Des bêtes fabuleuses – Priya Sharma


Traditionnellement maintenant, une fois par an, le Bélial propose un numéro hors-série au sein de la collection Une Heure Lumière, gratuit pour tout achat de deux titres. Cette année, c’est l’autrice britannique Priya Sharma qui est mise à l’honneur avec une nouvelle intitulée « Des bêtes fabuleuses ».

Avant d’entrer dans le vif du sujet, précisons aussi que presque tout aussi traditionnellement, ce hors-série contient un bonus qui prend cette fois la forme d’un guide de lecture. Vous vous êtes toujours demandé·e par où commencer cette fabuleuse collection ? Et bien Camille Vinau alias Vanille du blog La bibliothèque derrière le fauteuil répond à votre question en rassemblant les textes au sein de divers menus thématiques, chaque fois par cinq titres. J’ai beaucoup aimé cette initiative, bravo à elle pour ce travail de réflexion et de classement !

Des bêtes fabuleuses
Lola raconte son histoire à cheval entre le passé et le présent. De prime abord cela paraît brouillon, on se demande qui est cette Eliza, pourquoi elle parle d’elle à la première personne en utilisant ensuite un autre prénom… Il faut accepter de ne pas disposer de toutes les informations immédiatement et se laisser porter par la narration.

La protagoniste principale raconte donc la manière dont elle grandit avec sa mère, Kath, l’arrivée de sa cousine, Tallulah, le mépris qu’elle semble inspirer à sa tante, la désagréable Ami, mais aussi le spectre de cet oncle, Kenny, qui plane comme une menace au-dessus de leur vie. Quel intérêt, me demanderez-vous ? Et où se trouve donc l’élément de l’imaginaire dans ce pitch ? Patience…

À l’instar d’Ormshadow, Priya Sharma part sur un récit familial teinté de surnaturel. Ici, point de dragon mais pas loin puisque Lola semble posséder une affinité toute particulière avec les serpents, au point d’embrasser une carrière d’herpétologiste. Mais les serpents, ça existe, pas comme les dragons, me direz-vous. Et bien… Loin de moi l’envie de gâcher l’effet de surprise alors je vous encourage à découvrir le texte pour comprendre en quoi il relève du registre de l’imaginaire.

Ce récit familial n’a rien de beau, de doux ni même de sain. Une fois de plus, l’autrice met sa plume au service d’une situation tragique et même affreuse qu’elle décrit pourtant avec tact. Je me dois tout de même de signaler des TW pour, notamment, le viol et l’inceste.

Si j’ai lu ce texte d’une traite, j’en suis ressortie avec le même sentiment que pour la précédente novella à savoir que j’adhère aux thèmes, j’adhère à la façon dont l’autrice met en scène son histoire mais je reste inexplicablement extérieure au récit, sans parvenir à me sentir impliquée. Une constatation toute personnelle qui n’enlève rien à la qualité Des bêtes fabuleuses.

Par contre, petit questionnement personnel : quelqu’un peut-il m’éclairer sur le lien entre la couverture et la nouvelle ? Il n’y en a peut-être aucun (pourquoi cette illustration particulière du coup ?) mais s’il existe, je ne le vois pas du coup je me demande si je ne passe pas à côté de quelque chose d’important…

Il n’empêche que ce hors-série complètera merveilleusement votre collection Une Heure Lumière et qu’il est indispensable, ne fut-ce que pour le guide de lecture proposé par Vanille.

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S4F3 : Lecture n°2
Informations éditoriales :
Des bêtes fabuleuses de Priya Sharma. Éditeur : Le Bélial. Traduction : Anne-Sylvie Homassel. Illustration de couverture : Aurélie Police. Prix : gratuit à l’achat de deux titres dans la collection Une Heure Lumière.

9 réflexions sur “Des bêtes fabuleuses – Priya Sharma

  1. Pingback: Bilan mensuel de l’ombre #48 – juillet 2022 | OmbreBones

  2. J’ai adoré cette nouvelle pour ma part, malgré les thématiques très dures, je me suis faite embarquée du début à la fin, avec une espèce de mélange entre fascination et dégout. Je suis très curieuse de découvrir Ormeshadow du coup 🙂 Et merci pour ta question sur la couverture, grâce toi j’ai la réponse

  3. Pingback: Hors-Série n°5 (2022) de la collection UHL – Le nocher des livres

  4. Il n’y a aucun lien entre la couverture et le contenu (pour moi elle veut juste dire un truc du genre : « Regardez ce beau vaisseau qui avale les heures-lumière comme vous parcourez les kilomètres ! », sa valeur n’est qu’esthétique). J’aime beaucoup cette illustration, mais pour le coup, il y aurait eu un truc assez formidable à faire avec les serpents, je pense.

    • Ah on est d’accord ! Comme toi il me semble aussi qu’il y aurait eu moyen de mieux lier la couverture avec la nouvelle plutôt que la collection de manière générale. Après celle ci reste très sympa hein mais franchement avec les serpents un monde s’offrait à Aurélien Police 🤷

      • En effet, couverture et nouvelle n’ont pas de rapport (nous avons cherché une piste autour de l’ourobouros avec Aurélien mais ça ne marchait pas). En revanche, vous avez une illustration intérieure d’Anouck Faure pleinement raccord avec le texte 😉

      • Ah oui je ne dis pas le contraire hein 😉 en effet elle est d’ailleurs superbe ! Et je me doutais qu’il y avait une explication, juste ça me semblait curieux alors j’ai eu envie de le souligner 🤷

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