Les damnés de Dana #3 les larmes de Dana – Ambre Dubois

13
Les damnés de Dana
est une trilogie historico-fantastique écrite par l’autrice française Ambre Dubois. Les larmes de Dana est son troisième (et dernier donc !) tome. Publié au Chat Noir dans la collection Griffe Sombre, vous trouverez ce roman actuellement en promotion au prix de 10 euros au format papier.

Je vous ai déjà parlé de cette saga avec son premier tome (la dame sombre) et son second (les brumes du crépuscule). Comme il s’agit d’un troisième tome, cette chronique contiendra inévitablement des éléments divulgâchés. Vous êtes prévenus !

De quoi ça parle ?
Avec un nouvel empereur à sa tête, Rome décide d’attaquer les villages au nord du mur d’Hadrien afin de reprendre la conquête de cette terre qui ne lui a que trop résisté. Comme le craignait Mévéa, les deux étrangers dirigeant cette armée corrompent le Seuil des Anciens et rompe les liens qui existaient encore avec le monde des ombres. C’est la fin d’une ère qui se dessine…

Une conclusion surprenante.
Quand je lis une saga comme celle-là, je m’attends toujours à être déçue par sa conclusion, habituée comme je l’ai été avec la vague bit-lit à voir naître au fil des pages des solutions tarabiscotées et sans enjeux à des problèmes pourtant présentés comme insolubles. Il n’y a rien qui m’agace plus que cela, j’entamais donc la lecture de ce troisième tome un peu à reculons en craignant de revivre la même chose mais ça n’a pas du tout été le cas.

Avec les larmes de Dana, on comprend pour quelle raison ce cycle a été classé dans la collection Griffe Sombre du Chat Noir. L’autrice opte pour des choix osés. Elle décrit la guerre, les massacres, des tactiques douloureuses pour gagner un peu de terrain, des pratiques assez immondes et pourtant très crédibles selon moi. Je ne suis pas spécialiste de la période concernée ou même de l’Empire romain toutefois Ambre Dubois paraît avoir effectué des recherches solides sur ces sujets. Elle n’hésite pas à sacrifier des personnages récurrents et à faire prendre aux survivants des décisions radicales, offrant un épilogue qui m’a donné des frissons et un peu de vague à l’âme. Je n’en dis pas plus toutefois la surprise et l’intelligence du propos, de la démarche, ont vraiment su me surprendre dans le bon sens.

Alors comprenez moi, ça ne veut pas dire que tout le monde meurt dans la souffrance et les larmes, qu’il ne reste finalement rien à sauver. Non. J’entends par mon commentaire qu’Ambre Dubois a effectué des choix crédibles, judicieux, apportant un peu d’espoir sans que cela ne devienne risible ou improbable. L’autrice a trouvé un bon équilibre qui permet d’y croire jusqu’au bout. Au sein de ce genre littéraire, je n’avais plus lu cela depuis un moment.

Une héroïne déchue.
Il arrive fréquemment dans les histoires typées bit-lit que l’héroïne soit en réalité une espèce d’élue ou l’unique représentante d’une caste éteinte, pour grossir un peu le trait. Mévéa se dirigeait dans cette direction, gagnant en puissance petit à petit pour finalement terminer la saga… comme une simple humaine sans pouvoirs. Je m’attendais à ce qu’elle se montre déterminante dans les affrontements, à ce qu’elle sauve tout le monde en tant que Morrigane… mais non. J’ai aimé ce retour à l’humanité, finalement l’autrice illustre dans sa saga les derniers mots du Père des druides, se répondant à elle-même d’une façon assez astucieuse. Bien pensé !

Finalement, cette trilogie, c’est pour quel public ?
Pour le reste, je ne vais pas répéter ce que j’ai déjà pu dire dans mes deux autres chroniques. Les défauts relevés (propres au genre) sont toujours là et les qualités également. La trilogie reste très constante à ce niveau, ce qui n’est pas plus mal.

Je recommande donc la lecture de cette saga :
À ceux qui aiment la mythologie celtique. C’est vraiment un pan important de la trilogie. S’y connaître n’est pas nécessaire mais apprécier les anciennes religions polythéistes est indispensable puisqu’une grosse partie de l’intrigue se construit justement dans l’opposition entre le christianisme et les croyances antérieures.
À ceux qui aiment la culture vampirique. Ambre Dubois a beau proposer une interprétation différente et liée à la mythologie celtique de leur existence, ces créatures respectent les codes institués dans le genre bit-lit. Même si l’autrice apporte des réponses sur l’attirance de Morcant pour Mévéa dans le dernier tome, cela peut rebuter les lecteurs qui ont eu leur dose.
À ceux qui aiment la période historique correspondant à la conquête de Britannia. L’autrice ne prétend pas du tout écrire un roman historique (elle le dit dans sa post-face) toutefois elle a effectué des recherches et adapté ce qu’elle a trouvé à son propre imaginaire. Un spécialiste y verra peut-être des énormités incohérentes toutefois le commun des mortels (auquel j’appartiens !) appréciera probablement de découvrir une saga qui se déroule à ce moment peu exploité de l’Histoire dans ce genre littéraire particulier.

La conclusion de l’ombre :
Alors que je commençais la lecture de cette trilogie sans trop y croire et que je lui ai trouvé certains défauts propres à son genre (des défauts qui tiennent d’une affaire de goût) je termine ma lecture sur une bonne surprise et un sentiment positif. Je suis contente d’avoir laissé sa chance à cette saga qui compte parmi les premières publiées aux éditions du Chat Noir. Je vous en recommande la lecture si vous entrez dans les conditions listées précédemment dans cet article, vous ne serez pas déçu(e)s !

D’autres avis : aucun, c’est le moment de lui faire une place 🙂

104830016_196628828305750_7386869054363146438_n

16 réflexions sur “Les damnés de Dana #3 les larmes de Dana – Ambre Dubois

  1. Pingback: S4F3 : les résultats, le classement général – Albédo

  2. Pingback: BML #25 – juillet 2020 | OmbreBones

  3. Tu t’en doutes, je n’ai pas lu cette saga 😅
    Mais comme une de mes obsessions dans la vie est les fins d’histoires, surtout quand ce sont des histoires sur le long cours en plusieurs volumes, le fait que tu sembles avoir apprécié cette fin est un excellent point.
    Personnellement, je suis du genre à avoir souvent du mal avec les fins de sagas, que ce soit en roman, film, manga, jeu vidéo ou autre d’ailleurs.

    • Je te comprends tellement ! J’ai plutôt tendance à être déçue moi aussi par les fins mais ici ça n’a pas du tout été le cas du tout et ça a constitué une très bonne surprise. Le plus souvent dans un manga le format court offre des fins de meilleure qualité je trouve mais du côté roman dans les trilogies il est rare que je sois contente d’une fin du coup… J’avais vraiment envie de parler de cette saga o/

      • Je crois que ma référence en matière de fin reste celle du Seigneur des anneaux. C’est rare que je ressente un tel sentiment d’achèvement à la fin d’une histoire.
        A titre de comparaison, je déteste la fin du Retour du Jedi par exemple parce que ça ne fait pas fin du tout. C’est en mode « c’est cool, on fait la fête après des décennies de guerre en mode osef puis de toute façon y’a le fantôme de papa donc c’est cool ! »
        Moi ça ne me va pas du tout 😅

      • Je te comprends ! C’est une des raisons qui font que j’ai du mal à accrocher à Star Wars, il y a une dimension bien trop manichéenne et trop « grand public » dans le sens « il faut absolument une happy end » dans les films en tout cas. Je me suis peu intéressée au reste de l’univers, j’ai toujours préféré le concept de Star Trek.

      • Je me suis un peu intéressé aux BD Star Wars et pas mal aux jeux vidéo, et je n’y ai jamais trouvé mon compte en terme de scénario.
        Star Wars j’aime bien mais je trouve que les œuvres ne sont pas à la hauteur de l’univers créé en fait.
        Star Trek jetzis fan quand j’étais petit, on regardait la première série avec mes parents et la seconde avec Jean Luc Picard. Mais j’ai fini par arrêter avec le temps.

      • J’ai commencé avec mes parents aussi qui étaient fans sauf que j’ai jamais vraiment arrêté 😅 ah bon tu me confortes dans l’idée que je ne rate rien donc avec Star Wars parfois j’ai un doute quand je vois l’engouement…

      • Oui, moi aussi des fois je doute.
        Après en roman il doit y avoir des choses sympas. J’ai un copain qui est fan hardcore, s’il a pas toutes les bd et tous les romans il doit pas en être loin, et d’après ce qu’il me dit il y a parfois des intrigues qui semblent vraiment intéressantes.
        D’ailleurs on ne comprend pas pourquoi pour la nouvelle trilogie ils n’ont pas adapté des romans.
        Et pour le coup, vu comment ces trois films sont brinquebalants je pense qu’il aurait peut-être mieux valu se reposer sur un support préexistant 😅

      • Pour des questions de faire plaisir au grand public tout simplement, c’est rare qu’une franchise prenne soin de ses fans hardcores au détriment de l’argent à gagner mais bon 😅 c’est un autre débat !

      • Pour le coup je pense qu’ils ont du rapidement déchanter aussi parce que je ne crois pas qu’on ait déjà vu de chute aussi spectaculaire en terme de box-office au sein d’une même saga.
        Et il semblerait qu’ils soient en pleine restructuration pour reprendre les choses en mains.
        (Selon moi s’ils avaient écrit une intrigue globale pour les 3 films dès le départ ça aurait déjà été mieux…)

      • Ah je n’ai pas du tout suivi cette histoire, c’est positif s’ils restructurent du coup il était peut être temps 😅 haha l’erreur basique ne pas avoir de plan pour une saga. Je vais pas me moquer, je l’ai commise aussi à mes débuts 😁

      • Là aussi c’est lié à des contraintes économiques et industrielles.
        Disney avait racheté Stat Wars pour 4 milliards de dollars, donc pour les actionnaires il fallait une rentrée dargent conséquente et rapide et le deal était donc de sortir le premier film de la trilogie sous 2 ans.
        Sauf que 2 ans pour embaucher quelqu’un (la liste de réalisateurs qui ont refusé et dingue, et on voit bien qu’ils savaient même pas vers qui aller genre ils ont proposé aussi à Tatantino…), écrire un scénario, embaucher des acteurs, tourner, faire toute la post prod… déjà pour un seul film ça semble pas possible, alors pour une trilogie c’est pire. Du coup chaque réalisateur devait composer avec pas grand chose et changer ses plans en fonction du film fait avant.
        Et comme dans le 8 Rian Johnson a prit un malin plaisir à foutre en l’air (mais volontairement) ce que le 7 avait posé, tu te retrouve avec une trilogie qui ne ressemble à rien.
        Mais je trouve que le 8 prit indépendamment du reste est vraiment un film magnifique. C’est juste dommage qu’il se retrouve au milieu d’une trilogie 😅

        Bref, désolé de m’étaler mais j’ai tendance à m’enflammer sur certains sujets.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s