Sur la route d’Aldébaran – Adrian Tchaikovsky

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Sur la route d’Aldébaran
est une novella de science-fiction écrite par l’auteur britannique Adrian Tchaikovsky. Publiée dans la collection Une Heure Lumière par le Bélial, vous trouverez ce texte partout en librairie au prix de 9.90 euros.

De quoi ça parle ?
Dans un futur proche, une exploration spatiale permet de découvrir le « Dieu-Grenouille » une sorte de structure dotée de plusieurs passages, les Cryptes, qui intriguent beaucoup les chercheurs dans le secteur. Après avoir envoyé des drones, il est temps pour l’humanité d’y poser le pied…

Une narration entre passé et présent.
Gary Rendell est un pilote britannique et membre de la mission d’exploration. C’est aussi le narrateur de l’histoire, qui s’exprime à la première personne. Lorsqu’on le rencontre, il semble souffrir d’au moins un début de folie. Il s’adresse au lecteur en l’appelant Toto et le contenu de la novella semble être une transcription de ses discussions à voix haute avec ce personnage de Toto, invention de son esprit pour contrer la terrible solitude des Cryptes.

La narration alterne entre le présent où Gary essaie de sortir des Cryptes pour retrouver d’autres humains et le passé qui explique au lecteur comment Gary et son équipe en sont arrivés là. Gary est également le narrateur des moments du passé, qu’il agrémente de réflexions personnelles et d’un faux suspens, comme s’il racontait véritablement cette histoire à une personne extérieure.

Un gros sense of wonder.
La force de cette novella est sans conteste l’univers développé autour de Gary, qui est d’autant plus vertigineux quand on pense que le texte ne compte « que » 160 pages. En quelques mots : les cryptes semblent être des couloirs qui permettent de voyager d’un bout à l’autre de l’univers, débouchant parfois dans des mondes dont on ne soupçonnerait même pas l’existence. Pour cette raison, certaines zones sont propices à la vie humaine avec par exemple une atmosphère et une gravité tolérables, mais pas toutes. De plus, les humains ne sont pas les seuls à avoir exploré cet endroit. Gary tombe à plus d’une reprise sur les corps d’autres espèces ou sur ce qu’il qualifie de monstres, bien vivants, qui tentent de le tuer.

On pourrait s’étonner que Gary, humain littéralement sans défense après que son équipe se soit faite tuer, parvienne à survivre aussi longtemps mais une explication est fournie, qui apporte du même coup un twist narratif dont quelques indices sont pourtant disséminés dans les pages précédentes (mais je n’ai tissé les liens qu’après coup).

J’ai trouvé les idées de l’auteur assez originales. Je lis de plus en plus de science-fiction mais je ne suis pas pour autant une spécialiste donc c’est peut-être déjà vu ailleurs mais entre ça et les nombreuses références à la pop-culture, Sur la route d’Aldébaran se révèle très riche au niveau du contenu.

Une folie hélas peu crédible.
Si j’ai été positivement surprise par la richesse de ce qu’a proposé l’auteur au sein de ce texte en terme d’univers, je ne peux pas pour autant dire qu’il a réussi à me plaire car j’ai trouvé sa narration longuette par moment et Gary passablement irritant à d’autres. Ce n’est pas tout de soigner le fond, il faut penser à la forme narrative et ici, je n’ai pas été convaincue par son dialogue avec Toto. Dans les moments du présent, il en est à un stade où il ne devrait pas être capable de raconter de manière aussi froide et cohérente les éléments du passé qui nous permettent de comprendre comment il en est arrivé à cette situation. C’est dommage du coup car je n’ai pas réussi à croire à cette perte de raison. Évidemment, j’ai conscience que la forme écrite exige certains éclaircissements pour la plupart des lecteur.ices qui n’apprécient pas d’être embrouillés mais moi j’aime qu’on me heurte, qu’on me dépayse, qu’on me mène en bateau. J’aimais beaucoup l’idée d’un personnage en train de sombrer et elle n’a pas été poussée au bout par l’auteur, encore moins sur les dernières pages. Toutefois, cette remarque est propre à la lectrice que je suis et ne se retrouve pas du tout chez les blogpotes. C’est une affaire de goût.

La conclusion de l’ombre :
Dans les faits, Sur la route d’Aldébaran est une bonne novella d’un point de vue sense of wonder mais son choix narratif n’a pas réussi à me séduire, ce qui est tout personnel. Je vous encourage donc à juger par vous même et à découvrir les chroniques des blogpotes ci-dessous pour vous faire une idée plus complète au sujet de ce texte.

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18 réflexions sur “Sur la route d’Aldébaran – Adrian Tchaikovsky

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  5. Dommage en effet que l’aspect folie ne soit pas retranscrit à l’écrit. J’avais lu un polar coréen avec un narrateur atteint d’Alzheimer et le texte s’effilochait au fur et à mesure de l’avancée de la maladie, laissant des vides dans la page. C’était formidable.

    • Excellente question !
      Je pense que tu pourrais commencer avec Becky Chambers et John Scalzi. Je m’explique : dans le cas de la première, elle écrit de la science fiction positive, très axée sur l’humain, le social, le psychologique, avec des concepts scientifiques accessibles. La grande force de cette autrice, c’est clairement les sociétés qu’elle invente et les individus qu’elle y fait vivre, interagir avec d’autres espèces, elle prône de beaux messages. Elle a écrit une novella, apprendre si par bonheur, qui est chez l’Atalante et est vraiment un merveilleux coup de coeur. Ça peut être une bonne porte d’entrée à petit prix.
      Scalzi j’ai commencé avec lui parce que c’est de la SF space op souvent, avec des personnages bien foutus que ce soit des hommes ou des femmes (surtout dans sa dernière trilogie, l’Interdépendance, tu sens que le gars n’a rien d’un misogyne que du contraire, ça fait du bien). Il y a de l’humour bien dosé, de l’action, des réflexions intéressantes et ça reste très accessible. J’ai commencé avec le vieil homme et la guerre mais tu peux totalement tester l’interdépendance d’abord !
      Ensuite en fonction de si tu aimes ou pas, j’aurais d’autres auteurices à te recommander mais pour sauter le pas du genre, je pense que tu as deux bons choix ci-dessus 🙂

  6. Pingback: Walking to Aldebaran – Adrian Tchaikovsky | Le culte d'Apophis

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