La Voie Verne – Jacques Martel

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La Voie Verne est un one-shot d’anticipation / science-fiction proposé par l’auteur français Jacques Martel. Nouveauté de chez Mnémos pour Janvier 2019, vous le trouverez en grand format au prix de 20 euros.
Je remercie Nathalie et les éditions Mnémos pour ce service presse !

Avant d’aller plus loin je dois préciser que ce roman a été difficile à chroniquer sans spoil et qu’il manque plusieurs éléments que je choisis d’écarter pour vous permettre de découvrir le texte dans sa totalité. Qu’on veuille bien me le pardonner pour cela.

L’histoire de la Voie Verne est racontée à la première personne par le personnage de John, à travers ce qui ressemble à un journal vocal (et je lui fais ici le même reproche que dans Frankenstein Délivré, du coup). Au début du roman, John se présente à la demeure des Dumont-Lieber en espérant obtenir la place de majordome vacante depuis quelques temps. Agathe, la châtelaine, y vit avec deux domestiques et Gabriel, son petit fils autiste. Ce dernier passe toutes ses journées dans le Halo, une réalité virtuelle dans laquelle on entre à l’aide de lunettes spéciales. Gabriel est aussi passionné par les Voyages Extraordinaires de Jules Verne même si beaucoup de gens semblent l’avoir oublié.

Le point fort de ce texte est sans conteste son univers et l’engagement idéologique qui en découle. Nous sommes toujours au XXIe siècle où le progrès technologie a peu à peu effacé le papier, raison pour laquelle je parle d’anticipation. La numérisation paraissait être la bonne solution pour tout le monde, jusqu’à ce que le Big Worm, un virus informatique, efface une grande quantité de données. En fait, les données de Z à V dans leur totalité et quelques autres des lettres suivantes, avant d’être arrêté. Du coup, impossible pour John, spécialiste de Jules Verne (et peut-être davantage ), de consulter ses œuvres puisque lui-même avait tout stocké en ligne. Sur différents espaces de stockage mais ça ne change pas grand chose. Heureusement, si posséder du papier est presque un crime dans cette France d’anticipation, John soupçonne les Dumont-Lieber de disposer une bibliothèque secrète, vu la passion bien connue de la famille pour Jules Verne. Voilà comment il se retrouve à travailler pour la châtelaine.

Jacques Martel propose ici un roman à cheval sur plusieurs genres. J’ai évoqué l’anticipation qui tourne à la science-fiction sur certains points du récit (du moins par rapport à notre époque mais d’une, ça se discute et de deux, ne soyons pas scolaires dans la classification littéraire 🙂 ). On trouve également des concepts métaphysiques qui ne parleront peut-être pas à tout le monde. Il devise énormément sur la force du mythe dans l’immortalité du corps (et de l’esprit), sur l’égrégore, la métempsychose, qui sont des éléments centraux du roman justifiant le projet de John et surtout, le soutien qu’il cherchera auprès de Gabriel. Si toutefois il parvient à communiquer avec lui… Ces points font également entrer ce texte dans la veine fantastique.

Sur un plan signifiant, la Voie Verne est très fort et engagé. J’ai hélas trouvé que, parfois, le propos théorique alourdissait le texte, provoquait des longueurs et entravait la rythmique de l’intrigue. Puis j’ai définitivement un souci avec ce type de narration qui paraît trop factice pour me permettre d’entrer dans la diégèse du roman. Fidèle à son modèle, l’auteur a cherché à enseigner, dans ses textes. À transmettre. Et en ça, on peut dire qu’il réussit, même si je trouve que c’est au détriment de l’histoire racontée. Il faut savoir que de Jules Verne, je n’ai lu que Michel Strogoff et je n’en garde pas spécialement un agréable souvenir. Si j’appréciais la démarche éducationnelle, je lui trouvais souvent des digressions techniques / théoriques qui ne conviennent plus, je pense, aux lecteurs de ma génération. C’est principalement une question de goût mais c’est ce qui m’a empêché de rentrer dans ce roman.

Ce que je regrette car je lui trouve pas mal de bons côtés et je suis certaine qu’il touchera son public de destination, auquel je n’appartiens pas. La Voie Verne propose une réflexion très intéressante sur des thèmes contemporains forts en plus de mettre positivement en avant la différence, à travers le personnage de Gabriel. J’ai beaucoup aimé son discours sur l’autisme et les formes d’intelligence. On est sans conteste face à un auteur érudit qui a peut-être été maladroit en voulant traiter trop de sujets d’un coup. Toutefois, la Voie Verne a des qualités et vaut la peine rien que pour son propos théorique. Je pense qu’il vaut mieux d’ailleurs le prendre comme une tentative de croisement entre l’essai et le roman plutôt que comme un roman « normal » (si tant est qu’il soit pertinent d’affirmer qu’il existe une norme au sein du genre roman. Là aussi, on peut discuter…). La Voie Verne touchera les adeptes de Jules Verne mais aussi les curieux qui chercheront à découvrir ce petit ovni littéraire à cheval entre passé, présent et avenir. Un nouveau texte qui ose et sort des sentiers battus pour Mnémos !

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L’Empire du Léopard – Emmanuel Chastellière

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L’Empire du Léopard
est un one-shot de flintlock fantasy (ou gunpowder fantasy en fonction des écoles, je vous renvoie chez Apophis pour y voir plus clair sur ces qualifications) écrit par l’auteur français Emmanuel Chastellière. Édité chez Critic, vous trouverez ce roman au prix de 25 euros.

J’entends parler de l’Empire du Léopard depuis sa sortie l’année dernière, chez la majorité des blogpotes que je suis. Voir un livre unanimement encensé par ces connaisseurs parfois si difficiles à satisfaire m’intriguait beaucoup et m’intimidait à la fois. Je me suis finalement laissée tenter quand mon amie Laure-Anne a proposé de me le prêter. Il traine dans ma PàL depuis les Imaginales (scandale !) parce que j’avais un peu peur de le sortir… Et d’être déçue. De trop en attendre.
Si vous lisez assidument les articles du blog, vous connaissez déjà la suite de cette phrase.

L’Empire du Léopard se passe en 1870. Le Coronado a conquis la Lune d’or depuis six ans mais la colonie va mal. Ils partaient en espérant trouver des richesses et la fontaine de jouvence, ils n’ont eu que des indigènes et une terre hostile. Le colonel Cérès Orkatz (surnommée la Salamandre) tente de maintenir la barre tant bien que mal en soutenant le vice roi Philomé dans ses décisions et en présentant un front uni devant le Conseil agité. C’est alors qu’un message arrive du mystérieux Empire du Léopard dont ils ne connaissent pas grand chose et qui paraissait tenir de la légende. Une proposition qui pourrait tout changer…

L’empire du Léopard est un roman aux nombreuses forces et j’hésite encore sur son meilleur côté. C’est probablement le traitement des personnages proposé par Emmanuel Chastellière qui m’a le plus marquée ! Cérès est celle que le lecteur suit principalement mais les points de vue se multiplient tout de même dans ce roman rédigé à la troisième personne. Ils permettent de nuancer certains propos et d’y voir plus clair dans d’autres. J’ai trouvé assez intéressant le personnage de Cortellan, capitaine des mercenaires qu’on a plus d’une fois envie de gifler ainsi que celui de Camellia, une indigène qui a choisi de rejoindre les rangs des envahisseurs pour échapper à un destin funeste. Ils ne sont pas les seuls, en réalité. En général quand les points de vue se multiplient, il y a toujours l’un ou l’autre personnage un peu moins intéressant mais ce n’est pas le cas ici. L’auteur propose un bel équilibre dans sa narration, ce que je tenais à souligner.

L’intrigue est complexe mais bien amenée. On ne peut faire confiance à personne dans la Lune d’Or et si certaines trahisons s’anticipent aisément (à moins que je ne sois trop méfiante ?), d’autres sont de vraies surprises. Les événements s’enchaînent de manière fluide. Évidemment, une phase d’exposition est nécessaire pour comprendre non seulement l’univers, mais également les personnages. Elle dure sur le premier tiers du roman et j’ai remarqué que certains le signalaient comme une faiblesse. Toutefois, sur un plan personnel, je ne l’ai pas du tout vécu comme ça. Chaque chapitre me paraissait pertinent et bien découpé. Si j’ai peut-être un léger reproche à adresser au roman là-dessus, c’est plutôt sa fin qui m’a donné un sentiment de trop. J’y ai trouvé quelques longueurs et un traitement qui m’a rappelé certains shônen (je ne sais pas si l’auteur aime le manga ?) ou en tout cas une fantasy plus classique qui en met plein les yeux, sur le côté abusif des puissances déployées. C’est une question de goût et de point de vue, évidemment, mais j’aurai apprécié un peu plus de sobriété bien que le contraste entre les opinions des personnages sur la magie et son déploiement ne manque pas forcément d’intérêt.

Emmanuel Chastellière aime la fantasy et ça se sent à chaque page de l’Empire du Léopard. Il utilise un langage précis mais pas ampoulé et maîtrise le vocabulaire autant colonial que militaire pour dépeindre un univers inspiré qui sort des sentiers battus. Je ne suis pas non plus une spécialiste toutefois le roman m’a paru très crédible sur ces points. Par bien des aspects, L’Empire du Léopard m’a rappelé l’excellente saga Les Elfes de James Barclay (sûrement dans mon top 3 des meilleures trilogies fantasy de tous les temps) qui se déroule dans un environnement (géographique et ambiance) semblable et traite aussi les thématiques du colonialisme, des abus perpétrés par les envahisseurs, des illusions qu’on entretient sur les autres cultures, du racisme, de l’ethnocentrisme, entre autres.

Je ne vais pas m’aventurer à tenter de classifier ce roman mais j’ai eu le sentiment de découvrir une dark fantasy par son ambiance et les frontières floues des valeurs de chaque personnage. Une dark fantasy qui sort de son cadre médiéval habituel pour se placer en des terres exotiques (welcome to the jungle, comme le disait la chanson !) ravagées par des envahisseurs cupides et aveugles. Le ton du roman est globalement désabusé et le lecteur avance sur une poudrière qui pourrait exploser à n’importe quel moment. Les personnages qui entretiennent encore de l’espoir connaissent d’ailleurs des destins assez funestes, comme un message supplémentaire.

En bref et pour conclure, l’Empire du Léopard est une vraie réussite. Ce page turner  de 650 pages se lit tout seul malgré son épaisseur qui pourrait rebuter quelques lecteurs et quel tort ce serait ! Emmanuel Chastellière pose un univers exotique riche et intéressant qu’on a peu l’habitude de trouver dans la fantasy française, avec un style littéraire maîtrisé de bout en bout. Je recommande plus que chaudement ce texte !

#VendrediLecture (24)

Salut tout le monde !
Les examens sont terminés pour moi, ce qui signifie que mon rythme de lecture va reprendre du poil de la bête. J’ai passé la semaine à lire l’Empire du Léopard, terminé ce matin. La chronique arrive bientôt mais j’ai déjà pu commencer mon premier service presse de 2019. Et croyez-moi, c’est prometteur…

Je vous rappelle le concept du VendrediLecture! Il s’agit de partager avec vous ma lecture en cours, avec la 4e de couverture, les informations de l’éditeur et le lien vers sa page sur Babelio. Simple, efficace, pourquoi se compliquer la vie?
N’hésitez pas à me dire si ce rendez-vous hebdomadaire vous intéresse et à le reprendre sur vos propres blogs ^_^ Notez que je ne l’ai pas inventé, je reprends le concept du site VendrediLecture et du #VendrediLecture sur Twitter.

La Voie Verne – Jacques Martel
Service presse – Mnémos

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« Un futur qui pourrait être aujourd’hui : l’usage du papier a disparu et l’ensemble des connaissances a été numérisé, jusqu’à ce qu’un virus informatique terriblement puissant et fulgurant en anéantisse une grande partie.
Dans ce monde au savoir gangrené, John, un homme d’âge mûr, devient majordome pour de mystérieuses raisons dans une famille richissime, recluse dans un immense manoir perché au cœur des Alpes. C’est là que vit Gabriel, un étrange enfant qui passe son temps dans un univers virtuel mettant en scène un XIXe siècle singulièrement décalé où il retrouve tous les héros, machines et décors de Jules Verne, un écrivain depuis longtemps oublié…
Confronté au mutisme du jeune garçon, aux secrets et aux dangers du monde virtuel dédié à Jules Verne, John s’embarque sans le savoir dans une aventure dont les enjeux se révéleront bientôt vertigineux. »

Ce roman est inédit et ne dispose pas encore de critiques !

Alors, ce résumé vous inspire-t-il autant que moi? 🙂

FOCUS – Partenariat : Mnémos

Bonjour à tous !
Ne jamais reporter au lendemain ce qu’on peut (ce qu’on doit) faire tout de suite ! La preuve. Depuis le temps que je devais écrire un article « focus » au sujet de Mnémos… Le voilà seulement qui arrive alors que cette maison d’édition a été le deuxième partenaire officiel du blog, depuis mai 2018. À tout seigneur, tout honneur, c’est parti pour découvrir cet éditeur phare sur la planète SFFF.

_logo_mnemos_new_2013Mnémos est une maison d’édition qui existe depuis 1996 (donc j’avais trois ans à l’époque hein, pour vous situer) et membre fondateur des Indés de l’Imaginaire.
Elle propose une littérature SFFF vivante, de qualité et originale. Leur politique éditoriale s’articule autour de deux grands axes: la découverte de nouveaux talents et la mise en avant des auteurs francophones, ce qu’ils font avec brio (je trouve, mais ça n’engage que moi. Mais je trouve quand même.)

La structure dispose de plusieurs collections :
Icares : livres grands formats principalement de fantasy mais pas que, en lecture immédiate et parfaits pour débuter dans les genres de l’imaginaire.
Dédales : livres grands formats qui passent entre les genres, qui mixent les thèmes, les styles, pour donner un nouveau souffle à la littérature de l’imaginaire.
Essais et anthologie
Ourobores : beaux-livres.
Sciences-fiction (comme son nom l’indique)
Hélios : collection poche.
Naos : label jeune adulte.

Pourquoi j’aime Mnémos? Parce qu’ils proposent des romans originaux qui se servent des codes de leurs genres tout en les réadaptant, les contournant, en se les réappropriant. Il y a, on le sent, une vraie politique engagée en terme de dynamisme dans la littérature imaginaire et ça me plait. Surtout depuis que j’ai fait une sacrée overdose des titres mainstreams dans mes genres favoris, chez d’autres éditeurs. Mnémos ose se renouveler, signer des auteurs atypiques, proposer des romans qui sortent des sentiers battus et pour ne rien gâcher, fait un très beau travail sur l’objet livre de manière générale.

Pour rappel, voici les romans déjà lus et chroniqués sur le blog concernant cette ME, par ordre chronologique. Ceux suivis d’un ♥ sont ceux pour lesquels j’ai eu un coup de cœur. Ce qui ne signifie pas que les autres sont moins bons (sinon je ne les aurai pas chroniqués, souvenez-vous !), juste que j’en ai préféré certains. Les goûts et les couleurs hein 🙂
Dans les veines – Morgane Caussarieu ♥
Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé – Raphaël Albert (trois tomes) ♥
Le jeu de la trame (intégrale) – Sylviane Corgiat et Bruno Lecigne
Notre-Dame des Loups – Adrien Tomas ♥
Grand Siècle #1 l’Académie de l’Ether – Johan Heliot ♥
Je suis ton ombre – Morgane Caussarieu ♥
Grand Siècle #2 L’envol du soleil – Johan Heliot ♥
Les nouveaux mystères d’Abyme #1 la cité exsangue – Mathieu Gaborit
Shâhra #1 les masques d’Azr’Khila – Charlotte Bousquet
Cœur de rouille – Justine Niogret
Les Soeurs Carmines #1 les complot des corbeaux – Ariel Holzl ♥
Zothique (intégrale) – Clark Ashton Smith
Les Soeurs Carmines #2 – Belle de Gris ♥
Reconquérants – Johan Heliot
Le Bâtard de Kosigan #3 le marteau des sorcières – Fabien Cerutti ♥
Les Sœurs Carmines #3 – Dolorine à l’école – Ariel Holzl ♥
Le Bâtard de Kosigan #4 le testament d’involution – Fabien Cerutti ♥
Les Mondes-Miroirs – Raphaël Lafarge et Vincent Mondiot
La voix de l’Empereur #1 le corbeau et la torche – Nabil Ouali
Frankenstein délivré – Brian Aldiss

Avant d’avoir le blog, j’ai également lu les deux premiers tomes du Bâtard de Kosigan (logique..) je pense d’ailleurs que ce fut le premier roman que j’ai lu chez Mnémos ! Premier roman et premier coup de cœur. C’était en 2015 suite aux Imaginales d’Épinal 🙂 Ils ont également réédité deux romans des Éditions du Chat Noir que j’ai particulièrement apprécié: Apostasie de Vincent Tassy et Smog of Germania de Marianne Stern (faudrait que je fasse un UP dessus vu que je l’ai lu avant le blog…). Malgré cette longue liste, je suis très loin d’avoir exploré leur catalogue mais je suis heureuse que notre partenariat m’en donne l’occasion. D’ailleurs, j’ai récemment reçu La Voie Verne de Jacques Martel ! J’ai hâte de découvrir ce roman.

Si vous ne connaissez pas les éditions Mnémos, je vous encourage à combler cette lacune d’urgence car c’est un éditeur incontournable pour tous les adeptes de la bonne SFFF. Vous pouvez les retrouver sur leur site officiel mais également sur Facebook, Twitter et Instagram.

Connaissiez-vous cette maison d’édition? Avez-vous déjà lu certains de leurs ouvrages? Si non, cette présentation vous donne-t-elle envie de le faire? 🙂

Le chien des Baskerville – Arthur Conan Doyle

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Le chien des Baskerville est un roman policier écrit au début du XXe siècle par le célèbre auteur Arthur Conan Doyle. Vous pouvez trouver une version de ce texte chez presque tous les éditeurs institués. Pour ma part, je l’ai lu dans sa version numérique grâce au groupe « Ebooks libres et gratuits », merci à eux ! Et non, ce n’est pas du vol puisqu’il est libre de droit 🙂
J’ai lu ce roman dans le cadre de mon challenge #LisMoiUnClassique. Il ne s’agit pas de le chroniquer mais plutôt de vous le présenter et de vous partager quelques réflexions personnelles à son sujet.

Le chien des Baskerville (et non « de » Baskerville comme je me trompais lamentablement avant) est l’une des plus célèbres aventures de Sherlock Holmes. Le docteur Mortimer consulte le détective suite au décès du vieux Charles de Baskerville, dans le Devonshire. Il montre à Holmes et Watson un document attestant d’une ancienne malédiction familiale et lui demande conseil car le neveu de Charles, Henry, arrive du Canada pour recevoir son héritage. Et le médecin n’est pas certain qu’il soit judicieux de l’emmener sur ses terres, craignant sans se l’avouer qu’il soit aussi victime du chien infernal. Holmes est intrigué par cette affaire car la mort de Charles reste mystérieuse malgré son cœur fragile. Comment fait-on mourir un homme de peur? Et surtout, dans quel but? Sherlock Holmes sent qu’il y a anguille sous roche. Il accepte donc l’affaire même s’il envoie rapidement Watson, seul, là-bas, en compagnie de sir Henry. Si bien que durant toute une partie du livre, le célèbre détective est absent.

Ce roman respecte tous les canons de son genre: une situation initiale intrigante, des péripéties, une résolution carrée avec une scène finale de longue exposition qui dénoue un à un les fils du mystère. Cette dernière, d’ailleurs, m’a parue assez inutile. C’est une sorte d’épilogue où Holmes et Watson discutent en reprenant les éléments de l’enquête un à un, comme si le lecteur n’était pas assez malin lui-même pour assembler les pièces manquantes du puzzle. Grande était la tentation de passer ces pages même si l’ensemble du roman m’a bien plu.

Et oui ! J’ai été séduite par la dynamique d’écriture très axée sur le dialogue, jusqu’à l’arrivée dans les landes où l’auteur utilise des mots précis et clairs pour planter son décor. On se croirait presque au théâtre tant c’est bien coupé et bien équilibré. Je me suis sentie happée là-bas durant ma lecture et je ressentais toujours l’envie de tourner les pages jusqu’à la toute fin. D’ailleurs, l’angoisse des scènes nocturnes était palpable. Je comprends le succès que rencontrait l’auteur en son temps et dont il bénéficie toujours aujourd’hui.

Dans une précédente chronique, j’ai parlé des soucis de crédibilité posés par une narration à la première personne où le personnage principal écrit (ou dicte) ce qui lui arrive. Ici, le choix est justifié car Watson tient un journal de ses aventures avec Holmes qu’il romance. Ce qui justifie par moment d’intégrer des lettres, des rapports et des télégrammes au récit ainsi que de sauter certains évènements. Ou plutôt, de ne pas les développer sous forme de scène mais plutôt de les renseigner en quelques lignes.

Dernière réflexion: il est amusant que l’un des plus célèbres romans de Sherlock Holmes soit celui où il est absent pendant une grande partie de l’histoire ! Même s’il revient évidemment pour le grand final.

En bref, j’ai passé un bon moment en compagnie de Sherlock Holmes et je suis ravie d’avoir découvert Arthur Conan Doyle avec l’un de ses plus fameux romans, si pas son plus fameux. Son écriture précise et son talent pour les intrigues policières ont très bien vieilli. Je pense que je prendrai la peine de découvrir le reste de son œuvre, ne fut-ce que pour rencontrer le professeur Moriarty.

#VendrediLecture (23)

Bonsoir à tous !
J’espère que vous avez eu une bonne semaine. Pour ma part j’ai reçu pas mal de mauvaises nouvelles et ça a été difficile à vivre. Heureusement, je suis bien entourée et j’ai une bonne lecture en cours alors je relativise. Ce roman, je l’ai découvert grâce à des blogpotes plus qu’enthousiastes et on comprend vite pour quelle raison quand on commence les premiers chapitres.

Je vous rappelle le concept du VendrediLecture! Il s’agit de partager avec vous ma lecture en cours, avec la 4e de couverture, les informations de l’éditeur et le lien vers sa page sur Babelio. Simple, efficace, pourquoi se compliquer la vie?
N’hésitez pas à me dire si ce rendez-vous hebdomadaire vous intéresse et à le reprendre sur vos propres blogs ^_^ Notez que je ne l’ai pas inventé, je reprends le concept du site VendrediLecture et du #VendrediLecture sur Twitter.

L’empire du léopard – Emmanuel Chastellière
Lecture perso – Critic

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« 1890. Après une épuisante campagne militaire, le royaume de Coronado a conquis l’essentiel de la péninsule de la Lune d’Or. Seul l’Empire du Léopard, perdu dans les montagnes, lui résiste encore. Dans l’attente des renforts promis par sa hiérarchie, le colonel Cérès Orkatz – surnommée la Salamandre – peine à assurer l’ordre sur place, la faute à un vice-roi bien intentionné mais trop faible. Dans ce monde de jungle et de brume, les colons venus faire fortune s’épuisent et meurent à petit feu, même si certains au sein du régiment espèrent toujours découvrir la mythique cité de Tichgu, qui abriterait selon les légendes locales la Fontaine de Jouvence… »

Découvrez plus de critiques de ce roman sur Babelio.

Connaissez-vous ce texte ou cet auteur?
N’hésitez pas à me donner votre avis sur cette lecture 🙂

My Home Hero #1 – Asaki Masashi et Yamakawa Naoki

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My Home Hero est une nouveauté de chez l’éditeur Kurokawa, à paraître le 10 Janvier 2019. On retrouve Asaki Masashi au dessin et Yamakawa Naoki au scénario. La série est en cours et compte actuellement 5 tomes au Japon. Vous trouverez ce roman dans vos librairies au prix de 7.65 euros.
Je remercie Babelio et les éditions Kurokawa pour ce service presse reçu dans le cadre de la Masse Critique de décembre !

Que seriez-vous prêt à faire pour sauver la vie de votre enfant? C’est la question centrale de ce premier tome où on rencontre le personnage de Tetsuo Tosu. Père de famille, il rend visite à sa fille qui a tout juste quitté la maison et découvre qu’elle porte des traces de coups. Elle affirme s’être cognée à un poteau mais Tetsuo a un peu de mal à y croire. Il décide donc de la suivre et découvre rapidement qu’elle a bien un petit ami violent. En entendant comment ce dernier parle de Reika, Tetsuo comprend qu’il va devoir agir pour sauver sa fille…

Pourtant, on ne va pas se mentir, Tetsuo n’a rien d’un gars courageux ou particulièrement remarquable. C’est un homme comme les autres qui écrit des romans policiers sur internet et travaille dans une compagnie de jouets. Sa famille est tout pour lui, surtout sa fille, Reika, qu’il aime d’un amour aveugle. Alors comment en vient-il à commettre ce crime? C’est ce qu’on va découvrir.

Ce premier tome pose les bases d’une intrigue prometteuse et sous tension. Si elle reste assez classique (du moins pour l’instant) les évènements gardent le lecteur sous tension. Les points de vue se multiplient: D’un côté, on a les parents de Reika qui essaient de sauver leur fille et de l’autre, un groupe de yakuzas qui ne sont pas prêts de les laisser tranquille. On alterne entre les deux ce qui donne une vision d’ensemble assez riche.

Je ne sais pas précisément à quoi je m’attendais en découvrant ce manga. Pas à ça, surtout vu la couverture. C’est peut-être un des rares bémols, je trouve (personnellement) qu’elle ne correspond pas au contenu de My Home Hero. Elle en donne une fausse image. Toutefois, ma surprise fut bonne. Le traitement du crime et les réactions du père sont vraiment très nippones (vous comprendrez, je ne veux pas vous spoiler). Le dessin réaliste participe à l’ancrage dans le réel de ce thriller qui mérite qu’on lui donne une chance. Autre détail qui me pose un peu problème: il y a déjà cinq tomes publiés au Japon et vu la fin du premier, je me demande comment les auteurs sont parvenus à étirer leur intrigue. J’ai peur qu’ils rajoutent du contenu inutile en surfant sur la vague de leur succès mais je leur laisse le bénéfice du doute vu la qualité de ce que j’ai déjà lu.

En bref, le premier tome de My Home Hero est prometteur. Il offre un thriller sur fond de drame familial avec des personnages terriblement humains et normaux. Ce pourrait très bien être votre père… Il ravira les adeptes de réalisme, en espérant que les auteurs ne tirent pas trop leur scénario sur la longueur.