#PLIB2020 : Les brumes de Cendrelune #1 le jardin des âmes – Georgia Caldera

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Le jardin des âmes
est le premier tome de la saga des brumes de Cendrelune écrite par l’autrice française Georgia Caldera. Publié chez J’ai Lu pour elle, vous trouverez ce roman au prix de 13.90 euros partout en librairie.
Je remercie les éditions J’ai Lu d’avoir offert l’epub dans le cadre du PLIB2020 !

Mon histoire avec Georgia Caldera est assez compliquée. J’avais commencé la lecture des Larmes Rouges dont tout le monde me vantait le contenu mais j’ai rapidement abandonné, agacée par l’héroïne. J’ai ensuite enchaîné avec Victorian Fantasy, un roman à l’univers superbe totalement gâché par une romance qui empêchait de l’exploiter correctement. L’autrice n’est pas dénuée de talent mais il est clair pour moi que je ne suis pas du tout son public cible. Quand son roman a été sélectionné parmi les finalistes du PLIB, j’ai grimacé, je dois l’admettre, pensant tenir un abandon potentiel. Pourtant, ça a au final été une agréable surprise malgré quelques défauts évidents.

De quoi ça parle ?
Céphise a 17 ans et rêve de se venger après la mort de ses parents, exécutés par l’Ombre – le bourreau d’Orion, l’Empereur-Dieu. Verlaine, lui, est le fils caché d’Orion et endosse un rôle lourd à porter pour ses épaules à demi-humaines. Ils vivent tous les deux à Cendrelune, royaume où les humains sont soumis aux Dieux et où leurs pensées sont épiées.

Un univers dystopique original.
Le roman prend place dans le royaume de Cendrelune, après une guerre qui a opposé les humains et menaçait de les détruire totalement, au point de mener à l’intervention des Dieux. Cette partie de l’histoire est encore assez floue, je le précise parce qu’on n’a pas de véritable certitude et je pense que cette genèse sera éclairée dans les tomes suivants. Ce royaume est dirigé par Orion, père des Dieux, une divinité capable (entre autre) de lire dans les esprits de ses sujets pour y trouver toute pensée séditieuse si bien qu’il produit chaque semaine une liste de ceux à exécuter afin de préserver la paix. L’autrice installe ainsi un climat de terreur efficace, d’autant que le roman s’ouvre sur l’arrestation des parents de Céphise et l’engagement forcé de son petit frère dans l’armée impériale.

Les dieux n’ont aucune réelle considération pour les humains et éprouvent le plus souvent du mépris pour eux. Ceux-ci travaillent dans des métiers pénibles pour des salaires de misère. La pauvreté règne mais tout crime commis peut valoir au criminel le statut de Rapiécié. Comme son nom le laisse sous-entendre, le criminel est condamné à perdre un membre ou plus (en fonction de la gravité de son acte), membre remplacé par un autre en métal, métal qui intensifie le contact mental avec Orion et permet une surveillance plus accrue. Comme vous vous en doutez, les Rapiéciés subissent rejet et discrimination pour leur condition.

Au sein de ce monde dystopique, la nature n’existe plus et les habitants ignorent même ce qu’est un animal, de l’herbe ou une pomme. Tout est synthétique, métallique, artificiel, aussi glacial que la pression subie au quotidien par les humains. Ce cadre angoissant est bien dépeint par l’autrice, je n’ai eu aucun mal à rentrer dedans et à trouver l’univers crédible.

Je précise à ce stade que je lis assez peu de dystopie car je n’apprécie pas spécialement ce genre littéraire. Du coup, pour moi, selon mes connaissances et mes goûts, cet univers est original mais j’ai lu à quelques reprises que certains le trouvaient classiques donc je préfère le préciser.

Un mélange des narrations qui induit quelques redondances.
Le roman se focalise sur deux personnages principal : Céphise et Verlaine dont les parties sont rédigées à la première personne. Toutefois, on retrouve également quelques chapitres du point de vue de deux autres personnages dont on suppose une importance à venir dans l’histoire : Proserpine et Lorien. Leurs chapitres à eux sont écrits à la troisième personne, choix que je questionne. Peut-être une volonté de distancier le « couple principal » des autres protagonistes ? C’est quand même assez dommage d’autant que le style de Georgia Caldera ne change pas du tout en fonction du personnage à qui elle donne la parole. Quel intérêt, du coup, d’opter pour une narration de ce type ? Je peux comprendre un choix comme celui-là quand l’autrice s’adapte à la psychologie et au parlé de son protagoniste sauf que ce n’est pas le cas ici, ce que je déplore vu que Céphise est une fille du peuple sans réelle éducation hormis pour son art musical. Difficile de concevoir qu’elle s’exprime comme un demi-dieu… Idem pour Lorien, un gamin de dix ans à peine, qui parle comme un adulte cultivé.

Céphise est une jeune fille de dix-sept ans qui n’a pas été épargnée par la vie. Au début de son adolescence, elle a vu ses parents se faire exécuter et a perdu un bras ainsi qu’une jambe en punition de leurs pensées séditieuses. Elle suit des cours à l’Académie des Arts, les Arts ayant une grande importance aux yeux des Dieux et son talent lui sauvera la vie. C’est du coup une personne pleine de haine, de ressentiments, qui s’est jurée d’éliminer Orion. En théorie, pour des pensées comme celles-là, elle aurait du mourir sauf qu’elle reste impunie sans savoir pour quelle raison. Rassurez-vous, on l’apprend au fil du roman.

Verlaine est un demi-dieu, onzième fils d’Orion, progéniture cachée car contre-nature (pas question de se mélanger avec les humains !). Doté un immense pouvoir utile à son père, il est son exécuteur des basses œuvres et souffre énormément au quotidien sur un plan moral. Il se questionne sans arrêt, n’a aucune estime pour lui-même, subit le rejet de la part des autres enfants de son père… Bref c’est un personnage torturé mais assez crédible dans ses tourments, du moins jusqu’à ce qu’il rencontre Céphise. À partir de là, ça vire un peu nœud-nœud mais je vais y revenir.

Proserpine est une humaine, du moins on l’imagine même si elle est douée d’un pouvoir lui permettant de voir le futur ainsi que son évolution en fonction des actions de chacun. Elle est enfermée d’une façon assez odieuse par Orion qui, on l’apprend vers la fin quoi qu’on le devine si on a deux neurones connectés, se sert d’elle pour un dessein plus grand.

Enfin, Lorien est un enfant du peuple, orphelin abandonné qui se retrouve entrainé dans un début de révolte et sera puni pour cela. Les chapitres de son point de vue permettent de donner une dimension supplémentaire au texte qui est plutôt bienvenue ainsi que de garder un œil sur ce qui se fait en dehors du Palais à partir du moment où Céphise y est infiltrée.

Ces personnages sont parvenus à m’intéresser bien que Céphise et Lorien moins que les autres. J’ai tout de même apprécié les efforts de nuance de la part de l’autrice qui construit des protagonistes en souffrance assez crédibles (hormis pour Céphise encore une fois mais je crois que je n’accrocherais jamais aux héroïnes féminines de Georgia Caldera) Tout n’est pas blanc ni noir et il y a clairement un aspect malsain dans les relations, surtout dans celle entretenue par Céphise et Verlaine. Parce que, bien entendu, une relation se créé. Céphise le hait pour la mort de ses parents et lui la rencontre par le plus grand des hasards en découvrant que « quelque chose » les lie, quelque chose de surnaturel qui sent le deus ex machina au sens propre du terme. Vous me direz, dans un roman avec des Dieux, on peut à la rigueur l’excuser sauf que… À voir le développement dans les tomes suivants. Je ne sais pas trop quoi en penser. Pendant ma lecture, cela ne m’a pas dérangé toutefois en réfléchissant après coup, j’ai quand même grimacé. On ne peut d’ailleurs pas, selon moi, parler de romance à ce stade et je me demande même pour quelle raison il est classé dans la collection « J’ai lu pour elle ».

Je dois aussi avouer avoir passé quelques pages parce que le roman souffre de répétitions à cause justement des choix narratifs de Georgia Caldera. À chaque fois que l’autrice change de point de vue, elle remonte un peu en arrière pour donner l’impression du personnage concerné sur les évènements qui viennent de se dérouler et ce de manière systématique. Du coup on a chaque fois quatre ou cinq pages (format epub) de redondances diverses et variées qui n’apportent rien en plus de prendre le lecteur par la main. Dommage !

Une intrigue classique mais intéressante.
Dans ce premier tome, Georgia Caldera s’inspire de la traditionnelle quête de vengeance d’une adolescente malmenée par la vie dans un univers dystopique maîtrisé. On sent venir certains rebondissements toutefois je ne me suis pas ennuyée un seul instant, curieuse de découvrir jusqu’où l’autrice irait avec son concept et ses protagonistes. Comme je l’ai dit, le jardin des âmes est un premier volume, il pose des bases qu’il sera nécessaire d’approfondir par la suite et se termine sur un gigantesque cliffhanger qui laisse le lecteur sur sa faim. Si vous pensez être le public cible et apprécier ce roman, je ne peux que vous conseiller d’acheter les deux premiers tomes d’un coup parce que couper à cet endroit-là… C’est cruel et vraiment limite parce que ça m’a personnellement donné l’impression d’avoir seulement la moitié d’un roman entre les mains. Je sais qu’il faut bien choisir un endroit où couper dans les sagas mais bon… Bref, c’est mon sentiment personnel.

La conclusion de l’ombre :
Le jardin des âmes est le premier tome d’une saga dystopique prometteuse où Georgia Caldera met en scène des personnages torturés par la vie sous l’égide de Dieux assez cruels. Malgré son classement dans une collection romance, je ne trouve pas que ce roman soit à mettre en premier lieu dans ce genre littéraire et cela peut induire des lecteurs en erreur -comme ça a été mon cas. Pour ma part ça a été une plutôt bonne surprise au final puisque je n’apprécie pas la romance mais cela rebutera peut-être justement les personnes en quête d’une histoire collant aux codes de ce genre littéraire. Malgré quelques redondances et défauts de style, j’ai passé un agréable moment en compagnie de Céphise et Verlaine et je suis contente d’avoir finalement lu ce roman pour le PLIB car je ne l’aurais jamais ouvert autrement.

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20 réflexions sur “#PLIB2020 : Les brumes de Cendrelune #1 le jardin des âmes – Georgia Caldera

  1. Pingback: BML #25 – juillet 2020 | OmbreBones

    • Bah je lis peu de romans comme celui là vu que ça ne me plait pas, du coup comme je m’attendais à détester ce bouquin au final ça a été une bonne surprise. Après ouais il est loin d’être parfait et je ne vais pas voter pour lui mais ça n’a pas été la lecture désagréable comme pour Félines par exemple 😀

  2. Ah ça me rassure de pas être la seule à trouver cette « romance » hyper bizarre. D’ailleurs j’arrive pas à m’enlever de la tête que les personnages semblent avoir des liens familiaux et du coup je suis très perplexe, mais bon je ne lirai pas la suite pour savoir de ce qu’il en est 🤣

  3. Merci pour le lien! 😉
    Sinon, la romance est plus présente dans le second tome (bien que moins dans dans les autres romans de l’autrice que tu cites, je trouve). Et oui, on en apprend plus sur la genèse de ce monde (d’ailleurs je m’attendais pas spécialement à ça donc je suis assez agréablement surprise!). Tu vas lire le tome 2?? Perso je l’ai lu en numérique mais je pense me l’acheter aux Hallienales (donc, si tu hésites, je pourrai toujours te le passer à ce moment-là => non je ne te pousse absolument pas à le lire XD).

    • Avec plaisir ! 🙂
      Haha je ne sais pas du tout franchement… On en reparlera aux Hallienales pour voir si l’envie est là 😛 J’ai teeeeellement hâte d’y aller j’espère que le salon ne sera pas annulé x.x

      • J’espère aussi ! Comme toi, j’ai hâte d’y aller! Je t’avoue qu’on hésitait parce qu’Arnaud et mes soeurs n’avaient pas été forcément convaincus (c’est vrai que c’est petit et qu’il y a pas mal de monde…) mais comme les Imaginales n’ont pas eu lieu, je ne me pose même pas la question! XD

      • Oui je comprends bien en tant que visiteuse je ne sais pas si j’irais jusque là chaque année mais clairement d’une y’a pas les Ima et de deux bah avec la sortie de CCP pas moyen de le rater 😛 Par contre je ne sais pas si tu sais mais ils organisent les Imaginales d’automne, plus petit mais ça peut être sympa aussi ! Je me tâte à faire le déplacement ^^

      • Ha non, je ne savais pas du tout!! CCP ? Tu vas me dire je suis sûre que je vais dire « mais ouiiiii bien sûr » mais là je sèche! Il organise ça tous les ans ou c’est une version spécial covid?

      • Oui mon nouveau, t’as loupé les annonces fb et insta de jeudi de la cover reveal ? C’est un roman fantastique qui se passe à Liège avec un petit côté sombre mais beaucoup plus accessible que mes autres (je lui mets une mention « ne fera pas peur à Rose » 🤣) du coup c’est un peu le stress avec les salons qui s’annulent et se reportent quand t’as une sortie qui arrive…
        Et oui alors ce ne sont pas les Imaginales qu’on reporte en automne c’est un salon plus petit avec une vingtaine d’auteurs qu’on voit souvent sur le stand libraire, des conférences et la remise du prix Imaginales. Y’a Grésimaginaire le même week end et je me tâte entre les deux car le chat noir est à Grés…

      • Haaa si si je l’ai vu passer! Je n’ai pas fait le lien!^^ Je pensais qu’il aurait une mention « surtout pas pour Rose », en plus! Mais sinon le fait que ça se passait à Liège me tentait bien! 🙂 + des liens avec le folklore local c’est bien ça?
        A Grésimaginaire, je vais regarder mais il me semble que c’était loin!^^

      • Ah non celui là ça devrait aller c’est tout public l’ambiance est un peu sombre mais plutôt à la Burton donc ça va 🙂
        Yes j’ai vu ça je pensais pas que c’était si loin 😅

  4. Ton article est particulièrement dense, mais pour le coup ce n’est pas le genre de titre que je lirai quand je prendrai le temps de rouvrir un roman. La dystonie n’est pas mon genre de prédilection, et d’après ce que tu en dis, je pense que je n’apprécierais pas des masses.

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