Colonie Kitej : Afterwave – Vincent Mondiot & Élodie Denis

Afterwave est un volume intermédiaire au sein de la trilogie Colonie Kitej écrite par Vincent Mondiot et édité (si on peut dire…) par les Saisons de l’Étrange. Il contient cinq nouvelles se déroulant entre Toute entrée est définitive, dont je vous ai précédemment parlé sur le blog, et Élections et exécutions, la suite qui se trouve dans ma PàL.

Mais avant toute chose… 
Au départ, honnêtement, je ne voulais pas écrire d’article sur mon blog à propos de ces titres parce que ça donne de la visibilité à une initiative éditoriale qui, selon moi, n’en mérite pas vu le peu de considération qu’elle semble (c’est ce que je constate de l’extérieur en tout cas) avoir pour ses propres titres (aucune annonce pour la sortie officielle, mauvais suivi pour les envois aux contributeurs, etc.). Mais j’apprécie Vincent. J’apprécie son travail. Et je suis autrice moi-même. Je sais ce que ça fait d’écrire un titre « dans l’eau », un titre qui nous tient à cœur parce qu’on y a mis notre âme, qu’on y a mis tout ce qu’on aime, tout ce qu’on est, pour lequel on ressent une profonde fierté, mais que personne ou presque ne va lire, sur lequel personne ou presque ne va écrire, parce qu’invisible dans la masse. C’est le jeu de l’édition, me direz-vous. Sauf qu’ici, Kitej n’a même pas eu le début d’une chance… Et merde, c’est injuste.

Alors aujourd’hui, j’enfile ma cape et mes collants (de modératrice) j’écris ce billet pour soutenir un auteur que j’aime et lui montrer que oui, ses textes valent le coup qu’on écrive une chronique à leur sujet. J’écris pour Vincent et pour vous encourager à le suivre LUI directement. Il prépare des surprises sympas pour cette année, ce serait dommage de rater ça :  Son facebookson twitterson blog.

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Rentrons dés à présent dans le vif du sujet ! Parce qu’on est là pour parler littérature, au départ, quand même.

Niveau 1.18,5 : la voie du modérateur.
Ce texte d’introduction multiplie les points de vue. Le lecteur retrouve Mme Azul qui désespère d’avoir rouvert son bar, rencontre Arthur Bones alias Skull, un modérateur plutôt extrême ainsi que deux criminels à la petite semaine. L’intrigue est assez linéaire mais sert surtout à poser une ambiance et à illustrer un peu plus dans le détail la profession de modérateur, sorte de vigilant qui se chargent de faire vaguement respecter une forme de justice sur la colonie Kitej.

Pour vous donner une petite idée du ton, voici comment se conclut ce texte: « (…) le nombre de modérateurs dans la colonie spatiale Kitej était estimé à deux mille cent individus, pour une population totale de six millions d’habitants. Parmi ces modérateurs, seuls quarante-neuf détenaient une licence professionnelle accordée par la Mairie. »

Chaque nouvelle s’achève d’ailleurs par un paragraphe en italique qui donne une information surprenante, un brin ironique et surtout qui prête à sourire (si on aime l’humour noir).

Niveau 1.2 : Kitej Plage
Probablement la nouvelle qui m’a le plus parlée. On y rencontre Hayden Tegan, amie de Soraya (une des principales protagonistes du premier volume) qui se désespère des idées débiles de la Mairie (après, j’admets, Kitej Plage, il fallait l’oser… ) et porte un regard plutôt cynique sur le monde.

Hayden est une jeune adulte, avec des réflexions et des considérations propres à son âge. Elle est pourtant très touchante dans sa colère et sa rébellion intérieure. C’est une nouvelle à taille humaine, qui parle d’amitié et du passage à l’âge adulte, de l’angoisse du futur. Un thème qu’on va retrouver dans le texte suivant.

Niveau 1.3 : Afterwave
Dieter Papadiamandis est le plus célèbre DJ de Kitej, connu sous le pseudonyme de Saintish. Comme beaucoup d’artistes, il a l’impression que son activité est vaine et semble souffrir d’une forme de dépression. Je n’ai pas pu m’empêcher d’y voir une forme de catharsis de la part de l’auteur ? Dans ce texte, on le retrouve aux côtés d’Ariane, une fan qui semble au départ avoir juste envie d’un contact sexuel avec lui (c’est la manière polie de dire qu’elle lui demande toutes les deux minutes s’il a envie qu’elle le suce) mais avec qui il partagera finalement bien davantage.

C’est un texte assez touchant sur le passage du temps, le sens de la vie et le fait de se contenter des petites choses pour être heureux. Si Ariane m’agaçait au départ dans sa manière de tout ramener au sexe, j’ai finalement vu davantage derrière ce personnage. L’esquisse est subtile, c’est un texte qui comporte beaucoup de non-dits mais aussi d’émotions, du moins j’en ai ressenti en le lisant. Une belle réussite !

Niveau 1.4 : Dentaculaire (par Élodie Denis)
Dans ce texte, le seul du recueil qui ne soit pas écrit par Vincent Mondiot, on retrouve Soraya et Guillermo, personnages principaux de Toute entrée est définitive, dans une enquête qui va leur faire rencontrer un nouveau modérateur justicier et qui va évoquer la cause animale sur la colonie… un sujet que je n’aurais pas pensé être abordé ici !

C’est également le texte le plus long, un peu plus de 40 pages. Je n’ai pas grand chose à en dire car je l’ai trouvé divertissant mais sans plus. Il lui manquait la portée émotionnelle des deux précédents pour vraiment réussir à me toucher.

Niveau 2.1,5 : ni juge ni bourreau
Ce texte est très court, huit pages à peine, et me fait plutôt l’impression d’un prologue ou d’un teasing, d’une mise en bouche quoi, pour Élections et exécutions (le second tome de Colonie Kitej) plutôt que d’une nouvelle au sens classique du terme car les dernières lignes ne terminent rien, que du contraire ! Elles lancent le tout et donnent envie de découvrir ce qui va se passer…

Et pourquoi pas, d’ailleurs ? Il n’a jamais été annoncé nulle part sur cet ouvrage qu’il s’agissait uniquement de nouvelles au sens classique du terme.

La conclusion de l’ombre :
Ce volume intermédiaire et bonus de Colonie Kitej est un divertissement efficace qui permet de se plonger davantage dans l’univers désenchanté imaginé par Vincent Mondiot. C’est sombre, étouffant mais c’est aussi terriblement humain, avec plein d’action et une esthétique toujours indubitablement influencée par le manga. À consommer sa modération (ni modérateur, si vous tenez à la vie).

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+5 nouvelles
Avancée du challenge : 27 nouvelles lues.
Bonus : Lire un auteur francophone + lire un texte qui se passe dans une ville spécifique.

8 réflexions sur “Colonie Kitej : Afterwave – Vincent Mondiot & Élodie Denis

  1. Pingback: Bilan mensuel de l’ombre #42 – janvier 2022 | OmbreBones

  2. Alors j’ai rien vu de leur promo récente donc je peux pas juger (surtout parce qu’ils m’ont bloqué sur twitter qui est mon RS principal…), mais j’ai pris Toute entrée est définitive quand même y’a pas très longtemps, il est en PAL

  3. Merci beaucoup pour ton billet. Je ressens la même chose que toi vis-à-vis des saisons de l’étrange et c’est fort dommage (au point de ne probablement pas les soutenir lors de leur prochaine campagne). En tout cas, cela me donne envie de donner une seconde chance à Vincent Mondiot qui ne m’avait pas totalement convaincue avec Les Mondes-Miroirs!

    • Merci pour ton commentaire ! Il faudrait un boycott massif pour les obliger à davantage de considération mais je doute que ça porte ses fruits hélas.. par contre on peut heureusement toujours soutenir les auteurices concerné/es !

      • Pas de raison d’être désolé, c’est un bon livre mais c’est simplement qu’il n’a pas tapé juste pour moi. C’est l’occasion de découvrir un autre de vos univers!

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