Boudicca – Jean-Laurent Del Socorro

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Boudicca
est un roman historique avec une pointe de surnaturel écrit par l’auteur français Jean-Laurent Del Socorro. Édité chez ActuSF, vous trouverez ce texte au prix de 18.9 euros.
C’est ma première lecture pour le Printemps de l’Imaginaire francophone qui me permet de valider le défi « Lire un livre en rapport avec le folklore celte/breton/gaulois. »

En Angleterre, au Ier siècle après Jésus-Christ, l’Empire romain s’étend sur l’île de Bretagne. Comme son titre l’indique, Boudicca nous raconte l’histoire de cette reine légendaire qui a tenu tête à l’envahisseur, depuis son enfance jusqu’à son trépas. Qui est-elle vraiment ? Jean-Laurent Del Socorro vous le révèle à travers cette biographie teintée subtilement d’éléments surnaturels.

Boudicca est un texte court et dynamique comme je les aime. La narration à la première personne permet de se concentrer sur l’essentiel et je sais que c’est un point qui a gêné plusieurs lecteurs. Pas moi ! J’ai beaucoup aimé l’idée de décrire certaines scènes et d’accumuler les ellipses pour tout ce qui n’était pas fondamental. Cela permet à Boudicca d’avoir un rythme intense, sans temps morts, transformant ce roman en page-turner addictif. De plus, l’auteur y glisse une justification crédible : Boudicca a du mal avec les mots, elle le répète à plusieurs reprises, notamment au druide chargé de son éducation. Elle peine à les trouver, à les prononcer, à les assembler car c’est un art où elle excelle moins que celui des armes. Grâce à l’épilogue, on comprend que nous lisons probablement un texte rédigé par la main de Boudicca, ce qui ne manque pas d’ironie pour un peuple aux traditions orales. Mais que ce soit cela ou que nous la suivions dans son esprit, au fond, ça ne change rien au fait que l’auteur a pris la peine de justifier son choix narratif à travers une caractéristique de son héroïne. J’apprécie cette petite attention qui aide à crédibiliser l’ensemble. La narration à la première personne est un exercice difficile que Jean-Laurent Del Socorro a très bien maîtrisé.

L’auteur nous invite dans la psyché de Boudicca, que le lecteur rencontre au moment de sa naissance tragique et va suivre tout au long de sa vie. Tantôt guerrière, tantôt reine, tantôt mère, tantôt femme, tout simplement, Jean-Laurent Del Socorro s’attache à décrire une personnalité plurielle et complexe, une héroïne forte, imparfaite, insoumise. Une figure magnifique qui rend hommage à la femme dans son ensemble et évite de tomber dans les écueils car Boudicca n’est pas une beauté qui fait tourner toutes les têtes. C’est son charisme et sa force intérieure qui inspirent son entourage.

Grâce à mes études, je disposais de certaines notions sur ce pan de l’histoire antique mais en discutant avec d’autres lectrices de Boudicca, je me suis rendue compte que pour saisir les références et quelques détails, il est nécessaire de s’y connaître un minimum. Je vais aller jusqu’à le qualifier de roman pour les initiés même si l’auteur a l’intelligence de très bien référencer ses recherches à la fin du roman. Ainsi, le lecteur intrigué et novice en la matière pourra parfaire ses connaissances et peut-être relire ce roman court dans la foulée, lui découvrant une toute autre dimension. Une fois de plus, Jean-Laurent Del Socorro nous montre son sérieux dans le traitement de son contexte historique, exactement comme il l’a fait pour Je suis fille de rage.

J’ai évoqué un roman avec des touches de fantastique. En réalité, c’est assez léger. Disons qu’il est présent par la croyance qu’ont les peuples en leurs divinités, par la figure des druides, les augures et les légendes fondatrices des clans. On pourrait discuter de la présence réelle d’éléments surnaturels mais je choisis d’y croire car l’ambiance créée par l’auteur s’y prête.

Pour résumer, Boudicca est une réussite à tous les niveaux. Sa narration, son héroïne et les choix de l’auteur ont su créer, à mes yeux, un page-turner historique efficace et bien mené qui rend en plus hommage à une figure féminine forte. Parfaitement documenté, Boudicca ravira les adeptes de légendes celtiques et perdra peut-être un peu les novices en la matière mais pas de panique, Jean-Laurent Del Socorro a pensé à vous en référençant ses recherches. Vous n’aurez donc aucun mal à aller plus loin si le cœur vous en dit. Je recommande très chaudement la lecture de ce roman !

17 réflexions sur “Boudicca – Jean-Laurent Del Socorro

  1. Pingback: Royaume de vent et de colères – Jean-Laurent Del Socorro | OmbreBones

  2. Pingback: BML #21 – Mars 2020 | OmbreBones

  3. Ah mais c’est son dada à l’auteur alors les romans historiques avec une interprétation fantastique ^^ Je viens de finir Je suis fille de rage et je l’ai trouvé assez sympa après je crois que je suis pas complètement motivée pour un autre là tout de suite XD
    Kin

  4. Pingback: [Chronique Littéraire] Boudicca, Jean-Laurent Del Socorro – La Bulle d'Eleyna

  5. Une lecture que j’avais beaucoup aimée – comme souvent (toujours ? :-D) – avec l’auteur. Je suis plutôt novice en histoire et particulièrement sur cette période historique mais ça a été. J’admets avoir cependant cherché une carte sur Internet pour me repérer sur la partition entre les différents Celtes de ce qu’était l’Angleterre alors, parce qu’il m’était difficile de suivre ce point-là du roman particulièrement.

    • Je ne suis pas une grande spécialiste non plus et je n’ai eu aucun souci mais j’ai discuté avec deux trois lectrices à son propos et comme la remarque revenait je trouvais pertinent de le souligner en fait, des fois que 🤔 tu as lu ses trois romans alors ? ☺️

      • Et tu as bien fait 🙂
        Oui ! Ma préférence va au petit dernier, que j’ai trouvé vraiment incroyable, notamment en terme de construction.
        Royaume de vent et de colère m’avait aussi bien plus, mais j’avais trouvé certains personnages inaboutis, notamment le couple de magiciens. (Cela fait quelques années, mes souvenirs ne sont peut-être plus très clairs.)

      • Je l’ai acheté à la foire du livre ce week end justement, je compte le lire bientôt. Ça me permettra de comparer ses trois textes ^-^ J’avais bien aimé je suis fille de rage aussi et j’ai été très contente de découvrir plein de choses sur cette période mais elle me parle moins que celles concernées par Boudicca et Royaume donc à voir o/

  6. Pingback: Boudicca, Jean-Laurent Del Soccoro | L'Imaginaerum de Symphonie

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