Le robot qui rêvait – Isaac Asimov (2/2)

Bonjour à tous.tes.x !

Début du mois, j’ai commencé la lecture du recueil « Le robot qui rêvait » d’Isaac Asimov publié chez J’ai Lu au prix de 8 euros et j’avais décidé de couper en deux ma chronique, pour des raisons pratiques. Voici donc mon retour sur les 9 derniers textes (sur 19). Si vous souhaitez savoir ce que j’ai pensé des dix premiers, rendez-vous ici.

8
Les nouvelles :
Est-ce que l’abeille se soucie ? :
Cette nouvelle compte à peine quelques pages. On y rencontre Kane, qui travaille à la construction d’une fusée (ou d’un vaisseau) et qui s’y cache lors du décollage afin de partir dans l’espace. Pour quelle raison ? Difficile d’en dire davantage sans gâcher le twist donc je vais m’abstenir. C’est court mais ça suffit et ça remet encore une fois en question la raison des progrès humains. En cela, Est-ce que l’abeille se soucie ? rejoint le concept de Gestation et du Plaisantin dont je vous ai parlé dans mon autre billet.

Artiste de lumière :
Mrs Lardner est une dame plutôt riche connue pour ses sculptures de lumière, qu’elle créée sans autre raison que le plaisir de l’art. C’est aussi une personne qui aime les robots, elle les traite bien et les considère comme des êtres pensants. Alors quand un ingénieur se permet de venir en régler l’un des siens derrière son dos… Autant dire que Mrs Lardner ne va pas le prendre bien du tout.

De nouveau, ce texte ne compte que quelques pages et est plutôt amusant sur son ton et son ironie. Le ton, justement, m’a évoqué le genre du conte. J’ai trouvé l’ensemble inspiré et plaisant.

La sensation du pouvoir :
Dans un monde où les ordinateurs font tous les calculs, un homme invente un procédé pour calculer… De tête ! Asimov renverse le principe du progrès par la technique en imaginant que l’homme se libère des machines. L’idée est toute bête mais je l’ai trouvé brillante. Le déroulement de la nouvelle m’a provoqué un sentiment d’incrédulité, en constatant de quelle manière les scientifiques concernés se sentent de plus en plus puissants en développant l’autonomie de leurs cerveaux, en les affranchissant de la machine. La nouvelle date de 1958 mais on aurait très bien pu l’écrire aujourd’hui tant sa thématique est toujours très actuelle…

Mon nom s’écrit avec un s :
Et si changer une seule lettre de son nom de famille permettait à un physicien de connaître le succès tant espéré ? Il n’y croit pourtant pas quand le numérologue que sa femme l’oblige à consulter le lui conseille… Et il n’agit pas tout de suite. Pourtant, la transformation d’un Z en S va enclencher une série d’évènements complètement inattendus. C’est presque trop gros, pourtant ça fonctionne très bien.

Ce texte joue sur la paranoïa de la guerre froide avec habilité, je l’ai trouvé très astucieux dans sa construction et dans son déroulement. Une fois de plus, Asimov démontre sa maîtrise du format court…

Le petit garçon très laid :
Une technologie récemment développée permet de ramener un petit garçon de la préhistoire. Une infirmière est chargée de s’en occuper pendant que les scientifiques se passionnent d’abord pour la physiologie du petit garçon, puis pour son évolution psychologique. Le texte se déroule sur plusieurs années et montre l’évolution du projet mais aussi celle des considérations du groupe. Car quand la technologie en question se développe au point de pouvoir ramener quelqu’un de l’Histoire, on se désintéresse soudain du pauvre Timmie, dont la présence même pose un problème. En effet, pour ancrer quelque chose du passé dans le présent, il faut une quantité phénoménale d’énergie et cette personne ou cet objet, cet animal, est cantonné à un seul endroit, prisonnier. Du coup, il est temps pour Timmie de repartir d’où il vient, peu importe qu’il ait passé des années dans notre présent à s’instruire, à apprendre la langue, etc.

La nouvelle est écrite du point de vue de l’infirmière, Miss Fellowes, qui est engagée pour s’occuper de lui. L’évolution de leur relation et des sentiments maternels que l’enfant lui inspirent est très crédible et touchante. Même si j’avais deviné la manière dont ça tournerait avant la fin, j’ai tout de même trouvé de texte poignant et d’une grande richesse car il pose finalement la question de ce qu’on est prêt à sacrifier aux avancées scientifiques tout en rappelant que les gens ne sont pas des objets interchangeables.

La boule de billard :
Une nouvelle de hard SF rédigée du point de vue d’un journaliste qui a quelques soupçons au sujet d’une expérience qui a mal tournée. Elle est écrite comme une sorte de journal de notes prises par le journaliste en question, qui raconte la relation entre deux scientifiques, l’un théoricien et l’autre inventeur, l’un reconnu surtout par ses pairs et l’autre, adoré par le grand public, très riche, sorte de Stark avant l’heure si on me permet la comparaison.

Il tente de mettre au point une machine qui simulerait la gravité zéro, alors que son confrère théoricien affirme que c’est impossible. Quand il y parvient, il invite tout le monde à la démonstration… qui tourne mal, comme je l’ai dit. Sympa et bien construit mais pas transcendant non plus pour moi.

L’amour vrai :
C’est le retour du Multivac ! Ou presque car la nouvelle s’intéresse ici à Joe, une partie du programme qu’un scientifique conçoit afin qu’il l’aide à trouver le véritable amour. Pour cela, il lui parle des semaines durant afin de copier sa personnalité dans le programme et lui permettre d’effectuer des recherches sur toutes les femmes du monde, en se basant sur une série de critères. Dans l’esprit du scientifique, si l’ordinateur le connait sur le bout des doigts, il lui trouvera une partenaire compatible à ses goûts.

Mais tout ne se passe pas comme prévu… Une nouvelle moderne qui fait réfléchir sur la numérisation de nos données et de nos personnalités. Elle s’avère plus que bien fichue et je me demande si on n’en a pas tiré des films, ou si c’est l’inverse et Asimov qui s’est inspiré du cinéma…

La dernière réponse :
Murray est mort. Il arrive quelque part où une entité lui annonce qu’il a été choisi pour réfléchir pour l’éternité, parce que ses réflexions vont distraire l’entité en question… L’idée ne plait pas beaucoup à Murray, qui va plutôt réfléchir à un moyen de se délivrer.

Un texte intéressant sur la quête des savoirs et nos raisons de les rechercher. Le texte est construit comme un dialogue philosophique, il se lit tout seul.

De peur de nous souvenir :
John est un homme désespérément moyen jusqu’à ce qu’une injection d’un produit, lors d’une expérience, lui offre la mémoire absolue. Mais mémoire ne signifie pas intelligence… et il va rapidement l’apprendre.

La nouvelle est divisée en plusieurs courts chapitres où on rencontre d’abord John, qui va se marier dans quelques jours, puis sa fiancée, les personnes responsables de l’expérience… On connait donc le personnage avant et après son injection, un produit qui va profondément le changer en lui donnant la folie des grandeurs.

Une très chouette conclusion à ce recueil ! J’ai trouvé le texte ambitieux, rythmé et fascinant, avec une conclusion plus que satisfaisante.

La conclusion de l’ombre :
Avec ce recueil d’Isaac Asimov, je termine ma découverte des fameux Big Three (Asimov, Heinlein et Clark) tous lus au format court. Je dois dire que j’avais des appréhensions avant de me lancer dans la découverte d’un géant comme Asimov, dont j’entends parler depuis des années. Je craignais qu’il ait mal vieilli, j’avais peur de trouver beaucoup de sexisme dans ses textes ou des propos datés mais il n’en est rien. La plupart des nouvelles pourraient avoir été écrites de nos jours. La maîtrise de l’auteur m’a beaucoup impressionné et je vais continuer à découvrir sa bibliographie sans tarder !

Je tiens d’ailleurs à remercier Apophis, sans qui je n’aurais pas franchi le pas.

D’autres avis : pas que je sache mais manifestez-vous si jamais !

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7 réflexions sur “Le robot qui rêvait – Isaac Asimov (2/2)

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