Yellow Jessamine, secrets empoisonnés – Caitlin Starling

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Yellow Jessamine, secrets empoisonnés
est une novella de fantasy gothique écrite par l’autrice américaine Caitlin Starling et traduite par Hélène Mathis. Publiée aux éditions du Chat Noir dans la collection Griffe Sombre, vous trouverez ce texte sur leur site internet au prix de 14.90 euros.

Cette novella traine depuis début d’année (moment de sa sortie) dans ma PàL sans que je puisse expliquer pour quelle raison j’ai attendu autant pour l’en tirer. Je le regrette après coup car il rejoint le rang des pépites dénichées par les éditions du Chat Noir dans la littérature anglosaxonne. On peut dire que l’éditrice a un sacré flair là-dessus car il est très rare (bien que ce soit déjà arrivé) que je sois déçue par l’une de leurs traductions.

De quoi ça parle ?
Lady Evelyn Perdanu dirige une société de transport maritime depuis la ville fictive de Delphinium (qui est le nom d’une plante, la boucle est bouclée !). La cité subit un blocus suite à une révolution au sein de l’Empire, ce qui l’isole de plus en plus. Pour ne rien arranger, une étrange maladie se répand, plongeant les personnes atteintes dans une étrange catatonie. Pour plusieurs raisons, Evelyn est certaine d’être liée à cette épidémie et tente de s’en protéger en s’enfermant dans son manoir où elle étouffe sous le poids de ses secrets.

Une fantasy gothique de haute volée.
Voilà un moment que je n’avais pas eu l’occasion de lire un texte gothique aussi bien maîtrisé. Il ne faut que quelques pages à l’autrice pour poser une ambiance sombre et angoissante, qui titillera les instincts claustrophobes des lecteurices les plus sensibles. Cette ambiance est la plus grande force de ce texte selon moi car on sent l’inévitable se rapprocher à chaque inspiration, à l’instar d’Evelyn qui sent la Mort venir et tente par tous les moyens de la repousser. Le lecteur s’interroge alors : qu’est-ce qui tient du réel ? Qu’est-ce qui tient de la paranoïa d’Evelyn ? Et qu’est-ce qui appartient véritablement au registre du surnaturel ? Car l’un des trois mots apparaissant sur la quatrième de couverture pour décrire ce roman est « folie » et on peut dire qu’elle prend en effet une ampleur considérable à mesure qu’on tourne les dernières pages…

Pour vous donner une idée, la novella s’ouvre sur un navire en train de brûler au large de la ville, après que des cas de peste s’y soient déclarés. Evelyn est alors appelée au port car il s’avère que le Vérité, l’un de ses propres navires, subit aussi les assauts d’une étrange maladie. Le ton est donné dés les premières lignes !

L’autre grande force de Yellow Jessamine est justement ce personnage d’Evelyn Perdanu, devenue héritière de cette compagnie maritime par la force des choses (tous les membres de sa famille meurent mystérieusement les uns après les autres) et spécialiste en botanique. Cette compétence lui permet de préparer des remèdes comme des poisons. Toute vêtue de noir, elle porte le voile du deuil depuis plus de vingt ans et n’a rien d’une héroïne classique. Deux facettes s’affrontent en elle : d’un côté son visage public, froid et digne, qui inspire une forme de respect pervertie par la crainte car son aide se révèle à double tranchant. De l’autre, c’est une personne fragile qui aspire simplement à être aimée, comprise, une attention que lui donne Violetta, son assistante. J’ai trouvé leur relation tragique et touchante, c’est la première fois depuis longtemps que je suis un duo uniquement féminin où aucun homme ne se mêle de leur dynamique. C’est rafraichissant. Bien évidemment, de nombreux secrets, sombres et empoisonnés, tournent autour de ce personnage, justifiant le sous-titre évocateur de la novella.

Pour ne rien gâcher, l’objet livre est, comme toujours, soigné. La couverture est identique à la version originale et on comprend pourquoi en lisant Yellow Jessamine. J’ai rarement vu une illustration coller à ce point au contenu ! Quant à l’intérieur, on reste sur une mise en page plus classique mais on retrouve tout de même quelques plantes illustrées, comme dans un livre de botanique. Des plantes, évidemment, liées à l’intrigue…

Tous ces éléments et d’autres que je vais taire pour ne pas gâcher votre lecture font de Yellow Jessamine une pépite dans le genre gothique que je recommande plus que chaudement.

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27 réflexions sur “Yellow Jessamine, secrets empoisonnés – Caitlin Starling

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  3. Je me permets de noter ce titre pour une prochaine commande, ça m’a l’air fort intéressant et je connais quelques abonnées (oui, le roman adulte est lu très majoritairement par des femmes chez nous) à qui ça devrait plaire !

    Merci à toi, et comme toujours, tu arrive à parfaitement donner envie avec tes articles !

  4. La couverture en soi est un pousse au crime ou à l’achat 🙂
    Comme quasi toutes les parutions de la ME, le livre était dans ma wish list (je n’avais par contre pas fait attention au fait que c’était une novella), mais tu as mis en avant des points auxquels je suis sensible comme la dynamique d’un duo féminin (rarissime cette configuration) et surtout le côté ambiance saisissante, si caractéristique du style gothique.

    • C’est l’éditrice qui me l’a précisé, ce n’est pas mentionné autrement ! J’espère que tu prendras autant de plaisir que moi à la découverte.
      Et je suis bien d’accord au sujet de la couverture ! Elle correspond si bien au contenu que ça en devient saisissant.

  5. Ton avis rejoint complètement le mien. J’ai bcp aimé aussi cette novella à l’ambiance si particulière.
    En revanche je l’ai lue en format électronique et ça ce n’était pas une bonne idée, ça enlève une partie du plaisir visuel lié à l’objet…

    • Ah je n’avais pas vu ta chronique oO
      Oui c’est le souci quand la maison d’édition se spécialise dans le « livre objet » avec des mises en page spéciales, en numérique c’est souvent difficile à restituer :/

      • ce n’est pas grave, ne t’en fais pas ! pour s’y retrouver dans toutes les chroniques qui sortent, ce n’est pas évident… Ca m’arrive aussi tout le temps, et aussi de me rappeler que j’en avais lue une chouette mais d’avoir oubliée où je l’ai lue :-/
        Oui, je sais maintenant que pour le chat noir, j’achèterai le papier plutôt, comme HSN. Ca fait partie de l’ambiance aussi du livre, ça complète bien.

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