Frères d’enchantement – Siana

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Frères d’enchantement est un one-shot de fantasy proposé par l’autrice française Siana, dont c’est le premier roman. Éditée chez Rroyzz Éditions dont je découvre pour la première fois un ouvrage (en même temps que leur existence), vous trouverez ce titre au prix de 17 euros.
Je remercie l’autrice pour l’envoi de ce service presse via SimplementPro.
Ce roman est ma neuvième lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire francophone.

J’ai découvert ce roman un peu par hasard au détour d’une chronique de la blogpote FungiLumini. Très intriguée par le pitch et par son retour enthousiaste, j’ai tenté ma chance pour recevoir le roman en service presse et j’ai bien fait parce qu’honnêtement, ça a été une belle surprise !

Nous suivons deux personnages en parallèle. Le premier est Ensio, un fier milicien et héros de sa cité. Au début du roman, on le voit tuer son ami d’enfance, devenu un renégat. L’acte en lui-même n’est pas anodin mais le plus difficile à vivre pour Ensio, c’est ce silence dans sa tête car Ljuka et lui partageaient un lien télépathique depuis l’enfance. Ensio va alors tout tenter pour ne pas sombrer dans la folie. Avec un succès assez relatif.
Le second est Ljuka, dans le passé. Le lecteur l’accompagne au fil de son histoire et comprend les raisons qui le poussèrent à agir comme il l’a fait. On voit également le début de son amitié avec Ensio, la façon dont ces deux amis vont s’éloigner, etc.

L’alternance des points de vue et des époques est bien gérée par l’autrice et permet une immersion dans la psyché de ses deux héros ainsi que dans l’univers unique créé par elle. La narration à la première personne est adaptée à la dimension psychologique du texte et chaque personnage est assez bien caractérisé. Ma préférence va toutefois à Ljuka, pour qui j’ai éprouvé énormément d’empathie contrairement à Ensio que j’ai eu envie de gifler jusqu’à la dernière page du roman. D’autant que la fin est assez malsaine. J’ai du mal à décider si c’était l’intention de l’autrice ou si elle a pensé que l’idée d’Ensio était vraiment bonne mais je suis restée scotchée par un tel égoïsme de la part du personnage. C’est aussi la marque d’un bon roman immersif: le lecteur se prend au jeu, vibre avec les protagonistes. Le seul point négatif que je relèverai par rapport à cet aspect c’est que l’autrice a passé tellement de temps à développer Ensio et Ljuka que, finalement, les personnages secondaires paraissent caricaturaux, sans vraie profondeur et juste bon à remplir des rôles prédéfinis à l’avance pour le bon déroulement de l’histoire. C’est le cas notamment de l’épouse d’Ensio, une femme que les deux amis ont aimé en leur temps.

Frères d’enchantement, c’est donc l’histoire d’une amitié qui se mue en haine et en incompréhension. À cause du système de classe assez rigide, Ensio ne parvient pas à comprendre le goût de son ami pour les arts des Mécanistes ni son « manque d’ambition » à ne pas vouloir décrocher un titre de Maître. L’air de rien, le parallèle avec notre propre société est assez évident et le message de l’autrice plutôt fort: il faut vivre pour soi-même, pour ce qui nous rend heureux, et pas pour l’image qu’on montre à la société. Je valide à 200%.

Il s’agit d’un premier roman mais Siana possède déjà une plume prometteuse quoi que jeune. Il reste des tournures faibles et des répétitions qu’on pardonne volontiers. En plus d’une écriture qui a déjà sa personnalité, Siana jouit d’une imagination débordante. Son univers se révèle original et bien construit avec la présence d’une magie qui est très scientisée. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte mais les chapitres de Ljuka permettent de vraiment bien mettre en place tout cet aspect et d’évoluer en même temps que les protagonistes. À travers son intrigue, l’autrice développe aussi une réflexion marquée sur la lutte des classes et la révolution sociale, qui ne manquera pas de pousser les lecteurs à la réflexion, surtout par les temps qui courent. Parvenir à mêler le divertissement à l’engagement politique, le tout dans un premier roman… Moi je dis bravo.

Pour résumer, Frères d’enchantement est un premier texte de fantasy adulte bien mené. L’autrice propose de suivre Ensio sur les chemins de la folie et Ljuka sur celui de la révolution dans une alternance de point de vue maîtrisée et immersive. Sa plume jeune, son univers personnel et ses idées originales donnent du peps à ce premier roman qui est, pour moi, une belle découverte que je recommande volontiers !

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#VendrediLecture (33)

Bonjour tout le monde !
J’espère que vous avez passé une bonne semaine 🙂 Pour ma part elle a été pleine de rebondissements mais je suis contente d’arriver au bout. Ce matin, je me suis fait un petit plaisir en lisant plusieurs mangas mais je choisis de vous présenter le prochain roman que je compte commencer ce soir ou ce week-end.

Je vous rappelle le concept du VendrediLecture! Il s’agit de partager avec vous ma lecture en cours, avec la 4e de couverture, les informations de l’éditeur et le lien vers sa page sur Babelio. Simple, efficace, pourquoi se compliquer la vie?
N’hésitez pas à me dire si ce rendez-vous hebdomadaire vous intéresse et à le reprendre sur vos propres blogs ^_^ Notez que je ne l’ai pas inventé, je reprends le concept du site VendrediLecture et du #VendrediLecture sur Twitter.

La voie du sabre #1 – Thomas Day
Lecture perso – Folio SF

18« Pour parfaire l’éducation de son fils Mikédi, le chef de guerre Nakamura Ito le confie à un rônin du nom de Miyamoto Musashi. Un samouraï de légende, le plus grand maître de sabre qu’ait connu l’Empire des quatre Poissons-Chats. Ensemble, pendant six longues années, le maître et l’apprenti vont arpenter la route qui mène jusqu’à la capitale Edo, où l’Impératrice-Dragon attend Mikédi pour en faire son époux.
Mais la Voie du Sabre est loin de trancher l’archipel en ligne droite : de la forteresse Nakamura aux cités flottantes de Kido, du Palais des Saveurs à la Pagode des Plaisirs, Mikédi apprendra les délices de la jouissance, les souffrances du combat et la douceur perverse de la trahison. »

Une lecture qui promet ! Je suis très impatiente 🙂
Apprenez en plus sur ce livre sur Babelio ! Moi je viens notamment d’apprendre que c’est un premier tome alors que ce n’est pas indiqué sur ma version. Comme quoi…

Et vous, que lisez-vous? 🙂

Neph et Shéa #1 La Fuite – Aline Wheeler

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La Fuite est le premier tome de la saga fantasy Neph et Shéa proposé par l’autrice belge Aline Wheeler. Disponible en auto-édition, vous trouverez cet ouvrage sur bon nombre de plateformes dédiées, autant en papier (au prix de 16 euros) qu’en numérique, avec également une version disponible pour les personnes dyslexiques !
Ce roman est ma huitième lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire francophone.

Le roman se déroule en Tell’Andra, un monde imaginaire de fantasy médiévale. Nous y rencontrons deux personnages. D’un côté, Neph qui veut échapper à une destinée guerrière alors qu’il est barde et de l’autre Shéa, héritière de la Tour des Ombres qui doit s’enfuir pour sauver sa vie face aux velléités meurtrières de sa famille. Leurs chemins vont se croiser et les mener jusque chez Berth, un étrange vieux monsieur qui a plus d’un tour dans son sac et se révèle proche ami de la Reine. Cette dernière va leur confier une mission d’escorte qui en cache une autre, un peu moins officielle.

J’ai un moment hésité à chroniquer ce texte, je voulais prendre le temps de bien réfléchir sur ce que j’allais dire à son sujet. Ce qui est certain, c’est que ce n’est pas mon genre de fantasy. Elle est trop accessible, trop tout public et comporte pas mal d’éléments trop attendus à mon goût. On reste dans un texte assez classique dans un univers médiéval qui répond aux codes du genre. Et ce n’est pas un mal ! Je ne doute pas que ce texte plaira à un grand nombre de lecteurs, simplement je ne suis pas le public cible.

Au fil de ma lecture, j’ai eu le sentiment de me retrouver dans un jeu vidéo. Le premier nom qui me vient à l’esprit étant World of Warcraft, mais c’est peut-être parce que j’y joue sans discontinuer depuis 2014. Rien que la couverture qui donne directement le ton, je trouve que le personnage féminin (pour représenter Shéa?) ressemble furieusement aux kaldoreis. Toutefois, ce n’est pas une gêne en soi puisque le contenu répond à l’attente du graphisme soigné (parce qu’elle claque quand même cette couverture !), surtout dans la forme narrative et dans la présentation des protagonistes.

En effet, les personnages entrent tous dans des cases attendues et propres au genre littéraire. J’aurai souhaité davantage de nuances sur leur psychologie et leur histoire personnelle. Il est certain qu’on ne peut pas révolutionner le genre à chaque livre toutefois la Fuite souffre des défauts inhérents à un premier roman. Il manque de prise de risque et les scènes d’exposition à travers laquelle l’autrice développe son univers, dans une série de dialogues entre plusieurs personnages, sonnent artificielles. Du coup, difficile de vraiment s’attacher à l’un des héros. Sans compter que le ton général est trop positif, trop de bons sentiments qui me paraissent faux mais j’admets volontiers que je suis miss cynisme et faux-semblants en mode esprit tordu, du coup forcément…. Peut-être que, dans le second tome, l’autrice étonnera ses lecteurs là-dessus mais pour le moment tout le monde fait confiance un peu trop facilement à des inconnus sous prétexte d’un lien familial inconnu jusqu’ici. Les personnages ne sont pas assez méfiants compte tenu de leur histoire personnelle (surtout Shéa) et c’est dommage. J’aurai aimé plus de tensions mais ces choix narratifs collent bien au message positif sur la ténacité et l’espérance qui traverse tout le roman.

Pourtant, ce texte est pas mal, d’autant qu’il s’agit d’un premier roman et en auto-édition ! Alors oui, il y a parfois des scènes d’exposition pas forcément utiles et quelques fautes se cachent encore au détour du texte mais je trouve que globalement, le travail de l’autrice est soigné, ce qui n’est pas une mince affaire quand on s’occupe de tout soi-même. Elle propose un univers bien à elle et hyper référencé qui plaira pourtant davantage aux novices qu’aux habitués mais il faut des romans pour tous les publics. Au fond, Neph et Shéa est parfait pour s’initier au genre de la fantasy et c’est davantage dans ce but que je le recommande. D’autant que la plume de l’autrice est simple et accessible. Aline Wheeler dépeint son univers avec brio et on n’a aucun mal à se représenter non seulement les paysages mais aussi les scènes d’action hautes en couleur qui rappellent le médium vidéoludique. J’ai beaucoup aimé ces sorts colorés, ces ombres insidieuses, ces combats bien menés, c’était rythmé et prenant.

Pour résumer, même si ce roman n’était pas accordé à mon goût personnel, je n’ai aucun mal à lui trouver des qualités qui en font un titre parfait pour s’initier à la fantasy. L’aspect jeunesse justifie certains de ses défauts et le travail en auto-édition de l’autrice est assez remarquable, surtout pour le paysage francophone. Son univers dispose d’une véritable identité et sa plume dynamique rend l’action vivante. En tant que lecteur, on n’a aucun mal à se laisser emporter dans ce bon divertissement de fantasy médiévale.

La Crécerelle – Patrick Moran

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La Crécerelle est un one-shot fantasy écrit par l’auteur français Patrick Moran. Publié chez Mnémos, vous trouverez ce roman au prix de 19 euros.
Je remercie Nathalie et les éditions Mnémos pour ce service presse.
Ce roman est ma septième lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire francophone.

Qui est la Crécerelle? Une femme, une magicienne, une tueuse. Mais qui est-elle vraiment? C’est ce que ce roman nous propose de découvrir à travers le récit au présent d’un narrateur externe qui affirme raconter une histoire inédite au sujet de cette figure détestée au sein de cette diégèse. La Crécerelle voyage et sème la mort sur son passage, contrainte par une entité maléfique avec qui elle a passé un pacte. En tentant de s’en débarrasser, la Crécerelle déclenche une série d’évènements qui risquent d’entrainer la fin du monde.

Le premier élément remarquable de ce roman est sans conteste son style littéraire. Patrick Moran utilise un vocabulaire soutenu à travers une narration à la troisième personne qui reste braquée sur le point de vue de la Crécerelle. Le récit est découpé en cinq spires et un épilogue, chacun précédé d’un tirage de tarot très mystérieux tout comme chaque en-tête de chapitre s’accompagne d’une réflexion philosophique parfois assez poussée. Si j’ai adoré cet aspect, il ne conviendra clairement pas à tout le monde et explique probablement l’avalanche de critiques mitigées sur ce titre. Notez qu’il n’y a pas que le vocabulaire qui puisse paraître difficilement accessible, il y a également l’univers. Patrick Moran a créé un lore d’une grande richesse dont il distille les détails à travers des scènes contemplatives qui pourraient tenir, par moment, de la digression. Et on va se l’avouer, tous les détails donnés par l’auteur ne servent pas forcément le récit, pas directement. Pourtant, ces passages sont prétextes à des développements métaphysiques qui, personnellement, m’ont ravie ! J’ai rarement été confrontée, en littérature fantasy, à un auteur qui réfléchit aussi loin dans le détail.

Si la Crécerelle se révèle un titre particulier, c’est également à cause de son anti-héroïne. Uniquement nommée par son surnom, elle tue pour servir l’entité dans une optique de moindre mal. De son point de vue, sa vie vaut davantage que celle des autres. Son cynisme et sa franchise m’ont tout de suite séduite. Enfin une héroïne féminine qui assume son humanité, sa dose d’égoïsme, qui sonne tellement vrai ! Elle n’a besoin de personne et prend son destin en main même si elle enchaîne les mauvais choix. C’est d’ailleurs l’un des seuls personnages de ce roman qui porte son nom. On retrouvera également l’entité maléfique présentée le plus souvent sous forme d’un œil ainsi qu’une femme, la Tétragyne, qui subira le contrecoup d’une erreur de la Crécerelle et se décidera à l’accompagner dans son voyage. La relation qui unit la Crécerelle à ces deux protagonistes est assez malsaine et le plus surprenant, c’est que la pire n’est même pas celle avec son bourreau. J’ai trouvé le développement psychologique proposé par Patrick Moran vraiment intéressant et immersif, assez fin dans ses choix.

À cause de son ton globalement pessimiste et de la grande violence de son univers, notamment à travers le côté monstrueux de certaines créatures et les descriptions assez crues des moments horrifiques, la Crécerelle se classe sans difficulté en dark fantasy et même en dark fantasy de qualité, ce qui n’est pas forcément facile à obtenir surtout dans le paysage francophone. Patrick Moran réalise donc un coup de génie qui ravira principalement un public de connaisseur mais qui vaut franchement le détour.

Pour résumer, la Crécelle est un texte fort et soigné qui pousse loin les réflexions philosophiques autant que métaphysiques. Son anti-héroïne bouscule les habitudes du lecteur qui aura peut-être du mal à rentrer dans ce roman différent mais d’une grande qualité littéraire. Son niveau en terme de langage et de contenu rebutera probablement les lecteurs à la recherche de la seule détente mais il séduira sans difficultés ceux avides d’un peu plus que cela. Je recommande très chaudement ce texte que j’ai adoré !

La main de l’empereur #1 – Olivier Gay

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La main de l’empereur
est un diptyque de fantasy proposé par l’auteur français Olivier Gay et le préquel des Épées de Glace dont je vous ai déjà parlé sur le blog (tome 1tome 2) Publié chez Bragelonne, vous trouverez ce titre en poche au prix de 7.90 euros.
Ce roman est ma sixième lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire francophone.

La main de l’empereur retrace l’histoire ou plutôt, les origines de la légende autour de Rekk dit « le boucher » personnage phare et favori dans mon cœur depuis son apparition dans le premier diptyque d’Olivier Gay intitulé les Épées de Glace. Le récit commence par sa conception (si si !) et se poursuit par les détails de son enfance. Ceux qui le lisent après les Épées de Glace sauront déjà beaucoup de choses mais le roman n’en perd pas son intérêt pour autant. Au contraire ! Il est plaisant d’enfin pouvoir différencier la vérité de la légende, de retrouver certains personnages croisés d’un cycle à l’autre. Chaque cycle peut se lire de manière indépendante mais je pense qu’il vaut mieux le lire chronologiquement pour conserver l’intensité de certaines scènes. Quand on sait d’avance quel personnage vit ou meurt, ça casse un brin le suspens.

L’action principale se déroule à Koush, pendant la guerre menée par l’Empire pour s’approprier des terres et surtout, des richesses. Si plus ou moins septante pages intitulées « livre 1 » nous racontent comment Rekk est devenu gladiateur, on plonge dans l’enfer de la guerre et surtout l’enfer de la jungle assez rapidement. Cette fantasy militaire est bien maîtrisée par Olivier Gay qui sait s’y prendre pour construire ses scènes de combat. Nous lui connaissions déjà ce talent mais il me séduit à chaque fois par sa minutie quasi cinématographique. Le lecteur n’a aucun mal à s’immerger et à se représenter l’action. Ainsi, c’est une bonne porte d’entrée pour les lecteurs novices en la matière ou ceux qui sont refroidis par le côté militaire en le pensant trop inaccessible. Faites confiance à Olivier Gay pour vous initier !

L’autre grande force de ce titre est, bien entendu, le personnage de Rekk à cheval entre l’humain et le démon, porteur de cette naïveté et de cet honneur touchant qui ne le rendent pourtant pas infaillible. Grâce à une multiplication des points de vue, l’auteur assiste, impuissant, aux manipulations et les souffrances dont le pauvre guerrier est victime jusqu’au final de ce premier tome qui, bien qu’un peu prévisible, donne quand même de sérieuses envies meurtrières. C’est le style de l’auteur qui donne toute sa saveur au personnage, son swag malgré son côté invincible. La petite touche magique signée Olivier Gay (il n’existe pas de mot de vocabulaire pour la désigner !) qui parvient à mélanger les scènes poignantes et horribles, les répliques mordantes et drôles, pour arriver à un équilibre surprenant. La signature des grands.

Après, on ne va pas se mentir, l’intrigue ne déborde pas toujours d’originalité et Olivier Gay donne parfois trop rapidement les clés du récit que pour mettre en place un suspens efficace. On détecte rapidement les vrais méchants et les grands manipulateurs, ça manque peut-être un brin de nuance quoi que certains personnages ne manquent franchement pas de culot (je me tais pour ne pas spoiler mais le coup du stylet et de la lettre: énorme !) Cela n’empêche pas le lecteur de tourner les pages avec avidité, emporté par le style sans fioriture de l’auteur, aussi brut que Rekk peut l’être et aussi précis que les pas du Danseur Rouge dans son dernier duel. Olivier Gay abhorre les digressions et on l’en remercie car il offre ainsi un page-turner d’une redoutable efficacité qui me donne envie d’enchaîner immédiatement sur le second tome pour avoir le fin mot d’une histoire que je connais pourtant déjà ! Merveilleux non? C’est la magie de cet incontournable auteur du paysage SFFF francophone.

En bref, la main de l’empereur est une fantasy divertissante et bien menée. Elle reste classique dans son intrigue mais son héros a un je-ne-sais-quoi de spécial qui le rend incroyablement attachant. Le lecteur se retrouve embarqué dans les filets d’Olivier Gay (une fois de plus !) et y prendra probablement beaucoup de plaisir. Autant que moi, j’espère. Je le recommande à tous les amateurs du genre mais aussi aux novices car ce titre me parait être une très bonne porte d’entrée dans la fantasy réaliste, inspirée de l’empire romain et militariste juste comme il faut pour convenir à tous.

#VendrediLecture (32)

Bonjour tout le monde !
L’article arrive un peu plus tard aujourd’hui parce que j’ai passé la matinée à terminer le premier tome de la Main de l’Empereur dont la chronique arrivera probablement demain ou dimanche. Quel plaisir ! Du coup ça me permet d’enchaîner sur un autre roman dont je vais m’empresser de vous parler.

Je vous rappelle le concept du VendrediLecture! Il s’agit de partager avec vous ma lecture en cours, avec la 4e de couverture, les informations de l’éditeur et le lien vers sa page sur Babelio. Simple, efficace, pourquoi se compliquer la vie?
N’hésitez pas à me dire si ce rendez-vous hebdomadaire vous intéresse et à le reprendre sur vos propres blogs ^_^ Notez que je ne l’ai pas inventé, je reprends le concept du site VendrediLecture et du #VendrediLecture sur Twitter.

La Crécerelle – Patrick Moran
Service Presse – Mnémos

5« La Crécerelle a le goût du sang. Mais qui sait pourquoi elle tue ? Pour l’argent, pour le plaisir, ou bien pour servir les puissances de l’outre-monde ?
Femme du Sud dans les terres du Nord, experte des arts magiques dans une contrée qui les méprise, la Crécerelle parcourt les cités-États du désert, semant violence et mort sur son passage. Une question demeure… combien de temps encore pourra-t-elle supporter cette vie d’atrocités ?
C’est justement en cherchant à se libérer de l’entité maléfique qui contrôle sa vie, qu’elle va déclencher une série d’événements d’ampleur cataclysmique. Une spirale infernale dont, cette fois, elle ne pourra pas se sortir seule. »

Alléchant non?
Vous trouverez davantage d’avis concernant ce roman sur Babélio.

Connaissez-vous ce titre? L’avez-vous déjà lu? 🙂
Que lisez-vous en ce moment?

La Passe-miroir #1 les fiancés de l’hiver – Christelle Dabos

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Les fiancés de l’hiver est le premier tome de la saga bien connue de la Passe-miroir écrite par l’autrice française Christelle Dabos. Composée en tout de quatre tomes, trois sont déjà sortis à ce jour. Publiée chez Gallimard Jeunesse, vous pouvez retrouver ce tome en poche au prix de 8.65 euros.
Ceci est ma quatrième lecture dans le cadre du Printemps de l’Imaginaire francophone.

J’entends parler avec beaucoup d’enthousiasme de cette saga et ce, depuis longtemps. En général, c’est quelque chose qui m’effraie puisque mes goûts ont tendance à différer de ceux du grand public (quand je la relis, cette phrase est terriblement condescendante mais ce n’est pas le but du tout, je veux juste dire que je suis vraiment une emmerdeuse tatillonne :D). En plus, c’est une saga classée en jeunesse (même si après lecture, le terme « tout public » serait bien plus adapté pour la qualifier) donc j’ai mis du temps à me la procurer et encore plus à la sortir de ma PàL. Sans le PIF, je pense que le livre y serait encore.

Et quel dommage ! Parce que, vraiment, il y a du bon et même du très bon.
Nous suivons l’histoire d’Ophélie, une animiste promise du jour au lendemain à un homme du nord sans qu’elle sache trop pour quelle raison. On va l’arracher à sa famille pour la précipiter sur une autre Arche où tout est très différent de son monde originel. Ophélie va devoir apprendre à composer avec leurs mœurs mais aussi parvenir à démêler les fils des mystères et des complots entourant son arrivée là-bas. Entre un fiancé qui la met en garde sans trop lui en dire et une tante qui a une notion bien à elle de la protection, la pauvre n’est pas sortie de l’auberge.

Deux choses sont particulièrement remarquables dans ce roman:
La première, c’est l’univers ou le world-building pour utiliser un terme que je vois souvent passer. Christelle Dabos a une imagination débordante et très originale. Je ne me rappelle pas avoir un jour lu quelque chose de semblable (depuis Harry Potter, entendons-nous) et sans conteste, l’univers de la Passe-miroir a une identité très forte.

La seconde, c’est le personnage d’Ophélie.
Comprenez moi bien. Chaque personnage de cette saga a une identité propre, une profondeur. Ils sortent du lot et sont complexes, inutile d’espérer se fier à la première impression. Tous sont parvenus à provoquer une émotion plus ou moins forte en moi et je me suis laissée perdre, à l’instar de l’héroïne. Là-dessus, une fois de plus, le travail de Christelle Davos est saisissant. Mais Ophélie est une protagoniste principale comme j’aimerai en voir plus souvent. Ni trop forte, ni trop faible avec beaucoup de résilience. Elle ne s’apitoie pas sur son sort et essaie de trouver du positif dans sa situation. Son indépendance est importante pour elle mais ça ne la rend pas stupide ou trop intrépide pour autant. Je l’ai adorée et c’est principalement pour cette raison que je poursuivrai la lecture de cette saga.

Parce que malheureusement, tout n’est pas rose ni parfait dans ce premier tome qui aurait mérité un meilleur travail de la part de son éditeur. Il reste des tournures lourdes, des répétitions et surtout, il est lent. Vraiment lent. Pourtant, quand j’y repense, il se passe plein de choses mais à la lecture ça me paraissait beaucoup trop long. D’ailleurs je l’ai trainé plusieurs jours alors qu’en soi, j’aimais l’histoire comme l’héroïne. Il souffre, finalement, des défauts d’un premier roman MAIS pour un premier roman, il a aussi des qualités particulièrement remarquables et je comprends qu’il ait remporté le concours Gallimard à l’époque.

En bref et pour résumer, les fiancés de l’hiver est un premier tome qui souffre des défauts d’un premier roman (et d’un premier tome notez) sans pour autant perdre son intérêt. L’univers imaginé par l’autrice est saisissant et son héroïne marquera longtemps ma mémoire. Je ne le recommande pas aux lecteurs les plus exigeants ou les plus aguerris en la matière mais je pense que c’est une saga qui peut facilement donner le goût de la (bonne) lecture aux adolescents. Je comprends pourquoi elle a un tel succès et je suis curieuse de lire le second tome pour voir si l’autrice s’améliore sur un plan formel. Une agréable lecture !