À l’ombre du Japon #56 { Premier contact avec Horimiya }

Parfois, il m’arrive de lire une romance / tranche de vie dans un lycée. C’est une période de la vie qui m’intéresse beaucoup et dont je suis par moment nostalgique. Pourtant, je me méfie parce que c’est rare pour moi d’y trouver mon compte. Avant de me lancer dans Horimiya, j’ai donc lu le premier chapitre en ligne sur le site de l’éditeur et j’ai tout de suite accroché autant au dessin qu’au principe.

Au moment où je rédige cet article, j’ai déjà lu 6 tomes. 16 en tout sont prévus, la série est terminée au Japon. Dans cet article, je souhaite revenir sur ce qui me plait dans cette série mais aussi sur deux éléments potentiellement « red flag » pour moi.

De quoi ça parle ?
À l’école, Kyôko Hori est une lycéenne aimée de tous pour sa gentillesse et ses bons résultats. Malheureusement, ses parents sont souvent absents et elle doit s’occuper de son petit frère, ce qui l’empêche de sociabiliser en dehors de l’école et d’avoir une adolescence normale. Personne n’est au courant de cela, jusqu’à ce qu’Izumi Miyamura le découvre par accident…

Miyamura est quant à lui un jeune homme qualifié de bizarre par les autres lycéens. Il a des tatouages et des piercings, juste parce qu’il aime ça (et non parce qu’il appartient à une bande de yakuzas !). Au collège, il était très seul et souffrait visiblement de tendances suicidaires. En entrant au lycée, il s’est fait petit à petit des amis notamment Hori, qui deviendra ensuite sa copine. Grâce à ces gens qui lui portent un intérêt sincère, Miyamura commence à accepter ses qualités et prendre conscience de sa valeur.

L’histoire d’amour entre Hori et Miyamura se développe lentement et pendant les cinq premiers tomes, on est plutôt sur une tranche de vie qui parle de la difficulté pour les adolescents d’être soumis trop tôt à de trop lourdes responsabilités et au poids du regard des autres. Leurs sentiments grandissent tout en douceur et c’est très intéressant. La tension narrative est bien gérée ainsi que la manière dont leur intimité est mise en scène, avec subtilité et ce qu’il faut d’ellipse pour qu’on comprenne ce qui a pu se passer entre eux sans pour autant tomber dans le vulgaire ou le voyeurisme.

Autour de Hori et Miyamura gravitent une série de personnages attachants qui sont autant d’intrigues secondaires. Pour une fois, celles-ci ne prennent pas le dessus sur le couple principal qui, jusqu’ici, reste au centre de la série. Ils sont assez prometteurs et je suis curieuse de savoir comment iels vont continuer d’intervenir dans les vies d’Hori et de Miyamura.

Du positif, mais…
Je l’ai dit en introduction, deux éléments m’inquiètent quant à la suite de la série et à la tournure que prendra celle-ci. Il y a d’abord cette fille exécrable introduite dans le tome 4 qui est amoureuse de Hori (elle sort littéralement de nulle part…) et donne lieu au premier « red flag » du manga par son comportement mais aussi par les réactions de Hori et de Miyamura face à elle. La première se montre plutôt gentille et ne la repousse pas très fermement, ce que je ne trouve pas hyper sain que ce soit par souci de respect au sein de son couple mais aussi parce que ça laisse à cette fille la possibilité de se bercer d’illusions… Miyamura est évidemment jaloux et se sent mis en danger car Hori n’est pas sécurisante puisqu’elle invite cette fille chez elle et veut qu’elle et Miyamura deviennent amis alors qu’elles ne se connaissent ni d’Eve ni d’Adam (ou alors c’est vraiment mal expliqué dans le manga papier…) ce que je n’ai pas compris. Pourquoi ? Je ne cherche pas à dire que c’est à la figure féminine de se montrer rassurante mais la situation aurait été inversée que j’aurais tenu le même discours. Il y a un manque de respect assez évident. Disons que c’est peut-être un souci culturel…

Le second « red flag » concerne encore Hori et il s’agit de sa violence physique. Elle passe son temps à distribuer des coups, d’abord à son père qui apparait dans le tome 4 du manga (et qui ressemble plus à un ado attardé qu’autre chose) ce qui est déjà surprenant même s’il s’agit d’un ressort comique plutôt convenu et connu. Je pense spontanément au père d’Ichigo dans Bleach où ils se collent mutuellement des coups sans arrêt et j’admets que dans ce cadre-là, je n’avais pas été choquée -ce qui me pose question. Le souci c’est qu’elle fait aussi preuve d’abus envers Miyamura, déjà rien qu’en se permettant de consulter les messages de son téléphone (que tu aies ou non quelque chose à cacher, je trouve que ça ne se fait juste pas). Quand elle croit en trouver un d’une autre fille, ils se disputent et elle le frappe puis elle le griffe, si bien que Miyamura a un pansement sur la joue le lendemain en cours mais c’est tourné à la plaisanterie. Je sais que culturellement parlant, au Japon, ça doit être difficile à admettre qu’une femme puisse frapper un homme mais ça arrive et c’est de la maltraitance. Même si Hori n’a pas de mauvaises intentions, même si elle s’excuse et même si elle a trop de pression sur les épaules. Je n’aurais pas eu de soucis à ce que cet évènement se produise mais seulement si on le montrait comme problématique, ce qui n’est pas explicitement le cas quoi qu’un ami de Miyamura lui conseille de ne pas laisser passer et de recevoir des excuses de la part de Hori. En tout cas ça ne l’est pas dans le tome 6 mais peut-être que ça le deviendra, je laisse donc le bénéfice du doute.

Hori n’est toutefois pas la seule à user de violence. Miyamura dévoile par moment cette facette de lui même si ce n’est jamais à l’encontre de Hori et plutôt envers son meilleur ami du collège. Je ne sais pas trop si cette banalisation des coups est voulue ou non, si elle va par la suite raconter quelque chose, si ce n’est qu’un effet qui se veut « comique »… Mais ça m’interpelle et ça me questionne.

La conclusion (temporaire) de l’ombre :
Ces deux red flags me gênent dans ce manga mais ils ne parviennent pas à éclipser la douceur (je sais ça peut paraître paradoxal) des sentiments entre Hori et Miyamura, ni la manière dont l’amour est mis en scène dans leurs interactions ou chez les personnages secondaires. C’est un titre beau graphiquement (je suis parfois siiii superficielle…) qui n’idéalise pas la vie pour autant et pose d’intéressantes questions sur l’adolescence mais aussi sur l’avenir. J’ai envie de continuer ma lecture pour savoir comment s’achèvera leur histoire car ils ont vraiment pris vie pour moi, je me sens concernée par eux. Affaire à suivre, on en reparlera sûrement une fois la publication achevée chez nous !

Informations éditoriales :
Horimiya, titre dessiné par Daisuke Hagiwara et scénarisé par HERO. Traduction en français par Gaëlle Ruel. Éditeur VF : Nobi-Nobi dans sa collection Genki. Prix par tome : 7,20 euros. Série finie au Japon en 16 tomes.

8 réflexions sur “À l’ombre du Japon #56 { Premier contact avec Horimiya }

  1. J’ai vu que cette série avait fait un très très gros carton chez nous, et était visiblement très attendue. De mon côté, j’avoue que, malgré tout le bien qui en est dit (y compris par toi, malgré tes quelques red flag), j’ai bien du mal à m’y intéresser.
    MAIS je crois qu’une médiathèque du coin a commencé la série, je pense du coup tenter le coup un de ces jours ma foi !

    Ce n’était pas un commentaire spécialement constructif, mais parfois, on a pas des masses de choses à dire. C’était surtout l’occasion de refaire un coucou, je prends peu le temps de lire les copains en ce moment.

    • Je suis très contente de te voir passer par ici ^-^ Qu’est-ce qui fait que tu as du mal à t’y intéresser, à ton avis ? Quoi qu’il en soit, si elle est en médiathèque et à ta portée, je pense que tu devrais tenter le premier tome car j’ai le sentiment que c’est une série qui pourrait te plaire, vu tes goûts en la matière.

  2. J’ai le même problème que toi sur la violence comme ressort humoristique. Cette année j’ai relu les deux premiers tome de Hana Yori Dango dans lequel on a pas mal de coups entre les protagonistes. Ça me faisait rire auparavant, mais, dorénavant, je le vois comme un moyen de banaliser cette violence. D’autant plus que cette série parle de harcèlement à la base.

  3. Coucou ! Je partage ton avis sur la violence, même si je pense que cela ressort de l’humour japonais.
    Ce n’est pas le premier manga où la violence est vue comme une comédie sans conséquence. Je pense notamment à Kaori avec son marteau dans City Hunter.
    Par contre, effectivement, cette scène où Hori est jalouse et se montre violente envers Miyamura m’avait dérangée, principalement parce que ici la violence a des conséquences physiques visibles (Miyamura affiche des marques de coup) et est plus qu’un instant T sans conséquence.
    Si tu accroches à Horimiya, je te conseille Relife chez Ki-oon. Une série en 15 tomes que j’ai adorée. Ça y ressemble beaucoup mais avec un petit côté fantastique en plus. On en reparle à la librairie si jamais ça ne te dis rien.

    • Oui tu as probablement raison sur l’aspect humour sans conséquence qui est très typique dans la production manga. Je songeais aussi à cet exemple et je me dis que peut-être que ça me heurte moins parce que le personnage qu’elle frappe avec, elle le fait pour de bonnes raisons xD (j’ai des souvenirs vagues de l’animé) Je ne saurais pas dire pourquoi parfois ça passe ou parfois non.
      Ici Hori a vraiment un comportement problématique dans sa relation de couple, après si c’est exploité plus loin, qu’elle prend conscience de ça, qu’elle change etc. pourquoi pas ? Mais si c’est uniquement un ressort comique (comme avec son père), c’est mal exploité et maladroit, en tout cas de mon point de vue d’occidentale.

      Je connais de nom seulement, on en reparle quand je viens du coup 😀 Ça m’intrigue ! (merci de défoncer ma résolution de ne plus rien commencer de nouveau avant janvier, love ya ♥ xD)

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