À l’ombre du (104e) Bifrost : les nouvelles

Bonjour tout le monde !

C’est un peu la semaine du Bélial sur le blog entre une chronique UHL mardi et un Bifrost aujourd’hui… Mais je ne pouvais pas m’abstenir d’écrire un retour sur trois des quatre nouvelles présentes dans ce numéro. Pourquoi trois ? Et bien je dois avouer être totalement passée à côté de celle de Stanislas Lem -à qui était en plus consacré ce numéro. Dommage ! Et pourquoi juste les nouvelles ? Et bien parce que je n’ai pas grand chose à dire sur le contenu de la revue, c’est toujours très intéressant à lire, je me cultive, j’apprends et je radote sur le fait que vous devriez penser à vous abonner… Autant résumer ça en une phrase, non ?

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Willie le zinzin de Stephen King

Apparemment inédit tout court et publié en français avant de l’être en anglais ! Super pour le Bélial même si ça tient un peu du hasard (il me semble que la crise sanitaire est passée par là ?) Premier texte de l’auteur pour moi et ce fut une réussite. Je sais, vous êtes toujours en train de buguer sur mon aveu de la phrase d’avant… Quand j’ai eu le malheur de dire sur Twitter que je n’avais jamais lu King, sa fanbase s’est mis en tête de me noyer sous les conseils de lecture (alors que je n’avais rien demandé…) ce qui a tendance à plutôt repousser mon envie de lire. J’ai fini par arrêter de répondre. Désolée pour cell.eux qui ne pensaient pas à mal mais je trouve cette tendance un brin pénible. Donnez des conseils quand on vous en demande, arrêtez d’imposer de force vos avis…

Ceci étant dit, de quoi parle Willie le zinzin ? Et bien de… Willie donc qui est un garçon un peu étrange et fasciné par la mort. On le découvre dans son quotidien au sein de sa famille en plus d’apprendre des choses sur lui au détour des conversations entre sa mère et sa sœur. Willie est proche de son grand-père alors quand il apprend que celui-ci va mourir… Et bien il n’a pas l’air de le vivre si mal que ça, à l’incompréhension générale.

La nouvelle est assez courte et bien ficelée. On sent l’expérience de l’auteur en la matière car il parvient à poser un contexte, un concept, en quelques lignes, avec une ambiance réussie et des personnages correctement caractérisés qui font qu’on lit avec une sorte de fascination teintée d’appréhension quant aux évènements qui vont suivre. Peut-être parce que c’était mon premier King, je n’ai pas du tout vu arriver le twist finale et je suis restée bouche bée, stupéfaite de ce qui venait de se passer puisque, jusque là, je laissais le bénéfice du doute… Bref, je ne vais pas trop en dire, si ce n’est que j’ai été très enthousiasmée par ce texte. Je lirais d’autres nouvelles de King et peut-être l’un ou l’autre de ses romans à l’occasion.

Mais que je choisirai toute seule comme une grande.

Un soupçon de bleu de Ken Liu
Cette nouvelle prend place dans une société ressemblant à la nôtre mais qui diffère sur sa source d’énergie. J’invoque le Grand Apophis et son pouvoir taxinomique afin de nommer ceci ! Toujours est-il, donc, que les gens se servent du souffle des dragons, apparus un peu comme ça du jour au lendemain, pour tout. Évidemment, certaines personnes sont pour les dragons, d’autres contre, surtout ceux qui ont dans leur famille un individu disposant du pouvoir de se « faire obéir » de ces « animaux » paresseux.

La nouvelle est construite comme un reportage, ce qui rappellera l’homme qui mit fin à l’histoire même si la comparaison s’arrête là. J’ai trouvé ce texte ambitieux dans l’idée, très joli sur sa conclusion mais un peu moins réussi dans son exécution jusqu’à être longuet par moment – à  mon goût. Pas le meilleur Liu que j’ai pu lire mais pas à jeter pour autant.

Fantômes électriques de Rich Larson
Voilà un auteur dont j’adore généralement les textes courts (je n’ai pas encore eu l’occasion de le lire sur du roman). Celui-ci ne compte pas parmi mes favoris mais j’ai apprécié son idée globale. Il se déroule au Canada, peu après que des sortes d’aliens soient arrivés sur Terre. Benny, paumé et drogué, en rencontre un et est chargé par lui de retrouver les autres pour les sauver. Une mission en échange de laquelle il pourra revoir Ém, son amour perdu.

L’alternance entre passé (pour expliquer comment Benny en arrive là) et présent (Benny tente de récupérer un autre alien) est assez brouillonne et pourrait perdre le.a lecteur.ice. Puisque le narrateur est à la première personne, cela peut se justifier par sa consommation de drogue et son désespoir qui semble le faire totalement vriller. Je n’ai donc pas eu de soucis avec ça et j’ai beaucoup aimé la fin même si elle était un peu trop ouverte à mon goût. Il manquait quelques éléments de contexte bien que je ne suis pas certaine que ça ait été l’intention de base de l’auteur. Ça ne serait pas la première fois qu’il se concentre davantage sur l’humain en se servant des évènements pour aborder les conséquences psychologiques sur ses personnages et ça me convient.

Trois nouvelles, trois grands auteurs reconnus pour leur maîtrise du format court, trois textes que j’ai pris plaisir à lire. Je garde un regret pour celui de Stanislas Lem, j’aurais vraiment voulu accrocher à sa plume mais on ne peut pas tout aimer, hélas.

D’autres avis : XapurLe Dragon GalactiqueApophis – vous ?

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7 réflexions sur “À l’ombre du (104e) Bifrost : les nouvelles

  1. Pingback: Des nouvelles de Bifrost #104 | Stephen King, Ken Liu, Rich Larson, Stanislas Lem – Le dragon galactique

  2. « je trouve cette tendance un brin pénible » -> insupportable manie… J’ai été deux secondes tentée de répondre à ton tweet par un « tel livre est super » et j’ai lu les commentaires déjà postés et j’ai heureusement laissé tomber en me rappelant à quel point je supportais pas cette attitude.
    Ca me rend dingue le conseil non sollicité, sur les RS c’est un sport de combat. Je l’ai conscientisé quand un jour j’ai posté sur FB une photo en gros plan de pucerons en train de dévorer ma camomille, en mode « c’est rigolo » et que dans les commentaires ça se battait pour savoir s’il fallait que j’utilise du savon noir ou que j’achète des coccinelles sur Internet pour m’en débarrasser. J’avais RIEN demandé XD
    Bref c’est très cool que tu découvres Stephen King, j’ai hâte de voir ce que tu liras ensuite et ce que tu en penseras.
    Je n’ai même pas fait l’effort d’aller au bout de la nouvelle de Lem. Je crois c’est la première fois que ça m’arrive dans un Bifrost O_O

    • Ah, merci ! Ça me rassure, je pense qu’en plus plein de gens le font sans spécialement s’en rendre compte ni avoir d’arrieres pensées, c’est l’excitation de vouloir faire découvrir quelque chose qu’on aime sauf que c’est important de ne pas oublier le respect dans l’équation… Après je l’ai sûrement déjà fait aussi mais de plus en plus je conscientise ces pratiques et je me rends compte que c’est contreproductif en fait.. bref ça me soulage j’ai parfois l’impression d’être une râleuse professionnelle 😆
      La même pour Lem et l’abandon, en général je pousse au bout des nouvelles vu que c’est court et que parfois il y a un plop twist qui fait que mais là j’ai juste pas pu…

  3. (merci pour le lien)

    Le truc avec Ken Liu, c’est qu’il invente carrément des sous-genres, comme avec le Silkpunk, par exemple. Là, on est sur une espèce d’Uchronie de Fantasy à la Naomi Novik mâtinée effectivement d’un machin en « punk » (pour la source d’énergie, comme tu le soulignes) et d’un petit aspect Hard quelque chose (Hard Steampunk ?) avec cette histoire de démon de Maxwell. Bref, c’est du Ken Liu, quoi ^^

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