À l’ombre du Japon #44 : { Je (re)lis Tokyo Ghoul (arc du Dr Kano) }

Ohayô minasan !

Quatrième article concernant ma relecture de ce manga. J’y allais à reculons puisque, comme je l’expliquais dans mon dernier billet, la fin du tome 8 ne m’avait pas trop plu, ni l’arc d’Aogiri de manière générale que je trouvais mal géré et mal scénarisé. Le début du tome 9 m’a d’ailleurs fait craindre le pire mais j’ai eu tort de m’inquiéter. Voyons pourquoi !

Attention, cet article concerne les tomes 9 à 11 du manga publié chez Glénat. Les extraits visuels appartiennent à Sui Ishida et à Glénat.

Où en est-on ?
L’histoire reprend six mois après les évènements du tome 8. Ken, en compagnie de Shu, Hinami et Banjo continue d’enquêter sur le passé de Lize tout en cherchant le docteur Kano. En parallèle, Amon obtient une promotion au sein du CCG et reçoit son premier subordonné à former, qui n’est autre que la fille de Mado, son ancien chef !

Deux axes narratifs clairs.
Sui Ishida rattrape l’un des gros soucis de sa narration précédente en cessant de multiplier les points de vue pour se concentrer sur deux personnages : Ken et Amon. Tant mieux, ce sont deux protagonistes intéressants qui permettent d’être au cœur de l’intrigue puisque Ken est tout de même le personnage principal (en théorie) et qu’Amon met le lecteur en contact avec le CCG ainsi que d’autres membres de l’organisation, qu’on apprend petit à petit à connaître et pour qui, donc, on développe un intérêt, même minime. Ce ne sont plus seulement des noms ni des bulles de dialogues informatifs balancés vite fait pour justifier leur présence. Des personnalités se dessinent et c’est tant mieux.

Un point sur le Docteur Kano.
Je vous ai parlé de ce médecin dans le tout premier article. Souvenez-vous ! C’est lui qui décide de greffer l’un des organes de Lize à Ken, afin de lui sauver la vie. On pourrait croire qu’il s’agit d’un déplorable accident mais on apprend ici de manière certaine (il y avait antérieurement quelques soupçons) que ce praticien a agi en connaissance de cause et s’est même servi de Ken pour mener à bien une expérience. On découvre également que Lize est vivante et sert de vivier d’organes qui sont greffés à d’autres humains pour tenter de créer des hybrides. Ç’avait toujours été un projet du docteur, même quand il travaillait pour le CCG, et il avait été écarté à cause des problèmes éthiques d’une telle démarche. Cela ne l’a pas empêché d’exercer dans la clinique privée familiale où il avait toute latitude pour saisir des occasions comme celles-là.

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Ainsi, on comprend que Ken n’est pas le seul hybride à l’œil écarlate. Il y en a au moins deux autres qui sont des expériences réussies (parmi ce qui semble être des centaines d’échecs…) à savoir des jumelles qui, ironie du sort, sont orphelines justement suite à une attaque de goules. Ici, Sui Ishida commence à tisser des liens entre ses différents personnages secondaires puisque ces deux filles ont également côtoyé Juzo, un jeune inspecteur du CCG complètement dingue, probablement sociopathe (dans le meilleur des cas). Leur affrontement et la manière dont Juzo est développé dans cet arc sont bien mieux amenés que les révélations antérieures sur d’autres personnages et c’est tant mieux. Peut-être une affaire de gain d’expérience ?

Le thème de l’expérience scientifique pour améliorer les humains en vue justement de défendre l’humanité n’a rien de nouveau et pose des questions aussi éthiques que philosophiques puisque Kano créé « des monstres » qui ne sont plus humains mais sont supposés les protéger quand même… Il me semble d’ailleurs que ce thème sera développé davantage dans Tokyo Ghoul : RE, de mémoire. On est ici en plein dans le transhumanisme avec tout ce que ça implique même si on ignore toujours d’où viennent les goules et depuis quand elles existent en tant qu’espèce en parallèle à l’humanité.

Ken, dans la tourmente.
Qu’a fait Ken durant ces six mois ? Il a enquêté mais pas que. Il a développé sa force en se nourrissant d’autres goules, toujours incapable de manger de la chair humaine là où celle de ses semblables parait un sacrifice acceptable. On l’apprend au détour d’une remarque de Shu, personnage dont on comprend difficilement les actes puisqu’un coup, c’est un vrai connard hautain et un autre, il s’improvise protecteur et parle de respect à ses ennemis. Je le cerne difficilement mais sa présence apporte réellement quelque chose au sein du groupe formé par Ken, ne fut-ce que sur un plan moral. On dirait que Ken veut l’avoir sous les yeux pour éviter justement de sombrer, ce qui ne fonctionne pas très bien…

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Parce que oui, manger de la chair d’autres goules et donc donner dans le vrai cannibalisme pur et dur n’est pas sans conséquence. Ken semble développer un trouble dissociatif de la personnalité quand il incarne le « scolopendre » (surnom donné par le CCG) et porte son masque. Il devient une personne différente, violente et très agressive, comme s’il laissait ses instincts prendre le dessus tout en essayant de les contrôler malgré tout du mieux qu’il peut. C’est intéressant parce qu’on sent qu’il essaie véritablement de rester « quelqu’un de bien » par tous les moyens. Sui Ishida illustre ici un combat pour ses valeurs face aux atrocités et aux difficultés du monde, soignant davantage l’aspect psychologique qu’il ne l’avait fait jusqu’ici.

Alors, mieux ou pas ?
Et bien oui, beaucoup mieux que l’arc d’Aogiri ! J’ignore si Sui Ishida a eu un accident de parcours mais les tomes 9 (passé les deux premiers chapitres) à 11 qui sont concernés par ce billet s’avèrent beaucoup plus intéressants à lire, mieux rythmés aussi (même s’il reste quelques longueurs) avec des affrontements intéressants et des révélations qui arrivent d’une façon plus harmonieuse. Je suis bien plus motivée à la perspective de (re)lire les trois derniers volumes que je ne l’étais à l’écriture de mon dernier billet.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

11 réflexions sur “À l’ombre du Japon #44 : { Je (re)lis Tokyo Ghoul (arc du Dr Kano) }

  1. Pingback: À l’ombre du Japon #45 : { Je (re)lis Tokyo Ghoul (et j’aurais du m’abstenir) – arc final } | OmbreBones

  2. J’attends ton dernier billet pour savoir si je me fais la série en manga ou pas. :p J’avoue que sur cette partie-là, le manga semble plus travaillé que l’anime (je ne crois pas que ce soit mentionné que les expériences étaient faites avec Lize encore en vie par exemple).
    En tout cas, merci pour ton travail de relecture. 😀

    • Sérieux ? Oo dingue ça, ça me parait important quand même..
      Dernier article la semaine prochaine, je pense que je vais t’économiser des sous xD
      Avec plaisir, j’aime bien ça me permet d’écrire des articles plus travaillés et de me questionner sur l’évolution de mes goûts 😊

  3. Il me semble de mémoire que c’est justement à partir de là que j’ai commencé à trouver Tokyo Ghoul plus intéressant, en grande partie grâce au personnage de Amon d’ailleurs. De mémoire, j’ai eu jusqu’au bout des réserves concernant le personnage de Ken, mais donner de la voix aux humains m’a vraiment permis de mieux entrer dans le récit (assez tardivement tu me diras).

    Sinon, je dois avouer qu’encore une fois, je n’ai pas de souvenir super clair de tout ce qui se déroule, j’avais même oublié que Ken mangeait d’autres goules. Par contre ses troubles de personnalité, je m’en souviens.

    Mais c’est vraiment le tout dernier arc, très orienté action, qui m’avait vraiment le plus plu. Je trouve qu’esthétiquement, l’auteur avait fait quelque chose de vraiment intéressant.

    • Ah bah on va être en total désaccord alors car c’est justement les trois derniers tomes qui m’ont le plus saoulée lors de cette relecture et qui font que je n’ai plus envie de conseiller le manga 😅 tu verras la semaine prochaine du coup ! Relire cet article dans le prisme de l’autre déjà rédigé je me dis quelle désillusion entre les deux xD

      Par contre oui à mesure que le récit avance je trouve aussi Amon plus intéressant alors qu’au départ pas du tout 😅 j’aime bien le duo qu’il forme avec la fille de Mado.

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