Le dernier des yakuzas – Jake Adelstein

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Le dernier des yakuzas est le second livre de Jake Adelstein, journaliste américain qui a vécu la majeure partie de sa vie à Tokyo. Vous pouvez retrouver cet ouvrage chez Marchialy au prix de 21 euros. Il s’agit d’un mélange entre la biographie et le compte-rendu journalistique.

Plus tôt cette année, j’ai découvert Jake Adelstein grâce à Laure-Anne avec le livre Tokyo Vice, que j’avais adoré. J’ai tout autant aimé cet ouvrage-ci, que j’ai dévoré en quelques jours !

Le dernier des yakuzas, c’est principalement l’histoire de Saigo. À la fin de Tokyo Vice, Saigo accepte de devenir le garde du corps de Jake, qui a besoin de protection contre le Yamaguchi-Gumi suite à la publication d’un article compromettant sur Tadamasa Goto. En échange, Jake s’engage à écrire sa biographie tout en posant ses conditions: il ne compte pas embellir la vérité ou proposer un ouvrage pro yakuza, il écrira le bon comme le mauvais, une perspective qui convient à Saigo. Il commence donc à lui raconter sa vie, l’âge d’or des yakuzas, dans une grande fresque historique qui débute dans les années soixante pour aboutir à nos jours, en 2017 précisément.

Si cet ouvrage souffre de quelques soucis de traduction (via des tournures malheureuses et parfois un peu rudes qui sont, ceci dit, peut-être dues au style de l’auteur d’origine) il est d’une richesse incroyable et ravira tous ceux qui s’intéressent à la réalité du Japon moderne mais aussi à son histoire de manière plus générale. À travers 363 pages et des dizaines de chapitres courts, Jake Adelstein revient sur l’histoire des plus grands groupes criminels, les liens qu’ils entretiennent entre eux mais aussi avec la police, les politiciens et les affaires économiques. Grâce à la vie de Saigo, l’auteur nous dévoile énormément d’éléments sur les coutumes des yakuzas, des « vrais » ou qui se réclament comme tels, et j’ai trouvé cela passionnant. L’ouvrage est parsemé de diverses anecdotes qui prêteront parfois à sourire, surtout pour nous, occidentaux. Je pense notamment à la scène de la banque ou celle de l’école de police, qui tenaient du mythique.

J’ignore si le contenu de ce livre n’est pas trop romancé, trop enjolivé. J’ai envie de croire que non, parce que l’auteur est journaliste et j’ai foi en son sérieux professionnel. Peut-être que je me suis laissée manipuler par le personnage, peut-être que tout ça est bien vrai, il restera toujours un doute mais quoi qu’il en soit, le dernier des yakuzas mérite d’être lu par tous ceux qui s’intéressent un peu au Japon, à sa culture, à son histoire et qui seraient éventuellement passionnés par les groupes criminels. Les yakuzas sont à part et on les connaît bien mal… J’ai adoré chaque page de ce livre que je recommande très chaudement, de même que Tokyo Vice

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E-STORIC – Thomas Palpant

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E-STORIC
est un one-shot d’anticipation écrit par l’auteur français Thomas Palpant et auto-édité. Vous pouvez retrouver le service presse sur Simplement.Pro ou vous procurer le roman sur Amazon.
Je remercie chaleureusement l’auteur pour ce service presse !
Ce roman entre dans le cadre du challenge S4F3 organisé par Albédo.

J’ai découvert ce roman sur le blog Et tu lis encore Emma. Je ne pense pas que j’y aurai prêté attention sans avoir lu sa chronique, pas parce que ça ne m’intéresse pas mais parce que je fouille assez peu sur ce site en général, sauf pour les éditeurs que je connais déjà. Donc j’en profite pour la citer et la remercier car j’ai été ravie de plonger dans cet univers.

Et si, un jour, vous pouviez consulter l’historique internet de n’importe qui? Que se passerait-il? Cèderiez-vous à la tentation? Respecteriez-vous la vie privée de vos voisins, de vos amis, de votre famille? C’est le principe de ce roman d’anticipation écrit à la première personne, qui se construit comme un questionnement autour des questions du respect d’autrui, de la vie privée et des dérives de la technologie. Un roman moderne, coup de poing, qui ne vous laissera pas indifférent.

Nous suivons un personnage pas vraiment identifié qui nous raconte cet épisode de l’Histoire numérique de l’humanité, un épisode qui s’étend sur six années. Nous suivons, à travers son regard et ses réflexions, les réactions d’une société européenne face à ces divulgations. La colère d’abord, la solidarité, le rejet puis la curiosité malsaine et finalement, les dérives qui vont de plus en plus loin. Je ne vous spoile pas le contenu du livre parce qu’à chaque chapitre (qui sont courts et dynamiques) on tombe un peu plus dans l’excès et quand on se dit que non, ce n’est pas possible… Et bien on se ravise immédiatement. Finalement, l’auteur n’exagère pas et ça rend ce livre terrifiant.

Lisons-nous vraiment une œuvre de fiction? C’est la question que je me suis posée tant la situation posée par Thomas Palpant ne parait pas si insensée que ça, elle est presque prémonitoire. Ce genre de chose pourrait vraiment arriver et ça pousse à réfléchir. Du propre aveu de l’auteur dans les dernières lignes de son roman, c’est ce qu’il espère provoquer chez ses lecteurs: une réflexion, une prise de conscience. Dans mon cas, le pari est réussi. J’ai été saisie, interpelée, ça m’a vraiment plu.

Dans cette perspective, ne vous attendez pas à des personnages très développés. Ils existent surtout pour remplir une fonction, même le héros est là pour nous permettre de nous glisser dans sa peau, de nous mettre à sa place et c’est très réussi. Chacun représente une façon de réagir face à cette crise, ce qui permet de représenter tous les types de profils. Si j’aurai aimé que l’auteur prenne davantage son temps pour développer plus de détails, je dois avouer qu’E-STORIC se lit d’une traite, sans aucune difficulté et nous met un coup de point bienvenu.

Pour résumer, j’ai passé un excellent moment avec cette lecture. Thomas Palpant nous offre un roman très intelligent sans pour autant nous infliger un ton moralisateur. Il nous pousse à réfléchir sur la technologie mais aussi sur l’humanité, la notion de vie privée (trop souvent mise à mal de nos jours) et les dérives diverses et variées. Je trouve ce livre très bon et je le recommande chaudement, il fait partie de ces ouvrages modernes qu’on doit lire pour prendre conscience de nos actes et de nos habitudes. Bravo à l’auteur pour ce texte ! Je le recommande chaudement.

C’est lundi, que lisez-vous? #25

Bonjour tout le monde !
J’espère que vous allez bien et que cette semaine s’annonce sous de meilleures auspices que la mienne. Je suis malade depuis hier, c’est pénible d’être enrhumée par 28° ._. Mais bon, y’a pire dans la vie alors on se motive pour un petit bilan hebdomadaire qui va un peu changer de forme puisque j’ai décidé de laisser tomber le « ce que je vais lire ensuite » pour laisser place à plus de liberté.

Ce que j’ai lu la semaine dernière:

Les trois premiers tomes de Dusk Maiden of Amnesia, un manga terminé en dix volumes un peu particulier mais plutôt prometteur. J’ai d’ailleurs chroniqué le premier tome, si ça vous intéresse ! Ensuite, j’ai lu deux romans ou plutôt, un recueil de nouvelles et un roman. Le recueil, c’est Zothique de Clark Ashton Smith, un des pères fondateurs de la dark fantasy. Ce fut très instructif de découvrir son univers ! Quant au roman, il s’agit de Quand vient la vague de Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier un drame familial à destination d’un public adolescent que j’ai dévoré en une seule journée. Vraiment extra !

Ce que je suis en train de lire:
Le dernier des yakuzas – Jake Adelstein
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Il était temps que je sorte ce bijou de ma PAL, moi qui avait a-do-ré Tokyo Vice du même auteur. Je ne sais pas pourquoi j’ai autant attendu, sûrement à cause des nombreux SP que j’ai reçu mais là, j’ai envie de me faire plaisir à l’approche de mon anniversaire. Je me réjouis de retrouver les aventures de Jake ainsi que ses anecdotes.

Et vous, que lisez-vous? ^_^

Quand vient la vague – Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier

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Quand vient la vague
est un one-shot contemporain destiné à un public adolescent. Écrit en collaboration par Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier, vous le trouverez édité chez Rageot au prix de 15.90 euros.
Cette lecture entre dans le cadre du challenge S4F3 proposé par Albédo.

Un roman adolescent sur fond de drame familial, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé ni même un genre que j’affectionne de manière générale. Deux raisons me poussèrent à sa lecture. Tout d’abord, le fait qu’il ait été écrit en partie par Manon Fargetton, une auteure que j’apprécie tout particulièrement (pour rappel, voici mes chroniques sur l’Héritage des Rois Passeurs, les Illusions de Sav-Loar et Aussi libres qu’un rêve). Ensuite, le fait qu’il m’ait été chaudement recommandé par L-A Braun (pour lire sa chronique, c’est ici !), qui me l’a gentiment prêté. Depuis mars, il traine dans ma PAL et j’ai enfin décidé de l’en sortir.

Et bien croyez le ou non, j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre !

Nous suivons l’histoire de Nina et Clément, un frère et une sœur. Au début du livre, Nina quitte sa maison sans qu’on sache vraiment pour quelle raison. Un an plus tard, son frère, Clément, a continué à vivre sa vie mais un électrochoc va lui faire prendre conscience qu’il n’a pas géré cette affaire comme il aurait dû. Bientôt, Nina aura dix-huit ans et la police devra arrêter les recherches… Poussé par son ami Noah, Clément décide de reprendre l’enquête.

Quand vient la vague alterne deux points de vue. Celui de Nina, à la première personne et au présent, qui nous montre des fragments du passé de l’adolescente pour nous aider à comprendre les raisons de son départ et celui de Clément, dans le présent, qui entame des recherches sérieuses en partant d’une lettre que sa sœur lui a laissé avant de partir. L’un comme l’autre sont profondément touchants. Nina est une jeune fille sensible qui manque de confiance en elle,qui se prend beaucoup trop la tête sur tout un tas de sujets. Je me suis immédiatement reconnue en elle, en ses questionnements, en ses décisions. J’ai trouvé les choix des auteurs vraiment mûrs et intelligents. Quant à Clément, c’est un adolescent passionné par le surf qui rêve de devenir sportif professionnel. Il n’est pas plus bête qu’un autre mais peut-être un peu lâche, un peu passif, un peu égoïste, comme on peut tous l’être. Quand son ami Noah lui fait remarquer qu’à sa place, lui n’aurait jamais arrêté de chercher sa sœur, Clément se rend compte qu’il n’a pas du tout assuré et qu’il y a un grand vide dans sa vie, dans son cœur. Avec ses maigres moyens, il va donc chercher à percer le mystère qui entoure sa disparition, chercher à comprendre. Il a une évolution très intéressante et je pense que la force de ce roman, c’est justement qu’on pourrait tous en être les protagonistes principaux, qu’on s’y identifie très facilement.

Pour fournir une chronique vraiment complète et une analyse approfondie, je devrai vous révéler des points clés du roman et je refuse de vous spoiler quoi que ce soit. Pardonnez-moi donc de ne pas m’appesantir sur les thèmes traités dans ce livre. Si on devine assez vite ce qui a poussé Nina à s’enfuir, c’est surtout la façon dont c’est amené et dont elle va le gérer qui est intéressant, idem dans le cas de Clément. On ne peut pas s’empêcher de se demander comment nous, nous aurions réagi à leur place, de prendre un parti, de se sentir concerné, parce que cette histoire pourrait presque être celle de n’importe qui. Quand vient la vague n’a rien d’un thriller haletant ou d’un roman bourré d’action, il est axé sur le psychologique et réussit bien son coup. J’ignore comment ont travaillé les auteurs mais j’espère qu’ils continueront de collaborer ensemble. Chaque personnage est touchant à sa manière et on se prend d’intérêt pour ce drame familial, intimiste. Les pages défilent sans qu’on les ressente et finalement, Quand vient la vague peut se lit en trois ou quatre heures à peine.

J’ai vraiment passé un très bon moment avec cette lecture toute en sensibilité. Quand vient la vague est un page-turner profondément humain aux thèmes modernes, qui convient aux adolescents comme aux adultes, impossible de rester indifférent face à cette histoire que je recommande très chaudement que ça soit ou non votre tasse de thé. Il y a des histoires, comme celles-là, qui méritent d’être lues et qui toucheront forcément au but. Je recommande !

Zothique (intégrale)- Clark Ashton Smith

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Zothique
est un recueil de nouvelles édité chez Mnémos au prix de 19 euros qui se place dans la veine dark fantasy.
Ce roman entre dans le cadre du challenge S4F3 organisé par Albédo.
Je remercie les éditions Mnémos pour ce service presse !

Zothique est le nom d’un continent mystérieux et ce recueil nous dévoile des histoires qui prennent place dans cet univers. Ces seize nouvelles (plus une sorte de courte pièce théâtrale) ne sont pas forcément liées entre elles même si certaines évocations reviennent d’une à l’autre, souvent via le nom d’un pays ou d’un personnage cité précédemment. Leur point commun: le lieu où elles se déroulent, probablement l’univers aussi et les clins d’œil liés à l’univers de Clark Ashton Smith mais comme ce sont les premiers textes que je lis de lui, je ne peux pas le jurer.

Si Zothique manque de repères temporels et chronologiques, chaque histoire se suffit à elle-même sans forcément nous gratifier d’une morale bien pensante. L’idée générale reste que toute action a des conséquences et qu’il faut payer pour ses actes, peu importes nos raisons. Par exemple, dans l’une d’elle, un nécromancien cherche à se venger d’un roi qui l’a jadis maltraité mais même s’il est l’allié d’un puissant démon, tout ne se passera pas comme prévu. Il n’y a pas vraiment de bonnes âmes ou de bons sentiments, dans Zothique, et c’est très agréable.

Chaque nouvelle évoque des créatures diverses comme des nécromanciens, des dieux dévoreurs de chair, des rois cruels, de vieilles malédictions, des crises de folie et même parfois simplement des amoureux qui vont au-delà de la mort. Les thèmes sombres et malsains se multiplient dans un style très vieille école, ce qui est normal vu que l’auteur est l’un des pionniers du genre. On ressent l’influence des poètes décadents sur Clark Ashton Smith qui possède une écriture à la fois macabre et onirique, très bien maîtrisée. La traduction réalisée par Mnémos me paraît de bonne qualité et j’aurai aimé pouvoir feuilleter l’exemplaire papier pour me rendre compte de la beauté du livre objet, vanté dans d’autres chroniques.

J’ai apprécié certaines nouvelles et d’autres un peu moins, c’est souvent ce que j’ai à reprocher à ce type de recueil. Non pas que ça soit mal écrit mais je trouve que certains textes sont redondants quand on lit le recueil en une seule fois, je vous conseille donc de morceler votre lecture ! De plus, il ne faut pas s’attendre à énormément de dialogues et si c’est quelque chose qui vous dérange (comme c’est mon cas) ce recueil n’est peut être pas fait pour vous. Idem pour la représentation de la femme, il faut se souvenir que l’auteur était un bon ami de Lovecraft et qu’il écrivait dans les années 1920. Ne vous attendez pas à des personnages féminins forts ou même très présents, sauf peut-être dans la nouvelle avec la princesse succube mais et encore…. C’est une fantasy masculine, ce qui n’est pas un reproche. Il en faut pour tout le monde et j’ai apprécié le voyage, je me sens juste obligée de le préciser parce que cela peut juste gêner certains lecteurs.

Malgré ces éléments qui paraissent à décharge et tiennent surtout de mes préférences personnelles, j’ai passé un bon moment avec Zothique qui m’a permis de découvrir un auteur pionnier dans un genre que j’apprécie tout particulièrement. Ce fut une expérience très riche culturellement parlant et je suis contente d’avoir assouvi ma curiosité. Je recommande Zothique à tous ceux qui aiment la fantasy old school, sombre et oppressante. Ce recueil vaut la peine d’être découvert !

Dusk Maiden of Amnesia #1 – MAYBE

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Dusk Maiden of Amnesia est une série terminée sur 10 tomes, scénarisée et dessinée par Maybe. Publié chez Kana dans la collection Dark Kana, chaque volume coûte 7.45 euros et il existe pour l’instant une promotion où le tome 1 est offert à l’achat de deux tomes, dans un pack 2+1 gratuit, dont j’ai évidemment profité.

Dusk Maiden of Amnesia m’a été conseillé par Lire en Bulles, découvrez son avis sur la série !

L’histoire s’ouvre sur une malédiction et la présentation d’une école pas franchement rassurante. L’un de ses élèves, Teiichi, rencontre Yûko dans une partie désaffecté du bâtiment et comprend rapidement que la jeune fille est un fantôme ! Intrigué par le mystère qui plane autour de sa mort, Teiichi rejoint le club des enquêtes paranormales où il va s’intéresser à différentes affaires surnaturelles qui se déroulent entre les murs de son établissement.

Dusk Maiden of Amnesia est une série un peu étrange, un peu bâtarde, qui passe de l’humour léger très nippon à l’horreur plutôt sombre d’une page à l’autre, sans nous y préparer. Du coup, le manga a le mérite de surprendre et d’empêcher le lecteur de s’attendre à quoi que ce soit. Cela dérangera sûrement certains lecteurs, qui auront du mal à se poser et s’immerger complètement mais je crois que les quelques maladresses sont dues simplement au fait que c’est un premier tome qui cherche son rythme.

Dans ce tome 1, Maybe pose les deux personnages principaux et l’univers. Teiichi est un lycéen plutôt normal qui est pourtant capable de voir Yûko, sans qu’on sache pour quelle raison. Je trouve intéressant que, finalement, Teiichi ne se distingue pas particulièrement. Il n’est pas le plus intelligent ni le plus beau mais ce n’est pas non plus un marginal. Il apparaît comme un garçon parfaitement normal qui se retrouve embarqué dans une histoire rocambolesque. Quant à Yûlo, si on a au départ l’impression d’un fantôme plutôt léger, on se rend rapidement compte que sa personnalité est très complexe. J’ai trouvé ce personnage mystérieux et intriguant. Je n’arrive pas à bien la cerner et justement, ça fait tout le charme du manga.

Quant au dessin, je lui trouve une véritable personnalité même s’il reste dans une ligne très moderne. Le trait est maîtrisé, surtout pour les passages horrifiques que je trouve particulièrement saisissants. Tout à fait mon type !

En bref, j’ai passé un très bon moment avec ce premier tome et je vais continuer la série en entier. L’auteur a su m’intriguer et me donner envie de me plonger davantage dans son univers. Je suis ravie d’avoir sauté le pas ! On se retrouve à la fin du dixième tome pour un avis complet sur la saga.

Epic Lanes, an esports adventure #1 – Albert Carreres & Foxy

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Epic Lanes est un manga sur l’e-sport publié chez Hachette, dessiné par Albert Carreras et scénarisé par Foxy (selon les informations du site manga-news) que vous retrouverez au prix de 7.95 euros (8.20 pour la Belgique) dans toutes les librairies.

J’avoue qu’au premier abord, la couverture du manga ne m’emballait pas vraiment et que si je ne l’avais pas reçu en prêt, je ne m’y serai probablement pas arrêtée. Un manga français avec une couverture comme ça… Outch et double outch. Si le thème m’intrigue, le dessin des protagonistes ne me plaisait pas du tout, pas suffisamment asiatique à mon goût. J’ai toutefois été contente de passer outre parce que ce fut une intéressante découverte ! Comme quoi, parfois, il est bon de se rappeler de ne pas juger un livre à sa couverture.

Vous le savez peut-être mais en plus de la lecture, je suis passionnée par le jeu vidéo. Je n’avais encore jamais lu un manga (ni un roman d’ailleurs) qui traite de l’e-sport et qui, en prime, en parle bien. Très référencé, difficile de ne pas faire de parallèle avec le célèbre moba League of Legends. En effet, l’histoire se déroule dans ce qu’on devine être la France (mais je me trompe peut-être !) et l’intrigue se développe autour d’un tournoi inter-école organisé autour du jeu Epic Lanes, qui n’est pas sans rappeler l’Ynov LoL Cup et d’autres évènements régionaux organisés par RIOT. Le jeu se présente comme un moba classique, il emprunte à LoL pour le design de certains personnages (ou alors, les coïncidences sont grosses) avec un petit côté Kingdom Rush (qui est un tower defense) pour ce qui touche à l’interface du joueur. C’est assez amusant d’essayer de repérer toutes les références, mais j’y reviendrai plus bas. Nous suivons donc l’équipe de Kunst, un garçon dont la mère est alcoolique et qui travaille pour essayer de ramener un peu d’argent. Il s’apprêtait à laisser tomber le tournoi quand il a appris qu’une récompense pourrait peut-être le sortir des ennuis. Encore faut-il gagner ! C’est autour de ce tournoi que s’articule l’intrigue du premier tome.

L’ambiance dans laquelle évolue les joueurs est, à mon sens, bien retranscrite. On retrouve les différents profils de joueur, la tentation du hack, l’incompréhension des parents face au temps passé derrière l’écran, mais aussi l’agressivité entre joueurs et le vocabulaire spécifique qui perdra peut-être ceux qui ne sont pas habitués. Certains termes ont droit à une note de bas de page, mais pas tous et je dois avouer que j’étais contente de m’y connaître parce que certains dialogues perdront les novices, c’est certain.

Les phases de jeu sont bien représentées, même si j’ai trouvé que cette finale sur map inédite manquait de crédibilité.  Après, c’est mon côté tatillon et je m’en suis rendue compte parce que je regarde les LCS depuis des années (j’ai commencé à jouer à LoL en saison 2 en même temps, on est à la 8 !). Malgré ça, j’ai passé un très bon moment avec ce manga qui traite de l’e-sport avec bienveillance, ce qui est plutôt positif.

Comme je le disais, il est aussi amusant de chercher les références dissimulées dans le texte. C’est par exemple plutôt drôle que le stratège de l’équipe ait Leeroy pour pseudo. Et pour ceux que ça intrigue, vous trouverez les explications sur Wikipédia. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres qui me font dire qu’au moins un des auteurs de ce manga est un gamer (ou une !). D’ailleurs, je pense que ce titre est destiné précisément à ce public ou à ceux que cet univers intrigue.

Hélas, le gros point noir est, à mon sens, le dessin qui manque un peu de constance. Le trait particulier de Foxy ne s’attarde pas suffisamment (à mon goût, je précise) sur les détails et a un côté trop européen pour ce qu’on attend d’un manga. Cela peut gêner les puristes, dont j’admets faire partie.

Pour résumer, Epic Lanes est un manga qui ravira les fans d’e-sport et de jeu-vidéo de manière générale, surtout les mobas. Il traite d’un sujet encore trop peu exploité dans ce type de média et s’y prend plutôt bien. La fin de ce premier tome laisse présager une intrigue plus complexe pour la suite, une suite à qui je laisse volontiers sa chance. Je recommande !