La maison au milieu de la mer céruléenne – TJ Klune

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La maison au milieu de la mer céruléenne
est un one-shot fantasy écrit par l’auteur américain TJ Klune. Publié par de Saxus (qui n’a pas de site Internet ?) vous pourrez trouver ce texte partout en librairie au prix de 18.90 euros.

Il y a parfois des romans dont j’ai envie de vous parler sans pour autant me livrer à une analyse précise de son contenu ni de le décortiquer parce que j’estime que ça détruirait la magie dont on a tous.te bien besoin. Ce sont des romans qui accélèrent notre rythme cardiaque, qui font monter les larmes aux yeux. Des romans qu’on n’a pas envie de refermer alors même que la nuit avance, que l’aube se rapproche et avec elle, la nécessité de se lever. Des romans qui laissent une trace indélébile dans l’esprit d’un.e lecteur.ice.

C’est ce qu’a été La maison au milieu de la mer céruléenne pour moi.

La chronique de Sabine a été mon déclencheur. J’avais vu passer le roman sur les réseaux sociaux sans que le titre ne m’inspire quoi que ce soit. J’ignorais jusqu’à son résumé et j’avoue que ça ne m’intéressait pas plus que ça. Il s’était perdu dans la masse mais cette chronique a tout changé, me donnant envie de le lire. J’ai quand même attendu quelques semaines après ça, peut-être par crainte que le texte ne tienne pas ses promesses.

Et pourtant…

De quoi ça parle ?
Linus Baker a la quarantaine, il vit seul avec une chatte au fort caractère et travaille au MJM, le Ministère de la Jeunesse Magique. Il est inspecteur et se rend dans les orphelinats un peu particuliers pour s’assurer qu’on y traite bien les enfants. Un jour, ses supérieurs l’envoient sur l’île de Marsyas, un lieu très secret où résident six enfants plus que spéciaux. Sans parler du directeur… Réussira-t-il à faire son travail de manière aussi objective que d’habitude ?

Un coup de cœur.
Dés les premières pages, j’ai été envoutée par l’écriture de TJ Klune qui me semble superbement traduite par Cécile Tasson. On y perçoit une forme de magie dans cette narration à la troisième personne concentrée sur Linus et riche d’une inimitable personnalité. Il y a des auteur.ices capables de donner vie à leurs mots, qui ne se contentent pas de décrire froidement un décor ou une ambiance. C’est parfois léger, parfois plus marqué et je suis très sensible à cela. Pour vous donner une idée, j’ai ressenti le même genre de plaisir et de satisfaction qu’en lisant Magic Charly d’Audrey Alwett.

Ici, l’auteur choisit de mettre en scène un quarantenaire comme les autres qui n’est pas un canon de beauté, souffre d’un surpoids et n’a rien qui le sort de l’ordinaire, si ce n’est sa conscience professionnelle et son bon fond. Le lecteur avance dans les pas de Linus, Linus qui rêve de la mer, Linus qui est enfermé dans un travail ingrat avec des collègues sans intérêts et une superviseuse incompétente. Linus personnifie le désenchantement qu’on peut ressentir en tant qu’employé, que ce soit ou non pour le service public, avec ce sentiment d’absurdité, de vain, pour les tâches qu’on peut nous confier. Son arrivée sur l’île va lui apporter une bouffée d’air frais et lui permettre de se plonger dans un monde littéralement magique. Linus est un protagoniste comme j’aimerais en voir plus qui est traité avec respect par son auteur. À aucun moment il n’y a de bodyshaming dans ce roman et ça fait un bien fou !

Linus est déjà un personnage très réussit mais que dire des enfants ? Chacun possède sa personnalité, son histoire et ses rêves. Ils vivent intensément au sein des pages de TJ Klune et touchent, font sourire, rire parfois. Il y a Talia, une gnome barbue qui adore jardiner et menacer celleux qui l’ennuient avec sa pelle. Il y a Phee, une esprit de la forêt qui ferait tout pour protéger les siens. Il y a Théodore, une vouivre qu’on pourrait confondre avec un animal mais qui rappelle que le fait de ne pas partager le même langage ne signifie pas l’absence de raisonnement complexe. Il y a Chauncey, une créature inconnue qui rêve de devenir groom parce qu’il veut plus que tout aider les gens. Il y a Sal, un enfant capable de se métamorphoser en chien qui a beaucoup souffert et manque cruellement de confiance en lui à force d’avoir été transporté d’un foyer à l’autre. Et il y a Lucy, Lucy à l’illustre ascendance qui porte le poids d’un héritage trop grand, possède un humour noir douteux mais adore la musique… Je me suis attachée à chacun d’eux à une vitesse folle. Je tournais les pages comme si je vivais moi-même à leurs côtés, pressée de découvrir ce qui allait leur arriver.

La maison au milieu de la mer céruléenne, c’est finalement l’histoire d’un homme qui se bat à sa hauteur pour changer le regard qu’on porte sur ces enfants particuliers. L’histoire d’un petit employé de bureau endoctriné qui déploie ses ailes et qui apprend autant au contact des enfants qu’eux au sien. L’histoire de six enfants qui décident de former ensemble une famille. Une histoire sur la tolérance, sur l’espoir et sur l’amour aussi, l’amour qu’on ressent sur un plan filial sans que les liens du sang y soient pour quoi que ce soit et l’amour romantique envers une personne qui parait parfaite malgré ses défauts et ses cicatrices. Je ne suis pas adepte de la romance mais celle présente dans le livre est tellement subtile et belle que j’ai versé ma petite larme, sans compter qu’elle n’envahit pas inutilement l’histoire en écrasant tout le reste sur son passage, au contraire.

Ce roman est beau, voilà. Une beauté touchante qui laisse sa marque sur notre cœur en papier, fin et fragile. Terry Brooks écrivait à son sujet qu’il vous redonnera foi en l’humanité et je trouve qu’il a parfaitement raison. C’est l’un des plus beaux livres que j’ai pu lire et j’espère sincèrement que beaucoup d’entre vous lui laisseront une chance.

D’autres avis : Temps de motsFourbis et têtologie – vous ?

31 réflexions sur “La maison au milieu de la mer céruléenne – TJ Klune

  1. Pingback: #Focus : ma liste de livres à lire pour mes étudiant.es | OmbreBones

      • Je ne te recommande pas Scorpi je ne suis pas sure que tu survives à l’histoire d’amour du premier tome mais si un jour tu as envie de tenter, le bestiaire est juste énorme : riche, humain, attendrissant, attachant… et l’histoire d’amour fait évoluer l’héroïne de nunuche à femme de caractère…

      • Connaissant un peu plus tes goûts, je pense que tu aurais en effet le grand mal à dépasser le premier tome car malgré sa drôlerie l’histoire d’amour est le coeur central de l’histoire et elle présente tous les clichés possibles, c’est pour mieux les déjouer dans les tomes 2 et 3 mais faut pouvoir les supporter quand même…
        ce qui est très dommage car les bestiaires de Dambre sont assez fabuleux, il faut bien le dire…

  2. J’ai l’impression que mon commentaire n’a pas été envoyé, je le remets donc 😆

    Je suis étonnée que De Saxus n’ait pas massacré la traduction de celui-là. Mais bon je ne leur fait plus du tout confiance donc je l’ai pris en VO, j’espère que ça sera abordable. En tout cas je note de le lire dans un moment ou j’aurais un besoin urgent de retrouver foi en l’humanité (ce qui arrive relativement souvent en fait 😅🤣)

    • Ah non en effet, tu fais bien de le reposter !
      Je n’ai pas lu beaucoup de chez eux, je crois que le seul autre ça a été la grosse brique avec le reinaume et les dragons du coup je n’ai pas été confrontée aux soucis de traduction que tout le monde semble pointer chez eux depuis un moment. Je ne peux donc rien affirmer ! Toutefois je pense que quand on peut lire en VO, c’est toujours mieux de toute façon. Moi ça me fatigue, ce ne serait pas de la détente. Du coup je regarde mes séries en VO à la place XD
      Bref tout ça pour dire : bonne lecture à toi ☺️

  3. Ça fait un petit moment que je le vois passer sur la toile et déjà rien que le titre et la couverture donne envie. Je vais surement me laisser tenter. On ressent bien tout le bonheur que cette lecture ta offerte dans ta chronique.

  4. Je vais être honnête, je l’avais déjà mis dans une commande pour le travail (que ma responsable a enfin validé !), mais ton article me donnerait presque envie de le lire !

    Le « presque » vient du fait que je ne prenne jamais le temps de lire de romans, tu l’auras compris ^^’

      • Nope du tout. C’est tout public mais le héros est un quarantenaire et certes il y a des personnages d’enfants mais voilà ça n’en fait pas un titre jeunesse pour autant, il ne répond pas aux codes du genre. Puis ce serait une erreur d’essayer de mettre ce roman dans une case 🙂

      • Alors il faut les mettre dans les cases adéquates 😅 quant au public, c’est une question d’habitudes encore une fois. C’est la fameuse histoire des idées préconçues comme en manga avec les catégories shojos, shonens et seinens qui sont toujours mal comprises en occident. Dire d’un roman qu’il est jeunesse (ou adulte ou YA) alors que non ne lui rend pas service et ne rend pas service au lectorat non plus qui va se retrouver face à une œuvre qui ne lui conviendra du coup peut être pas parce que quelqu’un (dans la chaîne du livre de manière générale) s’est foiré dans le classement. J’ai encore entendu parler d’un roman vendu comme de la fantasy alors que c’est de la romance, bah l’erreur de classement lui est fatale.
        Mais bon je ne t’accuse pas toi hein je précise, c’est le système dans son ensemble qu’il faudrait repenser et le principe même des publics cibles pour tous ces romans, ces œuvres, qui s’en affranchissent.

      • Je pense que tu as tout à fait raison, mais il y a encore une chose qu’il faudrait repenser, c’est les gens tout simplement je crois 😅

        J’ai de plus en plus le sentiment au travail que finalement, tu sais d’avance qui va emprunter ou non tel ou tel ouvrage quand tu l’achètes, et que les mêmes œuvres sont toujours laissées de côté.
        C’est pour ça que quand je te dis qu’on aura une lectrice pour ce livre, c’est parce que je sais d’avance quelle sera la personne qui l’empruntera, et je doute fortement que quelqu’un d’autre le prenne chez nous…

      • Oui tu as raison aussi.
        Moi j’aime qu’on me bouscule et qu’on me sorte de ma zone de confort, c’est comme ça qu’on découvre des pépites inattendues, mais il faut que je me rappelle que ce n’est pas forcément le cas de tout le monde, loin de là. Enfin au moins ce roman plaira (j’espère !) à une lectrice et tu pourras nuancer son classement si on te le demande 😊

      • Je trouve aussi que c’est une bonne chose de sortir de sa zone de confort, en plus en mediatheque c’est gratuit tu ne risque rien. Mais malgré tout, j’ai pas le sentiment que beaucoup osent.
        Maos je pense que c’est comme pour tout, difficile de se défaire de ses habitudes…

  5. J’aime beaucoup TJ Klune mais je trouve son écriture parfois épuisante parce que ses personnages enchainent tout le temps 10000 idées à la seconde. Du coup j’ai tendance à préférer ses livres où les personnages sont plus posés, ça a l’air d’être le cas avec ce roman, je me le note 😉

  6. ❤️❤️❤️❤️❤️❤️❤️❤️
    Super chronique ! Qui me donne envie de de re-re-re-faire mes bagages pour l’île de Marsyas 🤣🏖🥰.
    (Merci beaucoup pour le lien, trèèèès contente d’avoir été le petit coup de pouce sur ce coup- là 🥰😘)

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