Le Tyran des songes – Oren Miller

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Le Tyran des songes est un one-shot d’urban fantasy écrit par l’autrice française Oren Miller. Réédité chez Lynks dans sa collection RE:Lynks, vous trouverez ce pavé de 533 pages au prix de 14.90 euros.
Je remercie Bleuenn et les éditions Lynks pour ce service presse !
Ceci est ma première lecture pour le Mois Fantasy qui valide les catégories suivantes : un roman qui met en scène des animaux fantastiques, un livre écrit par une femme, un livre d’un auteur francophone, un livre de plus de 500 pages, un livre à la couverture bleue, une nouveauté de ma PàL.
Ceci est ma 21e lecture pour le Printemps de l’Imaginaire Francophone.

Le Tyran des songes raconte l’histoire d’Emma, une étudiante sans histoire qui mène sa petite vie tranquille avec ses amis Saki et Yoann. Sauf qu’Emma est spéciale, elle est le Porteur unique (pas celui de l’anneau, je précise) ! Protégée depuis sa naissance par le Chasseur et la Mort, elle ignore que la moitié d’un monde magique dont elle n’a même pas conscience lui court après. Mais ça, c’était avant de se faire enlever par le Marchand de Sable…

Au bout de quelques pages seulement, je savais déjà que j’allais passer un excellent moment avec le Tyran des songes grâce à la plume d’Oren Miller toute en humour noir et en cynisme. Ses mots débordent d’originalité et de personnalité, voilà une vraie autrice de talent. Les répliques de ses personnages valent de l’or au moins une fois par chapitre ! Elle parvient à nous ensorceler si bien qu’on lit sans prendre conscience des pages qui se tournent puis on arrive à la dernière, désemparés, en se demandant qui a été assez cruel pour écrire une fin à ce roman.

Cette plume magique met en scène des personnages hauts en couleur et attachants. Si Emma reste une héroïne d’urban fantasy assez classique, le côté ultra cruche en moins, j’ai immédiatement craquée pour Jack Maubrey alias la Mort. Il est très présent dans tous le récit et exerce une intense fascination sur le lecteur non seulement pour lui-même mais aussi pour ses relations avec autrui. Quant à Hypnos, le Marchand de Sable (aka le Tyran des Songes du titre), il n’est pas en reste. Le traitement qu’en fait Oren Miller s’éloigne de la tendance anthropocentrée actuelle et bon sang ce que ça me botte ! C’est subtil, crédible, atypique, bref ça déboîte.

J’ai, au départ, vraiment craint de me retrouver dans une romance paranormale à deux sous entre Emma et le Chasseur d’autant que le roman était, à l’origine, publié chez EDB. Mais l’autrice m’a vite rassurée avec les rebondissements de son intrigue. En fait, je trouve même qu’elle tourne en dérision ces codes agaçants de la romance fantastique via justement le personnage de Jack et ses remarques à l’encontre de la situation, puis le comportement du Chasseur à l’encontre d’Emma. L’amour est bien au premier plan de ce récit mais plutôt l’amour au sens familial du terme et sous plusieurs formes, ce qui a achevé de me séduire car on ne l’exploite pas suffisamment souvent.

Pour ne rien gâcher, l’autrice a créé un monde accessible, compréhensible par tous sans sacrifier à l’originalité. Cet univers est d’ailleurs très référencé sur la mythologie grecque. Tritons, chiens des enfers, érinyes, allégories, sorcières et tant d’autres se donnent rendez-vous dans un Londres moderne pour une intrigue traitant de multiples thématiques dont la vengeance n’est qu’une facette. Oren Miller permet ainsi à son lecteur de réfléchir sur les systèmes politiques et ses valeurs personnelles tout en offrant une aventure pleine de peps et de rebondissements où on ne s’ennuie pas une seconde.

Pour résumer, j’ai adoré le Tyran des songes et je compte bien lire les autres romans de cette autrice. Oren Miller a su me séduire avec sa plume affirmée et originale ainsi que ses personnages aussi charismatiques qu’attachants. Pour ne rien gâcher, elle propose une intrigue énergique pleine de rebondissements. Je vous recommande très chaudement ce texte si vous cherchez de l’urban fantasy originale et maîtrisée. Une vraie réussite !

Les Chroniques Homérides #2 – l’Ultime Oracle – Alison Germain

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L’Ultime Oracle
est le second tome de la trilogie les Chroniques Homérides écrit par l’autrice française Alison Germain. Publié aux Éditions du Chat Noir, vous trouverez ce tome au prix de 19.90 euros.
Ceci est ma 19e lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire francophone.

Rappelez-vous, je vous avais déjà parlé du premier tome à sa sortie en octobre 2017 !

Nous retrouvons Louise aux portes d’Hestiapolis. Sauvée des griffes de Nicholas O’Flammel par l’un des Gardiens de la Cité, elle peut enfin souffler et retrouver les gens qui comptent pour elle : non seulement sa famille mais aussi certains homérides rencontrés dans le tome 1. Malheureusement pour Louise, son répit sera de courte durée car son ennemi rôde toujours et convoite le souffle de Midas. Pour la protéger, on la prive de liberté mais cela suffira-t-il à garder les menaces à distance?

Ce second tome réunit tous les éléments positifs du premier en s’améliorant encore. On sent que l’autrice a réfléchi sur son histoire mais surtout, sur son écriture. Le lecteur continue à suivre Louise dans une narration à la première personne, ce qui permet une immersion dans sa psyché. L’empathie se développe naturellement pour cette jeune femme autour de qui le monde s’écroule. Alison Germain propose un bel exemple de résilience avec Louise qui ne recule pas devant les difficultés sans pour autant trop en faire. Elle n’est pas infaillible mais elle surmonte les difficultés et fait des choix difficiles. Je l’ai trouvée assez juste, humaine et éloignée des héroïnes sans saveur qu’on trouve trop souvent dans l’urban fantasy. Sans compter qu’Angus étant absent de la cité une grande partie du roman, l’autrice se concentre beaucoup plus sur l’univers et sur l’intrigue ! Ce qui n’est pas pour me déplaire.

Louise n’est pas la seule à être suivie par le lecteur. Dans ce tome, quelques chapitres sont rédigés du point de vue d’Ellie, la prêtresse d’Apollon déjà croisée dans le tome précédent. J’ai apprécié cette plongée dans la vie et les tourments de cette éternelle adolescente qui a su me toucher par sa dévotion et ses émotions brutes. On sent son évolution au fil du roman et cela apporte un contraste bienvenu avec Louise ainsi qu’une richesse supplémentaire. Bonne idée de la part de l’autrice !

Le lecteur découvre avec avidité la réappropriation des mythes grecs antiques, la façon dont s’organisent les homérides, leurs légendes, leur style de vie, leurs coutumes, etc. On sent que l’autrice a effectué beaucoup de recherches ! À ce niveau, ce second tome est extrêmement riche et gagne en complexité en comparaison du premier qui servait, évidemment, d’introduction. Qui œuvre pour O’Flammel (je ne vous spoile pas sa véritable identité mais vous la connaîtrez assez vite) ? Que cherche-t-il ? Si les deux premiers tiers du roman servent surtout à remettre Louise sur pied et à lui faire découvrir l’univers dans lequel elle évolue désormais en plus de réfléchir sur les motivations du grand méchant, l’action arrive ensuite et s’enchaine très vite. Peut-être un peu trop par endroit mais ça promet pour l’ultime tome ! Notez qu’à partir de ce moment-là, le roman prend une tournure assez sombre à laquelle on ne s’attend pas spécialement. Comme une éclipse, sauf qu’on ne sait pas encore quand le soleil (ouais, double sens, tout ça, vous comprendrez en lisant) se lèvera à nouveau. J’ai vraiment aimé ce parti pris !

L’autrice aurait pu s’arrêter là mais elle en profite pour lancer le dernier tome de sa saga en posant des indices pour la suite et en ramenant ses protagonistes à Londres pour y rencontrer… Quelqu’un. Je ne vous dis pas qui mais je suis très enthousiaste de découvrir à quelle sauce Louise va être mangée, cette fois. On ne va pas se mentir, certains indices sont assez gros et le hasard fait bien les choses mais bon. Ça arrive, parfois.

Après, comprenons-nous. Ce titre reste de l’urban fantasy, avec ses codes que l’autrice respecte et son ton propre à son genre littéraire. Il ne conviendra probablement pas à tous les lecteurs. Par contre, il ravira largement les adeptes du genre ! Sur un plan personnel, ce n’est plus trop ma came mais j’ai pourtant passé un excellent moment. Comme quoi…

Pour résumer, Alison Germain propose un second tome au-dessus du premier en terme de rythme et de qualité. Elle prend le temps de développer son univers riche en se réappropriant la mythologie grecque avec brio. Son héroïne attachante et humaine se développe et gagne en indépendance, ce qu’on peut apprécier à sa juste valeur. C’est l’amitié et la force des liens familiaux qui dominent ici et ça fait du bien, pour une fois. On sent une évolution conséquente dans la qualité du texte et on ne peut que se réjouir, du coup, de l’arrivée du troisième tome si elle continue sur cette voie. Une saga à lire si vous aimez l’urban fantasy et que vous avez envie de sortir de vos habitudes en vous plongeant dans la mythologie grecque. Un divertissement de qualité !

Rouge Venom – Morgane Caussarieu

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Rouge Venom
est la suite du roman Rouge Toxic écrit par l’autrice française Morgane Caussarieu. Publié chez ActuSF dans la collection Naos, vous trouverez ce titre au prix de 16.90 euros.
Je remercie Jérôme et les Éditions ActuSF pour ce service presse ! Rendez-vous en mai 2019 pour la sortie de ce roman.
Ceci est ma 18e lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire francophone.

Attention, cette chronique a été écrite environ cinq minutes (d’accord, dix) après la fin de ma lecture. Elle déborde donc d’un enthousiasme totalement immodéré mais elle me plaisait bien comme ça. Je trouvais qu’elle rendait bien hommage au grain de folie de l’autrice et qu’elle collait au texte. Du coup, pardonnez moi d’avance ! Allez, on va stopper tout de suite le suspens: J’ai adoré du début à la fin. Quel kiff, disons le clairement, de retrouver ces personnages que je côtoie maintenant depuis juillet 2017. Morgane Caussarieu m’a rendue aussi accro que JF aux bains de sang ! Mais reprenons depuis le début…

Rouge Venom est la suite directe de Rouge Toxic et se place dans le même univers que Dans les veines et Je suis ton ombre. On y retrouve d’ailleurs certains personnages, notamment mes deux chouchous, JF et Gabriel. La Red saga (marque déposée, non je déconne 😉 ) peut se lire indépendamment des deux textes édités chez Mnemos mais ce serait une grave erreur de les bouder. Même si l’autrice place des rappels et des références, je pense qu’on ne peut profiter pleinement de Rouge Venom qu’à condition de connaître les histoires racontées dans dans les précédents romans, ce qui était moins le cas avec Rouge Toxic. Du coup, je ressens Rouge Venom comme un tome de transition, un retour aux sources pour Morgane Caussarieu qui se laisse une porte ouverte pour une suite. Et je prie pour qu’elle l’écrive !

Dans Rouge Venom, nous retrouvons Barbie qui a découvert la nature de l’expérience que son père a pratiqué sur elle ainsi que Faruk, toujours amoureux de cette fille littéralement programmée pour le tuer. Tous les deux sont paumés et cherchent leur chemin. Les chapitres à la première personne s’enchaînent alors mais pas seulement de leur point de vue comme c’était le cas dans Rouge Toxic. On suit désormais aussi Emma, la scientifique devenue vampire qui a synthétisé le sérum de sevrage ainsi que JF, le vampire trash punk qui ne connait pas le sens du mot limite. Sans compter Gabriel et d’autres petites surprises dont je ne vous parle pas pour ne pas vous spoiler. Chaque personnage s’exprime différemment mais tous ont globalement des tons assez familiers voire argotiques à certains moments, ce qui peut déplaire à certains lecteurs mais moi, j’ai trouvé ce choix super immersif. Ça dynamise le texte qui se lit très vite.

Très et presque trop. Je l’ai dévoré en un peu plus de deux heures de lecture. Allez, trois, je l’ai achevé le lendemain matin parce que je suis rentrée de salon trop épuisée et mes yeux se fermaient tout seul. L’action s’enchaine sans temps mort et certains ressentiront probablement un manque à ce niveau. Parfois, tout va trop vite et si j’arrive à suivre sans problème parce que je pense être dans le même ordre d’idées que l’autrice, je sais d’avance que certains lecteurs ne vont pas toujours s’y retrouver. L’intrigue reste assez standard au fond mais la forme nous permet de l’oublier sans problème. Parce qu’on s’intéresse aux personnages et à leur devenir avant tout le reste.

Le classement young adult du récit empêche l’autrice de s’attarder sur des scènes qui auraient été davantage développées dans ses premiers textes. Non pas que je suis affamée de gore et de malsain (si si, je vous jure) mais quand on aime JF et Gabriel… Après, j’admets, c’est sans doute mon fangirlisme qui parle un peu. Beaucoup. Désolée. On reste donc dans un état d’esprit young adult pour ce qui est du sexe. Par contre, il y a pas mal de violence et ça reste globalement un récit plutôt malsain. Ça me pousse à dire que Rouge Venom se positionne plutôt à la frontière de plusieurs genres et de plusieurs types de lectorat. Je ne sais pas si je l’aurai édité en Naos, personnellement, mais j’ai toujours un peu de mal à juger où se situe la limite.

J’ai conscience de ne plus parvenir à parler de Morgane Caussarieu avec impartialité. J’aime son univers, son style et surtout, ses personnages. Je manque de recul, je vous le dis honnêtement. Alors, me demanderez vous, pouvez-vous croire un seul mot de ces lignes ? Et bien elle est quand même parvenue à me rendre accro… Ce qui n’est pas rien. Cette autrice est pour moi ce que le sang et le meurtre est à JF (c’était l’instant poésie). Je prends énormément de plaisir à la lire et j’espère qu’elle écrira encore pendant longtemps.

Par contre, même si je manque de recul, j’anticipe déjà les critiques qu’on fera au texte. Les nouveaux lecteurs auront l’impression d’être des témoins extérieurs qui n’ont pas toutes les cartes en main pour comprendre les références (raison pour laquelle je vous recommande ses autres livres AVANT et dans l’ordre chronologique s’il vous plait). Barbie est vraiment spectatrice de sa propre vie (de toute façon, je ne l’ai jamais aimée) et se réveille deux chapitres avant la fin (quand même, quelle scène !). Il y a trop de personnages pas forcément utiles (coucou Emma) et le traitement réservé aux femmes n’est pas politiquement correct (j’en connais qui vont grincer des dents, sans mauvais jeu de mots), surtout dans les chapitres du point de vue JF (en même temps, le gars nous vient des années soixante et est un vrai connard (cœur cœur)). Pourtant, dans l’univers Caussarieu, tout fonctionne bien, rien de tout cela ne me dérange et j’ai l’impression de retrouver un peu de ses premiers textes, de ceux qui m’ont totalement séduite il y a deux ans.

Alors oui, je vous recommande chaudement Rouge Venom. Et toute la bibliographie de l’autrice, comme d’habitude. Sauf si pour vous, les gentils vampires existent, qu’un personnage féminin fort et indépendant est obligatoire pour que l’histoire soit bonne ou que vous avez un souci avec le style littéraire familier. Si ce n’est pas le cas, jetez-vous sur ces textes de toute urgence !

Kayla Marchal #3 La Source – Estelle Vagner

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La source
est le troisième et dernier tome des aventures de Kayla Marchal, une trilogie d’urban fantasy proposée par Estelle Vagner. Publiée aux Éditions du Chat Noir, chaque tome coûte 19.90 euros.

Je vous ai déjà parlé du premier et du deuxième volume de Kayla Marchal. En relisant mes chroniques pour me remettre dans le bain, je me rends compte que je n’ai pas grand chose de plus à dire sur cette saga. Dans le sens, rien d’inédit. Estelle Vagner reste constante dans la qualité de ce qu’elle propose et c’est déjà, je trouve, un bon point à souligner ! Trop souvent j’ai été déçue par un dernier tome qui me donnait le sentiment d’avoir été bouclé à la va-vite, sans le soin nécessaire à sa réalisation. Du coup, ce fut une bonne surprise dans l’ensemble.

Nous retrouvons Kayla et sa joyeuse bande en route vers les pays de l’Est afin de trouver la fameuse source du pouvoir, qui lui permettra de vaincre Aymeric et libérer les (poly)morphes de son joug tyrannique. Se sachant proche de sa fin, Kayla a préféré abandonner son âme sœur en pensant le préserver et ses derniers mots la hantent… Voici où nous en sommes et je ne vais pas vous en dire davantage afin de vous garder la surprise.

À ce stade, les lecteurs aguerris habitués du blog auront peut-être eu les poils qui se dressent. Alerte, une quête beaucoup trop classique ! Double alerte: UNE ROMANCE QUI TOURNE MAL ! Vite, fuyons ! Et bien non, restez ici, ça vaut la peine d’aller au bout bon sang.

Sur le fond, l’intrigue proposée par l’autrice reste classique, on ne va pas se mentir. C’est une quête millénaire au nom d’une divinité afin de réparer une faute commise. Une quête qui va nécessiter un terrible sacrifice de la part de Kayla. Si quelques points restent prévisibles, le dynamisme de l’action nous le fait facilement oublier. Estelle Vagner opte pour un rythme à 200 à l’heure (comme d’hab !) dans le déroulement de son histoire, ce qui est très agréable. Du coup, les 300 pages du roman se lisent presque d’une traite. Dans mon cas, c’est parce que je l’ai commencé en soirée après une journée de boulot, sinon je crois que j’aurai tout lu d’un coup sans vraiment m’en rendre compte.

Ce rythme, l’autrice l’installe aussi par son style d’écriture à la première personne. Petite nouveauté pour ce tome, nous ne suivrons pas uniquement Kayla ! J’ai été surprise de le découvrir et ça m’a fait plaisir d’avoir un peu le point de vue de Jeremiah, Jade et Max sur la situation. Cela permet de mieux connaître ces protagonistes, autrement qu’à travers le jugement ou les yeux parfois biaisés de Kayla. C’est l’inconvénient, évidemment, d’une narration à la première personne mais Estelle a trouvé la parade et c’est tant mieux. Encore une fois, je n’en dis pas davantage, vous le verrez par vous-même.

La mythologie inventée par Estelle continue de se compléter. Évidemment, on a déjà le plus gros avec les deux tomes précédents mais les pouvoirs que Kayla acquièrent sont sympas, surtout sa nouvelle forme ! J’ai été assez surprise que ça soit possible mais après tout, pourquoi pas. Je le rappelle, nous avons un roman d’urban fantasy qui se passe EN FRANCE, est écrit par une autrice FRANÇAISE avec une mythologie ORIGINALE qui met en avant des personnes capables de se transformer en animaux (mais oubliez le terme « garou », on les appelle des morphes !). J’en avais déjà parlé dans ma chronique du premier tome, mais ça me botte toujours autant, comme démarche.

Alors, je parle du dernier tome d’une trilogie… Est-ce que j’ai aimé la fin? Oui et non, mais c’est surtout une question de goût. Comme j’ai envie d’en parler et de potentiellement débriefer avec les lecteurs de ce tome 3, voici un petit passage de spoil, surlignez le texte pour en savoir plus : En règle générale, les happy end me gonflent parce qu’ils manquent de logique et qu’on sent derrière une démarche trop fan-service. Ici, l’autrice a été plutôt cruelle avec ses personnages pendant tout le roman et a gardé une logique dans le développement psychologique de son héroïne. J’ai particulièrement aimé les différentes phases par lesquelles Kayla passe en sachant son heure venue. Quand Kayla meurt, elle se réincarne une nouvelle fois, persuadée d’avoir été trahie par Max. On rencontre donc Lexie, qui va retrouver Jeremiah, Jade et Shahin, être obligée de tuer Max pour réparer ses propres fautes… En fait, si ç’avait été moi, je me serai arrêtée au fait que Kayla se sacrifie pour tuer Aymeric en pensant avoir été trahie et que tout le plan de Max tombe à l’eau, donc presque quatre-vingt pages avant la fin. Là, ouais, j’aurai été hyper satisfaite du culot de l’autrice et de cette « fin heureuse » en demi-teinte. En fait, on est en plein dans ce que j’appelle un « complexe harry potter ». D’autant que sincèrement, le plan de Max, je l’ai trouvé assez bancal, d’où les réserves que j’ai sur la globalité de cette fin. Toutefois, ce que propose Estelle Vagner respecte les codes du genre dans lequel elle écrit et surtout le public auquel elle s’adresse ! Public qui n’est pas du tout moi, à l’origine, rappelons le. Et ça ne m’a pas empêché d’aimer cette lecture.

Pour en revenir à la chronique en elle-même, je vais conclure en disant que Kayla Marchal est une saga d’urban fantasy de qualité typiquement « chat noir ». Elle ne révolutionne pas le genre et on ne lui demande pas, de toute façon. C’est un bon divertissement qui permet de passer un agréable moment dans un univers construit avec une héroïne de caractère et une part d’humour bien dosée. Dans le genre lecture détente, c’est pile ce dont j’avais besoin pour le moment ! Une autrice à découvrir que je recommande chaudement aux adeptes du genre. Ça vaut la peine de se lancer.

Sorcière de chair – Sarah Buschmann

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Sorcière de chair est le premier roman de dark urban fantasy de l’autrice française Sarah Buschmann. Édité chez Noir d’Absinthe, ce one-shot est disponible au prix de 19.90 euros en format papier et 7.99 euros en numérique. Vous pourrez aussi vous procurer ce roman pour les Halliénnales car il sort à cette occasion et l’autrice sera présente.
Ce roman rentre dans le Pumpkin Autumn Challenge pour le menu « Automne Frissonnant » catégorie « Le cri de la banshee » mais également pour le menu « Automne Ensorcelant » dans les catégories « Witches Brew » et « Balai Pattes ! »
Je remercie les éditions Noir d’Absinthe pour ce service presse disponible sur Simplement.Pro !

Ce roman se déroule en Australie. Nous suivons principalement Arabella, une inspectrice qui travaille à la criminelle et se retrouve à enquêter sur une série d’homicide plutôt violents. Ces meurtres ne sont pas sans lui rappeler ceux commis il y a sept ans de cela envers sa propre famille… Le récit oscille entre le passé et le présent, ce qui nous permet de découvrir petit à petit la vérité sur ce qui est arrivé auparavant.

Si le pitch paraît assez banal à première vue, j’ai été surprise de la façon dont l’autrice joue avec le lecteur. Elle brouille les cartes et les indices, nous balade pendant tout le récit. Si par moment on croit deviner certains éléments de l’intrigue, on se rend vite compte qu’on se trompe du tout au tout jusqu’au dénouement final, assez inattendu dans l’ensemble. Je me suis laissée avoir et si je me doutais de quelque chose, je ne m’attendais certainement pas à ça. Soit je deviens naïve, soit l’autrice est douée… Disons les deux? 😉

L’univers créé par Sarah Buschmann est plutôt original. Elle traite la sorcellerie sous un angle assez scientifique, terre à terre, en fournissant des explications biologiques sur la manière dont fonctionne le pouvoir des sorcières. J’ai aimé cette recherche dans son sujet et sa manière de l’exploiter. On sent que l’autrice s’est renseignée en neurologie et qu’elle maîtrise l’anatomie de manière générale.

Difficile de croire qu’on lit un premier roman. L’autrice a une écriture assez mâture qui ne souffre pas des faiblesses de style ou des répétitions habituelles. Si sa plume n’est pas transcendante, elle reste agréable et fluide, elle accompagne bien son texte avec un vocabulaire précis, parfois cru mais dans le ton.

Les personnages ne sont pas en reste et Sarah Buschmann entretient bien son suspens autour d’eux. Les sentiments qu’ils provoquent sont multiples et il est certain qu’ils ne laisseront pas indifférents. Arabella n’est pas une héroïne, loin de là. C’est une femme brisée à la psychologie instable et complexe que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir. Si Nolan me paraissait niais et cliché au début, il gagne en profondeur au fil du roman. Eol est aussi répugnant que surprenant, quant à Anaël… Je ne vais pas tous les énumérer pour ne pas vous spoiler l’intrigue mais voilà, vous risquez d’être surpris. L’autrice a l’intelligence de ne pas multiplier inutilement les personnages pour offrir un roman axé sur l’horreur et le psychologique, ce que j’ai apprécié.

L’ambiance du texte est sombre et oppressante. Si j’ai eu du mal avec le début que je trouvais très classique, j’ai finalement été happée dedans. Attention toutefois, il est réservé à un public averti non seulement pour sa violence physique mais aussi psychologique. Son ton ne conviendra pas aux âmes sensibles ni aux grands optimistes. Une aura de destruction, de cynisme et de pessimisme flotte sur ce texte et vous vous en doutez, j’ai adoré ça. Je l’ai déjà dit mais j’ai vraiment du mal à croire que c’est le premier roman de Sara Buschmann. Voilà une autrice prometteuse à suivre avec attention !

En bref, je recommande Sorcière de Chair à ceux qui ont envie d’un roman qui mêle l’enquête policière et l’ambiance oppressante d’une dark urban fantasy maîtrisée. Âmes sensibles s’abstenir car l’histoire d’Arabella n’est pas à mettre entre toutes les mains !

Paradoxes #3 L’éveil de la Troisième Force – L. A. Braun

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Le troisième et dernier tome de Paradoxes s’intitule L’éveil de la troisième force. Proposé par l’autrice belge L. A. Braun, il termine sa première trilogie avec brio. Disponible en papier au prix de 15 euros. Sa sortie est prévue le 26 septembre lors d’une soirée exceptionnelle à Bruxelles où je vous invite à vous rendre !
Pour commander les deux premiers tomes, cliquez ici.
Pour précommander le tome 3, cliquez là.

Je vous ai déjà parlé de la saga Paradoxes puisque j’ai chroniqué les deux premiers tomes (tome 1tome 2). Une histoire difficilement classable qui mélange fantastique, science-fiction, policier dans une Bruxelles futuriste. Ce tome se passe pourtant majoritairement à Paris (vous savez pourquoi si vous avez lu le 2 !) et nous dévoile des pans entiers de l’univers créé par l’auteur. Peut-être un peu trop d’un coup, mais je vais y revenir.

Nous retrouvons Jared dans la situation où nous l’avons laissé (pas très brillante) et nous rencontrons de nouveaux protagonistes. C’est le premier gros reproche que j’ai à faire (et sûrement le seul en fait) : la multiplication des personnages m’a empêchée de vraiment m’attacher à eux. L’action ne manquait pas mais je la suivais un peu comme quand on regarde un film par hasard en le prenant en cours de route parce qu’on a zappé sur la chaîne à ce moment-là. J’étais accrochée, j’avais envie de savoir où l’autrice me menait, mas je ne m’intéressais pas spécialement au devenir des personnages, à une ou deux exceptions.

Et franchement, comme je le lisais en bêta lecture (cette chronique date du mois de mai mais je la publie seulement maintenant pour la sortie !), j’étais déjà paniquée rien qu’à l’idée de le lui annoncer. À ce stade, je trouvais que ça aurait mérité une révision complète. Puis j’ai lu la fin.
Et ma vie a changé.
Bon d’accord, peut-être pas à ce point-là. Mais cette fin, quelle claque ! Je m’en suis même exclamée tout haut, tellement je ne m’y attendais pas, tellement je ne la voyais pas venir mais alors pas du tout. Redoutable, osée et plutôt intelligente, je ne vais pas vous la spoiler mais rien que pour ça, ça vaut vraiment la peine.

Est-ce que Paradoxes est une saga parfaite? Non. Mais ce sont les débuts littéraires d’une autrice belge prometteuse qui réfléchit sur ses textes, qui évolue au fil de ses romans et acquiert toujours plus d’expérience qu’elle met à profit. Une page se tourne avec cette trilogie et pas des moindres. Je vous la recommande tout de même si vous aimez le mélange des genres, si vous êtes rôliste, si vous avez envie de sortir des sentiers battus et de découvrir un univers riche. Je suis personnellement heureuse du voyage !

Fées, weed et guillotines – Karim Berrouka

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Fées, weed et guillotines
est un roman one-shot de type urban fantasy écrit par l’auteur français Karim Berrouka. Publié dans un premier temps chez ActuSF, il est disponible en poche chez J’ai Lu au prix de 8 euros. Ce roman a reçu le prix Elbakin en 2014.

Jaspucine est une fée, envoyée dans le monde des humains pour accomplir une mission importante mais aussi retrouver Zhellébore, une ancienne amie à cause de qui elle a (littéralement) perdu la tête durant la Révolution française. Hélas pour Jaspucine, le monde humain a beaucoup changé depuis cette époque et elle s’attache donc les services d’un détective privé. Ç’aurait pu être simple, s’ils n’avaient pas, presque par hasard, mis à jour une conspiration bien plus grave qui promet de mettre le monde des fées en très grand danger.

Connaissant déjà Karim Berrouka pour ses romans le Club des punks contre l’apocalypse zombie et Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu, je commençais ce livre sans trop m’inquiéter, me doutant que j’allais passer un bon moment. Et c’est ainsi que je peux résumer ce livre: un bon divertissement. Ni plus, ni moins. Je ressens donc une pointe de déception même si, en soi, ce livre est bien. J’en attendais simplement trop.

L’univers de ce livre ressemble fortement au nôtre et est prétexte à une critique sociale pleine de justesse. Le personnage de Jaspucine, fée de son état, est parfaite dans ce rôle. C’est un point que j’ai apprécié d’autant qu’à travers elle, on en apprend davantage sur le monde des fées. Karim Berrouka distille ses informations de manière intelligente, à travers des courriers qui datent de la Révolution, le journal du nuiton ou simplement en mettant le lecteur, comme ses personnages, devant les faits. C’est rapide, nerveux, on n’a pas besoin de davantage pour s’immerger et finalement, on est dans le même bateau que Marc-Aurèle et ses compagnons d’infortune.

Dans ce monde moderne, Marc-Aurèle (le détective privé) va devoir enquêter et accepter l’existence des fées, bien que ça arrive un peu plus tard dans le roman. Il entrainera avec lui son collègue Étienne et, par la force des choses, Guillaume alias Premier de la Classe (appelé comme ça tout le long du livre, hormis à une seule exception). Les personnages manquent un peu de saveur, à l’exception justement de Premier de la Classe qui est assez déconcertant par son intelligence, sa façon de résister au charme des fées, son comportement sur le terrain… On se demande par moment si on est bien devant le même personnage qu’au début, c’est déconcertant. Hormis lui et peut-être un peu Jaspucine, tous sont là pour remplir des rôles et incarner des caricatures. Sur le coup, ça ne m’a pas vraiment gênée mais dans la seconde partie du roman, on le ressent davantage et ça peut gêner.

L’intrigue est très classique et son déroulement n’offre pas vraiment de surprise au lecteur. J’irai même jusqu’à dire qu’il y a quelques longueurs, surtout quand les fées sont de la partie. Leur façon de s’exprimer entre elles et prodigieusement agaçante mais j’ai bien compris que c’était voulu par l’auteur. Par contre, le dernier chapitre (surtout le tout dernier paragraphe) remet les choses en perspective et m’a fait finalement revoir mon opinion première sur le livre. J’ai saisi le message de l’auteur et son intention artistique, plutôt intéressante et, comme toujours, à contrepied de ce qui se fait habituellement.

On présente ce roman comme une revisite humoristique du roman noir et de l’urban fantasy. C’est vrai, mais ceux qui ont déjà lu l’auteur auront un goût de trop peu à ce niveau. L’humour ne m’a pas particulièrement transcendée. J’ai peut-être souri une fois ou deux, sans plus. Sûrement parce que je m’attendais à quelque chose de plus poussé, de plus déjanté. Si ç’avait été le tout premier roman que j’avais découvert de l’auteur, je l’aurai très certainement bien plus apprécié.

Pour conclure, Fées, weed et guillotines n’est pas un mauvais livre. Le lecteur passera sans nul doute un agréable moment de détente avec cette réécriture humoristique d’un texte d’urban fantasy plutôt classique.

Les Sœurs Carmines #3 Dolorine à l’école – Ariel Holzl

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Dolorine à l’école
est le troisième (et dernier?) tome de la saga des Sœurs Carmines écrite par l’auteur français Ariel Holzl. Publiée chez Mnémos, chaque tome coûte 17 euros.
Je remercie les éditions Mnémos pour ce service presse !
Cette lecture entre dans le cadre du challenge S4F3 organisé par Albédo.

Souvenez-vous, je vous ai déjà parlé des Sœurs Carmines en chroniquant le tome 1 et le tome 2. J’avais été emballée par le concept sur le premier et avait été enchantée par les aventures de Tristabelle dans le deuxième. Ce troisième tome nous permet de suivre Dolorine, la petite sœur Carmine âgée d’une dizaine d’année seulement, qui va entrer au pensionnat de Mme Boggartine. En arrivant sur place, Dolorine se rend compte que plusieurs choses ne vont pas. Déjà, les élèves sont anormalement gentils avec elle. Ensuite, les fantômes ont tous disparu, du jamais vu ! La fillette décide alors de mener l’enquête et ça n’ira pas sans mal.

Ce qu’on craint naturellement avec une héroïne aussi jeune, c’est de tomber sur un texte trop enfantin ou trop immature. Ce n’est pas le cas du tout ! Dolorine est d’une touchante naïveté qui se mêle à son éducation « grisaillaise » pour offrir au lecteur des réflexions aussi amusantes qu’incongrues. Là où le premier tome restait introductif avec une sœur un peu plus fade comparée aux autres et où le second offrait une Tristabelle brillante et détestable, ce troisième continue sur sa lancée pour dépayser son lecteur.

Le récit à la troisième personne est parsemé des pages du journal de Dolorine pour une plus grande immersion dans le personnage mais aussi, nouveauté, du journal de son institutrice et d’un exposé réalisé par ses camarades de classe qui se montrera capital pour la suite. J’ai vraiment apprécié les choix narratifs de l’auteur à ce niveau et les dessins qui parsèment le livre. Ce sont parfois des bonhommes assez simplistes et à d’autres moments, des croquis plus aboutis qui apportent véritablement quelque chose au livre. Les pages du journal de Dolorine comportent des taches et des ratures pour donner cet aspect vieillot à ces parties. Les moments de narration, quant à eux, contiennent parfois des mots barrés et corrigés comme d’une façon manuscrite, probablement par Dolorine elle-même, ce que j’ai trouvé amusant et enrichissant.

Outre ces éléments esthétiques et ces choix de l’auteur, l’intrigue qui se développe aborde des thèmes intéressants, comme celui de la mort et des conséquences d’une lutte contre elle. Cela reste classique mais la manière dont Ariel Holzl met cela en place m’a captivée au point de lire ce tome presque d’une traite. On en apprend également davantage sur la dernière des filles Carmine, ce qui pose finalement plus de questions qu’autre chose. Je doute en fait que ce tome soit le dernier car l’auteur se ménage pas mal d’éléments pour continuer sa saga en laissant des questions en suspend. Puis n’oublions pas bébé Dram !

Pour le reste, l’univers se maintient à la hauteur des deux tomes précédents en s’enrichissant toujours un peu plus. On retrouve avec plaisir cette ambiance de merveilleux noir où le progrès technologique commence à menacer les habitudes un peu plus magiques des habitants de Grisaille. Le dénouement de cette malheureuse affaire était vraiment épique, l’auteur n’a peur de rien et ne manque pas d’imagination ! Je me demande s’il envisage des produits dérivés, d’ailleurs. J’adorerai avoir un Monsieur Nyx.

Pour résumer, ce troisième tome des Sœurs Carmines est à la hauteur de sa saga. Contrairement à ce que je craignais, suivre Dolorine n’empêche pas le lecteur plus âgé de s’immerger, que du contraire. Chaque tome a un ton différent, relié par un univers de merveilleux noir avec quelques tendances au steampunk plus que prometteuses. Ariel Holzl signe un nouveau roman réussi et en tant que lecteur, on a qu’une question à lui poser: À quand la suite?

Les Sœurs Carmines #2 Belle de Gris – Ariel Holzl

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Belle de Gris
est le second tome de la saga des Sœurs Carmines écrite par Ariel Holzl et publiée chez Mnémos, dans la collection Naos. Chaque tome est disponible au prix de 17 euros.
Je remercie les éditions Mnémos pour ce service presse !
Ce livre entre dans le cadre du challenge s4f3 organisé par Albédo !

J’avais beaucoup aimé le premier tome des Sœurs Carmines. Ç’avait été une bonne surprise autant sur la forme que sur l’univers. Si j’avais trouvé le personnage de Merryvère un peu fade en comparaison de Tristabelle et Dolorine, ça ne m’avait pas empêchée d’accrocher. Comme j’avais adoré l’esquisse des deux autres sœurs, je me réjouissais de découvrir ce tome 2, centré sur Tristabelle, et je ne suis pas déçue du voyage !

Nous retournons à Grisaille, une ville imaginaire à l’ambiance très inspirée de Tim Burton dans le genre merveilleux macabre. L’éditeur qualifie cette saga de fantasy urbaine moderne et décalée, je n’aurai pas mieux dit moi-même ! Dans ce tome, Tristabelle se prépare pour le grand bal donné par la Reine dans le but de se trouver une nouvelle dame de compagnie (souvenez-vous de ce qui est arrivé à la dernière dans le tome 1… Oupsie.). Un rôle qu’elle trouve parfait pour elle évi-de-mment et rien ne pourra l’empêcher d’obtenir une invitation. Quand je dis rien, ça comprend le vol, les mauvaises fréquentations, la manipulation, l’adhésion à un culte ou encore du travail manuel. Et « rien » comprend aussi la série de morts violentes qui semble frapper tous ceux qu’elle fréquente. Suspecte principale dans l’enquête menée par la police de Grisaille, Tristabelle n’a pas fini d’en voir…

Contrairement au Complot des corbeaux, ce roman est écrit à la première personne. Le lecteur est plongé dans la tête de Tristabelle, qui s’adresse directement à eux comme une entité qui habiterait son esprit. Une sorte d’habitude, pour elle, tout-est-normal. Tristabelle est un personnage terriblement égoïste. Une femme dangereuse, sociopathe et scandaleuse dans chacune de ses réflexions. Elle est horrible… Et merveilleuse à suivre ! Quel plaisir de côtoyer un personnage qui sort du lot, sans aucune morale, c’est tellement subversif qu’on ne peut qu’adhérer. J’apprécie beaucoup la façon dont l’auteur créé une culture propre à son univers qui fait voler en éclat notre notion d’humanité, au point de renverser complètement les codes moraux. C’est ce type de livre que je recherche en général et je ne pensais pas le trouver dans une saga dite « jeunesse ». À de nombreux moments, j’ai souris et même ris de bon cœur tant cette anti-héroïne est très inspirée. L’auteur n’a pas de limite, il parvient à nous plonger dans la psyché spéciale de ce personnage hors du commun avec un réel talent. J’ai adoré chaque page de ce roman principalement grâce à ça. Sans doute Tristabelle serait-elle ravie (mais pas surprise) d’apprendre qu’elle porte la totalité du récit sur ses épaules.

Toutefois, Tristabelle n’est pas la seule qu’on suit. C’est le cas pendant la première partie du roman mais elle « chasse » parfois le lecteur de ses pensées pour préserver certains de ses secrets (et les rouages de l’intrigue) ce que j’ai trouvé plutôt brillant comme procédé narratif pour ne pas tout révéler en une seule fois. Ariel Holzl contourne habilement les restrictions d’un roman à la première personne ! Du coup, il alterne avec des chapitres sur Merry qui permettent de compléter certains éléments de l’intrigue. Si ça peut donner l’impression de sortir du récit, finalement, tout s’imbrique plutôt bien. J’ai deviné l’intrigue moins rapidement que dans le Complot des Corbeaux, du moins pour une partie. Et je ne m’attendais certainement pas aux évènements finaux ! Je ne vais pas trop en dire mais j’ai trouvé ça osé et ça a fonctionné avec moi.

Par contre, je reprocherai deux choses à ce livre : j’ai trouvé la fin plutôt rapide, un peu comme dans le premier. J’aurai préféré que l’auteur prenne davantage son temps, surtout sur la partie liée au masque (je n’en dis pas plus) qui parait un peu sortie de nulle part. Ensuite, Dolorine est quasiment absente du roman et c’est plutôt dommage. J’aurai aimé découvrir d’autres pages de son journal intime, pour apporter davantage de relief à ce récit. Ça n’empêche pas le livre d’être très bon, je vous rassure ! Je donne simplement mon avis personnel. Puis il reste (au moins?) un tome alors je veux croire que la plupart des réponses aux questions restantes s’y trouveront.

Pour résumer, ce second tome des Sœurs Carmines est une réussite qui surpasse même la qualité du premier. Le personnage de Tristabelle est absolument extraordinaire, j’ai beaucoup aimé la fin et toute la poésie qui se dégage finalement du récit, sur lequel je ne vais pas m’attarder pour ne pas spoiler mais Ariel Holzl a été vraiment bien inspiré là-dessus. Un coup de cœur pour moi, je me réjouis de découvrir le tome 3 ♥ Je recommande chaudement cette saga !

Les Sœurs Carmines #1 le complot des corbeaux – Ariel Holzl

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Le premier tome des Soeurs Carmines, intitulé « le complot des corbeaux » est écrit par l’auteur français Ariel Holzl et publié aux Éditions Mnémos au prix de 17 euros par tome.
Je remercie chaleureusement les Éditions Mnémos pour ce service presse.
Ce livre rentre dans le challenge S4F3 proposé par Albédo.

J’entends parler de ce roman sur la blogosphère depuis un bon moment et comme souvent quand un livre créé le buzz, j’ai peur de me lancer et d’être déçue. J’ai donc retardé au maximum ma lecture mais j’ai finalement craqué aux Imaginales en le demandant avec d’autres SPs. J’ai quand même eu besoin d’un bon mois pour me lancer dans l’aventure et je dois avouer que j’ai été très agréablement surprise !

Les sœurs Carmines sont au nombre de trois: Merryvère, Tristabelle et Dolorine. Nous suivons la première, Merry, qui est voleuse de profession même si elle manque un peu de chance dans l’exercice du crime. Le roman s’ouvre sur Merry et Tristabelle en train de profaner une tombe pour récupérer un doigt, qui servira de clé pour ouvrir un coffre… Autant dire que son contenu n’a pas fini de causer des soucis aux sœurs Carmines ! L’action se passe à Grisaille, une ville pas franchement accueillante que se partagent plusieurs maisons. Certaines sont spécialisées dans la nécromancie, d’autres ne comptent que des vampires, l’ambiance macabre et morbide est au rendez-vous, mais l’auteur ne donne pas dans l’oppressant ou le lourd, non. C’est un monde tout en nuance de brume et de noir, riche en couleurs sombres.

La première chose qui m’a séduite, c’est donc l’univers. Dès le début du livre, on ressent une ambiance très Tim Burton, annoncée sur la page de lancement du livre. Un macabre merveilleux absolument délicieux à découvrir et qui prête souvent à sourire, dans le bon sens du terme. En cela, la plume de l’auteur sert admirablement son ambiance: Ariel Holzl maîtrise son vocabulaire et offre une musicalité unique à son texte.

Si j’ai d’abord eu du mal à m’attacher à Merry et Tristabelle, j’ai immédiatement été séduite par Dolorine. J’ai adoré découvrir les chapitres de son journal, sa poupée m’intrigue et ses capacités également. Elle ajoute une plus-value non négligeable au livre, là où je trouve Merry un peu fade (surtout en comparaison des deux autres en fait, pas en elle-même) et Tristabelle détestable. Pour autant, plus j’avançais dans le livre et plus je souriais de ses réflexions carrément égocentriques et déplacées. La magie opère !

Même si les rouages de l’intrigue se devinent assez facilement, le roman reste passionnant et dynamique. On ne s’ennuie pas une seule seconde et les pages s’enchaînent très vite, au point que j’ai lu ce tome en deux jours seulement (et je bosse en journée, imaginez !). Je me réjouis vraiment de découvrir la suite des aventures des trois sœurs, surtout que la fin a eu le mérite de me laisser « sur le cul » et sur ma faim. Un cliffhanger aussi frustrant que bien placé, comme de juste dans le premier volume d’une série.

En bref, j’ai adoré ce premier tome des Sœurs Carmines que je recommande au plus grand nombre. Ce roman, à destination d’un large public, propose une fantasy urbaine influencée par l’esthétique de Tim Burton, avec des personnages qui marquent les esprits et ne manquent pas de relief. Un lancement addictif, à consommer sans modération !