À l’ombre du Japon #43 { Je (re)lis Tokyo Ghoul (arc d’Aogiri) }

Ohayô minasan !

Troisième article concernant ma relecture du manga Tokyo Ghoul qui va cette fois se concentrer sur les tomes 6, 7 et 8. Ces trois volumes couvrent l’arc que je vais appeler d’Aogiri, le huitième tome se terminant sur un changement radical au sein de l’intrigue. Je rappelle que ces articles contiennent des éléments de la dite intrigue pour appuyer mon propos.

Je vous rappelle les liens de mes articles pour les tomes 1 à 34 à 5.

On en est où ?
Après avoir échappé au Gourmet, Ken est enlevé par Aogiri, une organisation pro-goule dont le but est de dominer l’humanité. Au sein de cette organisation, il rencontre des goules qu’on a contraint de participer à tout ça et qui vont tenter de s’échapper. Malheureusement, la fuite tourne mal puisqu’ils sont découverts. Une goule d’un rang supérieur va alors proposer à Ken de se sacrifier pour permettre aux autres de s’enfuir, ce que Ken va évidemment accepter. C’est ainsi qu’il va terminer entre les mains du terrible Jason, qui va le torturer…

Jason, moteur de changement.
Jason est une goule baptisée en l’honneur du film vendredi 13 et qui est connue pour être d’une rare violence. Il a été enfermé dans la prison pour goules et été torturé par des humains jusqu’au jour où il a choisi de renverser le paradigme pour devenir lui-même un tortionnaire. Depuis, il s’en prend aux autres pour contrôler ses pulsions destructrices mais aussi parce qu’il considère que ça le rend plus fort. En tombant sur Ken, qui possède le kagune de Lize le rendant extrêmement résistant, il a trouvé un jouet à sa mesure puisqu’il peut donc le torturer longtemps, en alternant ces moments avec des instants calmes où il va le nourrir pour lui permettre de régénérer les parties du corps qu’il aura préalablement découpé.

Être torturé, surtout pendant une dizaine de jours, c’est quelque chose d’extrêmement violent et de formateur. Il est logique que ça ait un impact sur l’évolution du personnage principal. Le souci, c’est que j’ai trouvé cet aspect mal géré par l’auteur et j’en suis la première dépitée. Déjà, hormis une mention manuscrite, on ne ressent pas du tout le passage du temps. L’auteur choisit de montrer une première scène de torture et c’est tout. On ne sait pas vraiment quand elle se place dans la ligne temporelle, du coup on n’a pas un sentiment de répétition, ce qui amoindri considérablement son impact…

Ensuite, il y a une multiplication des points de vue et des « groupes » d’intervention, si bien qu’on ne se concentre pas assez sur Ken. En effet, le CCG lance un assaut là où Ken est détenu, puisqu’il s’agit du commissariat du 11e arrondissement tombé entre les mains des goules et qu’ils veulent récupérer. Le CCG affronte donc Aogiri pendant que les goules de l’Antique s’infiltrent au milieu de tout ça pour tenter de retrouver Ken. Au sein du CCG, trois ou quatre nouveaux personnages arrivent au milieu de l’ensemble, avec des chara-designs pas toujours très distincts, si bien qu’on les mélange et qu’on se fiche un peu de ce qui va leur arriver. Idem pour les goules d’Aogiri, dont les noms des « cadres » sont cités en insistant bien que ça provoque un effet de peur chez celleux qui en parlent sauf que cette peur, on ne la ressent pas du tout.

La mise en place maladroite empêche cet arc d’apporter ce qu’il est supposé. L’intrigue devrait ici gagner en puissance mais les changements que les évènements impliquent ne se ressentent pas du tout.

Et je ne vais même pas évoquer les retrouvailles entre Touka et son frère, qui donnent lieu à un autre flashback qui tombe lui aussi comme un cheveu sur la soupe au point que j’en ai eu un sentiment de remplissage… Ce qui m’énerve, parce que j’aimais beaucoup ces deux personnages dont il y avait moyen de faire quelque chose de mieux, à ce stade.

Selon ma sensibilité et mes goûts, l’auteur a effectué un mauvais choix en essayant de trop en dire trop vite au lieu d’exploiter un personnage principal prometteur. Je l’ai mentionné, la torture de Jason est montrée une seule fois, on sent la violence qu’elle implique mais on n’a pas le sentiment du temps qui passe si bien qu’on n’arrive pas à comprendre le point de rupture de Ken ni pourquoi ou comment il gagne autant en puissance (au sens force de frappe du terme). La métaphore autour de Lize paraît artificielle, de même que les souvenirs de son enfance qui tombent un peu comme un cheveu sur la soupe bien qu’ils expliquent son caractère initial. Ç’aurait du arriver bien plus tôt et revenir par petites touches en guise de rappel. Là, j’ai le sentiment que l’auteur s’est rendu compte qu’il avait oublié de dire plein de choses antérieurement et qu’il a voulu se rattraper pour que la suite ait du sens…

C’est très dommage parce que toutes les idées sont présentes pour écrire une bonne histoire mais, mal mises en scène, le souffle retombe assez vite. C’est d’autant plus vrai sur les dernières planches puisque Ken annonce qu’il ne va pas retourner à l’Antique. Il a des choses à faire, à découvrir par lui-même, et va donc aller ailleurs (où ? Suspens), accompagné par certains personnages mais en rejetant Touka, qui est quand même là pour lui depuis le début… Cette décision semble aussi sortir de nulle part, d’autant qu’il a à sa disposition plusieurs goules expérimentées et dotées d’un solide réseau d’informateurs.

Honnêtement, je n’ai pas le souvenir d’avoir eu ce sentiment lors de ma première lecture. Du coup, je me demande à quel point ma vision des choses a pu évoluer… Si la suite ne s’améliore pas, le quatrième article risque d’être le dernier et de reprendre les tomes 9 à 14 mais je verrais comment ça se présente.

Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

9 réflexions sur “À l’ombre du Japon #43 { Je (re)lis Tokyo Ghoul (arc d’Aogiri) }

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  3. Ah ! Alors pour le coup l’anime diffère : la scène de torture était longue et horrible. En tout cas, je l’ai ressentie comme ça. L’évolution de Ken est particulièrement bien réussie ici, les épisodes de cet arc m’ont fait mal au ventre. T_T

    • Ah bah ils ont du mieux bosser ça sur l’animé du coup après tu as l’aspect visuel qui ressort mieux sous ce format donc ça aide.. et ils s’éparpillent peut être moins sur les points de vue ? Faudra que je compare un jour ! Parce qu’ici lors de ma relecture j’ai vraiment rien ressenti hormis l’envie de rouler des yeux 😅 ce qui me frustre beaucoup. J’ai pas encore relu le tome 9 ni les suivants du coup..

      • Oui, l’aspect animé doit pas mal jouer là-dedans. Parce qu’on voit effectivement ce qu’il se passe à l’extérieur mais ça ne prend pas du tout la place de la torture qui elle, est vraiment omniprésente. J’étais horrifiée pour Ken. >_> Ça vaut peut-être le coup que tu regardes juste cet arc. ^^

  4. On en avait déjà un peu parler, du coup je ne suis pas étonné de tes réserves sur cette partie.

    Me concernant, c’est vraiment la partie qui m’a le plus énervé dans le manga comme je t’ai dit. En fait, de mémoire, j’ai le souvenir d’un passage où la torture semble utilisée comme béquille pour justifier un changement dans le personnage que l’auteur n’a pas réussi à amorcer autrement, et dont le traitement ne va pas. Tu l’as expliqué avec le fait que ça passe trop vite, mais dans mon souvenir, il y a aussi une façon globale d’aborder la chose, comme une simple péripétie. Du coup, on a vraiment le sentiment de voir de façon beaucoup trop évidente la ficelle d’écriture, et pas assister à une évolution de personnage « organique ».

    Je ne sais pas si je suis clair, mais je parle aussi de mémoire, donc c’est plus compliqué de vraiment expliciter ma pensée. Il aurait fallu que j’écrive dessus à l’époque peut-être…

    • Si tout à fait et je comprends ce que tu veux dire car j’ai aussi ce sentiment et j’ai essayé de l’expliquer. Comme tout va trop vite, rien n’est amorcé correctement et donc les changements sortent de nulle part alors que je suis certaine que ça aurait pu se dérouler d’une autre façon. Ça ne m’avait pas marqué à ma première lecture mais ici c’est tellement évident… Et ça m’énerve parce que contrairement à toi j’aimais bien le personnage de Ken. Du coup avec tout ça j’ai pas encore osé me relancer sur la suite 😅

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