À l’ombre du Japon #16 { Beastars & moi, chronique d’un coup de coeur inattendu }

Salutations !

Voilà quelques jours que je procrastine sur la manière dont je vais vous parler de cette découverte incroyable qu’a été Beastars pour moi. Allais-je me contenter de reformuler ce que beaucoup ont déjà pu dire sur les qualités du manga ? Je n’en avais pas l’envie et n’en voyais pas l’intérêt. Du coup, j’ai opté pour un billet qui raconte comment j’en suis venue à être totalement accro à cette œuvre.

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Beastars & mes a-priori : l’esthétique

J’ai commencé à entendre parler de Beastars grâce à la blogosphère et plus particulièrement l’ami Otaku. Jusqu’ici, ce n’était à mes yeux qu’un arrivage de plus chez Kazabulles qui ne m’inspirait rien de positif puisque j’ai du mal avec le concept d’animaux anthropomorphisés (je vais y revenir). Pourtant, la manière passionnée dont l’Apprenti Otaku parlait de ce manga a fini par me convaincre non pas d’acheter la version papier mais de regarder l’animé qui venait de débarquer sur Netflix. Au fond, ça ne me coûtait rien du tout si ce n’est un peu de mon temps alors… Pourquoi pas ?

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Je ne savais pas grand chose du contenu (okey en vrai je ne savais RIEN du tout sauf ce qu’en avait dit l’ami Otaku et que j’avais déjà à moitié oublié à ce moment-là), je n’avais même pas lu le pitch de base pour être totalement honnête, m’engluant dans mes idées reçues. Je me suis contentée de me lancer… et de regarder les douze épisodes en une soirée, captivée par ce que j’étais en train de voir. Je n’avais plus binge-watché quoi que ce soit depuis une éternité et ça m’a fait beaucoup de bien alors que le confinement durait déjà depuis une semaine ou deux.

Je ne m’attendais ni à une telle intensité d’écriture ni à me passionner autant pour l’intrigue de ce thriller dans le monde scolaire et théâtral. Tout fonctionnait merveilleusement bien, sans la moindre fausse note et je ressentais énormément d’empathie pour les personnages. Sans parler de mon intérêt qui virait à l’obsession pour leurs interactions. Vu que j’ai tendance à avoir toujours quelque chose à redire, ça tenait également du miracle. Toutefois, je n’ai pas commandé tout de suite la version papier, hésitante que j’étais devant le chara-design un peu particulier que j’avais entrevu sur les couvertures.

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source : site de Ki-oon

C’est particulièrement flagrant sur la bannière d’annonce du site Ki-oon. Traitez-moi de fille superficielle mais quand je lis un manga, j’ai besoin que le chara-design colle à ce que j’apprécie. J’ai un certain canon, des attentes que je ne peux pas clairement expliciter parce que je ne suis pas du tout spécialiste en dessin mais disons que mon étalon de perfection se situe quelque part entre Yana Toboso et Kaori Yuki. Ici, Paru Itagaki s’en détache largement et ça m’a fait peur. Surtout quand on regarde certaines planches internes, j’avais le sentiment d’un brouillon.

Sauf que…

Quand on prend la peine de lire quelques pages, on se rend compte que ce trait brut correspond parfaitement à l’univers animalier -même anthropomorphisé- que développe la mangaka. Sa façon de dessiner renforce son histoire, son intrigue, les sentiments dégagés par les protagonistes. Tout fonctionne dans un ensemble superbement maîtrisé quand on pense que la mangaka a commencé à 24 ans et qu’elle va en avoir 27. On a le même âge à deux mois près en vrai… De plus, le trait s’affirme au fil des tomes ! Je m’en suis d’autant plus rendue compte quand j’ai enchaîné les tomes 6 à 11. Pour info, l’animé s’arrête pour le moment à la moitié du tome 6 donc vous savez où commencer si vous suivez le même chemin que moi.

Beastars & mes a-priori : l’anthropomorphisme
Quand je discute de Beastars avec certaines personnes sur les réseaux sociaux ou IRL, la remarque qui revient le plus souvent concerne l’aspect anthropomorphique des personnages qui cause une forme de malaise / de répulsion. J’ai été surprise de constater à quel point beaucoup de gens partageaient mon propre sentiment face à cela. Je me demande d’où ça vient. Peut-être le fait que beaucoup d’histoires pour enfants mettent en scène des animaux anthropomorphisés, ce qui nous donne un sentiment d’être forcément confronté à une oeuvre jeunesse ? Si c’est ça, j’aimerais bien qu’on se pose deux secondes pour évoquer le traumatisant les animaux du bois de Quat’sous

Qu’on se comprenne, je ne porte aucun jugement puisque j’appartenais moi-même à cette catégorie. Ma surprise n’en a donc été que plus grande (et belle) en constatant à quel point Beastars s’inscrit avec force comme un incontournable récent du genre manga avec un traitement parfait autant sur un plan graphique, thématique, intrigue… Il n’y a rien à jeter, selon moi. Et la mise en scène d’animaux avec cette opposition carni / herbi qui tentent de cohabiter avec toutes les difficultés que cela implique ne fait que renforcer la métaphore sociale. L’exemple le plus récent qui me vient à l’esprit est celui d’une carni qui pose pour des selfies avec des herbis parce que « ça fait bien ». Ces selfies se retrouvent sur les réseaux sociaux et ce sont ceux qui génèrent le plus de like parce qu’ils montrent une tolérance bienpensante approuvée par l’ensemble de la société (vous sentez l’aspect hypocrite du truc ?). Ce chapitre montre que, dans la réalité, les herbis ont tendance à continuer à se méfier des carnis et à s’éloigner une fois la photographie prise. J’ai beaucoup aimé l’intelligence de ce chapitre qui montre vraiment une volonté de la mangaka de traiter de sujets modernes. Ceci n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres…

Beastars, pour résumer :
Si je dois résumer Beastars en quelques mots je dirais qu’il s’agit d’un thriller qui se déroule dans un cadre scolaire / club de théâtre avec des personnages animaux anthropomorphes adolescents à la psychologie bien construite et d’une rare puissance émotionnelle. Cela permet d’exacerber les thématiques autour des pulsions, des instincts, de la découverte de soi, de son corps, les premiers émois mais aussi l’image sociale. L’intrigue est très habilement menée et tient le lecteur en haleine tout du long. Un premier arc se termine selon moi avec le tome 11 lorsqu’on découvre l’assassin de Tem, l’alpaga, mais la série continue pour le meilleur (je l’espère !) puisque 19 tomes sont déjà publiés au Japon.

Que dire de plus ?

Juste… Passez au-delà de vos éventuels préjugés et donnez sa chance à ce manga. Il vaut vraiment le détour.

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Mata itsu ka, ja ogenki de !
( À bientôt et prenez soin de vous !)

17 réflexions sur “À l’ombre du Japon #16 { Beastars & moi, chronique d’un coup de coeur inattendu }

  1. C’est marrant comme on est tous différents, c’est justement le côté animaux anthropomorphisés qui m’a attiré de suite… ^^

    En tout cas, je te rejoins sur ta chronique enthousiaste, c’est un excellent manga, très bien pensé et, surtout, qui fait passer de sacrés messages sur des sujets de société et sur l’acceptation de soi..

  2. Tiens, ça donne envie d’essayer l’anime à l’occasion 🙂
    Pour le côté animaux anthropomorphisés, je pense que la répulsion vient aussi de mouvement furies (de ses adeptes les plus light aux plus creepys) et du fait que, voir des animaux/humains avoir parfois des interactions amoureuses rapproche d’un petit cran de la zoophilie.

    • En effet je n’avais pas songé aux furies ni à la zoophilie je dois avouer ^^’ Mais tu as totalement raison, ça a sûrement un lien également. Si tu as l’occasion n’hésites vraiment pas pour l’animé !

  3. A défaut de lire le manga, j’avais tenté le premier épisode de l’anime sur Netflix et j’avoue que je n’avais pas accroché à l’ambiance un peu particulière… Mais j’avais l’impression d’avoir abandonné un peu trop vite et ton avis me renforce dans ce sentiment ! Quand j’aurai un peu de temps, je pense lui donner une seconde chance car les thématiques que tu présentes sont plus que susceptibles de me plaire. Je pense que si je commence à m’attacher aux personnages, ce sera gagné^^

    • Je comprends ton sentiment car j’ai eu un peu la même impression au tout départ. J’ai laissé l’épisode 2 se lancer en me disant « bon… à voir… » et au final ça a été un coup de coeur énorme. Oui l’ambiance est spéciale de prime abord mais c’est vite passionnant, j’espère que tu aimeras davantage à ta seconde tentative 🙂

    • Si tu t’en fais un marathon en reprenant depuis le premier épisodes, ça passe mieux. En plus cette première saison n’est pas trop longue. (En seulement 12 épisodes, il se passe des tonnes de choses.) Ce qui fait qu’on ne s’ennuie pas.

  4. Oh non mon cerveau avait enfoui au plus profond les animaux du bois de quat’sous et voilà que tu en reparles 😢 sinon sans rire, je n’ai lu pour l’instant que les 2 premiers tomes de Beastars et je compte bien rattraper rapidement le rythme de publication car j’ai vraiment adoré cette lecture. Comme tu le dis dire que c’est la première série de la mangaka… Quel talent ! Belle journée à toi

    • Désoléééééée j’avoue j’ai ressorti LE gros traumatisme de mon enfance -> j’espère que tu aimeras autant que moi 😀 Hâte de voir d’autres séries de cette mangaka. Belle journée également ^-^

      • En tout cas le début est vraiment très prenant reste à voir si elle saura donner une bonne fin à sa série. Oui hâte d’en voir d’autres ensuite !

      • J’admets que c’est toujours un peu ma crainte, la fin d’une histoire. Le dernier manga que j’ai terminé c’était Im et la fin était topissime mais c’est loin d’être toujours le cas 😅

  5. Pour ma part, je suis habitué depuis très longtemps aux histoires d’animaux anthropomorphisés. (En particulier grâce à Disney.)

    Mais « Beastars » dépasse tout ce que j’ai pu connaître dans ce type de fiction.

    • En effet Disney est champion là-dessus et on a tous grandis avec ces dessins animés, pourtant bizarrement dans un Disney ça ne me pose aucun souci alors que dans toute autre œuvre oui ^^’ enfin, plus depuis Beastars toutefois !

  6. « ce qui nous donne un sentiment d’être forcément confronté à une oeuvre jeunesse » : en même temps de base c’est un manga donc c’est forcément pour les enfants, comme les BD et la SFFF, non ? =P
    C’est toujours dur de passer outre son ressenti sur le visuel. Je pense que ça s’améliore légèrement à force d’avoir de bonnes surprises, et encore. Heureusement pour moi, « Beastars » ne me pose pas de problèmes particuliers, donc il faut juste que me lance, tu me le confirmes une nouvelle fois. ^^

  7. J’avais écrit un commentaire mais il semblerait qu’il n’ait pas été publié…

    Je disais donc que j’étais ravi que la serie t’as fait autant plaisir !
    Et je trouve que tu as réussi à très bien en parler et je me permet de penser que de nouvelles personnes auront envie de se lancer grâce à toi !

    Petite précision, la serie devrait faire un peu plus de 20 tomes au final.

    • En effet c’est le seul commentaire que je vois, merci de l’avoir retapé ^-^ Et merci pour tes compliments, j’espère en effet que ça créera des vocations o/

      Argh on arrive donc vers la fin au Japon x.x

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