes. Certains y survivent mais perdent complètement la raison. Ciel ne croit pas à ces fadaises et décide de se rendre au village par lui-même puisque personne ne peut l’y conduire.

Les femmes sur place sur les premières surprises à voir débarquer Ciel, Sebastian et son groupe de serviteurs. Pourtant, leur cheffe, la sorcière verte -une étrange adolescente prénommée Sieglinde Sarivan- va les accueillir avec plaisir et leur demander de lui en apprendre plus sur le monde extérieur auquel elle n’a jamais eu accès.

/!\ À partir d’ici, ma chronique va contenir des éléments clés de l’intrigue donc lisez à vos risques et périls. /!\

L’obscurantisme et le développement des sciences.
Au fil des tomes, le lecteur se rend compte que Ciel avait raison d’être sceptique face à cette histoire de loup-garous et de malédiction puisqu’il s’agit d’un coup monté du gouvernement allemand. Je vous explique : Sieglinde est la fille d’un génie qui a mis au point une formule pour produire en grande quantité du gaz moutarde. Seulement, un accident de labo l’a tué et a défiguré sa partenaire, qui était comme par hasard enceinte à ce moment-là. Cette dame accouche de Sieglinde qui a hérité du génie de son père. Pour l’exploiter à son plein potentiel, sa mère pense que la bonne solution est de l’isoler des distractions du monde et de faire peser un certain poids sur ses épaules. Elle la met donc à la tête d’un village de femmes prétendues sorcières (des militaires en fait) que la petite va devoir sauver de l’ire des loups qui ont passé un pacte avec la première sorcière verte de l’époque. Ce pacte stipulait que la sorcière verte devait trouver un rituel pour ramener « l’air magique » dans ce monde et permettre aux créatures surnaturelles de revenir. L’air magique en question, c’est le gaz qu’on appelle aujourd’hui sarin mais ça, la pauvre Sieglinde n’en sait rien. Coupée du monde, elle croit réellement œuvrer pour aider son village.

Ce que je trouve intéressant c’est qu’une fois de plus, dans un manga résolument fantastique, Yana Toboso reste très orientée sur les explications scientifiques. Elle exploite l’idée du gaz sarin qui n’a, dans notre réalité, été inventé qu’en 1939 et justement, l’autrice donne une explication à cela (puisque le manga se déroule à la fin du 19e siècle). C’est très intéressant ! Yana Toboso propose toujours une raison logique qui justifie le fait qu’au final, les seules créatures hors du commun sont les diables et les shinigamis. Ciel lui-même, alors qu’il a passé un pacte avec un diable, rejette d’emblée l’histoire au sujet de la malédiction en arguant que ça n’existe pas. Sebastian ne manquera d’ailleurs pas de souligner à quel point sa position est ironique puisque leur pacte est, selon lui, une forme de malédiction.

D’ailleurs, concernant les shinigamis, de nouvelles informations arrivent pendant cet arc qui permettent de savoir de quelle manière on peut le devenir. Cela ouvre de nouvelles perspectives vraiment fascinantes pour la suite et pose pas mal de questions puisque pour devenir un shinigami, il faut s’être suicidé… Et j’imagine mal Grell se suicider, du coup j’aimerais VRAIMENT avoir un flashback sur le détail de son histoire, par pitié. ♥

Enfin, cet arc pose également les bases de celui qui est actuellement en cours de parution et avec lequel j’avais un peu de mal à trouver une logique, si vous vous rappelez mon court retour sur les tomes 27 et 28. Grâce à ma relecture, toutes les pièces du puzzle se sont mises en place, ce qui me ravit ! Comme quoi, quand on suit un manga depuis longtemps au rythme de la parution, se rafraichir un peu la mémoire est nécessaire… D’où aussi l’intérêt de mes articles sur le blog qui sont de fantastiques soutiens pour mes petites cellules grises.

Le centième chapitre.
118690095_2732245070387052_2512749367335505461_n                        image (c) Kana & Yana Toboso

Je l’ai dit, ce volume 22 de Black Butler fête le cap du 100e chapitre du manga. À cette occasion, un sondage a été réalisé dans le magasin qui prépublie Black Butler pour réaliser un classement de popularité des personnages. L’autrice a voulu fêter ça en imaginant une histoire hors série avec les dix plus populaires + ceux dont le dernier chiffre du classement est un 6 (comme le 16, le 46, etc.) ce qui donne lieu à une réception un peu particulière lancée par le vicomte de Druitt. Sachez qu’en tout, il y a eu 12817 votes, ce que je trouve énorme et montre à quel point la série est populaire au Japon. Si vous ne lisez pas (encore) le manga, sachez aussi que si le vicomte de Druitt est dans le coup, c’est que ça va forcément mal tourner. Donc, de base, ça sentait pas bon…

Au cas où ça vous intéresse, voici le top 10 : 1) Sebastian 2) Ciel 3) Undertaker 4) Grell 5) Vincent 6) Charles Grey 7) Snake 8) Elizabeth 9) Lau et 10) Finnian. Je dois avouer avoir été très surprise de trouver Vincent et Charles aussi haut dans le classement vu que ce sont des personnages qui apparaissent très peu et pour Vincent, uniquement en flashback (vous me direz, quand on est mort, forcément…). Sur un plan personnel, je suis quand même contente des 4 premiers car ce sont exactement ceux que j’aurai choisi de mettre et dans cet ordre ! Probablement avec William en 5 car son duo avec Grell est terrible.

Pour en revenir à ce hors-série, le vicomte intrigue lors d’une réception pour s’emparer d’un ruban montrant un chiffre plus haut que le sien car selon lui, ça permet de gagner des caractéristiques supérieures (plus de charisme, de puissance, de place dans l’intrigue, etc) et il n’accepte pas de n’être que 16e. Cela donne lieu à des vols et des échanges pour gagner plus de pouvoir, jusqu’à un affrontement final avec des serpents transformés en dragon et un majordome du feu de dieu. C’est drôle et bien fichu, du grand Yana Toboso qui en profite pour une petite touche émotion entre Undertaker et Vincent. L’air de rien, ce chapitre hors-série confirme certains éléments dont on se doutait déjà en tant que lecteur et promet pour la suite.

Voilà, sans grande surprise cette relecture continue d’être passionnante et m’apporte un nouvel angle sous lequel profiter de cette saga que j’aime tant ! J’espère que mes petits retours sur les différents arcs vous donnent envie de découvrir ce manga. On se retrouve bientôt pour la suite !

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #18 { Sayonara miniskirt #1 ; se définir en tant que femme au 21e siècle }

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Bonjour à tous et bienvenue pour un nouvel épisode d’à l’ombre du Japon où je vous parle des derniers mangas lus récemment ! Cette fois-ci, je consacre un article entier au premier tome d’un manga qui m’a vraiment bien emballé à savoir Sayonara Miniskirt !

De quoi ça parle ?
Sayonara miniskirt est le premier tome d’un manga écrit et dessiné par Aoi Makino qui raconte l’histoire de l’ancienne idol du groupe Pure Club, Karen Amamiya. On apprend assez tôt qu’elle a subi une agression physique lors d’une rencontre avec des fans, ce qui l’a poussé à mettre un terme à sa carrière pour reprendre une vie normale de collégienne. Enfin… presque puisqu’elle ne veut plus porter de jupe et décide donc d’opter pour l’uniforme des garçons. Cela la protègera-t-elle de ce mystérieux agresseur qui sévit dans le coin et qui s’en prend à des collégiennes ?

Les femmes et les jupes au quotidien.
Je ne lis que peu de shojo parce que c’est souvent un genre qui m’agace dans sa représentation de la femme. J’en ai consommé ma part plus jeune et à mesure que j’ai pris conscience de certains problèmes au sein de la représentation littéraire, je suis devenue beaucoup trop attentive à cette thématique pour réussir à tolérer un traitement bancal, où que ce soit, même dans un manga. Son simple classement avait d’office disqualifié cette œuvre de ma wishlist sauf que par curiosité, j’avais quand même lu la chronique de l’ami Otaku qui m’a convaincue de laisser une chance à Sayonara Miniskirt. Et j’ai bien fait !

Ce manga évoque le rapport au corps féminin et ce qu’implique le fait d’être une femme de nos jours. J’entends par là notre manière de nous vêtir mais également de nous représenter nous-mêmes, comme si le fait de porter une mini-jupe ou des vêtements qui nous mettent en valeur sous-entendait une autorisation implicite à tous les hommes de commenter, regarder, toucher, bref consommer à leur guise. Comme je porte moi-même très souvent des robes et des jupes (simplement parce que j’aime ce type de vêtements !) je me sens assez concernée par cette problématique. Me voici donc emballée mais inquiète également. Comment allait-elle s’en sortir ?

Ce fut une belle surprise car j’ai trouvé le ton très juste durant tout ce premier tome. Aoi Makino maîtrise son sujet et met en scène cette tranche de vie dramatique avec brillo. D’une part, elle développe diverses thématiques liées à son intrigue : est-ce qu’une star appartient à son public? Que signifie ce mot « appartenir » ? Est-ce qu’une fille doit se laisser tripoter et être contente que ça lui arrive car ça sous-entend qu’elle est désirable / jolie ? Est-ce qu’il est judicieux de séparer les hommes des femmes dans certains transports publics pour éviter les problèmes ? Est-ce qu’on doit excuser un agresseur si sa victime porte une jupe ? Si vous êtes quelqu’un de bien éduqué et d’un peu censé, vous connaissez les réponses à ces questions. Pourtant, que ce soit dans des commentaires sur les réseaux sociaux, dans la presse ou même dans la rue, il est admis qu’on a tendance à juger une femme sur sa façon de s’habiller. Combien de fois entend-on une victime dire que le policier lui a demandé ce qu’elle portait le soir de son agression ? Et nous vivons en Europe, une société supposément plus évoluée sur ces questions que celle du Japon, encore malheureusement ancrée dans un patriarcat qui implique une représentation de la femme comme un objet supposé se marier et enfanter, point final.

Ce manga évoque donc tous ces thèmes et il le fait de manière plurielle car différents personnages incarnent les points de vue possibles sur ces questions, ce qui permet de porter une forme de débat et de réflexion tout en suivant l’intrigue concernant Nina dont l’agresseur n’a jamais été appréhendé. L’équilibre au sein de l’intrigue est très bien trouvé.

Le monde des Idols et la femme.
Typiquement, il est admis que cette industrie exploite l’image de la femme en tant qu’objet. Si vous vous intéressez un peu au Japon, vous en avez probablement déjà entendu parler. Sayonara Miniskirt esquisse cet univers à part en laissant entrevoir certaines règles qui régissent la vie d’une idol, comme celle, par exemple, de rester célibataire afin d’entretenir le fantasme des fans. Cela va assez loin puisqu’une idol peut être renvoyée si on la surprend à embrasser un garçon ! On sent au fil des pages que la mangaka va exploiter ce monde et qu’il y a anguille sous roche concernant certaines actions de certains personnages secondaires. C’est très intriguant et ça permet au lecteur d’en découvrir davantage sur ce milieu ainsi que de se poser la question des apparences. J’ai beaucoup apprécié cet aspect, j’espère qu’il sera davantage développé par la suite.

Nina, un garçon manqué ?
Ce personnage de Karen / Nina est vraiment intéressant. Renfermée sur elle-même au collège, elle entretient toujours de bonnes relations avec son ancien groupe (le Pure Club). Elle a décidé de se couper les cheveux et de porter des pantalons après son agression, ça a été sa manière pour elle de s’éloigner de cette féminité qu’elle ne parvenait plus à gérer. Pourtant, au fil des pages, Nina s’interroge sur ce qu’est la féminité et ce que cela implique, notamment dans ses interactions avec deux personnages : Miku et Hikaru.

Miku est une jolie fille populaire qui assume sa féminité, aime porter des jupes et trouve que blâmer les hommes pour des attouchements revient à tous les stigmatiser, qu’il faut donc éviter. Pour elle, ça n’a aucun sens d’en « faire tout un foin » et il n’y a qu’une « mocheté » que ça peut déranger. Ce personnage est ambigu et m’inspire un profond sentiment de pitié car très clairement, Miku incarne la construction sociale dans laquelle beaucoup de filles / de femmes sont enfermées. Je me demande de quelle manière elle va évoluer.

Quant à Hikaru, c’est un personnage masculin très orienté sur le sport puisqu’il pratique le judo et ne semble pas s’intéresser aux femmes ni aux discussions sur leurs physiques qu’ont les autres garçons. On apprend que sa petite sœur a été victime d’une agression et cela explique sa prise de conscience par rapport aux autres. Ce protagoniste porte également une certaine ambiguïté en lui dont on ne prend pas conscience tout de suite, à cause d’une série de qui pro quo. Je l’ai trouvé intéressant et je me demande ce qui va advenir de la relation entre Karen et lui vu la scène finale de ce premier tome. Scène qui, d’ailleurs, me fait un peu peur quant au ton de la suite du titre. À voir donc ! Toutefois, la qualité globale de Sayonara Miniskirt me donne (très) envie de lire le tome 2 dés sa sortie pour me faire une idée plus précise d’où la mangaka souhaite aller.

La conclusion de l’ombre :
Sayonara Miniskirt est une nouveauté de chez Soleil Manga écrite et scénarisée par Aoi Makino. Cette tranche de vie dramatique plonge le lecteur dans le monde des Idols pour suivre Karen / Nina, une ancienne star ayant choisi de se retirer du milieu après une agression. Le manga questionne notre rapport au corps féminin et la manière dont les hommes se représentent les femmes. Je l’ai trouvé très intéressant dans le traitement de ses thématiques et j’encourage le plus grand nombre à le découvrir. Pour ma part, j’attends avec impatience l’annonce du second tome !

D’autres avis : L’apprenti OtakuTake a break avec SachiLire en BullesLes voyages de Ly – vous ?

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

À l’ombre du Japon #17 { Gewalt, un manga a rarement si bien porté son nom ! }

Gewalt est une trilogie écrite et dessinée par Kôno Kôji dont c’est le premier manga papier puisqu’il est surtout connu pour son travail dans l’animation. Publié par Doki Doki, il existe pour le moment un coffret où vous pouvez acheter les trois tomes pour 15 euros (au lieu de 7.5 par tome).

De quoi ça parle ?
Ruito est un lycéen ordinaire, quasiment transparent. Un jour, alors qu’il se promène avec ses « amis » (oui je mets des guillemets parce que des amis comme ça, franchement, on peut s’en passer) il est agressé par une bande et littéralement dénudé. Humilié, blessé, il décide de passer de l’autre côté, celui des voyous. Pour ça, direction la section technique de son établissement…

Baston !
Gewalt est très clairement un manga de bagarre où on se tape dessus et où on trouve une certaine apologie de la violence (nuancée par moment). Si vous en doutiez, sachez que ce mot signifie « violence » en allemand et que la langue allemande apporte une idée de rudesse dés le départ à la lecture du titre. Aussi, il est nécessaire d’apprécier ce type d’histoire pour se lancer dans cette trilogie où tout se règle à la force des poings et où ceux qui n’osent pas frapper se font écraser.

C’est le cas de Ruito dont l’agression va déclencher un profond changement en lui. En réfléchissant à sa vie, à son existence, il se rend compte de sa transparence et du mépris que ses soi-disant amis entretiennent à son égard. Il comprend également que la plupart des relations qu’il a pu entretenir jusque là sont basées sur de l’hypocrisie et de la superficialité. Tandis que quand on cogne, au moins, c’est sincère… Bon, pourquoi pas, ça se défend avec un esprit un peu tordu. Cette idée va traverser tout le manga. Personnellement je ne la partage pas mais je comprends comment le personnage principal en arrive à se dire cela.

Pour s’initier au monde des voyous, Ruito va se tourner vers la section technique et plus précisément le « club de base ball » (qui est une couverture pour un gang scolaire). Cela va évidemment mal tourner et il sera sauvé par le leader du groupe Gewalt, que Ruito aura par hasard aidé un peu plus tôt dans la journée. Ce groupe de skaters se révèle être également une sorte de gang de rues qui se bat contre ceux qui les dérangent, sans cet aspect acharnement et violence gratuite. Ruito a très envie de les rejoindre, hélas pour lui ça ne va pas se passer comme prévu.

Parce que la Gewalt (c’est le nom du gang) a un passé ! Au départ c’était un groupe de cinq jeunes à l’origine du mois sanglant. Ils ont pacifié tous les collèges à la seule force de leurs poings avant de tomber sur plus fort qu’eux et ça a dégénéré pour l’un des membres. Évidemment, au moment où on découvre cette histoire, on comprend que ceux qui restent vont se retrouver et essayer de régler le passé.

Un protagoniste… bizarre.
Je n’ai pas d’autre mot pour décrire Ruito Genba et je ne sais pas encore vraiment si le terme bizarre doit être pris pour positif ou négatif. C’est peut-être justement cette indécision qui me fait dire qu’il convient pour le qualifier. Ruito n’est personne et tout le monde à la fois. Il est là, un peu invisible, il n’inspire ni le mépris ni l’admiration jusqu’au jour de son agression où il a le malheur de s’uriner dessus. Cette réaction physiologique pourtant compréhensible va donner lieu à un déclic profond chez ce garçon qui n’a jamais levé la main sur personne. Il va alors commencer à se battre, à encaisser, à commettre des erreurs mais surtout à développer une sorte d’honneur qui tient parfois à l’absurde tant il risque sa vie.

J’ai éprouvé à son sujet des sentiments assez ambivalents et finalement, c’est la marque d’un bon manga. Ses interactions vont permettre au lecteur de réfléchir sur la notion de violence physique et ce qu’elle implique ainsi que sur le harcèlement scolaire qui est bien présent en toile de fond, à la mode japonaise. Ruito n’est clairement pas un protagoniste principal qui inspire l’admiration ou un profond respect par ses choix de vie toutefois il n’est pas dénué d’intérêt.

Un chara-design brut et réaliste.
Le dessin de Kôno Kôji est plutôt réaliste et brutal. Ses personnages ne sont pas beaux, ils dégagent une esthétique très réaliste qui ne me plait pas trop en général mais qui sert très bien le propos ainsi que l’intrigue développée dans Gewalt. Le mangaka maîtrise très bien les expressions du visage et s’en sort honorablement sur les scènes de combat bien que je les ai trouvé un peu répétitives, du moins jusqu’au tournoi informel qui décide de l’avenir des deux gangs.

La conclusion de l’ombre :
Gewalt est un manga terminé en trois tomes à conseiller aux lecteurs intéressés par la bagarre et la violence au lycée, dans une ambiance nippone. Il ne révolutionne pas le genre et reste même plutôt classique autant dans sa forme que dans son propos. Toutefois, c’est un agréable divertissement sur lequel réfléchir à ces deux thématiques. Il reste parfaitement recommandable !

Quand RIOT s’associe à Marvel : League of Legends Universe – Lux & Ashe

Salutations chers amis lecteurs et joueurs !

Aujourd’hui j’ai eu envie d’évoquer sur le blog deux comics lus récemment et qui m’ont beaucoup enthousiasmée. Ça va être pour moi l’occasion de vous parler d’un jeu qui occupe mon quotidien depuis environ huit ans : League of Legends.

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J’ai conscience que le jeu a une mauvaise réputation construite autour de sa communauté toxique et je ne vais pas m’appesantir dessus. Comme partout, y’a du bon et du moins bon, ce n’est pas le sujet. Ce dont j’ai envie de vous parler ici c’est de l’univers extraordinaire construit par les créateurs de LoL et qui se décline depuis quelques temps sur un format plus classique : celui du comics, en partenariat avec Marvel.

Ça fait un moment que RIOT propose du contenu sur son univers, que ce soit via des nouvelles disponibles en ligne classées en fonction des régions de Runeterra où elles se situent ou des comics pas encore publiés en papier. Il existe également des univers alternatifs, mon favori étant celui des Gardiens des Étoiles (j’assume, j’aime les magical girls.) ! En règle générale, chaque évènement thématique au sein du jeu a droit à sa petite histoire sous un format ou l’autre que les joueurs peuvent lire gratuitement (sachez d’ailleurs qu’il existe énormément de contenu gratuit et qu’il est possible de jouer sans dépenser le moindre euro et sans en être désavantagé pour autant). Jusqu’ici, j’ai consommé tout ce contenu sans ressentir le besoin d’en parler, juste parce que j’adore cet univers. À présent qu’il existe au format plus classique, j’en profite pour vous l’évoquer sur le blog.

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Lux est une jeune fille qui vit à Demacia, une cité où la magie n’est pas bien vue ni bienvenue. C’est simple, vous finissez enfermé si vous la pratiquez. Pas de chance, Lux en a en elle et sait que son temps est compté. Un jour, elle commettra une erreur fatale, se dévoilant aux yeux des autorités. Pour ne rien arranger, elle appartient à la prestigieuse famille Crownguard difficile donc de passer inaperçue.

Dans cette histoire qui rassemble les cinq premiers chapitres publiés en ligne, Lux rencontre Sylas, un rebelle qui va mener une révolution à Demacia dans le but de rendre la magie légitime, ce après avoir été enfermé des années à cause de ses pouvoirs. On se retrouve devant une opposition assez classique en fantasy qui fonctionne pourtant bien et ce qu’on connaisse ou non les personnages.

Ce tome est considéré comme unique puisqu’il contient les cinq épisodes publiés jusqu’ici. Selon moi, il mériterait une suite (c’est peut-être prévu toutefois je n’ai pas trouvé d’informations à ce sujet) bien que les personnes qui consomment le contenu additionnel en vidéo ou via les musiques des championnats du monde connaissent en quelque sorte le fin mot de l’histoire (spoiler alert avec l’excellentissime Warriors version 2020). Ça n’en reste pas moins savoureux à découvrir d’autant que le trait assez réaliste permet une immersion complète dans l’histoire.

On trouve également dans le comics une partie « behind the scene » où certains croquis préparatoires sont inclus ainsi qu’une nouvelle qui prend place pendant un évènement relaté au sein du comics mais du point de vue d’un personnage qu’on n’aperçoit pas avec une explication du pourquoi. Contrairement à certaines licences, RIOT n’a pas envie de caser tous les personnages demaciens en mode fan-service -une attitude que j’approuve à 100%. Du coup, pour ceux qui se demandaient où le général Xin Zhao se trouvait pendant que Sylas marchait sur le palais… La réponse se trouve dans la nouvelle.

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Dans Ashe, on quitte Demacia pour Frejlord, royaume rude et glacé où on rencontre la jeune Ashe, de la tribu des Avarosans. Ashe est un des premiers personnages du jeu et un de ceux qu’on apprend tous à maîtriser, peu importe qu’on joue en botlane ou non. Le comics raconte de quelle manière elle est devenue chef de guerre, la quête de sa mère, sa déchéance, ses retrouvailles avec Sejuani, leur affrontement… Bref il est très dense et riche en rebondissements.

C’est le comics parfait à lire en pleine canicule parce que ses dominantes bleus / sombres donnent vraiment froid. L’ensemble dégage un sentiment de désespoir accentué par les traits rudes du dessin. Tout se retourne contre Ashe mais elle ne baisse jamais les bras ni ne se trahit. C’est une figure héroïque forte que j’ai encore plus apprécié après ma lecture de ce one-shot.

Comme pour Lux, ce comics contient un « behind the scene » ainsi qu’une nouvelle mettant en scène le chaman Udyr ainsi que Volibear, figure mythique et mythologique au sein de l’univers. J’en ai appris énormément sur la mythologie frejlordienne au point de me passionner pour le sujet alors que, jusqu’ici, je ne la connaissais que de manière superficielle.

Sachez que chronologiquement, Ashe est le premier comics a être sorti ! Mais je les ai lu en commençant par Lux donc j’en parle dans l’ordre de lecture.

Une lecture pour les joueurs ?
La grande force de RIOT c’est, selon moi, de proposer un univers étendu qui s’adresse aussi bien aux joueurs qu’aux novices. Il est tout à fait possible de lire ces deux comics sans jamais avoir joué la moindre partie ou de jouer sans jamais lire ces textes. Les deux se complètent pour ceux qui souhaitent prolonger l’expérience mais forment aussi une belle porte d’entrée dans l’univers de Runeterra. En espérant que des suites soient prévues pour ceux qui n’ont pas l’âme joueuse parce que sans ça, les futurs lecteurs ressentiront une réelle frustration, surtout pour Lux.

D’autres avis : vous ?

À l’ombre du Japon #16 { Beastars & moi, chronique d’un coup de coeur inattendu }

Salutations !

Voilà quelques jours que je procrastine sur la manière dont je vais vous parler de cette découverte incroyable qu’a été Beastars pour moi. Allais-je me contenter de reformuler ce que beaucoup ont déjà pu dire sur les qualités du manga ? Je n’en avais pas l’envie et n’en voyais pas l’intérêt. Du coup, j’ai opté pour un billet qui raconte comment j’en suis venue à être totalement accro à cette œuvre.

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Beastars & mes a-priori : l’esthétique

J’ai commencé à entendre parler de Beastars grâce à la blogosphère et plus particulièrement l’ami Otaku. Jusqu’ici, ce n’était à mes yeux qu’un arrivage de plus chez Kazabulles qui ne m’inspirait rien de positif puisque j’ai du mal avec le concept d’animaux anthropomorphisés (je vais y revenir). Pourtant, la manière passionnée dont l’Apprenti Otaku parlait de ce manga a fini par me convaincre non pas d’acheter la version papier mais de regarder l’animé qui venait de débarquer sur Netflix. Au fond, ça ne me coûtait rien du tout si ce n’est un peu de mon temps alors… Pourquoi pas ?

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Je ne savais pas grand chose du contenu (okey en vrai je ne savais RIEN du tout sauf ce qu’en avait dit l’ami Otaku et que j’avais déjà à moitié oublié à ce moment-là), je n’avais même pas lu le pitch de base pour être totalement honnête, m’engluant dans mes idées reçues. Je me suis contentée de me lancer… et de regarder les douze épisodes en une soirée, captivée par ce que j’étais en train de voir. Je n’avais plus binge-watché quoi que ce soit depuis une éternité et ça m’a fait beaucoup de bien alors que le confinement durait déjà depuis une semaine ou deux.

Je ne m’attendais ni à une telle intensité d’écriture ni à me passionner autant pour l’intrigue de ce thriller dans le monde scolaire et théâtral. Tout fonctionnait merveilleusement bien, sans la moindre fausse note et je ressentais énormément d’empathie pour les personnages. Sans parler de mon intérêt qui virait à l’obsession pour leurs interactions. Vu que j’ai tendance à avoir toujours quelque chose à redire, ça tenait également du miracle. Toutefois, je n’ai pas commandé tout de suite la version papier, hésitante que j’étais devant le chara-design un peu particulier que j’avais entrevu sur les couvertures.

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source : site de Ki-oon

C’est particulièrement flagrant sur la bannière d’annonce du site Ki-oon. Traitez-moi de fille superficielle mais quand je lis un manga, j’ai besoin que le chara-design colle à ce que j’apprécie. J’ai un certain canon, des attentes que je ne peux pas clairement expliciter parce que je ne suis pas du tout spécialiste en dessin mais disons que mon étalon de perfection se situe quelque part entre Yana Toboso et Kaori Yuki. Ici, Paru Itagaki s’en détache largement et ça m’a fait peur. Surtout quand on regarde certaines planches internes, j’avais le sentiment d’un brouillon.

Sauf que…

Quand on prend la peine de lire quelques pages, on se rend compte que ce trait brut correspond parfaitement à l’univers animalier -même anthropomorphisé- que développe la mangaka. Sa façon de dessiner renforce son histoire, son intrigue, les sentiments dégagés par les protagonistes. Tout fonctionne dans un ensemble superbement maîtrisé quand on pense que la mangaka a commencé à 24 ans et qu’elle va en avoir 27. On a le même âge à deux mois près en vrai… De plus, le trait s’affirme au fil des tomes ! Je m’en suis d’autant plus rendue compte quand j’ai enchaîné les tomes 6 à 11. Pour info, l’animé s’arrête pour le moment à la moitié du tome 6 donc vous savez où commencer si vous suivez le même chemin que moi.

Beastars & mes a-priori : l’anthropomorphisme
Quand je discute de Beastars avec certaines personnes sur les réseaux sociaux ou IRL, la remarque qui revient le plus souvent concerne l’aspect anthropomorphique des personnages qui cause une forme de malaise / de répulsion. J’ai été surprise de constater à quel point beaucoup de gens partageaient mon propre sentiment face à cela. Je me demande d’où ça vient. Peut-être le fait que beaucoup d’histoires pour enfants mettent en scène des animaux anthropomorphisés, ce qui nous donne un sentiment d’être forcément confronté à une oeuvre jeunesse ? Si c’est ça, j’aimerais bien qu’on se pose deux secondes pour évoquer le traumatisant les animaux du bois de Quat’sous

Qu’on se comprenne, je ne porte aucun jugement puisque j’appartenais moi-même à cette catégorie. Ma surprise n’en a donc été que plus grande (et belle) en constatant à quel point Beastars s’inscrit avec force comme un incontournable récent du genre manga avec un traitement parfait autant sur un plan graphique, thématique, intrigue… Il n’y a rien à jeter, selon moi. Et la mise en scène d’animaux avec cette opposition carni / herbi qui tentent de cohabiter avec toutes les difficultés que cela implique ne fait que renforcer la métaphore sociale. L’exemple le plus récent qui me vient à l’esprit est celui d’une carni qui pose pour des selfies avec des herbis parce que « ça fait bien ». Ces selfies se retrouvent sur les réseaux sociaux et ce sont ceux qui génèrent le plus de like parce qu’ils montrent une tolérance bienpensante approuvée par l’ensemble de la société (vous sentez l’aspect hypocrite du truc ?). Ce chapitre montre que, dans la réalité, les herbis ont tendance à continuer à se méfier des carnis et à s’éloigner une fois la photographie prise. J’ai beaucoup aimé l’intelligence de ce chapitre qui montre vraiment une volonté de la mangaka de traiter de sujets modernes. Ceci n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres…

Beastars, pour résumer :
Si je dois résumer Beastars en quelques mots je dirais qu’il s’agit d’un thriller qui se déroule dans un cadre scolaire / club de théâtre avec des personnages animaux anthropomorphes adolescents à la psychologie bien construite et d’une rare puissance émotionnelle. Cela permet d’exacerber les thématiques autour des pulsions, des instincts, de la découverte de soi, de son corps, les premiers émois mais aussi l’image sociale. L’intrigue est très habilement menée et tient le lecteur en haleine tout du long. Un premier arc se termine selon moi avec le tome 11 lorsqu’on découvre l’assassin de Tem, l’alpaga, mais la série continue pour le meilleur (je l’espère !) puisque 19 tomes sont déjà publiés au Japon.

Que dire de plus ?

Juste… Passez au-delà de vos éventuels préjugés et donnez sa chance à ce manga. Il vaut vraiment le détour.

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Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)