Fingus Malister, crâne bavard, grimoire et magie noire

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Crâne bavard, grimoire et magie noire
est le second volet des aventures de Fingus Malister écrit par l’auteur français Ariel Holzl. Publié par Rageot, vous trouverez ce volume partout en librairie au prix de 12.5 euros.

De quoi ça parle ?
Fingus Malister est un apprenti seigneur maléfique qui aimerait bien développer ses pouvoirs. Pour cela, son grand-père (un crâne doté d’une moustache et d’un monocle) lui conseille de dérober le M.É.C.H.A.N.T (Manuel Élémentaire de Conjuration Hautement Avancée et de Nécromancie Ténébreuse) au Roi de l’Automne. Une nouvelle aventure attend donc Fingus et son amie Polly la sorcière.

Souvenez-vous, je vous ai déjà évoqué le premier opus : Fingus Malister, Feux follets, mandragore et cadavre frais. Je profite de l’occasion pour préciser que si ce tome est bien une suite, il peut, selon moi, se lire sans avoir découvert le précédent. Raison, je suppose, pour laquelle l’éditeur n’a pas précisé de tomaison dans le titre (mais celle-ci apparait bien sur la tranche du roman).

Un roman jeunesse ?
Qu’est-ce qu’un roman jeunesse ? Voilà une question que je me pose régulièrement. Stricto sensu, il s’agit d’une littérature à destination d’un public plus jeune et qui s’y adapte donc, par sa forme et son contenu. Ainsi, littérature jeunesse rimerait avec simplicité? Enfantin ? C’est une idée qu’on retrouve régulièrement et de plus en plus d’auteurs récents s’attachent à montrer qu’il n’en est rien. Ariel Holzl est de ceux-là.

Car le contenu de Fingus Malister, s’il est présenté avec une certaine candeur (mais une candeur malsaine un peu comme Dolorine à l’école) n’en reste pas moins plutôt sombre. On y a un Roi de l’Automne dont la traine est faite de peau humaine et qui écrit sur des feuilles mortes avec du sang, le crâne d’un grand-père seigneur maléfique qui pousse Fingus à sacrifier un être humain (enfin, il essaie) pour réussir à voler un grimoire, Fingus qui cherche à ramener toute sa famille à la vie en utilisant un rituel de nécromancie, une ville corrompue par la magie noire, des escargots qui bavent une substance qui pétrifie les gens et une ambiance globalement sombre peuplée de créatures atypiques et d’inventions farfelues. Ariel Holzl maîtrise l’aspect ludique de son univers, qui saura séduire de jeunes lecteurs, mais s’adresse également de manière détournée à son lectorat adulte en proposant, comme pour le premier opus, une double grille de lecture. C’est quelque chose que j’ai vraiment apprécié.

Alors oui, son style d’écriture se révèle plus accessible dans ce texte. Non pas qu’il soit compliqué en règle générale mais on sent que les phrases sont tournées pour être comprises par de jeunes lecteurs. Le style s’adapte à son héros, finalement, qui n’a que douze ans. Cela n’en reste pas moins un régal à lire, surtout entre deux textes plus ardus. Une bulle d’air bienvenue dont l’ambiance et les thèmes collent parfaitement à la période.

Un goût de trop peu.
Mais… parce qu’il y a un mais… Une fois arrivée à la dernière page, j’ai eu un goût de trop peu. L’épilogue proposé par l’auteur laisse entendre qu’il n’y aura plus d’autres volumes des aventures de Fingus et la manière dont il résume tout ce qui lui est arrivé après la présente aventure montre qu’il y avait encore beaucoup de matière à exploiter. Et même, la décision finale du héros de passer dans le miroir laisse entendre, espérer même, d’autres aventures qui ne paraissent pourtant pas annoncées. J’en ai conçu une grande frustration, surtout due au fait que j’aimais vraiment bien ce jeune garçon apprenti seigneur maléfique et l’univers qui gravite autour de lui. Peut-être le retrouvera-t-on dans une œuvre adulte ? Le mystère reste entier et l’espoir tenace. Ariel, si tu passes par ici, entends ma prière !

La conclusion de l’ombre : 
Fingus Malister est un diptyque jeunesse sympathique et plein d’originalité à l’ambiance sombre mais un sombre amusant. Ce tome reprend les ingrédients du précédent avec le même effet. On y retrouve l’imagination fertile de l’auteur, son humour noir ici à un niveau plus enfantin… Quoi que ! Fidèle à lui-même, Ariel Holzl propose deux grilles de lecture, ce qui permettra de ravir autant les jeunes lecteurs que les plus âgés. Cette saga, tout comme la bibliographie de l’auteur de manière générale, est parfaitement recommandable, surtout en cette période d’Halloween. Un régal.

D’autres avis : quelques uns sur Babelio, rien encore dans notre cercle !

10 réflexions sur “Fingus Malister, crâne bavard, grimoire et magie noire

  1. Pingback: BML #28 – octobre 2020 | OmbreBones

  2. Comme tu le dis si bien, c’est pas parce que c’est jeunesse que c’est débilitant. J’avais beaucoup apprécié « Dolorine à l’école » pour ça justement. J’ai donc super hâte de m’attaquer à ce diptyque :D.

  3. Franchement ton article donne super envie ! Et comme je galère toujours à trouver des séries jeunesse et ado pour la médiathèque, je prends bonne note.

    J’ai bien apprécié d’ailleurs ton paragraphe sur la littérature jeunesse. Je constate que c’est une catégorie qui est finalement lue par un peu tous les âges globalement.

    • Excellent choix pour la médiathèque !

      Et merci, c’est vrai que finalement je me demande un peu ce que signifie cette catégorie vu ce qu’on y voit parfois… Je comprends le besoin de différencier la littérature à destination d’un public plus jeune (qui doit être plus « safe » sur les thèmes, les actes, etc.) mais les critères ne sont quand même pas super clairs. Et y’a pas deux romans jeunesses qui se ressemblent. C’est un peu comme la problématique du young adult finalement. Il y a beaucoup à dire et à réfléchir à ce sujet !

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