Les Indes fourbes – Ayroles & Guarnido


Qui de mieux qu’un libraire spécialisé en BD pour t’offrir une des meilleures BD que tu as pu lire dans ta vie ? Pour mon anniversaire, j’ai reçu les Indes fourbes dans une belle édition cartonnée de chez Delcourt avec des pages magnifiques et un signet en tissu qui ajoute une petite touche de style. Cette BD est une sorte de suite à un roman espagnol écrit durant le 17e siècle et intitulé « El Buscón ». Ce texte met en scène le personnage de Pablos, un gueux qui a des rêves de gloire et qui va vivre tout un tas d’aventures rocambolesques.

Les images utilisées dans cet article le sont à seule fin de promotion de l’ouvrage. Elles appartiennent à l’éditeur et à son dessinateur. 

C’est ce personnage de Pablos qu’on retrouve à son arrivée dans les Indes (comprenez pour l’époque, en Amérique du Sud) puisque c’est là-bas qu’il se rend à la fin du roman qui aurait du avoir une suite mais n’en aura jamais. Ces deux auteurs se sont donc associés pour la lui offrir !

Le lecteur découvre Pablos en très mauvais état. Au seuil de la mort, il a une histoire à raconter à un homme puissant, une histoire à propos d’un certain Eldorado qu’il aurait vu de ses propres yeux… Le premier chapitre (sur trois que compte la BD) est donc consacré à ce récit fabuleux où Pablos digresse dans les grandes largeurs, en profitant aussi pour parler de lui, de son enfance, de son parcours, ce qui a le don d’agacer son interlocuteur…

Jusqu’ici, un lecteur naïf pensera qu’il s’agit d’une simple histoire sur la conquête de l’Amérique du Sud et sur l’obsession de l’or qui y est immanquablement attachée. On se rend compte grâce aux chapitres suivants que c’est bien davantage…

Car Pablos n’est pas sans rappeler un certain Mycroft Canner puisqu’il ballade allègrement son lectorat en lui racontant pléthores de mensonges ou en modifiant la vérité comme cela l’arrange lui. Ainsi, après ce premier chapitre, on découvre un plan surprenant mené à bien par Pablos pour s’emparer de l’or puis, dans la dernière partie, on en revient à la vérité plus crue, moins romanesque. C’est ce chapitre trois qui a su le plus me toucher et me remuer, surtout mis en lumière avec les éléments narrés dans le premier. J’accroche volontiers à une narration de ce genre, encore faut-il qu’on la maîtrise et heureusement, c’est le cas d’Alain Ayroles, scénariste français auquel je vais m’intéresser de plus près.

J’ai tout trouvé dans cette bande-dessinée : non seulement un scénario solide et brillamment découpé mais également des planches d’une beauté à couper le souffle, comme vous pouvez le voir ci-dessous sur une page dédiée à un décor marin. J’ai souvent pris le temps de m’arrêter sur les décors, sur les détails, sur la caractérisation des personnages. Juanjo Guarnido possède un style extraordinaire qui convient parfaitement bien à cette histoire. Je vous laisse juger sur les planches disponibles sur le site de l’éditeur.

En clair, je ne peux que vous encourager à acquérir ce magnifique ouvrage. Pour peu que vous aimiez les protagonistes filous et les manipulations scénaristiques, pour peu que vous ayez un goût certain pour la beauté des planches de Guarnido, ce titre devrait vite devenir un indispensable dans votre bédéthèque.

D’autres avis : Les blablas de Tachan – vous ?

Informations éditoriales :
Les Indes fourbes scénarisé par Alain Ayroles, dessiné par Juanjo Guarnido. Éditeur : Delcourt. Prix : entre 35 et 45 euros selon la version.

13 réflexions sur “Les Indes fourbes – Ayroles & Guarnido

    • Si tu ne dois en lire qu’une je dirais que ce doit être celle-ci, en effet 😛 Je pense que ça te plaira, en plus. La construction narrative est brillante, en plus du visuel à couper le souffle. Rien à jeter !

  1. J’avais aussi été soufflée par la composition culottée de cette aventure et bien sûr j’ai adoré cette plongée graphique dans l’ancienne Amérique. Le duo est vraiment excellent !
    PS: tu trouveras un petit article sur cet opus sur mon blog 😉

      • Avec plaisir et merci à toi 😉
        Moi, j’ai fait l’inverse. J’ai commencé par Black Sad dont je suis archi fan. J’ai pas réussi par contre avec De capes et de crocs même si j’adore les graphismes, c’est pas mon délire ^^!
        Bonnes découvertes à toi 😉

      • Merci 😊 je débute en BD, j’ai toujours été plus attirée par le manga et ado c’était plus abordable aussi 😅 mais en fréquentant une librairie spécialisée BD manga à force j’ouvre mes horizons 😁

      • Je ne lis sérieusement des bd que depuis quelques années aussi, ayant également longtemps préfère les mangas 😉
        C’est chouette cette ouvert que ta boutique t’offre, car clairement le milieu de la bd a bien évolué et on trouve désormais des styles très éclectique et bien plus vivants qu’auparavant ^^

  2. C’est vraiment une grande BD. Ça démarre assez doucement, presque classiquement, mais ça prend vite une tournure qu’on ne peut pas lâcher. C’est clairement à la hauteur de sa réputation et de celles des deux auteurs.

    • Exactement ! Au début je me disais oui bon c’est sympa mais c’est déjà vu. Je me suis faite totalement balader 😅
      Une grande BD, c’est le cas. Dans tous les sens du terme d’ailleurs, le hors format m’empêche de la ranger droite dans la bibliothèque 😭

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